Du 14 au 19 juin 2016, l’association Champ Libre, présidée et gérée par Elodie Nourrigat et Jacques Brion organise la 11ème édition du Festival des Architectures Vives (FAV) à Montpellier.
Depuis 2006, de jeunes équipes d’architectes investissent les cours d’hôtels particuliers du centre-ville pour présenter des projets originaux et inviter les visiteurs à échanger autour d’un dialogue entre leurs installations éphémères contemporaines et une architecture patrimoniale.
Pour la première fois depuis sa création, le Festival des Architectures Vives à Montpellier et à La Grande Motte se croise sur un week-end.
Chronique à suivre après l’ouverture du FAV 2016.
À lire ci-dessous les projets des différentes équipes
En savoir plus :
Sur le site du Festival des Architectures Vives (FAV)
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La thématique du FAV 2016 : Innover
Pour cette nouvelle édition le Festival des Architectures Vives souhaite engager une réflexion autour de l’innovation en architecture.
Les jeunes architectes devaient donc concevoir un projet autour de cet axe de réflexion :
« […] Face aux mutations économiques, techniques, technologiques et sociétales il ne suffit plus de s’adapter, il faut aujourd’hui innover. Ce que nous savons, c’est que l’influence des nouvelles technologies de la communication sur la ville contemporaine a pour conséquences une augmentation des signes, du nombre d’information, et la création de plus en plus d’événements dans la ville.
La ville devient ponctuée par de nombreux événements à l’échelle privée ou publique. Ils sont culturels, festifs, sportifs… Cette activation d’une nouvelle dynamique de la ville offre une nouvelle couche avec le développement des sens de plus en plus sollicités.
Ainsi une part d’innovation en architecture doit pouvoir être expérimentée au travers des installations qui prendront place dans le cadre du Festival des Architectures Vives. Des prototypes innovent ouvrant un dialogue avec son environnement permettront d’offrir de nouvelles expériences architecturales à un large public».
FAV 2016 – Les projets sélectionnés à Montpellier :
(Informations extraites du dossier de presse)
Green Wash
Atelier MAP – Gabriel Lacombe, Jean-Philippe Di Marco et Carlo Tadeo
Vancouver et Montréal (Canada )
Hôtel d’Aures
14 rue Eugène Lisbonne
L’innovation en architecture peut permettre d’intégrer de nouvelles technologies, de pousser une réflexion ou de laisser miroiter un avant-gardisme. Cette dernière facette est celle qu’on promeut malheureusement en tant qu’image, c’est une « innovation phare » qui permet de vendre une étiquette et de brader un mouvement.
Un exemple classique de ces innovations trompeuses est le toit vert. Désormais machine commerciale, cette addition à l’architecture promotionnelle est étiquetée écologique, verte, durable, etc. On tapisse désormais la cime des bâtiments sans se questionner réellement sur la manière intelligente de procéder et d’envisager l’architecture verte.
Green Wash se positionne pour proposer une vision plus adaptée de la réalité. Le projet vise à démontrer que les gestes spontanés ne sont pas toujours reflet de succès et d’innovation. Green Wash propose donc de s’arrêter un instant et de contempler un toit vert démuni de son bâti; une monoculture suspendue au-dessus d’un vide jadis luxuriant.
Veinticuatro
Maria Victoria Cresta, Giovanna Giampetruzzi, Lucas Torres Aguero, Soledad Lanús et Ariel Marcelo Gurdo
Buenos Aires (Argentine)
Hôtel Audessan
9 rue de la Vieille Intendance
Veinticuatro est une réinterprétation de la fontaine. Une boite baignée d’eau qui s’ouvre vers le visiteur pour que l’on en fasse le tour ou que l’on y rentre. Une installation qui évoque la pluie, qui rappelle la joie de l’été, qui invite à rêver au son de l’eau.
Mais l’œuvre contient également une dimension que l’’on ne peut voir au premier coup d’œil: une chorégraphie dissimulée que l’on pourrait rater facilement. Celle-ci souligne l’idée d’une multitude de réalités simultanées et propose d’aller plus loin, au-delà de l’apparence pour rencontrer le subtile et rendre l’invisible visible à ceux qui le souhaite.
Combien de choses arrivent au même moment? A quel point notre perception perçoit les détails et la profondeur de ce qui nous entoure? La technologie pourrait-elle être une extension de nos capacités humaines?
Nous n’entendons rien et nous ne voyons rien mis à part le fait que nous pouvons. Enregistrez le moment et l’illusion sera dévoilée.
GreenOvation
Pauline Marquet, Claire Chrestia et Sibylle Jaubert
Paris et Pau ( France) – Karlsruhe (Allemagne)
Hôtel de Griffy
26 rue de l’Aiguillerie
A travers l’innovation, le constat d’une réalité se dessine accompagnée des enjeux futurs. Le FAV devient alors le laboratoire urbain d’un avenir proche. A travers « GreenOvation », c’est la préoccupation de l’occupation du sol et du rôle du végétal dans nos espaces publics qui leur laisse envisager une réinvention du jardin. L’hommage poétique au jardin, exprimé à travers Greenovation, donne une nouvelle dimension et un nouveau rapport au végétal. Chacun est invité à explorer cette nouvelle nappe verte enveloppante qui met en éveil les cinq sens. La structure flottante percée de lumière zénithale crée des jeux d’ombres dansantes apportant fraîcheur et invitant à la détente ainsi qu’à la contemplation.
Paradigmes
Judith Chatain, Gabrielle Doublet et Audrey Farinole
Paris et Maisons-Alfort (France)
Hôtel du Palais des Guilhem
12 rue du Palais des Guilhem
La compréhension et la tolérance se nourrissent de l’échange, de la communication et du partage.
Ouverte et découverte à l’occasion du Festival des Architectures Vives, la cour d’ordinaire lieu de passage est un lieu de sociabilité privilégié et l’endroit idéal pour tenter de développer la communication.
Telle une bibliothèque à ciel ouvert, l’installation se compose de multiples moulins entre lesquels le visiteur peut déambuler, inscrire ses pensées en prenant le temps de la réflexion, du partage, de la transmission et contempler celles d’autrui.
L’expérience se conclut par la mise en mouvement des moulins donnant vie à la parole inscrite en la répandant dans les airs. Cette mise en mouvement est accompagnée de sonorités variées.
Le dispositif détourne un objet spirituel pour en faire un générateur de pensées optimistes.
Un nouveau paradigme.
[ IN N’ OVER ]
Maxime Derrouch , Typhaine Le Goff et Emeline Marty
Montpellier, Toulouse et Aix en Provence ( France)
10 rue de la Petite Loge
IN N’ OVER offre un moment de rêverie et de contemplation. Le visiteur redécouvre le lieu sous un autre regard, en étant à la fois « IN » et « OVER »l’espace et le temps. Interagir avec le lieu, mais également avec les personnes qui le parcourent, telles sont les intentions du projet.
Cette composition réveillera tout en mélodie et légèreté une cour remplie d’Histoire, avec une relation particulière entre les habitants et l’environnement par la représentation symbolique de l’innovation : d’aller plus loin en regardant vers le haut. L’envol des oiseaux en origami illustre cette métaphore.
« Innover » renvoie à la notion d’expérience, de cette nécessité à regarder en arrière. Le sol réfléchi l’envol des oiseaux et le ciel. Ils deviennent l’opposé de cet avenir tourné vers le haut, l’expérience du passé sous nos pieds.
L’impulsion de la nuée d’oiseaux par la mélodie, c’est l’Homme qui pousse à l’innovation en provoquant l’émerveillement.
Thin Green
Belle Ville Atelier d’Architecture – Ilan Bitoun, Vincent Imfeld, Alexandre Ferron, Anthony Le Page et Lucile Nicosia
Anduze et Paris ( France )
Hôtel de Mirman
7 place du Marché aux fleurs
Pousser une porte cochère pour découvrir une oasis de verdure, offrir une pause rafraîchissante aux visiteurs ; l’innovation du projet que propose Belle Ville Atelier d’Architecture est double.
D’une part, ils souhaitent offrir une expérience sensible aux promeneurs, et aux utilisateurs des hôtels particuliers, basée sur un décalage entre l’image de la ville, minérale par tradition, et l’introduction d’un paysage végétal luxuriant. L’ouverture de ces cours au public est l’occasion de redécouvrir sous une autre lumière les lieux qui nous entourent.
D’autre part, le dispositif leur permet d’expérimenter et quantifier l’efficacité d’un système de climatisation naturel. Mis en œuvre grâce à l’association de végétaux et d’un système de brumisation d’eau arrosant la surface de feuillage, l’évapotranspiration des feuilles et la rétention d’eau naturelle du sol permettent de faire baisser la température dans l’enceinte de la cour.
Thin green est un projet qui donne aux visiteurs l’occasion de vivre une expérience immersive et pédagogique.
Souriez vous êtes filmés
Pseudonyme Architecture – Jérémy Germe et Chloé Thomazo
Paris (France )
Hôtel des Trésoriers de la Bourse
4 rue des Trésoriers de la Bourse
Le Festival des Architectures Vives est riche de tous ces curieux qui se croisent dans les cours des hôtels particuliers de Montpellier. Innover, c’est pour eux l’occasion de mettre au cœur du projet les festivaliers en leur proposant une installation ludique et interactive.
Le dispositif que l’équipe a imaginé est digne d’un studio de photographe : projecteurs, appareil photos, miroirs et plateau. La cour n’est plus un simple décor, elle retrouve sa fonction originale de scène urbaine et sociale : les visiteurs peuvent se prendre en photo et jouer la comedia del arte sous le feu des projecteurs. Les photos sont ensuite disponibles en ligne et chacun peut ainsi emporter une séquence souvenir qu’il partagera avec ses proches.
En donnant carte blanche aux visiteurs du FAV l’équipe a voulu innover en faisant de l’installation un évènement ludique et connecté dont le clou du spectacle n’est pas la plasticité, mais les visiteurs eux-mêmes.
La tête dans les nuages
Mickaël Martins Afonso et Caroline Escaffre-Faure
Bordeaux ( France )
Hôtel de Baudon de Mauny
1 rue de la Carbonnerie
Innover, ajouter un nouvel usage à un objet, un espace, une pratique. Certes l’innovation peut résider dans l’installation, au travers d’une prouesse technique, mais n’est-ce là que l’unique moyen d’innover de nos jours?
Durant ce festival, le public est invité, au cours de sa promenade, à entrer dans des cours privées. Elles deviennent alors des lieux d’exposition, des supports à une installation artistique. Ils y voient ici les prémices d’une innovation. L’usage de la cour est modifié, sans toutefois rompre avec ce qu’il était. Dans cette idée d’évolution, l’installation proposée apporterait un nouvel usage à la cour.
Lieu de passage, il leur a semblé intéressant d’offrir au public la possibilité de s’y arrêter. Isoler de l’excitation de la ville, elles sont comme des pauses dans cette promenade urbaine.
Quelques chaises et bancs sont répartis dans la cour. Le visiteur entre, des nuages paraissent flotter dans l’air, au-dessus de nos têtes, créant une ambiance propice à la rêverie. Formés par des ballons, ils sont suspendus par un fil. Assis sur une chaise, il est possible d’amener un nuage autour de son visage pour s’isoler et prendre le temps de la réflexion, de s’échanger un secret. Comme une sorte d’alibi offert, une manière de prendre le temps de se reposer. La tête dans les nuages.
Sable y est
Ariane Francescato et Julien Pinard
Paris et Charenton-le-Pont (France )
Hôtel de Lunas
10 rue de la Valfère
L’innovation architecturale ne réside pas selon cette équipe dans l’invention de quelque chose de nouveau mais avant tout dans le renouvèlement de l’existant. Réinterpréter leur projet du FAV 2009 leur est alors apparu comme une évidence.
Ré-interroger ses qualités et ses faiblesses est pour eux une façon d’innover avec justesse.
Des cônes de sable étaient disposés aléatoirement sur un sol en caoutchouc noir. Durant l’installation, le sol a pris une importance capitale. Pour cette onzième édition, « Innover », ils proposent d’inverser la matérialité du sol et des cônes.
Une intervention minimale ayant un effet maximal. Ce renversement de matérialité nous permet de modifier la forme, la disposition, la technique et ainsi aborder le thème dans sa globalité. Les cônes, beaucoup plus grands, noir et brillants reposent au milieu de la cours sur un sol de sable, effacé mais insolite.
La variation d’échelle modifie les usages et la pratique du lieu, les passants circulent entre les cônes qui les surplombent. Cette nuance déroutante crée un imaginaire complètement différent de celui qui avait marqué la cours six ans auparavant.
Cortiça
FLCDa – Clément Daneau , François Lis et Maxime Lis
Grenoble et Bordeaux (France )
Hôtel de Rozel
2 ter rue Saint Pierre
Le point de départ de leur réflexion est de mettre en scène un matériau millénaire aux caractéristiques étonnamment contemporaines : le liège.
Ils ont décidé de sublimer sa pérennité et sa durabilité en proposant une installation qui est avant tout une étape dans un processus global.
En effet, ils présentent à Montpellier une mise en œuvre atypique de ce matériau dans le dessein de ré-exploiter la matière sur un chantier d’auto-construction et ainsi prolonger la vie de leur projet.
L’installation proposée excite la curiosité par l’irrécusable présence de ce mur : il ne crée pas une frontière absolue car l’appareillage laisse entrevoir la cour Jacquet, mais par sa brutalité met le visiteur au pied du mur, l’oblige à la confrontation pour pouvoir pénétrer dans celle-ci et ainsi en découvrir sa vénusté.
Ce sont les qualités intrinsèques du matériau qui créent toute l’attractivité de la proposition.
[ Dé ] tendu
Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse
Quaternion – Marie Lambert, Simon Hulin et Mathieu Sudres
Paris / Toulouse / Grenoble (France)
Hôtel de Rozel
2 ter rue Saint Pierre
L’ENSA Toulouse est l’école invitée du FAV 2016. A cette occasion l’école a confié la réalisation de l’installation à Quaternion, jeune start up d’architecture à laquelle l’école apporte son soutien par son incubateur mis en place en 2016.
Simon Hulin et Mathieu Sudres (respectivement étudiant à l’ENSA Grenoble et l’ENSA Toulouse; et fondateur de Quaternion) développent dans le cadre de leur Projet de Fin d’Etudes la construction d’un prototype de Pavillon personnalisable grâce aux outils numériques qu’ils testeront lors de deux événements.
Leur vision de l’innovation passe par l’utilisation des nouvelles technologies pour qu’elles servent la production d’une architecture plus accessible, plus, économe et plus adaptée. Leur pavillon exploite le principe du Gridshell qui permet à partir de simples lattes de bois croisées de créer des structures étonnantes, aux morphologies organiques et variées.
Cette structure est sublimée et rendue possible par les outils numériques de simulation et de calcul. Cette ingénierie de pointe est pourtant suivie d’une fabrication et d’une mise en oeuvre artisanale. Le parfait équilibre entre technologie et tradition pour créer dans cette cour une atmosphère unique, fruit de la rencontre entre l’ancien et le contemporain, la pierre et le bois, le minéral et le végétal, la ligne et la courbe.