Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain au Frac PACA

Jusqu’au 24 février 2019, le Frac PACA présente « Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Chefs-d’œuvre et documents de 1983 à 1999 ».

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Avec ce premier chapitre d’un cycle annuel intitulé « Votre collection d’art contemporain en Provence-Alpes-Côte d’Azur », Pascal Neveux, directeur du Frac et commissaire, propose un accrochage particulièrement réussi d’une sélection d’œuvres acquises dans les années 1980 et 1990. L’exposition est accompagnée par un ensemble important d’archives et de documents présentés au 3° plateau.

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

C’est sans aucun doute un des projets incontournables de cet hiver 2018/2019 à Marseille et dans la région PACA. À ne pas manquer !

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Avec des œuvres de Gilles Aillaud, Pierre Alechinsky, Eduardo Arroyo, Georges Autard, Martin Barré, Jean-Pierre Bertrand, Vincent Bioulès, Jean-Charles Blais, Richard Deacon, Noël Dolla, Bernard Frize, Gérard Garouste, Toni Grand, Raymond Hains, Simon Hantaï, Hans Hartung, Jean Le Gac, Renée Levi, Matta, Jacques Monory, Bernard Pagès, A.R. Penck, Jean-Pierre Pincemin, Gérard Traquandi, Didier Vermeiren, Claude Viallat.

L’exposition au premier plateau

Ni chronologique ni thématique, cet accrochage très libre rappelle, au dire de son auteur, « celui des collections dans les musées dix-neuviémistes ou les tableaux étaient accrochés bord à bord de manière à occuper la totalité de murs, cela renvoi assez bien à l’idée d’une collection foisonnante ».

Au-delà d’une incitation à une relecture de la collection, cette exposition est avant tout un vrai moment de plaisir, celui de la découverte d’un ensemble remarquable présenté pour la première fois au Frac. C’est aussi le bonheur de contempler des œuvres magistrales, souvent de grand format, qui attrapent le regard et offrent au spectateur une déambulation jubilatoire.
Une délectation rare qui n’est pas sans rappeler celle à laquelle nous avait conviées Emmanuel Latreille avec « La peinture à l’huile c’est bien difficile… » au Frac Occitanie Montpellier à l’hiver 2016/2017…

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Sans discours préconçus, l’accrochage est construit autour d’un équilibre subtil entre les œuvres et le vaste espace du premier plateau. S’il s’est souvent montré difficile à occuper, le commissaire se joue de ces contraintes et sait ici magnifier les pièces qu’il y expose.

Dans cette proposition très personnelle, Pascal Neveux semble avoir trouvé une formule magique où tout parait être à sa juste place malgré l’éclectisme des œuvres choisies.

L’exposition laisse au visiteur la liberté de sa déambulation, d’imaginer les conversations, les désaccords et les controverses entre œuvres « figuratives » ou « abstraites »… de s’attarder sur l’une ou l’autre… de revenir sur celle que l’on a ignorée.

Plusieurs rapprochements ou oppositions sont étonnamment productifs.

Ainsi le voisinage sur deux murs adjacents des bandes verticales de Jean-Pierre Pincemin (Peinture n° 30, 1982) et des pliages de Simon Hantaï (Tabula-violet et noir, 1981) fonctionne de manière saisissante, tout comme le 8ème cercle, 1984 de Pierre Alechinsky joue étrangement avec les formes de Claude Viallat (Sans titre, 1983).

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

En début de parcours, le face à face Bioulès/Matta est tout aussi surprenant qu’efficace.

Matta, El ya olvidado ejercicio de la caballeria aventura, 1985 - Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRA PACA
Matta, El ya olvidado ejercicio de la caballeria aventura, 1985 – Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRA PACA

Quant à la proximité de cette statique scène aixoise avec le tableau d’Arroyo, elle laisse imaginer une relation équivoque entre ces deux regards sur le théâtre urbain …

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain Photo © JL Lett
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain Photo © JL Lett

Contre toute attente, Le Bosquet à Carry, 1991 de Gérard Traquandi trouve une place évidente au milieu d’œuvres de Renée Levi, Raymond Hains, Jean-Pierre Bertrand ou de Bernard Frize.

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Le voisinage des quatre toiles de Martin Barré avec la Jalousie V ou portrait d’un membre du P.C.F. dans sa cuisine en 1940 (1992) de Noël Dolla semble plus naturel.

Les seize poissons et cadres de Toni Grand (Rice and Beans, 1991) créent une perspective déconcertante et bienvenue pour l’installation de Jean Le Gac (L’illustration Pathé-Kid, 1987). Elle-même s’accorde subtilement avec une grande huile et craie sur affiche déchirée de Jean Charles Blais (Sur le retour, 1982).

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

C’est avec beaucoup de plaisir qu’on découvre un superbe grand format de Georges Autard (La perte du sang, 1988). Il s’harmonise de manière insolite avec les jaunes d’une œuvre figurative d’Eduardo Arroyo (Toute la ville en parle, 1982) et ceux d’une toile abstraite de Hans Hartung (T1980-R26, 14 octobre 1980).

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain Photo © JL Lett
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain Photo © JL Lett

Une exception toutefois, l’Orion et Cédalion de Garouste. Certes, il devait s’élever vers les hauteurs du Frac, mais malheureusement, il s’accorde assez difficilement avec le magistral tableau de Monory (Fragile n° 12, 1989) qui semble lui manger toute la lumière.

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Avec beaucoup de pertinence et de finesse, La tortille (1991) de Bernard Pagès construit un lien évident entre la toile de Hartung et le diptyque de Simon Hantaï en passant par Viallat (Sans titre, 1983), Alechinsky (8ème cercle, 1984) et Pincemin.

Bernard Pagès, La tortille, 1991 - Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Bernard Pagès, La tortille, 1991 – Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

La pièce au sol de Richard Deacon (Another Substance, 1993) conduit naturellement le regard vers la sculpture sur papier d’isolation de Renée Levi (Stehende n° 3 jaune, 1997) et la série de Martin Barré qui « se joue des points de fuite et des règles de la perspective »…

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Dans l’excellent dossier pédagogique qui accompagne l’exposition, Pascal Neveux souligne que son accrochage est un point de vue singulier sur ces œuvres de la collection.
Aussi, le document suggère-t-il de :

« Créer votre exposition virtuelle et votre histoire en sélectionnant quelques œuvres de la collection sur le site navigart : https://www.navigart.fr/fracpaca/#/. Ensuite à la manière d’Alain Rivière, un autre artiste de la collection, en imprimant les œuvres (respecter l’échelle), réaliser une maquette de votre projet d’exposition. Comment imaginez-vous l’accrochage ? »

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Ce dossier rappelle toutefois que « Ces premières acquisitions sont représentatives d’une époque, dans les années 80 quand la décentralisation se met en place on constate que les choix sont en lien avec l’actualité de l’époque et les expositions présentées dans les musées, les fondations…
Ces choix sont alors représentatifs de grands mouvements actifs comme par exemple : Support/Surfaces avec une remise en question des moyens picturaux traditionnels, Le Nouveau Réalisme avec de nouvelles approches perceptives du réel, la Figuration Narrative etc. »

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Vue de l'exposition au FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Vue de l’exposition au FRAC PACA

Au bas des escaliers, en début du parcours, un vaste panneau fait l’inventaire des acquisitions entre 1983 et 1999. Il montre l’ampleur et la diversité de ces achats et distingue les œuvres exposées qui y sont soulignées, mais aussi celles qui sont déposées dans diverses institutions de la région, en France ou à l’étranger. On découvre ainsi qu’un Joan Mitchell est au musée de Valence, que le musée Picasso d’Antibes accueille un Soulages ainsi qu’un Dubuffet, un Dezeuze et un Degottex… Ce catalogue fait le lien avec la deuxième partie de l’exposition.

Archives et documents au troisième plateau

L’exposition de ces œuvres emblématiques acquises durant les années 1980/1990 s’accompagne au troisième plateau d’une importante sélection de documents et d’archives sur la création du Frac et sur les événements qui ont marqué ces premières décennies.

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA

Photographies, affiches, cartons d’invitation, articles de presse, courriers ou livres d’inventaire témoignent aussi de l’aventure des Frac, de l’originalité de ces institutions et du rôle particulier de leurs collections. Ces documents permettent de remettre les choses à leur juste place et de faire taire les propos souvent erronés et fallacieux que l’on peut entendre sur leurs activités et leurs procédures d’acquisition.

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain - Archives et documents au FRAC PACA Photo © JL Lett
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain – Archives et documents au FRAC PACA Photo © JL Lett

L’histoire et le fonctionnement du Frac PACA sont résumés sur deux cimaises.
Deux vitrines rassemblent des archives qui illustrent les grands moments de l’institution entre 1983 et 1999, sous les directions successives de Véronique Legrand (1983-1988), Bernard Muntaner (1988-1991), Isabelle Bourgeois (1991-1993) et Éric Mangion (1993-2005) :

  • 1983-1984: Investissement de 5 108 300 Francs (778 755 €) pour l’acquisition d’une centaine d’œuvres qui vont constituer le socle de la collection.
  • 1983: Le Frac acquiert l’installation-performance Ballon-Événement de Richard Baquié.
  • 1984: Le Frac expose l’ensemble des premières acquisitions au musée Cantini, Marseille, avec notamment les œuvres de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, César, Gérard Garouste, Raymond Hains, Simon Hantaï, Richard Baquié, Jean Dubuffet, Joan Mitchell, Pierre Soulages
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
  • 1985 : L’exposition de ces premières acquisitions est présentée à la Fondation Maeght, Saint-Paul de Vence.
  • 1986 : Le Frac s’installe dans le quartier du Panier. Ses locaux sont dotés d’espaces d’exposition et de conservation.
  • 1987 : Les statuts du Frac en tant qu’association loi 1901 sont déposés en préfecture.
  • Entre 1983 et 1987, les pièces aujourd’hui historiques de la collection sont acquises. Parmi celles-ci, les œuvres de Georges Autard, Richard Baquié, César, Jean-Louis Delbès, Leonardo Cremonini, Jean Dubuffet, Toni Grand, Simon Hantaï, Hans Hartung, Piotr Klemensiewicz, Matta, Joan Mitchell, Pierre Soulages, Antoni Tàpies, Gérard Traquandi
  • 1989 : Dans le cadre du programme d’échanges culturels avec la Rhénanie (Allemagne), le Frac organise dans ses locaux la première exposition en France de 200 dessins et aquarelles de Joseph Beuys : Beuys avant Beuys.
  • 1991 : Ce projet s’enrichit de l’exposition Kunstregion Siidfrankreich 1980-1990 qui fait circuler la collection du Frac dans quatre musées en Allemagne, sur une période de deux ans.
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
  • 1991-1992 : Les nouvelles acquisitions du Frac sont présentées dans ses locaux en trois volets successifs.
  • 1991 : Les musées et les organismes gérant des collections d’art moderne et contemporain créent Vidéomuséum, une base de données partagée regroupant les collections publiques françaises.
  • 1995 : Le Frac adhère à Vidéomuseum et entreprend de structurer la gestion de sa collection.

Une troisième vitrine évoque un projet singulier, celui des boîtages commandés à des artistes de la collection pour le catalogue complet des acquisitions 1982-1988

Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA
Une histoire de la collection du Fonds régional d’art contemporain -Archives et documents au troisième plateau FRAC PACA

L’ampleur et la richesse des documents présentés devraient logiquement inciter quelques universitaires et étudiants à entreprendre des travaux de recherche sur cette histoire singulière qui a indéniablement marqué l’histoire de l’art contemporain en région.

Pour enrichir l’expérience de visite, deux documents sont à la disposition du public et téléchargeables depuis le site du Frac PACA. La fiche de salle contient un intéressant échange avec Pascal Neveux que l’on reproduit ci-dessous. Le dossier pédagogique offre de nombreuses information sur le Frac et son histoire, de brèves notices sur les œuvres exposées et sur les mouvements de référence ainsi que d’intéressantes pistes pédagogiques.

A ne pas manquer également au Frac Paca, le très beau projet de Rodolphe Huguet « Bon vent » au plateau expérimental et dans divers lieux du Frac

En savoir plus :
Sur le site du Frac PACA
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Télécharger la fiche de salle et le dossier pédagogique

Entretien avec Pascal Neveux, directeur du Frac PACA et commissaire de l’exposition
(extrait de la fiche de salle)

Pascal Neveux, comment définiriez-vous la spécificité d’une collection pour un Frac ?

Je la définirais par rapport à la politique même d’acquisition des oeuvres qui est étroitement liée au projet artistique et culturel ; c’est lui qui donne les grands axes d’acquisitions. Un comité technique d’achat se réunit tous les ans pour faire des propositions dans ce sens ; il cherche à capter l’esprit du moment, du temps présent en revendiquant une dimension expérimentale, c’est un pari sur l’avenir.
Cette forme de subjectivité est totalement revendiquée et assumée car, à l’inverse d’une collection privée, constituer la collection du Frac est le fruit d’un travail collectif ; il mobilise des experts bénévoles qui façonnent par leurs propositions cette collection publique.

Ces premières acquisitions sont-elles représentatives d’une époque ?

Dans les années 1980, quand la décentralisation se met en place, on constate que les choix sont en lien avec l’actualité d’une époque, et les expositions présentées dans les musées et les fondations… Ces choix sont représentatifs des grands mouvements alors actifs dans la région : Supports/Surfaces, avec une remise en question des moyens picturaux traditionnels d’application de la couleur et du geste, le Nouveau réalisme avec de « nouvelles approches perceptives du réel »… La collection est, de fait, très poreuse aux grandes tendances et aux mouvements, aujourd’hui entrés dans l’histoire de l’art contemporain.

Pascal Neveux, directeur du Frac Paca et commissaire de l’exposition

Nous sommes confrontés à des œuvres assez diverses sur le plan formel.

Oui, et cela reflète le parti pris dès le départ d’être sur un grand éclectisme formel, avec des écritures esthétiques très différentes et une grande variété de médiums.

Comment a été pensé l’accrochage ?

Le parcours débute avec les premières oeuvres achetées par le Frac en 1983, celles de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, Georges Autard… Il s’agit d’un accrochage très libre qui peut rappeller celui des collections dans les musées dix-neuvièmistes où les tableaux étaient accrochés bord à bord de manière à occuper la totalité des murs. Cela renvoie assez bien à l’idée d’une collection d’un Frac foisonnante.

Comment se met en place la circulation de la collection du Frac ?

Elle intervient principalement au niveau régional, c’est-à-dire sur les six départements de Provence- Alpes-Côte d’Azur, sous la forme de projets et d’expositions, dans des contextes aussi variés que des établissements scolaires, des structures associatives, sociales, municipales, culturelles et éducatives. Elle circule donc énormément, c’est 60% de notre collection qui voyage hors du Frac. C’est cette « valeur d’usage » qui la distingue d’une collection de musées et qui répond à une ambition fondamentale, celle de sensibiliser le plus grand nombre à l’art contemporain.

Cela induit-il que certaines œuvres ne peuvent plus circuler ? par exemple les « chefs-d’oeuvre » qui demandent des normes de conservation bien particulières ?

En effet, le Frac y répond par des prêts et des dépôts sur du long terme dans des musées, des centres d’art, rendant ainsi les œuvres visibles et accessibles à tous… J’invite le public à les découvrir au musée départemental de Gap, au musée Picasso à Antibes, au Centre d’art contemporain intercommunal d’Istres, au Musée d’art et d’archéologie de Valence… Ces prêts et ces dépôts contribuent aussi à enrichir, à compléter la section art contemporain de ces musées, voire dans certains cas à la créer.

Vous avez souhaité montrer une partie des documents et des archives du début du Frac et de sa création au 3e plateau. En quoi vient-elle enrichir le propos ?

Cette étape dans le parcours de l’exposition est très importante car elle dévoile la genèse du Frac, véritable aventure politique, culturelle et artistique d’une époque. Cette traversée historique, jalonnée de témoignages concrets – affiches, cartons d’invitation, articles de presse, photographies, courriers… – offre un éclairage singulier sur la naissance du Frac et son évolution.

Le visiteur y trouvera aussi des documents administratifs et comptables qui permettent de suivre la chronologie des acquisitions, révélant ainsi le travail effectué par les différentes personnalités membres des comités techniques d’achat de l’époque.

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