On danse ? au Mucem

Du 23 janvier au 20 mai 2019, le Mucem présente au J4 « On danse ? », un audacieux projet imaginé par Émilie Girard et Amélie Couillaud.

On Danse au Mucem - Scenographie Cecile Degos Janvier 2019 © Julie Cohen Mucem
On Danse au Mucem – Scenographie Cecile Degos Janvier 2019 © Julie Cohen Mucem

Accueillir la danse dans un musée ou au sein d’une exposition est aujourd’hui assez commun. Confier un commissariat à un.e chorégraphe est moins banal, mais pas inconnu
Exposer la danse apparaît toujours comme une interrogation et un réel défi. Dans son avant-propos au catalogue, Jean François Chougnet, Président du Mucem, cite à juste titre Merce Cunningham qui disait dans Le Danseur et la danse :

« Oui, il est difficile de parler de danse. C’est un objet non pas tant léger qu’évanescent. Je compare les idées sur la danse, et la danse elle-même, à de l’eau. […] Tout le monde sait ce qu’est l’eau et ce qu’est la danse, mais cette fluidité les rend cependant insaisissables. »

Le titre de l’exposition « On danse ? » sonne évidemment comme une invitation dont tous les termes sont pesés (voir entretien avec les commissaires reproduit ci-dessous).

On Danse au Mucem - Scenographie Cecile Degos Janvier 2019 © Julie Cohen Mucem
On Danse au Mucem – Scenographie Cecile Degos Janvier 2019 © Julie Cohen Mucem

À lire la présentation du projet par Émilie Girard et Amélie Couillaud, cette invitation est « adressée à tous, car danser est un acte partagé et partageable, qui traverse les corps, les territoires et les sociétés de part en part. Que l’on danse seul ou en groupe, pour séduire ou pour embrigader, pour se distinguer ou se fondre dans la masse, la danse est vecteur de liens, en soi, avec les autres, vers un au-delà ou un ailleurs parfois ».

On Danse au Mucem - Scenographie Cecile Degos Janvier 2019 © Julie Cohen Mucem
On Danse au Mucem – Scenographie Cecile Degos Janvier 2019 © Julie Cohen Mucem

Mais « On danse ? » s’entend aussi comme une interrogation. En effet, les deux commissaires précisent :

« Deux questions sous-tendent l’ensemble du programme : “Où commence la danse ?” et “Vers qui danse-t-on ?” Des questions qui n’appellent pas de réponse unique, mais auxquelles les 59 films, 7 pièces sonores, 13 extraits de textes, 4 objets [des collections du Mucem] et 3 pièces [contemporaines] font tous écho, chacun à leur façon ».

William Forsythe, Lectures from Improvisation Technologies, 2011. Vidéo, couleur, son, 9'40. The Forsythe Company and ZKM, 2011 © Forsythe Productions
William Forsythe, Lectures from Improvisation Technologies, 2011. Vidéo, couleur, son, 9’40. The Forsythe Company and ZKM, 2011 © Forsythe Productions

Une des plus belles audaces de « On danse ? » est de construire le programme autour d’un long flux audiovisuel de six heures. « Celui-ci est composé à partir de films (films d’artistes, extraits de documentaires, de films de cinéma et de films ethnographiques) d’extraits de textes issus de la littérature et de pièces sonores de Dominique Petitgand ».

Comment soutenir l’attention et l’intérêt du visiteur avec un aussi long flux ?

On attend avec beaucoup de curiosité d’en découvrir la mécanique et le montage !
On est tout aussi impatient de voir la scénographie conçue par Cécile Degos.

En effet, le projet imaginé pour « On danse ? » repose en grande partie sur un dispositif d’exposition original « conçu à partir des trois éléments constitutifs de la danse : le corps, l’espace, le temps ».
Les commissaires en font la description suivante :

« On entre dans l’exposition et on découvre un espace où des écrans de différentes tailles, de la tablette à l’écran de cinéma, diffusent tous la même œuvre en même temps, et à l’intérieur duquel on est complètement libre d’aller et venir. Ce peut être d’abord un peu désarçonnant !
En réalité, nous avons souhaité que l’espace d’exposition soit le plus confortable possible pour laisser au visiteur la possibilité de prendre du temps, de s’installer et de tester différentes manières de regarder. On peut s’asseoir ou s’allonger sur la moquette, s’adosser à un volume, s’arrêter sur une balançoire : l’idée est d’éprouver de différentes manières son rapport à l’espace environnant. »

Émilie Girard et Amélie Couillaud soulignent leur complicité avec la scénographe qui, disent-elles, « a particulièrement bien compris notre envie et a su la traduire »…

On a souvent constaté ici combien Cécile Degos a répondu avec intelligence, inventivité, précision et élégance aux intentions des commissaires. Elle connaît aussi parfaitement la complexité et les contraintes de ce plateau d’exposition du Mucem ou elle a signé une série remarquable de très belles scénographies) depuis « Made in Algeria », « Roman-Photo », jusqu’au récent « Fan-Tan » avec Ai Weiwei.

Liste des 66 artistes, réalisateurs et auteurs présents dans l’exposition :
Vasco Araújo, Fayçal Baghriche, Jean-Christophe Bailly, Yael Bartana, Pina Bausch, Jérôme Bel, German Bobe, Zoulikha Bouabdellah, Trisha Brown, Cassils, Claude Cattelain, Jiwon Choi, Hélène Cixous, Clément Cogitore, Maya Deren, Caetano Dias, Mati Diop et Manon Lutanie, Vincent Dupont, Becky Edmunds, Alexander Ekman, Flatform, William Forsythe, Dominique Fourcade, Aurélien Froment, Julien Gallée-Ferré, Maud Geffray, André Gladu, Jean-Luc Godard, Lola Gonzàlez, Max Grau, Hervé Guibert, Barbara Hammer, Yannick Haenel, Anne Teresa de Keersmaeker et Wolfgang Kolb, Akram Khan et Sidi Larbi Cherkaoui, Andrew Lampert, Philippe Lançon, Édouard Levé, Luc Moullet, Bouchra Ouizguen, Jean Painlevé, Jean-Michel Palmier, Hetain Patel, Artavazd Pelechian, Anthony Peskine, Dominique Petitgand, Émilie Pitoiset, Elodie Pong, Alex Prager, Marcel Proust, Pascal Quignard, Yvonne Rainer, Tony Regazzoni, Charles Robinson, Mika Rottenberg, Zbigniew Rybczynski, Martin Sastre, Tomoaki Suzuki, Jennet Thomas, Agnès Varda, Xavier Veilhan, Marie Vic, William Wegman.

Un tel projet pourrait laisser perplexe et dubitatif… On ne cachera pas qu’il excite la curiosité et qu’il est attendu avec une certaine impatience. Souhaitons qu’après son vernissage, il nous laissera pantois et admiratif…

Chronique à suivre…

L’exposition est accompagnée par un catalogue coédité par le Mucem et Lienart au format très allongé. Sous la direction de Émilie Girard et Amélie Couillaud, il rassemble des contributions de Romain Bigé, Nicole Harbonnier, Daniel Sibony, Marie-Pierre Gibert et Sébastien Baud.

 

Le le flux vidéo de l’exposition est représenté par un montage en double page des trois images pour chacun des 59 films. Objets du Mucem et œuvres contemporaines sont accompagnés d’une notice développée. Les pièces sonores et les citations littéraires sont reproduites avec leur « time code ». En annexes, on trouve la liste des œuvres exposées et une bibliographie.

À lire, ci-dessous, une présentation du projet sous la forme du traditionnel entretien avec les commissaires, la description de quelques œuvres majeures sélectionnées pour « On danse ? », quelques repères biographiques à propos des commissaires. Ces documents sont extraits du dossier de presse.

En savoir plus :
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« On danse ? » Le titre de l’exposition sonne comme une invitation…

C’est en effet le premier sens de ce titre. L’idée de cette exposition n’est pas de proposer une vision historique ou encyclopédique du sujet « danse » mais, en s’inspirant de l’enseignement des chorégraphes modernes et postmodernes, de partir du postulat selon lequel la danse n’est pas que l’affaire de virtuoses. Le « on » du titre n’est pas anodin : il traduit ce souci d’inclure largement, il met en avant le fait que l’acte de danser est créateur de liens.
Si la formule sonne comme une invitation, le point d’interrogation qui la conclut renvoie aussi à la question qui a initié notre réflexion : « Où commence la danse ? » Est-ce que la marche n’en est pas le premier pas ? Ne peut-on voir de la danse dans un mouvement de foule ? C’est la question du regard qui « fait » danse. De fil en aiguille, cette première question nous a conduites à une autre : « Vers qui danse-t on ? »

Vous avez souhaité proposer un dispositif singulier conçu à partir des trois éléments constitutifs de la danse : le corps, l’espace, le temps.

Oui, on entre dans l’exposition et on découvre un espace où des écrans de différentes tailles, de la tablette à l’écran de cinéma, diffusent tous la même œuvre en même temps, et à l’intérieur duquel on est complétement libre d’aller et venir. Ce peut être d’abord un peu désarçonnant !
En réalité, nous avons souhaité que l’espace d’exposition soit le plus confortable possible pour laisser au visiteur la possibilité de prendre du temps, de s’installer et de tester différentes manières de regarder. On peut s’asseoir ou s’allonger sur la moquette, s’adosser à un volume, s’arrêter sur une balançoire : l’idée est d’éprouver de différentes manières son rapport à l’espace environnant. Cécile Degos, la scénographe, a particulièrement bien compris notre envie et a su la traduire.
Le programme est un flux audiovisuel de six heures, composé d’œuvres qui mettent en lumière le corps, sa mécanique interne, son étrangeté parfois, et ce que produit la danse dans des contextes géographiques, politiques, sociaux très variés. On passe ainsi subrepticement d’un état à un autre, à la fois physiquement et mentalement.

La vidéo occupe la part principale de la muséographie. Quels types de films sont diffusés au sein de ce long flux audiovisuel projeté dans l’espace d’exposition ?

En effet, le média vidéo s’est très vite imposé à nous. Il a cette capacité à révéler le corps en mouvement qui pourtant n’est pas là, il en est la trace. Nous avons sélectionné environ soixante films ou extraits de films : films d’artistes, films de cinéma, documentaires, films ethnographiques… Autant de regards différents sur l’acte de danser, le corps, le mouvement, le rapport au temps et à l‘espace, qui répondent, parfois avec beaucoup d’humour, à la multiplicité des points de vue que nous cherchons à mettre en valeur.
D’autres médias comme les pièces sonores de Dominique Petitgand, ou encore la littérature, sous forme d’extraits de textes, font partie intégrante du flux : ces deux éléments apportent eux aussi une forme de physicalité très forte alors qu’aucun corps n’est « visible ».

Des objets, peu nombreux, sont aussi présentés. Parmi eux, certains sont issus des collections du Mucem…

Nous avons choisi de montrer un petit nombre d’objets physiques, témoins matériels de la danse. Ces objets sont, dans des registres très différents, des accessoires du danseur, des prolongements de leur corps : un tambour de chamane lapon utilisé pour conduire à la transe et entrer en contact avec le monde des esprits, une paire de chaussures et un grand éventail en plumes d’autruche ayant appartenu à la meneuse de revue Mistinguett, et un ghetto-blaster collecté l’année dernière auprès du graffeur Hondo, également danseur de hip-hop. Cet échantillon permet d’évoquer des types de danses très différents qui sont représentés dans les collections du Mucem. Le visiteur les découvrira au détour de son cheminement dans l’exposition. Sont aussi à découvrir deux œuvres contemporaines qui incitent au mouvement : une sculpture hyperréaliste de Tomoaki Suzuki au tiers de la taille réelle du modèle, qui accueille les visiteurs et les incite à se mettre à sa hauteur, et un « objet chorégraphique » de William Forsythe qui invite à tester sa capacité à l’immobilité… plus difficile et troublant qu’on ne l’imagine !

La danse est un champ de recherches exploré depuis la fin des années 1930 par les équipes du musée national des Arts et Traditions populaires (MnATP) et, plus proche de nous, par le Mucem…

Et même avant cela par le musée d’Ethnographie du Trocadéro ! Le tambour de chamane dont on vient de parler entre dans les collections dès la fin du XIXe siècle. La danse a par la suite, c’est vrai, été un terrain de recherche dès les toutes premières campagnes menées par le MnATP, où elle a été considérée comme un fait social. En 1939, deux ans seulement après la création du musée, la campagne consacrée à la Basse-Bretagne va permettre de réunir notes, entretiens, ou films qui montrent la danse. Dans les années 1960, un « département danse », placé sous la houlette de Jean-Michel Guilcher, va être mis en place, à la demande de Georges Henri Rivière. Les fonds audiovisuels que conserve aujourd’hui le Mucem vont ainsi notamment s’enrichir de films qui témoignent des pratiques dansées dans les différentes régions de France, souvent en contexte festif (mariages, fêtes de village…). Deux d’entre eux sont d’ailleurs présentés dans le flux de l’exposition. Plus récemment, cet intérêt pour la danse s’est poursuivi à travers la campagne dédiée au graff et au hip-hop, qui a permis une fois encore d’élargir la collection sur ce sujet, avec des tenues de danseurs contextualisées par des entretiens menés avec les protagonistes, des affiches de compétition (notamment les fameuses battles de hip-hop), des ghetto-blasters comme celui présenté dans l’exposition.

Cette exposition s’inscrit enfin dans le cadre d’une saison particulière pour le Mucem, accompagnée par le chorégraphe Boris Charmatz en qualité d’artiste invité. Que va-t-il proposer, en lien avec cette exposition ?

Au sein d’une proposition très riche qui dépasse le seul cadre de l’exposition (interventions dansées dans tout le musée, conférences, spectacles, etc.), Boris Charmatz invite les visiteurs de « On danse ? », chaque week-end, à passer par un « studio de chauffe ». Cet échauffement est conduit par un danseur professionnel et pensé comme une introduction ou un prolongement de la visite. Ces ateliers d’environ une demi-heure s’adressent à tous, danseurs ou non-danseurs, très souples ou très raides, expansifs ou timides ! Il nous paraissait important que cette possibilité de « pratique » soit offerte à chacun, simplement, sans prérequis. Ainsi mis en condition, on peut rêver que certains visiteurs n’hésitent pas à rester sur place durant les six heures du programme d’exposition !

Films

Vasco Araújo, Mulheres d’Apolo, 2010, 18’03

Vasco Araújo, Mulheres d’Apolo, 2010. Vidéo, couleur, son, 18'03. Courtesy Galeria Francisco Fino, Lisbonne © Vasco Araújo
Vasco Araújo, Mulheres d’Apolo, 2010. Vidéo, couleur, son, 18’03. Courtesy Galeria Francisco Fino, Lisbonne © Vasco Araújo

Le titre de cette vidéo fait référence, d’abord, à l’endroit où l’action a été tournée (la Société philharmonique des anciens d’Apolo, salle de bal de Lisbonne fondée en 1872, où les gens se retrouvent pour pratiquer des danses de salon), mais également au dieu grec Apollon qui soutint les femmes de Troie contre les Grecs. Sur le fil doux-amer des après-midi dansantes et des robes à volants, le film est prétexte à des monologues acides sur l’amour, le couple et le genre.

Jérôme Bel, Shirtologie, 2015, 11’19

Jérôme Bel, Shirtologie, 2015. Vidéo, couleur, son, 11’19 © R.B. Jérôme Bel
Jérôme Bel, Shirtologie, 2015. Vidéo, couleur, son, 11’19 © R.B. Jérôme Bel

Face à la caméra, un homme seul se soumet consciencieusement aux textes ou aux images inscrits sur les tee-shirts qu’il porte, du déchiffrage d’une partition à la reproduction d’un mouvement arrêté. Son application et l’absurdité de la situation soulèvent avec beaucoup de drôlerie la question de la consigne et des langages.

Cassils, 103 Shots, 2016, 2’36

Cassils, 103 Shots, 2016. Vidéo, noir et blanc, son, 2’36. Courtesy the artist and Ronald Feldman Gallery, New York © Cassils
Cassils, 103 Shots, 2016. Vidéo, noir et blanc, son, 2’36. Courtesy the artist and Ronald Feldman Gallery, New York © Cassils

À la suite de la fusillade d’Orlando, qui fit 49 morts le 12 juin 2016 au Pulse, boîte de nuit LGBT, l’un des rescapés raconta que dans l’ambiance festive du club, il crut tout d’abord que les détonations étaient des feux d’artifice, ou des ballons qui éclataient. Ce récit est le point de départ de 103 Shots, un hommage subtil aux victimes, tourné à Dolores Park lors de la San Francisco Pride. Des images épurées en noir et blanc montrent des couples joyeux qui, en se prenant dans les bras et en s’embrassant, font éclater les ballons coincés entre leurs corps.

Clément Cogitore, Les Indes galantes, 2017, 5’46

Clément Cogitore, Les Indes galantes, 2017. Vidéo HD, couleur, son, 5’46 © Clément Cogitore / Adagp, Paris, 2019 / OnP / Les Films Pelléas
Clément Cogitore, Les Indes galantes, 2017. Vidéo HD, couleur, son, 5’46 © Clément Cogitore / Adagp, Paris, 2019 / OnP / Les Films Pelléas

La danse en réaction à la violence sociale. Dans ce film réalisé pour la 3e scène de l’Opéra de Paris, Clément Cogitore crée la rencontre époustouflante du krump, cette danse née dans les ghettos de Los Angeles dans les années 1990 lors des émeutes qui suivirent l’acquittement des quatre policiers responsables du passage à tabac du jeune Rodney King, et de l’opéra-ballet Les Indes galantes de Jean-Philippe Rameau.

Maya Deren, Divine Horsemen : The Living Gods of Haiti, 1947-1951, extrait de 3’07

Maya Deren, Divine Horsemen : The Living Gods of Haiti, 1947-1951. Film 16mm, noir et blanc, son, extrait de 3’07 (durée totale 55') © Light Cone (Paris) & l'ayant-droit
Maya Deren, Divine Horsemen : The Living Gods of Haiti, 1947-1951. Film 16mm, noir et blanc, son, extrait de 3’07 (durée totale 55′) © Light Cone (Paris) & l’ayant-droit

En 1947, Maya Deren entreprend un voyage à Haïti avec pour objectif initial, non pas de réaliser un film monographique, mais de capturer des images de danse qu’elle mêlerait ensuite à d’autres, à des images de rites balinais empruntées à Bateson ou à des séquences de jeux d’enfants. Elle réalisa neuf heures de rushes à Haïti. Elle n’acheva jamais le montage de son film. La séquence choisie pour l’exposition montre un rite de possession vaudou. On y est aspiré, tant par cette danse destinée à accéder au monde des esprits que par l’extraordinaire manière de filmer de Maya Deren, qui semble elle-même comme envoûtée.

Vincent Dupont, Air, 2017, 7’12

Vincent Dupont, Air, 2017. Vidéo, couleur, son, 7’12 © Vincent Dupont, photo Vincent Bosc
Vincent Dupont, Air, 2017. Vidéo, couleur, son, 7’12 © Vincent Dupont, photo Vincent Bosc

Air est inspiré par un film court du cinéaste-ethnologue Jean Rouch, Les Tambours d’avant, un plan-séquence tourné dans un village du Niger, qui s’achève lorsqu’une vieille femme, enveloppée dans une couverture, entame une danse de possession que l’on ne peut qu’imaginer. Le film de Vincent Dupont commence là où celui de Jean Rouch s’arrête, et se départit de tout contexte pour ne garder qu’une couverture mouvante sur un socle de musée. Cette créature, polymorphe et non identifiée, fabrique une danse inconnue sur une rythmique envoûtante, et laisse, elle aussi, toute sa place à l’imaginaire.

Becky Edmunds, Have You Started Dancing Yet ?, 2004, extrait remonté de 28″

Becky Edmunds, Have you started dancing yet?, 2004. Vidéo, couleur, son, extrait remonté de 28 secondes (durée totale 12'25) © Becky Edmunds
Becky Edmunds, Have you started dancing yet?, 2004. Vidéo, couleur, son, extrait remonté de 28 secondes (durée totale 12’25) © Becky Edmunds

Et si la danse était avant tout un état d’esprit, un espace mental ? À la question « Êtes-vous en train de danser ? », le chorégraphe Steve Paxton, statique, répond : « Non. Vous voulez me voir danser ? » À la réponse positive de son interlocutrice, il se concentre, reste parfaitement immobile et déclare : « Maintenant, je danse. »

Alexander Ekman, Simkin and the City, 2012, 1’48

Alexander Ekman, Simkin and the City, 2012. Vidéo, couleur, son, 1'48 © Courtesy Alexander Ekman, Daniil Simkin and T.M. Rives.
Alexander Ekman, Simkin and the City, 2012. Vidéo, couleur, son, 1’48 © Courtesy Alexander Ekman, Daniil Simkin and T.M. Rives.

Un danseur classique sort de son lit et parcourt les rues de New York en collants blancs, demi-pointes et pourpoint brodé. Comme s’il était sur scène, il déploie ses arabesques, ses sauts et ses postures théâtrales devant les passants médusés. Avec humour et autodérision, Daniil Simkin, principal dancer de l’American Ballet Theatre, rend compte de l’incongruité des codes de la danse classique lorsque celle-ci est sortie de son contexte.

William Forsythe, Lectures from Improvisation Technologies, 2011, 9’40

William Forsythe, Lectures from Improvisation Technologies, 2011. Vidéo, couleur, son, 9'40. The Forsythe Company and ZKM, 2011 © Forsythe Productions
William Forsythe, Lectures from Improvisation Technologies, 2011. Vidéo, couleur, son, 9’40. The Forsythe Company and ZKM, 2011 © Forsythe Productions

Comment le mouvement construit-il l’espace et vice versa ? Dans cette courte et ludique conférence dansée, le chorégraphe William Forsythe explique son approche de l’improvisation et montre comment le corps en mouvement construit et est construit par des lignes et des formes géométriques très identifiables. Une démonstration simple mais magistrale qui transforme notre manière de regarder la danse.

Aurélien Froment, Non-alignés (Hema malini Sy / Daouda Ndao), 2016, 8’43

Aurélien Froment, Non-alignés (Hema Malini Sy/Daouda Ndao), 2016. Vidéo HD, couleur, son, 8'43 © Aurélien Froment, Courtesy Marcelle Alix, Paris
Aurélien Froment, Non-alignés (Hema Malini Sy/Daouda Ndao), 2016. Vidéo HD, couleur, son, 8’43 © Aurélien Froment, Courtesy Marcelle Alix, Paris

Les danses voyagent, s’expatrient, se métissent, se transmettent. Dans Non-alignés, une danseuse sénégalaise interprète une chorégraphie de Bollywood ; sur la bande-son enregistrée, un musicien l’accompagne en play-back en jouant d’un tambour invisible. Des décalages et des porosités à la fois absolument présents et presque imperceptibles.

Andrew Lampert, Fukuoka Boyfriend, 2016, 4’51

Andrew Lampert, Fukuoka Boyfriend, 2016. Vidéo HD, couleur, son, 4'51. Electronic Arts Intermix, New York © Andrew Lampert / EAI
Andrew Lampert, Fukuoka Boyfriend, 2016. Vidéo HD, couleur, son, 4’51. Electronic Arts Intermix, New York © Andrew Lampert / EAI

Et si on regardait ceux qui regardent la danse ? Le film d’Andrew Lampert montre un boys band vu de dos, qui laisse la part belle au public de jeunes filles captivées par la danse, qu’on ne fait qu’entrapercevoir. La danse n’est pas forcément là où on l’attend.

Luc Moullet, Ma première brasse, 1982, extrait de 4′

Luc Moullet, Ma première brasse, 1982. Film 16mm noir et blanc, son, extrait de 4’ (durée totale 43’03). Institut national de l’audiovisuel (INA) © Luc Moullet / Institut national de l’audiovisuel (INA), 1982

Faut-il s’astreindre à des codes pour danser ? C’est ce à quoi se refuse Luc Moullet, qui se livre sans ambages à une danse exutoire sur la musique Popcorn. L’acte de danser libre et libérateur, impromptu et jouissif.

Hetain Patel, The Jump [part 1], 2015, 6’32

Hetain Patel, The Jump [part 1], 2015. Vidéo HD, couleur, son, 6'32 © Hetain Patel
Hetain Patel, The Jump [part 1], 2015. Vidéo HD, couleur, son, 6’32 © Hetain Patel

D’abord accroupi, le corps de Spiderman se déploie et s’envole dans un saut au ralenti, sans contexte. Le temps, le costume et la musique emphatique révèlent et soulignent chaque détail du mouvement, et cet élan communicatif dont on ignore la motivation. Il atterrit tout aussi lentement, replongeant progressivement dans la réalité dont il s’était abstrait, et nous adresse un regard insistant, comme un passage de relais. Hetain Patel a réalisé un pendant à ce premier Jump avec Jump 2, également présent dans l’exposition, qui montre le même saut vu de l’autre côté, dévoilant un autre public : une famille indienne assise qui observe le saut.

Zbigniew Rybczynski, Tango, 1980, 8’16

Zbigniew Rybczynski, Tango, 1980. Film 35 mm, couleur, son, 8'16. SMFF Se-Ma-For Lodz, Pologne © Zbig Rybczynski / Zbig Vision
Zbigniew Rybczynski, Tango, 1980. Film 35 mm, couleur, son, 8’16. SMFF Se-Ma-For Lodz, Pologne © Zbig Rybczynski / Zbig Vision

La danse peut naître d’une accumulation de mouvements répétés, agencés ou multipliés. Dans ce film d’animation, qui remporta l’Oscar de sa catégorie en 1983, de multiples personnages entrent progressivement en jeu dans un décor unique, s’agrégeant petit à petit à la scène collective pour finalement construire, par la répétition de gestes quotidiens, une véritable chorégraphie.

Agnès Varda, Salut les Cubains, 1963, extrait de 2’11

Agnès Varda, Salut les Cubains, 1963. Film 35 mm d'après photos argentiques noir et blanc, extrait de 2’11 (durée totale 30') © Agnès Varda / Ciné Tamaris
Agnès Varda, Salut les Cubains, 1963. Film 35 mm d’après photos argentiques noir et blanc, extrait de 2’11 (durée totale 30′) © Agnès Varda / Ciné Tamaris

Agnès Varda rapporta plus de mille photographies de son voyage à Cuba en 1962-1963. Le film est réalisé à partir de ces clichés montés les uns après les autres. Il révèle la danse comme une suite d’images arrêtées, s’enchaînant au son de la musique cubaine, en même temps que le point de vue enthousiaste de l’auteur sur l’île aux premiers temps de la révolution castriste.

William Wegman, Stomach Song, 1970-1971, 1’20

William Wegman, Stomach Song, 1970-1971. Film, noir et blanc, son, 1’20 (extrait de Reel 1, durée totale 30’12). Electronic Arts Intermix, New York © William Wegman / EAI
William Wegman, Stomach Song, 1970-1971. Film, noir et blanc, son, 1’20 (extrait de Reel 1, durée totale 30’12). Electronic Arts Intermix, New York © William Wegman / EAI

L’un des films les plus réjouissants de William Wegman, Stomach Song témoigne avec humour de la plasticité et de l’étrangeté de nos corps. Le point de vue insolite (cadrage resserré sur un torse et un abdomen masculin), les mouvements respiratoires, les sons produits par le protagoniste et la part laissée au regard du spectateur transforment irrésistiblement ce ventre en visage…

Pièces sonores

Dominique Petitgand : Le sens de la mesure, 1997, 0’58 / Épuisement, 1997, 2’29 / Cet empêchement, 2001, 1’46 / Qui s’abat, 2009, 2’31 / Du mercurochrome, 1997, 2’32 / La tête, 1997, 1’28 / J’ai changé, 2008, 2’01

Sept pièces sonores de Dominique Petitgand ponctuent le flux. Ces oeuvres portent en elles, en dépit de l’absence de corps, une présence humaine manifeste. Elles sont comme autant de rencontres impromptues avec l’intime et la corporéité, par le biais de la voix, du rythme et du silence. Des personnages dont on ignore l’identité et qui se livrent par bribes, racontent, hésitent, se déplacent et nous déplacent.

Extraits de textes

Le programme comporte 13 extraits de textes issus de la littérature.

L’un est reproduit sur une cimaise de l’exposition, lisible en permanence par les visiteurs : il s’agit d’un extrait de « Rappel à l’ordre de l’amour », d’Hervé Guibert (in Articles intrépides, Paris, Gallimard, p. 157-158). Les autres extraits font partie du flux audiovisuel et apparaissent donc, ponctuellement, sur les écrans. Ils sont empruntés à Jean-Christophe Bailly, Hélène Cixous, Dominique Fourcade, Yannick Haenel, Philippe Lançon, Édouard Levé, Jean-Michel Palmier, Marcel Proust, Pascal Quignard, Charles Robinson.

Objets

L’exposition présente aussi une sélection de quatre objets issus des collections du Mucem, ainsi qu’une sculpture de Tomoaki Suzuki et deux « objets chorégraphiques » de William Forsythe.

Ghetto-blaster. France, 1987. Mucem

Ghetto Blaster, France, 1987. Bois, métal, matériaux synthétiques, graffé au marqueur et à la bombe aérosol. Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman
Ghetto Blaster, France, 1987. Bois, métal, matériaux synthétiques, graffé au marqueur et à la bombe aérosol. Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman

Radiocassette célèbre des années 1970 et 1980 née aux États-Unis, le ghetto-blaster (littéralement « hurleur du ghetto ») devient rapidement un emblème de la culture hip-hop et reste revendiqué par les adeptes de cette culture urbaine. Ce poste a appartenu au graffeur Hondo qui en a lui-même graffé les enceintes au marqueur et à la bombe. Ce ghetto-blaster a été particulièrement utilisé dans l’espace public parisien, dans les quartiers des Halles ou de Montparnasse, ou pour animer des soirées.

Tambour de chamane. Norvège, Laponie / Peuple Sami, fin du XIXe siècle. Mucem

Tambour de chamane, Norvège, Laponie/Peuple Sami, fin du XIXe siècle. Bois, peau, os, métal. Collection d’ethnologie d’Europe, Muséum national d’histoire naturelle © MNHN – Photo Mucem / Yves Inchierman
Tambour de chamane, Norvège, Laponie/Peuple Sami, fin du XIXe siècle. Bois, peau, os, métal. Collection d’ethnologie d’Europe, Muséum national d’histoire naturelle © MNHN – Photo Mucem / Yves Inchierman

Les chamanes sont les intermédiaires entre le monde des hommes et celui des esprits avec lesquels ils communiquent par un état de transe. Celui-ci est atteint par des mouvements de danse exécutés au rythme entêtant des battements de tambour que le chamane réalise en même temps que sa danse. La peau des tambours lapons est décorée de motifs figuratifs et symboliques faisant référence à la mythologie et à la cosmogonie de la communauté. L’usage du tambour était réservé aux hommes, les femmes n’étant pas autorisées à les toucher.

Éventail et chaussures de Mistinguett (1875-1956), France, Paris, entre 1920 et 1950. Mucem

Éventail et chaussures de Mistinguett (1875-1956), France, Paris, entre 1920 et 1950. Bakélite et plume d’autruche, cuir recouvert de strass. Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman
Éventail et chaussures de Mistinguett (1875-1956), France, Paris, entre 1920 et 1950. Bakélite et plume d’autruche, cuir recouvert de strass. Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman

Mistinguett est considérée comme la reine du music-hall des années folles parisiennes. « La femme aux divines gambettes » forma pendant dix ans avec Maurice Chevalier un couple mythique que la presse surnomma « les danseurs obsédants ». Mistinguett accordait une attention toute particulière à ses costumes : jusque dans les années 1940, la meneuse de revue fit venir les plumes de ses costumes et accessoires de scène depuis les États-Unis, avant d’en confier la réalisation à une maison parisienne, la maison Février.

Tomoaki Suzuki, Hikage, 2017

Tomoaki Suzuki, Hikage, 2017. Bois de tilleul sculpté et peint à l’acrylique. 53.5 x 16 x 9.5 cm. Corvi-Mora, Londres © Courtesy : The artist and Corvi-Mora, London ; photo Marcus Leith
Tomoaki Suzuki, Hikage, 2017. Bois de tilleul sculpté et peint à l’acrylique. 53.5 x 16 x 9.5 cm. Corvi-Mora, Londres © Courtesy : The artist and Corvi-Mora, London ; photo Marcus Leith

Tomoaki Suzuki sculpte sur bois des portraits hyperréalistes de personnages de l’East End de Londres, qu’il réduit exactement au tiers de leur taille originale. Présentées à même le sol et sans mise à distance, les statuettes incitent le visiteur à se mettre à leur hauteur pour en découvrir les détails. Hikage, présenté volontairement seul, hors ou au milieu de toute communauté, est l’une des plus récentes productions de l’artiste.

William Forsythe, Towards the Diagnostic Gaze, 2013. Nouvelle production prévue pour l’exposition « On danse ? », Marseille, 2019.  Avec l’aimable autorisation de l’artiste

William Forsythe, Towards the diagnostic gaze, 2013. Photo MMK Museum für Moderne Kunst, Frankfurt © William Forsythe / Julian Gabriel Richter. Nouvelle production prévue pour l'exposition “On danse ?”, 2019, pierre de Lens, plumeau
William Forsythe, Towards the diagnostic gaze, 2013. Photo MMK Museum für Moderne Kunst, Frankfurt © William Forsythe / Julian Gabriel Richter. Nouvelle production prévue pour l’exposition “On danse ?”, 2019, pierre de Lens, plumeau

Cet objet usuel est le vecteur d’une subtile expérience physique pour celui qui s’en empare. Un plumeau, posé sur une tablette de pierre, est assorti de cette consigne d’une simplicité presque décevante : « Hold the object absolutely still » (« Tenez l’objet absolument immobile »). Se saisir de cet objet et tenter l’immobilité permet au visiteur de constater de quoi son corps est ou non capable, et de se demander pourquoi. Towards the Diagnostic Gaze fait partie des « objets chorégraphiques » conçus par William Forsythe, innovateur permanent et incontesté dans le champ de la danse et de la chorégraphie.

William Forsythe, Instruction, 2018.
Nouvelle production prévue pour l’exposition « On danse ? », Marseille, 2019, texte gravé.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste

Presque invisible, cette Instruction conduit, à partir de consignes très simples, à produire un mouvement. La perception et la compréhension de cette instruction dépendent elles-mêmes du corps : lecture très attentive, ou toucher comme pour un texte en braille. Cette oeuvre fait partie des « objets chorégraphiques » conçus par William Forsythe, innovateur permanent et incontesté dans le champ de la danse et de la chorégraphie.

Émilie Girard
Commissaire général

Conservatrice en chef du patrimoine, responsable du département des collections et des ressources documentaires au Mucem Conservatrice en chef du patrimoine, Émilie Girard est responsable du département des collections et des ressources documentaires et directrice scientifique adjointe du Mucem. Après des études en ethnologie et en histoire de l’art, elle rejoint l’équipe du Mucem en 2006 à sa sortie de l’Institut national du patrimoine.

En 2008, elle prend la direction du département des collections du musée où elle conduit entre autres le chantier qui a permis le transfert de Paris à Marseille de l’intégralité des collections et fonds conservés, et la mise en place du Centre de conservation et de ressources (CCR) du Mucem qu’elle dirige aujourd’hui. Elle est également en charge du pôle « Croyances et religions » du musée ; en lien avec sa formation initiale en archéologie chrétienne et en langue copte, elle publie régulièrement des articles consacrés aux collections religieuses du Mucem et coordonne des formations sur cette thématique.

Engagée dans une entreprise de relecture des collections du Mucem, elle assure enfin régulièrement le commissariat d’expositions (dont « Trésors du quotidien » en 2007, la Galerie de la Méditerranée en 2013, « Food » en 2014, « Un génie sans piédestal, Picasso et les arts et traditions populaires » en 2016) et coordonne la programmation des expositions du Centre de conservation (« Présentée vivante » en 2013, « Changement de propriétaire » en 2015, « Le Clou » en 2016 ou « 5 ans déjà ! » en 2017 qui met en avant la politique d’acquisition du Mucem depuis son ouverture).

Amélie Couillaud
Commissaire associé

Commissaire d’exposition indépendante, programmatrice de spectacles Amélie Couillaud travaille pour le Festival d’Avignon de 1998 à 2000, puis avec les danseurs et chorégraphes Boris Charmatz et Dimitri Chamblas (Edna). Elle rejoint ensuite l’équipe de la Grande Halle de la Villette, à Paris, en tant que responsable de production (2003-2008). Elle travaille (2009-2011) aux côtés du metteur en scène et scénographe Philippe Quesne.

À partir de 2012, elle développe sa propre structure, Casoar, pour concevoir et produire des projets au croisement des arts visuels et des arts vivants, en particulier dans le champ chorégraphique. https ://www.casoar.paris/

Elle est co-commissaire, avec Dimitri Chamblas, de la série de films de danse Mutant Stage conçue pour Lafayette Anticipations – Fondation d’entreprise Galeries Lafayette et, en 2016, de l’exposition « 3e scène » – Opéra national de Paris / Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture.

Elle collabore actuellement à une série documentaire sur des chorégraphes internationaux, et à certaines des actions menées par le PEROU, laboratoire de recherche sur les formes contemporaines d’hospitalité.

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