Max Charvolen à la galerie AL/MA

Du 8 mars au 20 avril 2019, Marie-Caroline Allaire-Matte accueille Max Charvolen pour sa quatrième exposition à la galerie AL/MA à Montpellier.

Max Charvolen - A Vallauris, 15 rue Clemenceau, 2014
Max Charvolen – A Vallauris, 15 rue Clemenceau, 2014

On retrouvera avec intérêt cet artiste qui, depuis près de cinquante ans, n’a de cesse d’interroger « à la fois les moyens dont nous disposons pour représenter le monde dans lequel nous vivons et la façon dont nous nous y tenons ».

On garde un souvenir vivace de ses « Lieux communs » que la galerie avait présenté en 2013.

Pour cette nouvelle proposition à Montpellier, Max Charvolen devrait présenter des œuvres récentes réalisées en 2018 et une pièce plus ancienne de 2005, produite dans l’escalier de la première galerie, rue de la Valfère à Montpellier. « Une manière de revisiter les lieux en superposant l’empreinte d’un vieil escalier sur un nouveau mur » souligne le communiqué de presse de la galerie AL/MA.

Max Charvolen -Vallauris, 53 rue Clement Bel, sol, mur , huisserie, 78x78 cm 2018
Max Charvolen -Vallauris, 53 rue Clement Bel, sol, mur , huisserie, 78×78 cm 2018

L’an dernier, on avait pu apprécier son travail dans « À corps d’espace » que la galerie Ceysson & Bénétière avait présenté à Paris en février-mars. Pendant l’été 2018, il était exposé en compagnie de Krochka et du duo Théo Renaut & Bake pour « Territoires » à la galerie Le Corridor d’Arles.

On se souvient aussi de son intervention au Musée Réattu et de son exposition « Arles en pièces détachées » en 2001. Il avait alors « moulé » le puits médiéval de la cour du Grand Prieuré. La pièce monumentale qu’il en avait ensuite tirée avait alors été présentée dans la Chapelle.

Max Charvolen - Le puits, 2001. Achat avec l'aide du FRAM en 2001 © ADAGP, Paris 2013
Max Charvolen – Le puits, 2001. Achat avec l’aide du FRAM en 2001 © ADAGP, Paris 2013

Dans son accrochage actuel, le musée Réattu qui conserve plusieurs œuvres et une étonnante série de dessins post-préparatoires présente une empreinte de l’escalier situé dans un local attenant au musée, rue Dieudonné.

Max Charvolen - Cour du 16 rue Dieudonné, Arles, 2001 Musée Réattu
Max Charvolen – Cour du 16 rue Dieudonné, Arles, 2001 Musée Réattu

Pour celles et ceux qui méconnaissent le travail de Max Charvolen, la vidéo ci-dessous offre quelques repères utiles. Elle a été réalisée à l’occasion de l’exposition « Les Entre-bords » au Centre d’Art André Malraux de Colmar, 2016.

On revient naturellement sur cette exposition après son vernissage, le vendredi 8 mars à partir de 18h.

À lire, ci-dessous, le communiqué de la galerie AL/MA et quelques repères bio et bibliographiques. On trouvera également un texte de la galerie Ceysson & Bénétière qui cite assez longuement une analyse d’Hervé Castanets.

En savoir plus :
Sur le site de la galerie AL/MA
Suivre l’actualité de la galerie AL/MA sur Facebook
Max Charvolen sur le site de Ceysson & Bénétière
A lire, sur le site de la galerie Martagon, un extrait d’un entretien de Raphaël Monticelli avec Max Charvolen pour le catalogue de l’exposition au Musée Réattu à Arles en 2001

Né à Cannes en 1946, Max Charvolen s’est doté d’une double formation en art et en architecture, à l’école d’art de Nice, puis à celle de Marseille. Il fut membre du groupe INterVENTION avec entre autres, Dolla, Viallat, Saytour, Miguel (1968-1973) et cofondateur du Groupe 70, créé par 5 artistes (Louis Chacallis, Max Charvollen, Vivien Isnard, Serge Maccaferri et Martin Miguel). Depuis la fin des années 70, Max Charvolen s’emploie à relever des éléments architecturaux en renversant le principe classique de la perspective et en intervenant directement sur le bâti.

Les surfaces sont recouvertes de toiles, collées puis peintes selon des codes de couleurs. Ce recouvrement est ensuite retiré, au terme d’un temps plus ou moins long, révélant la mise à plat de la réalité tridimensionnelle du lieu investi. « Il y a TRANSMUTATION concrète de l’espace par le relevé d’empreintes coloriées à même le volume d’origine, en surface, à lire en deux dimensions. Dans cette lecture globale du lieu exploré, la couleur agit comme un révélateur. Elle est l’agent du passage. Elle permet d’éviter totalement l’effet de nostalgie, toujours possible lorsque se pointe la mémoire. (…). Sur la cimaise la trace même disparaît. On y lit autre chose. On y voit naître une autre créature. » (1)

À l’occasion de sa quatrième exposition à la galerie AL/MA, Max Charvolen présentera des œuvres récentes réalisées en 2018 et une œuvre plus ancienne de 2005, produite dans l’escalier de la première galerie, rue de la Valfère à Montpellier. Une manière de revisiter les lieux en superposant l’empreinte d’un vieil escalier sur un nouveau mur.

(1) Claude Parent, Transmutation et inversion, in Une œuvre de Charvolen, iconotexte, édition Muntaner 2000

Né à Cannes en 1946, Max Charvolen s’est doté d’une double formation en arts et en architecture, à l’école d’art de Nice, puis à celle de Marseille. Membre du groupe INterVENTION avec, entre autres, Dolla, Viallat, Saytour ou Miguel (1968-1973) et cofondateur du Groupe 70, il fait son stage d’architecte à Rio de Janeiro, dans l’agence d’Oscar Niemeyer, à qui l’a lié une longue et fidèle amitié. Sa double formation d’artiste et d’architecte n’est pas fortuite : depuis 1967, l’œuvre de Max Charvolen joue sur cette double préoccupation, et travaille aux frontières entre l’espace physique dans lequel nous évoluons et l’espace symbolique dans lequel nous représentons.

C’est ainsi qu’il s’est tout naturellement inscrit aux origines du courant esthétique de la peinture analytique et critique, questionnant les « constituants immédiats » de la peinture, accordant au moins autant d’importance au « processus de création » qu’au résultat purement esthétique.
Depuis la fin des années 70, il met en place les éléments de son travail sur bâti et développe une œuvre qui questionne à la fois les moyens dont nous disposons pour représenter le monde dans lequel nous vivons et la façon dont nous nous y tenons.

À ce propos, Hervé Castanet écrit : « la question n’est pas pour (Charvolen) de savoir ce que montrer veut dire mais de poser, comme enjeu mental, une réflexion sur les conditions matérielles de l’acte de peinture. Schématiquement, ces dernières décennies, non sans variations, Charvolen recouvre des objets du bâti architectural (un mur, un plafond, des escaliers, une façade voire antérieurement des objets tels une chaise) de morceaux de toile collés. Les couleurs désignent des fonctions de ces lieux du bâti par rapport au corps (les parties que le corps peut toucher, celles qui lui échappent, la droite, la gauche, le haut, le bas, etc.). Ensuite, quelques jours ou mois ou années plus tard, le déchirement a lieu. Les bouts de toile sont détachés de leur support et exposés à plat dans l’espace de la galerie ou du musée ».

Trois résultats sont au moins à dégager :

1 – Comment passe-t-on de l’espace tridimensionnel dans lequel chacun se meut et s’éprouve comme corps vivant à la mise à plat en deux dimensions ? Comment fait-on pour « représenter » sur une cimaise plane ce qui fait élément du bâti au titre de le recouvrir ? La représentation, loin d’aller de soi, fait question.
2 – La réalité ne va pas de soi et procède d’une fiction. (…) L’artiste réalise des opérations – qu’il recense avec précision – dans le champ de la peinture et les montre… À d’autres de savoir dialoguer avec lui.
3 – (…) Charvolen n’est pas un artiste conceptuel. Son objet pratique n’est pas le concept mais l’objet pictural : la toile, les colles, les couleurs, et aussi (et surtout) le corps, avec ses muscles, sa force, ses limites. Charvolen insiste souvent sur la fatigue du corps pour réaliser les grandes pièces qu’il propose. (…) Par le choix des couleurs, des matériaux, des agencements, l’œil et le corps du spectateur sont saisis, captés. C’est beau comme du Matisse, si l’on veut comprendre ce à quoi parvient Charvolen.

Directeur de la revue interdisciplinaire « Il Particolare »,
Hervé Castanet est professeur des universités et exerce la psychanalyse à Marseille.

Expositions personnelles récentes

2018 Territoires, Galerie Le Corridor, Arles
2018 A corps d’espace, Galerie Ceysson & Bénétière, Paris
2017 Limite(s)…, Chapelle du Carmel, Chalon-sur-Saône
2017 A propos de Nice 1947-1977, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice (collective)
2016 Les entre-bords Between limits, Espace d’art contemporain André Malraux, Colmar
2016 Fondation M.Y. Soma Art Museum, Séoul, Corée (collective)
2016 La galerie de l’imaginaire, Lascaux, Centre International de l’Art Pariétal, Montignac (collective)
2015 L’espace reconstruit, Château Lescombes, Eysines
2015 Mur/Murs, Domaine de Kerguéhennec, Bignan (collective)
2015 Charvolen à Vallauris, la ville-modèle, Salle Eden, Vallauris
2015 Frontières et passages, Galerie Depardieu, Nice
2015 De la mise en doute du tableau, Collegio Cairoli, Université de Pavie, Italie (collective)
2014 Maison d’art – Clos de la fontaine, St-Laurent-La-Vernède, Gard
2014 …addiction à la soustraction, EXIT 11, Château du petit-Leez, Belgique (collective)
2014 Les Mains Inverses, Galerie du Théâtre, Privas Combe d’Arc (collective)
2013 Lieux communs, Galerie AL/MA, Montpellier
2013 La Cave Littéraire, voûte, pilier, sol, murs, escalier. Dialogue autour de l’oeuvre avec M. Butor et R.Monticelli, Villefontaine.
2012 Dessins d’études post-paratoires de mise à plat, American Gallery, Marseille
2012 Langue de territoire (morceaux choisis), Galerie l’Espace du dedans, Lille
2011 Escalier, murs, sol, Hall du musée Fernand Léger ; La peinture autrement, phase 3, Salle 1, musée national Fernand Léger, Biot

Bibliographie
2017
Vagabondage à travers les territoires, texte de Raphaël Monticelli dans le catalogue de l’exposition Limite(s)…,
Chapelle du Carmel, Français/Anglais, édition Art et Image, Chalon-sur-Saône, 2017.
À Propos de Nice 1947-1977, textes de Hélène Guenin, Rébecca François, Géraldine Gourbe, Florence Ostende,
Julia Robinson, B. Joyeux-Prunel, É. Mangion, É. De Backer, Anna Dezeuze, R. O’Neil, É. Antoine, catalogue de l’exposition MAMAC de Nice, Somogy éditions d’Art. 2017.
École(s) de Nice 1947-1977- À propos du mouvement artistique niçois, Patriote Côte d’Azur, numéro exceptionnel 28 pages, coordination Raphaël Monticelli, août 2017.
Max Charvolen, La peinture + le concept, texte de Hervé Castanet dans École(s) de Nice 1947-1977- À propos du mouvement artistique niçois, Patriote Côte d’Azur, numéro exceptionnel, coordination Raphaël Monticelli, août 2017.
L’origine d’un travail de groupe – L’exemple du Groupe 70, texte de Raphaël Monticelli, dans École(s) de Nice 1947- 1977- À propos du mouvement artistique niçois, Patriote Côte d’Azur, numéro exceptionnel, coordination Raphaël Monticelli, août 2017.
Charvolen, Max : Six réponses à l’enquête programme de recherche, Pratiques picturales : peindre, regarder, énoncer. Université Paris 1-UFR 04 : Institut Actes, UMR 8218.Enquête « Allumer/éteindre la peinture : la peinture confronté au numérique », 2017

2016
L’art Moderne face à l’art des cavernes, LE FUTUR ANTÉRIEUR, Jean Paul Jouary, Le département Dordogne Périgord, Beaux-arts éditions, 2016

2015
Cahier Max Charvolen, revue Il particolare Art-Littératureb- Théorie Critique n° 29, Coordination Raphaël Monticelli, textes de Jacques Beauffet, Diana Gay, René Lozi, Raphaël Monticelli, Bertrand Roussel. 2015, pp. 38,152.
Charvolen, L’espace reconstruit, Texte de Pierre Brana, catalogue de l’exposition, éditions Château Lescombes centre d’art contemporain, Eysines, 2015.
MUR/MURS, textes de Olivier Delavallade, Florence Jaillet, Carnet d’expositions, édition Domaine de Kerguéhennec,Bignan. 2015
Charvolen à Vallauris, la ville-modèle 1997-2003/2014-2015.catalogue de l’exposition Salle Èden, Vallauris, Entretien Raphaël Monticelli Max Charvolen, Divers extraits de textes se rapportant à l’oeuvre de Charvolen ( M. Butor, M. Charvolen, M. Pleynet, N. Biagioli, JM Levy-Leblond, C. Fournet, R. Barilli, G. Duchêne, J. Petitot, H. Castanet, C. Arthaud, C. Parent, M. Winckler, S.Parmigiani, J. Arrouye B.P. Pekle, B. Meyer-Himhoff, R. Monticelli), édition Atelier 49, Vallauris, 2015.

2014
Charvolen, Max, Cinq réponses à l’enquête équipe de recherche en arts plastiques : Pratiques picturales : peindre, regarder, énoncer. Université Paris 1-UFR 04 : Institut Actes, UMR 8218. Enquête « ralentir peinture », 2014

2012
Manuel, Pierre, Entretien avec Max Charvolen, Les Entretiens D’AL/MA 2, éditions Méridianes. 2012
Portrait Max Charvolen, reportage et vidéos de Michèle Bondi, n° 24 de la revue ART VIF Juillet 2012 http://portraitsdartistes.free.fr/maxcharvolen.html
Alocco, Marcel, Sur le fond, entretien avec Max Charvolen, revue PerformArts, n°12 printemps 2012
Interview / Entretien de Jean Charles Agboton-Jumeau avec Max Charvolen, Revue des écoles supérieures d’arts, n°7 (avril 2012) http://issuu.com/lettredesecoles/docs/lettrenumero07

2011
L’art contemporain et la côte d’Azur, un territoire pour l’expérimentation, 1951-2011, Collectif. Les presses du réel, 2011
Groupe 70, Chacallis, Charvolen, Isnard, Maccaferri, Miguel, catalogue de l’exposition rétrospective, texte de Jacques Beauffet, Raphaël Monticelli, édition Galerie Sapone, Nice, 2011.

Collections publiques
FNAC, Paris, France
FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille, France
FRAC Limousin, Limoges, France
Musée d’art moderne, Céret, France
Musée d’art contemporain, Marseille, France
Musée d’art moderne et d’art contemporain, Nice, France
Centre international d’art contemporain, Carros, France
Gyeongnam art museum, Gyeongnam, Corée du Sud
Fondation Regards de Provence , Marseille, France
Fondation d’entreprise Vacances Bleues, Marseille, France
Musée Réattu, Arles, France
M.Y. Foundation Séoul, Corée du sud

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