Rêvez ! #3 : Mémoires sauvées du vent à la Collection Lambert – Avignon

Mémoires sauvées du vent

Jusqu’au 10 juin 2019, la Collection Lambert présente « Rêvez ! #3Mémoires sauvées du vent » ou comment exposer les scènes émergentes…
Cette troisième édition rassemble des travaux de jeunes artistes, récemment diplômés de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles (ENSP), l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée (ESADMM) et l’École Supérieure d’Art d’Avignon (ESAA).

Stephane Ibars, commissaire de l’exposition, a sélectionné avec la complicité d’Alfredo Vega-Cardenas, Directeur de l’ESAA, de Rémy Fenzy, Directeur de l’ENSP et de Pierre Oudart, Directeur général des Beaux-Arts de Marseille des œuvres des artistes suivants :

Stéphanie Brossard • Quentin Carrierre • Andrès Donadio • Hugo Fuchs • Micol Grazioli • Célia Hay • Vanessa Husson • Julien Lamy • Lexane Laplace • Raphaël Mahida-Vial • Delphine Mogarra • Barnabé Moinard • Benoît Payan • Jean Sanchez • Emilie Saubestre • Flore Saunois • Pauline Tralongo • Léia Vandooren • Delphine Wibaux.

Moins ample que l’édition 2018 qui rassemblait une sélection de diplômés des Beaux-Arts de Paris et de l’École Supérieure d’Art d’Avignon, « Rêvez ! #3 » occupe les trois très belles salles au sous-sol de l’Hôtel de Montfaucon et le couloir conduisant à l’auditorium. Malheureusement, l’exposition n’est pas accompagnée par un catalogue comme ce fût le cas l’an dernier. La découverte des démarches de ces jeunes artistes exige donc quand c’est possible un peu d’investigation sur l’internet et les réseaux sociaux.

Exposition Rêvez 3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1
Exposition Rêvez ! #3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1

« Rêvez ! #2 » faisait écho à la superbe exposition de Djamel Tatah, lui-même professeur à l’École des Beaux-Arts de Paris et qui s’était impliqué dans le projet. Il avait souhaité y associer François Boisrond, Jean-Marc Bustamante, Patrick Tosani, Tim Eitel et Elsa Caron. Eric Mézil qui quittait alors la direction de la Collection Lambert avait de son côté invité les anciens élèves de l’ESAA.

« Rêvez ! #3 » a pour ambition de s’inscrire dans le cadre de la présentation des œuvres du fonds de la Collection Lambert et de l’exposition dédiée à Francesco Vezzoli.

Stéphanie Brossard, Sans titre, 2018 - Rêvez 3 à la Collection Lambert
Stéphanie Brossard, Sans titre, 2018 – Rêvez 3 à la Collection Lambert

Dans son texte d’intention, le commissaire souligne :
« Initiée à travers les réflexions de Giorgio Agamben sur le contemporain, l’exposition questionne les rapports qu’entretiennent le présent et le passé dans la création émergente ». Un peu plus, il précise :
« À travers les œuvres des artistes sélectionnées, se déploient dans l’exposition de nouvelles manières de penser le contemporain, faites de récits qui convoquent tour à tour les notions de vestige, de trace, d’histoire ou de mémoire »…

Le début du parcours et la cohérence de l’accrochage dans la première et la troisième salle répondent assez largement à ces ambitions. Par contre, le propos se délite un peu avec la sélection plus hétéroclite qui est exposée dans la seconde salle.

Exposition Rêvez 3 à la Collection Lambert Vue de la salle 2
Exposition Rêvez ! #3 à la Collection Lambert Vue de la salle 2

Ces trois espaces offrent un éclairage d’une remarquable qualité qui valorise parfaitement les œuvres présentées.
Le texte d’intention du commissaire (voir ci-dessous) est affiché au début du parcours. À défaut d’un catalogue, on aurait apprécié des textes de salles avec quelques repères sur la démarche de ces jeunes artistes…

À lire, ci-dessous, un compte rendu de visite augmenté de quelques informations recueillies sur les réseaux. On reproduit également le texte de présentation du projet par son commissaire.

En savoir plus :
Sur le site de la Collection Lambert
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Prologue : Stéphanie Brossard et Célia Hay

Le baiser pierres, métal, moteurs, amour 2018 - Rêvez #3 à la Collection Lambert
Le baiser pierres, métal, moteurs, amour 2018 – Rêvez ! #3 à la Collection Lambert

La niche du couloir qui conduit aux salles d’exposition accueille comme une évidence « Le baiser » de Stéphanie Brossard, une installation qui met face à face deux pierres placées au bout de tiges de métal…

Le baiser pierres, métal, moteurs, amour 2018 - Rêvez #3 à la Collection Lambert
Le baiser pierres, métal, moteurs, amour 2018 – Rêvez ! #3 à la Collection Lambert

L’ensemble est régulièrement mis en mouvement par deux moteurs et par « amour » nous dit le cartel… La vidéo que l’on peut voir sur le site de l’artiste montre l’intensité de ce baiser passionné.

Renvoie-t-il comme le suggère le Guide des Fripons aux histoires d’amour racontées par Vezzoli ou au « Baiser » de Brancusi ? On reviendra sur l’univers caillouteux de Stéphanie Brossard à l’occasion de sa collection « Sold out » exposée dans la dernière salle.

Face à ce baiser langoureux et intermittent, Célia Hay propose avec la complicité de Anne Vimeux un curieux petit film tourné en super 8 et transféré en numérique.

Célia Hay avec Anne Vimeux, And the River walked with us, 2017 - Rêvez 3 à la Collection Lambert
Célia Hay avec Anne Vimeux, And the River walked with us, 2017 – Rêvez ! #3 à la Collection Lambert

Il nous raconte un étrange « pèlerinage » entrepris par les deux jeunes femmes de la source à l’embouchure de la Tamise… Au cours de ce voyage, quotidien et rituels s’enchaînent dans un monde où le minéral est très présent (sculpture, pierres dressées, architecture, rivages…) et où « des silhouettes et des événements bizarres se manifestent »…

Salle 1 : Photographies et « Témoins souples »

Exposition Rêvez 3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1
Exposition Rêvez ! #3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1

Au fond de la première salle, trois portraits en noir et blanc de Quentin Carrierre semblent étonnamment fixer le visiteur de leur regard absent…
Ces trois figures antiques appartiennent à une série intitulée « Skopos ».

Quentin Carrière, Skopos, 2017 - Rêvez 3 à la Collection Lambert 01
Quentin Carrière, Skopos, 2017 – Rêvez ! #3 à la Collection Lambert 01

Sur son site, Quentin Carrierre confie : « Ils ne nous voient pas, mais pourtant nous regardent. C’est aussi à travers leurs yeux éclipsés que pèsent sur nous la lourde charge de l’histoire et des millénaires passés »…
Toutefois, on sait que les statues grecques et romaines en marbre n’étaient pas à l’origine d’un blanc immaculé. Souvent, les yeux étaient réalisés séparément et installés dans des emplacements préparés spécialement. Dans son exposition, Francesco Vezzoli l’illustre avec force…
Reste l’intriguant titre de cette série… « Skopos » en grec ancien peut avoir deux sens différents. Il désigne soit celui qui regarde, un observateur, un guetteur placé en hauteur et qui surveille pour avertir du danger, soit l’objet qui est regardé, la cible, le but que l’on a en vue…
À chacun de définir ici celui qui regarde et celui qui est regardé… Les plus curieux iront voir du côté de la théorie du skopos pour savoir comment traduire le message…

Trois photographes diplômés de l’ENSP se partagent les autres murs. Tous ont été exposés à l’occasion des Rencontres d’Arles 2017 et partagent un intérêt pour l’Amérique Latine.

Lexane Laplace présentait quelques-unes des images exposées ici dans « Une Attention Particulière » aux Ateliers de la Mécanique avec cette série « Jungle. Extérieur. Jour » que l’on avait aussi remarqué dans le Hors les murs des Boutographies 2017.

Lexane Laplace, Le Rond-point café, Kourou, 2016
Lexane Laplace, Le Rond-point café, Kourou, 2016

Dans le journal de ce festival, elle racontait que « Jungle. Extérieur. Jour » était construit comme un récit à la fois réel et imaginaire où elle mélangeait ses propres images et celles de son archive familiale… Elle présente également ce projet comme une didascalie d’un scénario non réalisé d’Antonioni (Techniquement douce).

En 2017 à Arles, Émilie Saubestre et Andrès Donadio exposaient de leur côté à la Galerie Aréna de l’ENSP avec trois autres diplômés de l’école dans « Territorio – Arles à Bogota » après une résidence à l’Alliance française en Colombie.

Avec sa série « La metamorfosis », Émilie Saubestre évoque les réserves du musée de l’Or qui lui avaient été ouvertes.

De son travail, elle dit : « Les images, fixes, animées, récupérées, recyclées et inventées sont une matière première que je malmène. Les déplacements et les jeux d’écarts se produisent entre les images. À travers une déconstruction positive, ma fabrique de l’image noue avec l’exotisme, le corps, la culture, une matérialité précaire et une fragilité ».

Exposition Rêvez 3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1
Exposition Rêvez ! #3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1

De son côté, Andrès Donadio avec « Niebla, Visiones del Salto » s’intéressait au mythe du Saut de Tequendama, lieu de culte indien, oublié de la mémoire collective colombienne.

Andrès Donadio, Niebla, Visiones del Salto, 2016-2017 - Rêvez 3 à la Collection Lambert
Andrès Donadio, Niebla, Visiones del Salto, 2016-2017 – Rêvez ! #3 à la Collection Lambert

De son travail, la galerie arlésienne Lhoste écrivait : « Il use de la photographie comme d’un révélateur d’atmosphère, d’ambiance. Il n’est pas question ici de la vision exacte d’un paysage, d’une topographie quelconque, mais de la mémoire d’un lieu, d’un “état” de celui qui a vu et qui se rappelle. La mémoire n’a que faire de l’état réel du monde, elle l’enrichit, le façonne et le transforme. Andrés Donadio nous livre sa réalité, celle de la sensation à cheval sur le réel ».

C’est avec beaucoup de plaisir que l’on retrouve trois pièces de Delphine Wibaux de sa série des « Témoins souples ». Elles font un écho particulièrement intéressant aux épreuves des trois photographes, mais aussi d’une certaine manière au propos de Vezzoli… Une des propositions les plus abouties.

Dans son portfolio, elle écrit que ces « Témoins souples résultent d’observations photographiques fonctionnant comme des indices de territoires, des portions de paysages. Déposées sur la céramique ou la pierre, ces lamelles d’images deviennent les dernières strates temporelles visibles. Différentes teintes apparaissent entre les enveloppes de céramique par le biais de cuissons. Les couleurs muent, des saisons passent d’une pierre à l’autre ».

Elle y reproduit aussi quelques extraits d’un texte de Christiane Armand qui précise : Les « Témoins souples » « opèrent comme des lieux où se jouent des phénomènes physiques et chimiques incontrôlés comme en témoignent […] les réactions à la cuisson des pigments et des minéraux dans les terres. L’artiste accueille l’accident, le hasard, les transformations induites par les éléments extérieurs comme autant de trouvailles expérimentales. Une partie de la création artistique est livrée au phénoménal, c’est-à-dire à ce qui est de l’ordre des phénomènes. […] Nous pouvons parler de portions de paysages archéologiques, de traces d’un soleil archéologique. »

Au centre de la salle, une sculpture de Jean Sanchez interroge.

Exposition Rêvez 3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1
Exposition Rêvez ! #3 à la Collection Lambert Vue de la salle 1

Il s’agit d’un curieux assemblage entre un pied de chaise de style XVIIIe assez quelconque et très certainement fabriquée de manière mécanique avec une pièce de charpente qui pourrait être du XVIIIe siècle et qui d’évidence a été taillée par un artisan.

Jean Sanchez, Sans titre, 2018 - Rêvez 3 à la Collection Lambert
Jean Sanchez, Sans titre, 2018 – Rêvez ! #3 à la Collection Lambert

En dehors de cette association discordante, l’assemblage est aussi étonnant, car le tenon du pied s’insère dans celui de la poutre…

Salle 2 : Traces, collages, assemblages et Aliens…

Cette deuxième salle est la plus hétérogène et celle où le regard du visiteur risque de papillonner entre les diverses propositions…

Sur les cimaises, il est question de corps que Julien Lamy « diffractent », sur lesquels Célia Hay souligne des « stigmates », que Léia Vandooren a enveloppés et que Barnabé Moinard a coupés/collés…

De son côté, Pauline Tralongo prépare avec soin l’accueil des Aliens.

Au sol, on découvre deux ensembles de Jean Sanchez entre ready-made et assemblage avec d’un côté cinq « Procrastins » et de l’autre des globes de verre avalés par des pièges à loups !

Sur un socle en acier, « Arché » est une forme conique, fragile et savant assemblage de morceaux en plâtre. Selon Wikipédia, Arché (ἀρχή) est le début ou premier principe du monde dans l’ancienne philosophie grecque, la Muse du commencement dans la mythologie grecque et un satellite de Jupiter…

Sur son site, Micol Grazioli présenta ainsi sa pièce : « Excave/parcours étymologique dans les mots et dans la forme. Chaque morceau est gravé d’une étymologie, grecque, latine, sanscrite ou indo-germanique. Fait de plâtre coulé, les morceaux gardent l’étymologie en négatif du morceau sur lequel ils s’appuient. Toutes les parties sont liées par signification et étymologie ; de la présence à l’absence en passant par la décomposition. Arché est l’origine, le principe de creuser, en composant et en décomposant des formes et des mots ».

L’écho avec l’archéologie Vezzolienne semble assez manifeste.

Sur trois socles, on remarque d’étranges sculptures de Raphaël Mahida-Vial, assemblages fragiles et énigmatiques de pailles ou de tiges en plastique et de sciure…

Sur le site de l’ESADMM, l’artiste présentait ainsi cette série intitulée « En parkings d’hiver » : « À l’heure où ce texte est rédigé, les “paysages circassisés” ne cessent de se transformer et leurs formes ont pu être modifiées. Cependant, l’esprit énigmatique reste le même. En parkings d’hiver soulève des questions nécessaires dans la mesure où l’épaisseur de ce nouveau paysage se compose avec les contours de passages singuliers. De nombreux passages circassiens qui ont depuis, certes changé se sont modifiés, déplacés même, mais où la ville est restée la même. C’est avant tout, la charogne des cirques, une charogne des flux »…

Salle 3 : La vie de Léon Parpayol, le garde-robe de Stéphanie Brossard et les affiches de Hugo Fuchs

Cette dernière salle du parcours réunit des récits improbables issus « d’un passé historique ou fantasmé, d’un temps suspendu dont la réalité matérielle nous échappe » pour reprendre les mots du commissaire…

Comme pour Delphine Wibaux, on retrouve avec Benoît Payan un des « Inventeurs d’aventures » que Gaël Charbau avait rassemblés en 2017…
Il nous présente ici quelques extraits de « L’Exil et l’Odyssée ». À l’origine, roman au format « poche » qui lui a servi de mémoire de fin d’études, l’exposition raconte l’itinéraire de Léon Parpayol « un de ces marins méditerranéens condamnés, maudits par les Dieux »…

Il expose pour « Rêvez #3 », une partie des sept chapitres de la vie de ce personnage fictif qui sont accompagnés d’une carte avec le tracé du voyage de Léon Parpayol.
Chaque chapitre rassemble des documents (lettres, télégrammes, coupures de presse…), quelques dessins et surtout des « photographies en noir et blanc tirées sur papier baryté et mises en scène en costumes sur des lieux réels ou ressemblants »…
Théine et autres décoctions donnent à ces documents une incontestable véracité…

Ce jeu troublant entre le réel et l’imaginaire est dans une large mesure ce qui rassemble plusieurs œuvres de « Rêvez #3 » comme sur celles du « Lacrime dei Poeti » de Vezzoli

Exposition Rêvez 3 à la Collection Lambert Vue de la salle 3
Exposition Rêvez ! #3 à la Collection Lambert Vue de la salle 3

Face à « L’Exil et l’Odyssée », Hugo Fuchs a posé contre le mur sept affiches publicitaires de la mode dont il détourne propos et narration à grand coup de jets de peinture, de déchirures ou de brûlures…

Au centre, Stéphanie Brossard expose sa collection « Sold out », vestiaire réalisé à partir de cailloux ramassés sur l’île de la Barthelasse.

Pour le vernissage, elle a déambulé dans les salles de la Collection Lambert vêtue d’une de ses créations…

Stéphanie Brossard « Sold out », performance lors du vernissage de Rêvez ! #3 à la Collection Lambert

On lira avec intérêt la présentation de sa démarche sur son site internet. On en extrait ces quelques lignes qui soulignent l’articulation de son projet avec les intentions du commissaire : «  Mon travail est nourri d’extraction, d’histoires, d’expériences. Il se construit sur l’idée de la vision parcellaire, de mémoire recomposée. Il remet en question les non-dits, la censure en confrontant à la fois des informations concrètes, liées à l’actualité, aux sciences ou à l’Histoire à une part d’étrangeté, de mystique et de fiction ».

Le parcours s’achève avec « Pendant ce temps » un ensemble de sérigraphies « explosives » de Vanessa Husson

Vanessa Husson, Pendant ce temps - Rêvez 3 Collection Lambert
Vanessa Husson, Pendant ce temps – Rêvez ! #3 Collection Lambert

En 2019, l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles, l’École Supérieure d’Art et de Design Marseille-Méditerranée et l’École Supérieure d’Art d’Avignon sont les partenaires privilégiés de cette aventure artistique qui s’inscrit dans le cadre de la présentation des œuvres du fonds de la Collection Lambert et de l’exposition dédiée à Francesco Vezzoli.

Initiée à travers les réflexions de Giorgio Agamben sur le contemporain, l’exposition questionne les rapports qu’entretiennent le présent et le passé dans la création émergente en ce sens qu’ils constituent une manière possible de dessiner ce qui est contemporain ou du moins de ce qui pourrait l’être : «Cela signifie que le contemporain n’est pas seulement celui qui, en percevant l’obscurité du présent, en cerne l’inaccessible lumière; il est aussi celui qui, par la division et l’interpolation du temps, est en mesure de le transformer et de le mettre en relation avec d’autres temps, de lire l’histoire de manière inédite, de la «citer» en fonction d’une nécessité qui ne doit rien à son arbitraire, mais provient d’une exigence à laquelle il ne peut pas ne pas répondre ». (Giorgio Agamben, Qu’est-ce que le contemporain, Rivages Poche, Petite bibliothèque, 2008)

À travers les œuvres des artistes sélectionnées, se déploient dans l’exposition de nouvelles manières de penser le contemporain, faites de récits qui convoquent tour à tour les notions de vestige, de trace, d’histoire ou de mémoire. Revenues d’un passé historique ou fantasmé, d’un temps suspendu dont la réalité matérielle nous échappe, elles constituent ensemble une archéologie du présent par le prisme de laquelle se dessinent les contours d’une représentation collective possible.

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