Rhum Perrier Menthe Citron à la Friche la Belle de Mai – Marseille

Jusqu’au 29 septembre 2019, la Friche la Belle de Mai accueille « Rhum Perrier Menthe Citron », un projet conçu par Cédric Aurelle et Julien Creuzet, sur une invitation de Véronique Collard Bovy, directrice de Fræme.

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

C’est sans doute la proposition la plus inventive, la plus captivante, mais aussi la plus la plus périlleuse parmi les trois expositions d’art contemporain présentées cet été à la Friche.

Dans le document disponible en salle, Cédric Aurelle raconte comment ce projet est né et il en résume les enjeux principaux :

« Julien et moi souhaitions poursuivre une réflexion autour de questions liées à l’hospitalité d’une ville, à la notion d’ancrage, au sens où l’on jette l’ancre dans un lieu spécifique, Marseille en l’occurrence. Quand nous avons proposé le projet à Véronique Collard Bovy, il nous est apparu d’emblée important d’interroger l’institution sous cet angle de l’hospitalité d’une part, et d’autre part sur celui de l’occupation de l’espace ».

Depuis le Printemps de l’Art Contemporain jusqu’à Art-o-rama, « Rhum Perrier Menthe Citron » est construit comme une succession d’invitations et de cartes blanches qui métamorphosent le 4ème étage de la Friche la Belle de Mai en « paysage modulable placé sous le signe de l’hospitalité ».

Shaker & Shooters - Super Coherent Printing Co - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – Super Coherent Printing Co – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Pour les deux commissaires et pour Fræme, les ambitions étaient de transformer « l’expérience de l’exposition en processus de développement organique et trame d’expérimentations sans scénario préalablement écrit ».

Mixologie - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Mixologie – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Pour cette série d’invitations, le titre choisi s’imposait. En effet, on aura compris qu’il s’agit là de la liste des principaux ingrédients du Mojito…

Rhum Perrier Menthe Citron : Before The Rocks

Flora Moscovici Before the Rocks - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Flora Moscovici Before the Rocks – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Tout a commencé le 1er juin, pendant le Printemps de l’Art Contemporain. Pour « Before The Rocks », Flora Moscovici était invitée à investir l’espace d’exposition vide. Elle y a installé le premier élément du décor avec une couche de peinture d’un jaune intense et solaire qu’elle a pulvérisé sur le sol, les piliers et les colonnes du plateau au 4ème étage de La Tour-Panorama.

Flora Moscovici Before the Rocks - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Flora Moscovici Before the Rocks – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

La lumière changeante qui arrive par les fenêtres et celle qui tombe des tubes fluorescents jouent avec de subtils dégradés qui vont de l’orangé au jaune citron en passage par un très beau safran. Leurs reflets viennent délicatement éclairer les murs blancs.

Flora Moscovici Before the Rocks - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Flora Moscovici Before the Rocks – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Avec cette simple intervention, Flora Moscovici a su créer un espace serein, moelleux et accueillant. À l’occasion de cette ouverture, la chanteuse Anaïs a donné un premier concert dont il reste une trace sonore.

En effet, « Motion & For the Moon to Rise » est diffusée avec un volume modulable pendant toute la durée de l’exposition, enrichissant ainsi ce premier paysage hospitalier.

Rhum Perrier Menthe Citron : Mélange Doré

Jagna Ciuchta - Mélange Doré - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Jagna Ciuchta – Mélange Doré – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Pendant le mois de juin, avec « Mélange Doré », Jagna Ciuchta a ajouté plusieurs éléments dans l’espace peint par Flora Moscovici : des chaînes métalliques suspendues aux poutres évoquent les rideaux de porte fréquents à Marseille et dans la région.

Jagna Ciuchta - Mélange Doré - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Jagna Ciuchta – Mélange Doré – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Des tentures de velours noir segmentent le volume de la salle et installent des espaces de projection. Des bottes de paille permettent de composer à volonté, murs, sièges, amphithéâtre ou tout autre mobilier. Ces objets peuvent être déplacés pour faire évoluer et restructurer l’espace selon les contextes imaginés pour « Rhum Perrier Menthe Citron ». Deux écrans de plexiglas (?) noirs complètent cet ensemble.

Mixologie - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Mixologie – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Avant son vernissage le 29 juin dans le cadre d’une « Mixologie », le montage de « Mélange Doré » était ouvert au public, renforçant ainsi le caractère hospitalier du projet.

Rhum Perrier Menthe Citron : Shaker and Shooters

L’espace ainsi aménagé a été mis à la disposition de Basile Ghosn, récemment diplômé de la Villa Arson, et co-fondateur avec Won Jin Choi de l’artist-run-space Belsunce Projects.
Depuis le début du mois de juillet, il présente sous le titre « Shaker and Shooters » une programmation qui enchaîne projets d’édition, de musiques, de performances et d’images en mouvement avec des artistes qui selon le choix de Basile Ghosn « ne sont pas nécessairement familiers du champ traditionnel de l’art et de la pratique plastique »…

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

Lors de notre passage, le 17 juillet, Media Naranja enregistrait la quatrième de ces « Conversation Series ».

Suspendus aux rideaux de chaînes, trois fascicules permettaient de consulter l’archive des entretiens précédents.

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

De la performance collective d’une semaine de Super Coherent Printing Co, il reste une cabane articulée couverte avec les tirages sur lés de tissus produits pendant leur intervention.

Elle renforce l’hospitalité de l’ensemble et elle s’intègre parfaitement dans l’ambiance créée par Flora Moscovici et Jagna Ciuchta.

Shaker & Shooters - Célia Hay - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – Célia Hay – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

La projection du film The Procession of Disappearance de Célia Hay les 10 et 11 juillet laisse comme trace une pile de photographies à la disposition des visiteurs.

Shaker & Shooters - Célia Hay - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – Célia Hay – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Une série de documents liés au film Les Derniers Paradis de Sido Lansari est accroché au fond de l’espace d’exposition après les 2 jours de projection du 12 au 14 juillet.

À mi-parcours, « Rhum Perrier Menthe Citron » semble atteindre les ambitions de ces deux commissaires et de son producteur.

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

L’aménagement modulable de l’espace et la scénographie-ambiance imaginée par Flora Moscovici et Jagna Ciuchta sont particulièrement accueillants et hospitaliers. La quiétude qui s’en dégage ne fait aucun doute. On s’y sent immédiatement chez soi, prêt à lâcher prise, l’esprit ouvert.

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

Les balles de paille sont naturellement investies par des visiteurs qui s’y installent pour consulter le document d’accompagnement de l’exposition, pour discuter ou tout simplement pour écouter paisiblement « Motion & For the Moon to Rise » et profiter de l’instant.

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

La cabane articulée de Jagna Ciuchta, partiellement couverte de tissus imprimés par Super Coherent Printing Co invite à la rêverie… Des souvenirs d’enfance remontent à la mémoire… une étrange envie de retrouver les jeux et les histoires rocambolesques qui s’y inventaient pendant les longues vacances d’été…

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

Les reflets de l’écran noir attirer irrésistiblement les amateurs d’autoportrait…

Mixologie - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Mixologie – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Un seul regret qu’il n’y ait personne pour proposer une boisson fraîche avec tout ou partie des ingrédients de « Rhum Perrier Menthe Citron »…

N’étant pas à Marseille cet été, il est difficile de porter un jugement complet sur « Shaker and Shooters », la programmation de Basile Ghosn. Celui-ci annonçait vouloir convier « les participants à faire les propositions les plus vagues possible afin que les projets restent ouverts, le plus à même de s’adapter au contexte »…

Shaker & Shooters - Le MUFF - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – Le MUFF – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Les performances, films, concerts présentés jusqu’ici ont surpris, étonnés et captivés, si l’on en croit les échos de celles et ceux qui ont participé à ces événements. Il est certain qu’à la lecture du programme, les découvertes alléchantes paraissaient être au rendez-vous.

Shaker & Shooters - Le MUFF - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – Le MUFF – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Les traces de ces interventions qui commencent à s’accumuler dans l’exposition laissent quelques regrets de n’avoir pu se déplacer régulièrement à la Friche
Cependant à la mi-juillet, il était encore difficile de savoir si l’ensemble fera sens, la Part des Anges était alors une peu trop mince…

Shaker & Shooters - The Lonely Life Lovers Club - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – The Lonely Life Lovers Club – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

La programmation de Basile Ghosn prévoit jusqu’à la fin août : MUFF – Marseille Underground Film & Music Festival • Lonely Life Lovers Club • Belsunce Project • Fusion (Cécile Bouffard, Roxane Maillet et Clara Pacotte) • Champ Döner • Okay Confiance • This is a love Song • Camille Brêteau, Louise Mervelet et Janna Zhiri • Temple Magazine (Anaïs Allias et Margaux Salarino)

L’ensemble des empreintes laissées dans l’espace évolutif de « Rhum Perrier Menthe Citron », annoncé comme « La Part des anges », sera complet pour le vernissage du salon Art-o-rama puis visible tout au long du mois de septembre…
On ne manquera pas de compléter alors cette chronique.

On ne peut que conseiller à celle et à ceux qui sont ou qui seront à Marseille d’ici la fin de l’été de passer par le 4ème étage de La Friche

Rhum Perrier Menthe Citron - L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l'expo !
Rhum Perrier Menthe Citron – L’été contemporain à la Friche la Belle de Mai -Photo En revenant de l’expo !

On souhaite aussi saluer ici l’excellence du travail de Fræme (ex Sextant et plus).
Depuis 2001, cette association résidente de la Friche Belle de Mai a multiplié les propositions qui ont interrogé d’une manière ou d’une autre, mais toujours avec justesse et pertinence les codes de l’exposition et la place laissée au visiteur. On citera pour mémoire les inoubliables « Communautés Invisibles » de Berdaguer & Péjus l’an dernier, « Viandes Foraines » en 2017, « FOMO » en 2015, « In Caméra » de Graham Eatough et Graham Fagen en 2014 ou encore « The Butcher » de l’Atelier Van Lieshout en 2013…

À lire, ci-dessous, la présentation du projet sous la forme d’une conversation autour des thèmes suivants : Hospitalité, Valeur d’usage des œuvres et scénographie, Ecosystèmes et déplacements, Epicentre, Marseille et Genre, classe, race avec Cédric Aurelle, Flora Moscovici, Jagna Ciuchta et Basile Ghosn. Ce texte est extrait du document disponible en salle.
On trouvera également la programmation de « Shaker and Shooters » imaginée par Basile Ghosn.

En savoir plus :
Sur le site de Fræme
Suivre l’actualité de Fræme sur Facebook, Twitter et Instagram
Sur le site de Flora Moscovici
Sur le site de Jagna Ciuchta
Sur la page Facebook de Belsunce Projects

Cédric Aurelle :
Le projet Rhum Perrier Menthe Citron est né dans le sillage d’une conversation entamée avec Julien Creuzet lors de son exposition Eau de Phocéa, datant d’alga que j’ai curatée en août 2017 dans un ancien local Célio, rue de la République à Marseille. Julien et moi souhaitions poursuivre une réflexion autour de questions liées à l’hospitalité d’une ville, à la notion d’ancrage, au sens où l’on jette l’ancre dans un lieu spécifique, Marseille en l’occurrence. Quand nous avons proposé le projet à Véronique Collard Bovy, il nous est apparu d’emblée important d’interroger l’institution sous cet angle de l’hospitalité d’une part, et d’autre part sur celui de l’occupation de l’espace. Longtemps, les salles de la Friche sont restées fermées en été en prévision et en préparation du grand rendez-vous de l’Art contemporain marseillais, Art-o-rama, à la fin de l’été. Nous voulions déjouer une logique événementielle privant d’accès aux lieux, une bonne partie de l’été, les marseillais et les estivants de passage en déroulant un projet depuis le Printemps de l’Art Contemporain jusqu’à Art-o-rama et au-delà.

Shaker & Shooters - Super Coherent Printing Co - Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris
Shaker & Shooters – Super Coherent Printing Co – Photo Nina Mouvant et Aurélien Meimaris

Il nous paraissait important également d’envisager ce projet comme une activation de l’espace institutionnel à la manière d’un lieu à habiter, à occuper de toutes les manières imaginables, et que c’est ça qui, peut-être, ferait exposition. Il nous a également paru important que Julien n’intervienne pas en qualité d’artiste, mais de co-commissaire de l’exposition, ou plutôt que son geste d’artiste reviendrait à passer un relais à d’autres artistes, lui qui est déjà intervenu à Marseille. Les notions d’hospitalité croisent ici celles de générosité, de cession d’espace qui vont traverser le projet. C’est ainsi que Julien a proposé d’inviter Flora Moscovici et Jagna Ciuchta et que nous avons mis en place ce jeu de transmission, d’un relais d’une artiste à l’autre, d’un objet utilitaire à un document, d’un document à une œuvre. Pour ma part, j’ai proposé que Basile Ghosn, artiste fraichement émoulu de la Villa Arson, mais déjà bien identifié sur la scène marseillaise, pour avoir, entre autres, fondé avec Won Jin Choi l’artist-run-space Belsunce Projects, intervienne à son tour. À lui de prendre en charge les propositions plastiques que Jagna et Flora auront faites et d’y concevoir un programme de films, de performances, d’expositions, de projets liés à l’édition et à la musique impliquant des réseaux lançant leurs connexions depuis Marseille.

HOSPITALITÉ

Flora Moscovici :
C’est une notion qui est présente depuis le début du projet par l’espace que l’on élabore avec Jagna, à savoir un espace pensé pour accueillir des personnes aussi bien que des œuvres d’autres artistes. C’est un espace dans lequel il sera possible de projeter des images, de les regarder, on va y écouter de la musique, danser peut-être, j’espère… Tout ceci participe de la manière dont j’ai envisagé mon intervention.

Basile Ghosn :
Dans cet esprit, j’ai invité les participants à faire les propositions les plus vagues possible afin que les projets restent ouverts, le plus à même de s’adapter au contexte. À ce stade, on peut projeter ce qu’on veut sur cet espace prospectif…

Jagna Ciuchta :
De mon côté, ce que j’aime dans votre invitation c’est qu’elle est comme une provocation, elle me déplace, aussi vis-à-vis de la notion d’hospitalité. Très souvent je mets en place des situations d’exposition, dans lesquelles j’inclue les œuvres d’artistes invités, au sein d’un décor lui-même composé de formes sculpturales et des peintures murales. Ces mises en scène évoluent parfois dans le temps selon un scénario plus ou moins écrit ou spontané. Donc la pratique d’invitation d’autres artistes contribue, paradoxalement, à mon identité d’artiste.

Là, vous ne m’avez pas invité pour inviter des artistes, mais à créer ce qui pourrait être une « scénographie » qui accueillera pendant l’été plusieurs artistes et visiteurs au gré de la programmation de Basile. Cela me rappelle un de mes premiers projets, The Grey Room, réalisé à Côme, pendant la résidence à la Fondazione Antonio Ratti en 2010. J’y avais organisé le désordre du matériel scénographique ; cadres, vitrines et socles du Musée du Tissu laissé vide pendant l’intermède estival. J’ai invité les autres artistes présents (donc déjà sélectionnés pour la résidence d’été par la Fondation) à y exposer leurs œuvres. Chacun d’eux s’est saisi de manière autonome de mon invitation. Pendant un mois en effet l’exposition évoluait sans que j’y intervienne, y compris l’arrangement du mobilier. J’y ai éprouvé du plaisir dans le fait que le projet m’échappait totalement. Je devenais plutôt spectatrice (et photographe) d’un processus que j’avais lancé. Ensuite j’ai réalisé des projets en sélectionnant des artistes ou des œuvres précises, cet aspect aléatoire s’est effacé.

J’aime renouer ici, dans Rhum Perrier Menthe Citron avec la question de l’aléatoire et avec ce sentiment de perte de contrôle. En passant le relais à Basile, je lui donne les clés de ma maison ! Alors que moi-même je me suis installée chez Flora. D’ailleurs, le projet sera accessible au public pendant ce qu’on appelle le montage tout au cours du mois de juin. Habituellement, pour des raisons institutionnelles liées à la sécurité, c’est très compliqué de permettre au public de prendre part à cette étape essentielle du projet et qui fait partie de ce que l’on appelle une exposition. Cette forme d’accueil participe de la dimension hospitalière du projet.

VALEUR D’USAGE DES ŒUVRES ET SCÉNOGRAPHIE

Flora Moscovici :
Nous n’avons pas envisagé le projet sous l’angle d’une scénographie, même si nos conversations avec Basile avaient pour objectif de comprendre dans quelle direction il voulait emmener le projet, quels pouvaient être ses besoins en fonction des intervenants qu’il envisagerait d’inviter pour sa programmation. Le projet que je réalise est de la peinture, et cette peinture peut avoir valeur d’usage, de désignation d’espace fonctionnels. J’aime ici l’idée d’une peinture au sol, que l’on va pouvoir fouler au pied et lessiver pour la laver…

Je pense plus mon intervention comme une sorte de multi-peinture, avec cette idée d’alternance de jour et de nuit, même si la nuit aura peut-être moins d’importance. J’aime l’idée que l’on peut l’activer, comme on joue avec un interrupteur, La possibilité d’activation peut susciter des idées de transformation de projets. Je préfère ici le terme d’atmosphère à celui de scénographie. J’ai envie que la peinture ne soit pas un espace spectaculaire. Ce n’est pas grand-chose, un peu de couleur qu’on dépose, qui s’enlève et permet de faire ressortir des éléments sans les transfigurer. La peinture permet de saisir le potentiel d’imaginaire d’un espace, la manière dont un espace concret peut nous emmener ailleurs et comment la peinture participe d’un sentiment qui fait du bien, dans son rapport à la lumière, à la beauté, à la fois proche du quotidien, mais pas complètement, magique, mais pas tout à fait… La peinture est ici le premier voyage qui permet de s’embarquer dans le projet.

Basile Ghosn :
D’ailleurs, ton travail en collaboration avec Yoan Sorin, Mobilier Peint, met en jeu des questions d’hospitalité et de valeur d’usage, parce que c’est du mobilier qui est une sorte d’invitation métaphorique au domestique…

Flora Moscovivci :
Dans cette pratique en duo avec Mobilier Peint, l’hospitalité a en effet une grande place, mais d’une manière très différente. L’aspect domestique est au coeur de notre travail depuis le début. Pour une exposition à A-frame, un artist run space à La Courneuve, nous avions disposé des chaussons peints à l’entrée. Il y avait également un frigo peint, des bières peintes, un canapé peint, de la moquette peinte…

Dans ma pratique, disons individuelle ou solitaire, il n’y a pas de domesticité. J’aborde les espaces nus et j’essaie d’apporter une forme de sensibilité par la couleur en ajoutant le moins d’éléments possible. D’ailleurs lorsque je travaille en pulvérisation, il s’agit d’une brume qui se dépose et lorsque je travaille au pinceau, je frotte ou brosse le support plus que je ne le peins. Par contre, l’idée d’accueil est importante pour moi, mais plutôt dans une relation de passage, afin d’emmener l’autre, de produire un déplacement. Le vide aussi est très important, parce qu’il laisse la place aux émotions. Ici, j’aime que l’exposition commence comme un appartement inhabité qui se meublerait progressivement.

Jagna Ciuchta :
Je préfère utiliser le terme de para-scénographie à celui de scénographie. Quoi qu’il en soit, ces formes que je produis dans mes expositions et que je vais faire à la Friche, n’ont pas besoin d’être classées définitivement, leur statut est liquide, et se déplace selon l’emploi. L’hospitalité que nous évoquions plus tôt peut résider justement dans les formes d’usage que peuvent avoir les oeuvres, où l’oeuvre ouverte serait une première forme d’hospitalité. Dans le projet que j’envisage, il y a ce dispositif immense (en mètres carrés) que je conçois pour accueillir une seule pièce. J’imagine cette étape, ce moment à la fin du montage où je choisirai une image que j’installerai sur la structure plutôt sculpturale, à la fin de ce processus comme une de ses configurations possibles, à charge pour les autres de le transformer.

ÉCOSYSTÈMES ET DÉPLACEMENTS

Jagna Ciuchta :
L’idée d’exposition comme écosystème me plaît beaucoup. Dans mon travail, il inclut une communauté d’oeuvres (venant de différents champs de l’art habituellement séparés) et de paraoeuvres en interrelation entre elles et avec le contexte, l’architecture, l’institution. Et tout cela en mouvement et en transformation permanente, où certaines formes en absorbent d’autres ou disparaissent pour réapparaître ailleurs et sous un autre état, où des images liquides migrent d’un projet à l’autre en changeant de médium et d’usage. C’est également ainsi que j’imagine le projet Rhum Perrier Menthe Citron, où nos interventions ne vont pas simplement s’additionner, mais vont évoluer et grandir par multiplication organique.

Basile Ghosn :
J’ai sollicité pour ma part des gens qui ne sont pas nécessairement familiers du champ traditionnel de l’art et de la pratique plastique, des musiciens ou des éditeurs pour lesquels l’appréhension de l’espace aussi bien matériel qu’institutionnel ne va pas de soi et répond à d’autres impératifs et réalités. C’est ce qui rend difficile une projection à priori dans ces espaces, et ce qui rend le projet excitant et ouvert à des formes et des résultats aussi prospectifs qu’inattendus. Mais ce choix correspond à la réalité sociale et humaine des réseaux d’artistes que nous constituons. Nous ne sommes pas enfermés dans des cercles d’art mais en permanence déplacés sur d’autres terrains qui sont ceux de la musique, de l’édition, du film, de la fête. On déplace un peu tous les mondes et toutes les choses, particulièrement dans ce contexte de Marseille qui s’y prête. Cela fait partie de l’écosystème de la ville : en tant qu’artiste, on va par exemple au MUFF (Marseille Underground Film Festival), on côtoie ces filles au Vidéodrome que l’on invite à présent, comme en retour. De même pour Champ Döner qui programme à la fois dans des salles de concerts associatives ou des espaces ou est montré de l’art. Le projet ici met en lumière le développement organique de ces réseaux et le déplace vers un autre public. On peut reparler ici des déplacements dont parle Jagna dans ce qui forme au final un écosystème inclusif. Voir des concerts de punks dans des lieux d’art, c’est quelque chose qui m’a toujours marqué – je pense aux concerts des Throbbing Gristle dans les années 70 à l’ICA de Londres par exemple.

Jagna Ciuchta : J’ai hâte de voir comment notre exposition va échanger ses fluides avec la ville !

Flora Moscovici :
Pour rebondir sur ce que tu dis Basile, je trouve ça intéressant que tes invitations ne se limitent pas au champ des arts visuels. Cette mixité de pratiques, sans savoir ce qu’elle va produire, me plaît beaucoup dans le projet. En 2017, j’avais réalisé une exposition à DOC à Paris, qui s’intitulait Viridité dans le gymnase. L’espace d’exposition était situé dans un ancien gymnase et j’avais invité une chanteuse lyrique à intervenir. Elle portait un jean et un sweat-shirt couverts de dépôts de peinture des murs et elle chantait avec toute la résonance que l’on peut avoir dans un gymnase. J’aime ces mélanges et ces croisements. D’ailleurs, nous échangeons actuellement avec le musicien Luigi Nunez, qui va travailler avec Anaïs sur le concert de Before the Rocks. Je n’ai aucune idée de ce que ça va produire, mais je suis très heureuse de cette rencontre et curieuse aussi.

ÉPICENTRE

Basile Ghosn :
Rhum Perrier Menthe Citron est comme le « mothership » de notre scène artistique tout l’été. Tous les projets sollicités, tout ce qui est déplacé dans ce lieu, renvoie en retour à d’autres lieux dans la ville, mais aussi dans des ailleurs portés par ses invités. On va certainement partir à Malte avec Célia Hay, par exemple. La Friche par ailleurs est déjà en soi une sorte d’épicentre pour Marseille non seulement en terme d’exposition mais en terme social, comme lieu de vie qu’il s’agisse des enfants qui viennent y jouer, du toit terrasse pour le Cabaret aléatoire ou pour le public de l’art. C’est un vrai lieu multiculturel, non pas au sens des politiques culturelles mais d’une réalité objective. C’est aussi pour ça que le projet est excitant pour nous acteurs du terrain investissant l’institution : le projet ne reproduit pas une logique de vitrine pensée dans une logique spectaculaire pendant Art-o-rama, mais pour les gens qui sont là. Pendant Art-o-rama sera livré un paysage qui sera une résultante d’un projet développé dans le temps long et non dans l’événement ponctuel.

MARSEILLE

Basile Ghosn :
À titre personnel, j’ai été invité il y a une dizaine d’années à Marseille par une amie dont le père faisait un projet à la Friche. Quand je suis arrivé à la Gare Saint-Charles, mon impression a été tellement forte que la ville s’est imposée à moi. Ça m’a rappelé le Liban. Puis j’ai rencontré des gens qui deviendront une bande de potes et c’est ainsi que ce sont faites les choses. J’ai étudié à la Villa Arson à Nice. Avant ma promotion, tout le monde allait Bruxelles et auparavant à Berlin. Aujourd’hui, je retrouve l’essentiel de ma promotion à Marseille. La ville est attractive, parce qu’il y a des espaces qui restent encore abordables en dépit de la gentrification. Et Marseille est une ville accueillante, hospitalière justement, dans toute sa complexité. C’est la première ville que l’on voit en arrivant du Maghreb et du pourtour méditerranéen. Si tu aimes Marseille, tu l’aimes vraiment, c’est une ville qui ne peut pas laisser indifférent.

GENRE, CLASSE, RACE

Basile Ghosn :
Marseille est une ville où ces questions de genre et de sexualité traversent les lieux associatifs avec lesquels nous sommes en lien. Programmations féministes, artistes femmes, queer… On va retrouver ces questions de genre avec Roxane Maillet, Clara Pacotte et Cécile Bouffard qui feront partie du programme estival.
Ces questions traversent Marseille, ainsi que la question raciale que l’on retrouvera dans le travail de Sido Lansari. Dans le film qu’il va présenter, il va parler de race et de sexualité à travers cette figure énigmatique qui a marqué son enfance. C’est justement sur la base d’images d’archives retrouvées en partie à Mémoire des Sexualités, ce lieu situé à la Porte d’Aix et qui fait un énorme travail d’archivage sur tout ce qui peut avoir trait à ce qui touche aux LGBTQI+ et qui va résonner dans l’exposition…
Marseille est une ville inclusive, violente aussi, mais les gens se laissent tranquilles. Tout et son contraire : l’homophobie et le racisme sont ouverts et décomplexés, mais il y a en même temps ce laisser faire très oriental avec ces excès de masculinité qui se retournent dans leur inversion permanente. Je retrouve ces jeux et codes de grande tolérance et en même temps d’homophobie ou de racisme qui me rappellent Beyrouth ou La Caire.


Conversation Series – à partir du 3 juillet — Permanences tous les mercredis de 14h à 19h

Dans le cadre de permanences tenues tous les mercredis de l’été, Media Naranja, duo de curatrices basées à Marseille, organise ses activités autour du recueil de la parole des organisateurs, des artistes et du public de Rhum Perrier Menthe Citron. Chaque semaine, elles éditent un petit fascicule compilant une archive orale en cours de constitution, portant notamment sur des questions d’hospitalité. Elles y enregistrent la sédimentation d’une pensée en cours d’élaboration et de projets se développant de manière organique, faisant écho à un paysage d’exposition en formation continue.


à partir du 3 juillet — Réception samedi 6 juillet à 18h

Super Coherent Printing Co se définit comme « un maelström graphique (re-)liant dans l’œil du cyclone les travaux d’artistes d’horizons et d’orientations différentes. » Dans le cadre de l’exposition, ils réalisent une performance collective d’une semaine conduisant à la construction d’une cabane articulée aux structures mises en place par Jagna Ciuchta, dans les couleurs de Flora Moscovici et la bande-son d’Anaïs. Ils y installent leurs imprimantes pour réaliser des tirages sur lés de tissus, lesquels sont recyclés dans l’architecture même des différents modules du paysage de l’exposition.


Projection continue les 10 et 11 juillet — Réception mercredi 10 juillet à 18h

The Procession of Disappearance, 22′, 2018
Le film The Procession of Disappearance de Célia Hay, en collaboration avec Pearlie Frisch, Maria de la O Garrido, Lena Heubusch, Candice Japiassu et Stephanie Sant, a été réalisé lors d’une résidence à Malte. La procession qui évoque différents rituels effectués en communion avec la nature a été pensée en hommage aux éléments et formes de vie environnants disparus. Les costumes et accessoires ont été réalisés à partir d’objets naturels ou non, trouvés sur place. La projection du film a lieu pendant 2 jours, à la suite de quoi une trace de ce rendez-vous restera sous la forme de posters à emporter par les visiteurs.


Projection continue du 12 au 14 juillet — Réception vendredi 12 juillet à 18h

Les Derniers Paradis. 16′, 2018. Maroc / France
Production : Fraeme – Friche la Belle de Mai – Institut Français du Maroc
Le film Les Derniers Paradis de Sido Lansari est le portrait fictionnel d’un transsexuel marocain, Sami, dont l’auteur conte l’histoire « presque-vraie ». À Casablanca, il ne rêve que de danses et de stars égyptiennes dans le salon de coiffure où il travaille. Jusqu’au jour où il rencontre Daniel, un amant qui lui fait découvrir un Paris homosexuel révolutionnaire. En mêlant images d’archives et photographies argentiques, Sido Lansari dresse le portrait intime d’un jeune homme, de l’enfance à l’exil, où il se découvre issu des « derniers paradis homosexuels », ainsi qu’ils sont qualifiés depuis l’Occident. Une présentation de documents liés au film reste visible dans l’espace d’exposition après les 2 jours de projection.


Concert samedi 20 juillet à 18h

Le MUFF (Marseille Underground Film & Music Festival) présente SEMLEH (Julien Louvet et Ana Servo) avec l’artiste vidéaste et performeur* SWAN B. SEMLEH est un duo composé des artistes Julien Louvet (ou The Austrasian Goat) et Ana Servo (Mona Servo). Issus de la scène underground, ils développent ensemble et en semi-improvisation des paysages sonores empruntant au futurisme, aux « occultures » et autres mythologies inventées. Pour Rhum Perrier Menthe Citron, ils réalisent LAVA / SALIVA, une performance sonore et vidéo avec l’artiste vidéaste et performeur* SWAN B, soutenue par le MUFF. LAVA / SALIVA est une performance glissante et invasive, pensée comme tremblement puis jaillissement, entraînant la métamorphose (perpétuelle) des paysages, des territoires et des corps… comme une coulée de lave, comme une coulée de bave, et leur rencontre.


à partir du 24 juillet — Réception samedi 27 juillet à 18h

Karaokrypte
Karaokrypte prend le parti d’utiliser l’espace d’exposition sur le modèle « deux salles ; deux ambiances ».
La cabine propose une première ambiance, celle d’un studio de karaoké. Des affiches de concerts et d’événements fictifs aux murs, un jeu de lumières colorées. Tout, dans cette cabine, vous enjoint à pousser la chansonnette.
Néanmoins, des voix, audibles depuis l’extérieur de la cabine, donnent à entendre une bande son chaotique de chanteurs amateurs, un overdub cacophonique qui compile l’ensemble des vocalises recueillies, de manière anarchique et dissonante. Deuxième ambiance.
Karaokrypte propose donc un voyage dans des voix du passé, un retour bruyant sur des accents pop, en proposant une installation sonore à plusieurs voix, étendues dans le temps et l’espace. Karaokrypte est un concert sans fin, un hymne inter(minable) et indéterminé.


à partir du 31 juillet — Réception samedi 3 août à 18h

TEA / LIGHTS / AND / WAX / MELT (A / PERFECT / COMBINATION)
Une proposition de Won Jin Choi – Belsunce Projects. Won Jin Choi, co-fondatrice de Belsunce Projects avec Basile Ghosn, reçoit Dambi Kim et Jules Dumoulin. Dans le cadre de Rhum Perrier Menthe Citron, ils proposent TEA / LIGHTS / AND / WAX / MELT (A / PERFECT / COMBINATION) et invitent chacun à partager :
stm stir colored liquids, / des liquides colorés remués et agités.
floating-biting liquid fluids. / des fluides liquides flottants – mordants.
heating bits and bites up. / chauffant. se réchauffant.
Not a Kool-Aid but cool ’em down, / se relaxant progressivement,
sipping hanging. / en sirotant, en traînant.
hanging out. / en commun.


Performance dimanche 4 août à 19h

Cécile Bouffard, Roxane Maillet et Clara Pacotte forment Fusion et Vnouje est leur édition : une épopée lesbienne en cours d’écriture, une édition évolutive qui est augmentée à chaque nouvelle apparition.
Leur intervention dans l’exposition marque la deuxième naissance de Vnouje sous la forme d’une performance : la lecture de nouveaux textes, un cocktail inédit et des installations éphémères.


Boum Baroud Döner
jeudi 8 août de 21h à minuit

Le collectif Champ Döner a pour mandat le blindage des expressions sonores souterraines et synthétiques à Marseille.
Le Baroud Döner constitue sa forme d’expression la plus festive et terminale.


à partir du 7 août — Concert dimanche 11 août de 19h à 22h

Boucan et Troubadours est une édition spéciale qui réunit un petit gang de confianceurs qui vont occuper un bout de Rhum Perrier Menthe Citron. Ils y préparent et partagent une série de performances plein focus sur : MUSIQUE / SOUNDSYSTEM / BRUITS / CRÉPITATION / VACARME / RONRON COCKTAIL / HIT PARADE / RAMAGE / TAMBOUR / AUTOTUNAGE / ROMANCE & POÉSIE / APÉRO & MÉLODIE.

OKAY CONFIANCE est un festival, c’est-à-dire un événement, une situation, un barbecue, une performance, un T-shirt, durant lesquels des gestes sont exposés-partagés. Ces gestes sont des attitudes et ces attitudes sont aussi des idées, mais nous avons décidé qu’avant d’avoir des idées, on aurait la confiance. Les gens qui intègrent le festival sont unis par la confiance que l’on porte en eux. C’est un principe de programmation [avec et sans failles] parce que pour choisir, on se dit « en ce que tu fais : j’ai confiance – Tu veux venir avec nous ? Nous voulons pratiquer la rencontre. »


à partir du 17 août — Réception samedi 17 août à 17h avec des glaces à l’eau

This is a love song est un duo constitué de Tatiana Defraine et Romain Juan. Pour Rhum Perrier Menthe Citron, le duo réalise des glaces à l’eau, un projet qui renvoie à la dimension estivale, hospitalière et conviviale de l’exposition. La forme des glaces ainsi que les imprimés des emballages et la « customisation » du bac à glaces permettent aux deux artistes de croiser dans un projet le travail de peinture de l’une et de sculpture de l’autre.


Performance samedi 17 août à 18h

« l’âne, la carotte et la canne à pêche » avec la participation de Rémi Riault.
Après s’être installées en résidence plusieurs semaines à la Friche, Camille Brêteau, Louise Mervelet et Janna Zhiri présentent le résultat de leur travail de recherches plastiques et formelles sous la forme d’une performance. Elles y mêlent art vivant, art du spectacle, danse et performance. Les trois artistes utilisent le grotesque, l’humour grinçant et la caricature pour faire surgir des figures d’autorité dans la représentation sociale. À l’instar de chaque groupe, ces rôles seront gardés, cédés, renversés ou tyrannisés.


à partir du 21 août — Réception vendredi 23 août à 18h

Temple Magazine : Anaïs Allias et Margaux Salarino, scénographie par Thomas Defour. L’intervention de Temple Magazine dans Rhum Perrier Menthe Citron est envisagée comme une boutique à l’effigie du dernier numéro de Temple, intervenant ici comme une marque. Tous les éléments de déclinaison seront présents dans l’espace, depuis la sur-utilisation des logos jusqu’aux objets dérivés. Ce dispositif questionne la mise en espace de l’édition ainsi que les extensions et jeux possibles aux déploiements du magazine à la manière d’un magasin éphémère. La scénographie du projet est réalisée avec la complicité de Thomas Defour.

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