La mesure du monde au MRAC – Sérignan

Jusqu’au 19 avril 2020, le MRAC (Musée régional d’art contemporain Occitanie/Pyrénées-Méditerranée) présente « La mesure du monde », une remarquable exposition collective sous le commissariat inspiré de Sandra Patron et Clément Nouet.

La mesure du monde au MRAC à Sérignan - Vue de l'exposition
La mesure du monde au MRAC à Sérignan – Vue de l’exposition

« La mesure du monde » rassemble des œuvres de : Dove Allouche, Marie Cool & Fabio Balducci, Caroline Corbasson, Attila Csörgo, Edith Dekyndt, Hugo Deverchère, Julien Discrit, Roberto Evangelista, Anne-Charlotte Finel, Mark Geffriaud, Joan Jonas, Pierre Malphettes, Masaki Nakayama, Otobong Nkanga, Elisa Pône, Linda Sanchez, Stéphane Sautour, Daniel Steegmann Mangrané, Batia Suter, Francisco Tropa, Keiji Uematsu, Capucine Vandebrouck, Adrien Vescovi, Maya Watanabe, Lois Weinberger.

Le texte d’intention des commissaires précise : « La mesure du monde s’attache à dresser un inventaire sensible et poétique du monde et de ses lois physiques. Prendre la mesure du monde, de ses reliefs, de sa texture, de ses flux et contre flux, opérer un temps de pause et d’immersion dans le paysage ».

La mesure du monde au MRAC à Sérignan - Vue de l'exposition
La mesure du monde au MRAC à Sérignan – Vue de l’exposition

Sans aucun doute, ce projet concrétise l’ambition de nous inviter à regarder comment à travers des « pratiques protéiformes (…) comme modalités d’enregistrement du monde, les artistes de l’exposition nous donnent à voir le merveilleux caché dans les replis de ses lois physiques et matérielles ».

La mesure du monde au MRAC à Sérignan - Sandra Patron, commissaire de l'exposition
La mesure du monde au MRAC à Sérignan – Sandra Patron, commissaire de l’exposition

Pour les deux commissaires, « l’exposition repose sur notre attention individuelle et collective à ce qui constitue notre monde visible et invisible, à la mutation permanente de toutes choses et de tout être vivant. Mais une fois que cet inventaire est fait, demeure le mystère de sa présence, et de là surgit l’émotion que l’exposition appelle de ses vœux : une émotion qui naît à la fois de l’étude de ses mécanismes, mais également de ce qui, précisément, se refuse à toute étude rationnelle »…

« La mesure du monde » se déploie au rez-de-chaussée dans la pénombre avec une remarquable mise en espace.

L’exposition se poursuit à l’étage dans la grande salle de l’extension au dessus du bureau de poste. Ici la lumière du nord domine. L’accrochage comme toujours très réussi valorise parfaitement les œuvres exposées…

Chronique et compte rendu à suivre.

À lire, ci-dessous, le texte de présentation de « La mesure du monde » extrait du dossier de presse.

En savoir plus :
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« La mesure du monde » : Présentation par Sandra Patron et Clément Nouet

L’exposition collective, La mesure du monde s’attache à dresser un inventaire sensible et poétique du monde et de ses lois physiques. Prendre la mesure du monde, de ses reliefs, de sa texture, de ses flux et contre flux, opérer un temps de pause et d’immersion dans le paysage, s’attacher au «détail du monde» pour reprendre le titre du très beau livre de Romain Bertrand*, telles sont les intuitions qui ont présidé à l’élaboration de cette nouvelle exposition du Mrac Occitanie.

Au travers de pratiques protéiformes, qui convoquent le dessin, la peinture, la vidéo, la sculpture ou l’installation comme modalités d’enregistrement du monde, les artistes de l’exposition nous donnent à voir le merveilleux caché dans les replis de ses lois physiques et matérielles. Dans un rapport direct et empirique avec l’objet de leur étude, leurs œuvres proposent un regard minutieux et empathique, qui relève tout à la fois d’une immersion sensible (enregistrer le paysage, son échelle, ses mouvements), d’une pratique expérimentale (jouer avec/détourner les lois physiques) et/ou d’une approche conceptuelle (enregistrer ses composantes par la mise en place d’outils d’enregistrement et de protocoles inspirés des sciences et des mathématiques).

Qu’ils utilisent l’enregistrement, l’inventaire ou le rituel chamanique, la nature et ses composantes sont un terrain d’expérimentations qui propose des liens intimes et de proximité avec le monde. Ce rapport à la nature fait souvent la part égale à l’infini et à l’infinitésimal, au battement d’aile du papillon tout autant qu’aux forces telluriques, mais il peut également opérer un focus microscopique sur un phénomène macroscopique ou l’inverse, dans une tentative de renouveler le regard que nous posons sur les choses. Ces expérimentations passent souvent par une mise à l’épreuve des matériaux ou des phénomènes naturels observés et les étirent aux limites de leurs possibilités, parfois jusqu’à la déliquescence même de l’œuvre.

En expérimentant des matériaux formels rudimentaires ou les dernières technologies de pointe, les artistes mettent souvent en jeu le corps humain dans les œuvres exposées, que celui-ci soit clairement présent ou fortement suggéré, permettant de placer le sujet dans un réseau de forces au sein d’un système vivant, fait de connexions et de déconnexions, d’assemblages et de désassemblages. Car, prendre la mesure du monde, tâter son pouls jusqu’aux confins de l’univers, est-ce rêver d’un monde à notre mesure, nous qui en sommes une des composantes ? Plus que le monde en lui-même, c’est notre regard sur le monde que l’exposition explore, un regard fait de projections narratives et de déterminismes historiques et culturels. Par-delà la diversité de leur approche et de leurs pratiques, tous les artistes de l’exposition tendent à capter un monde en perpétuel mouvement dont les changements d’états constants, entre ordre et chaos, agiraient comme une métaphore de notre relation au monde.

L’exposition repose sur notre attention individuelle et collective à ce qui constitue notre monde visible et invisible, à la mutation permanente de toutes choses et de tout être vivant. Mais une fois que cet inventaire est fait, demeure le mystère de sa présence, et de là surgit l’émotion que l’exposition appelle de ses vœux : une émotion qui nait à la fois de l’étude de ses mécanismes mais également de ce qui, précisément, se refuse à toute étude rationnelle.

* « Le détail du monde, l’art perdu de la description du monde », Romain Bertrand, collection Seuil, 2019

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