vendredi 23 octobre 2020

Possédé·e·s au MO.CO. Panacée


Du 26 septembre 2020 au 3 janvier 2021, le MO.CO. Panacée présente « Possédé·e·s », une exposition qui rassemble plus de 25 artistes. Sous-titré «Déviance, Performance, Résistance », « Possédé·e·s » a pour ambition « d’explorer le rapport entre l’ésotérisme et l’art contemporain » et en particulier « comment les corps exclus (les corps genrés, racisés, politisés) se réapproprient les identités féministes, queer ou décoloniales dans la nuit de l’occulte ».

Après les remarquables propositions de ce début d’année (« Permafrost – Les formes du désastre » à La Panacée et « Mecarõ – L’Amazonie dans la collection Petitgas » à l’Hôtel des Collections), on attendait avec curiosité et impatience ce nouveau projet du MO.CO. qui s’annoncait à bien des égards comme passionnant.

Possédé·e·s est une des meilleures expositions de la rentrée ! A ne pas manquer !!!

Commissariat très réussi de Vincent Honoré avec Caroline Chabrand et Anya Harrison assistés de Laureen Picaut.
Scénographie remarquable de Mr. & Mr. et Serge Damon.

On espère que la nouvelle équipe municipale sera moins aveugle, stupide et revancharde que la précédente et qu’elle laissera à Nicolas Bourriaud la possibilité de poursuivre l’expérience engagée à Montpellier. Avec un peu de temps et un futur moins chaotique (confinement, grèves, manifs) les expositions magistrales qui s’enchaînent depuis le début de cette année au Mo.Co. devraient rencontrer le public de Montpellier et d’ailleurs…

Raphaël Barontini, Clotilde de France, 2017 - Possédé·e·s au MO.CO. Panacée
Raphaël Barontini, Clotilde de France, 2017 – Possédé·e·s au MO.CO. Panacée

On lira ci-dessous les principaux enjeux de « Possédé·e·s » tels qu’ils sont présentés dans le communiqué de presse.

Exposition pluridisciplinaire, « Possédé·e·s » rassemblera sculptures, dessins, vidéos, peintures et installations et proposera des performances dans une architecture de Mr. & Mr. que l’on avait découverts dans « Mecarõ » et une scénographie lumière de Serge Damon à qui « Permafrost » devait beaucoup. Le projet promet que dans les espaces de La Panacée, « le visiteur deviendra l’acteur principal d’une expérience quasi cinématographique »…

MOREIRA LEARTH Luara_RAIORAIO LAMALAMA - Possédé·e·s au MO.CO. Panacée
MOREIRA LEARTH Luara_RAIORAIO LAMALAMA – Possédé·e·s au MO.CO. Panacée

En dépit du procès injuste qui lui est souvent fait, le MO.CO. devrait affirmer une nouvelle fois son soutien aux artistes en produisant une grande partie des œuvres de l’exposition. Ce sera notamment le cas pour des artistes de Montpellier comme Nicolas Aguirre, Jimmy Richer et Chloé Viton, mais aussi d’artistes nationaux et internationaux dont Nils Alix-Tabeling, Raphaël Barontini, Jean-Baptiste Janisset, Lewis Hammond, Paul Maheke ou Apolonia Sokol.

Comme toujours une importante programmation doit compléter « Possédé·e·s ».

Un catalogue bilingue accompagnera l’exposition avec des textes inédits de Camille Bardin, Margaux Bonopera, Caroline Chabrand, Giulia Civardi, Thomas Conchou, Julie Crenn, Chris Cyrille, Cédric Fauq, Anya Harrison, Caroline Honorien, Eliel Jones, Ingrid Luquet-Gad, Flora Katz, Franklin Melendez, Pedro Morais, Laureen Picaut, Taddeo Reinhardt et Barbara Sirieix.

Le commissariat est assuré par Vincent Honoré, Directeur des expositions MO.CO. avec Caroline Chabrand, Curator MO.CO. et Anya Harrison, Curator MO.CO., assistés de Laureen Picaut.

Artistes exposés : Nicolas Aguirre, Kelly Akashi, Nils Alix-Tabeling, Jean-Marie Appriou, Raphaël Barontini, Sedrick Chisom, Pauline Curnier Jardin, Iain Forsyth et Jane Pollard, Laura Gozlan, Lewis Hammond, M. Mahdi Hamed Hassanzada, Anna Hulačová, Jean-Baptiste Janisset, Joachim Koester, Paul Maheke, Pierre Molinier, Myriam Mihindou, Nandipha Mntambo, Antonio Obá, Jimmy Richer, Apolonia Sokol, Chloé Viton, Dominique White.
Performances et œuvres hors les murs de Pierre Huyghe, Latifa Laâbissi, Luara Learth Moreira, PEREZ.

Pierre Huyghe - The Host and the Cloud, 2010 - Laura Gozlan - Y.E.S. I, Mum pls, 2019 - Myriam Mihindou - Rhizome, 2000 - Antonio Obá - détail, Vanitas, da série Ambiente com Espelhos, 2017 - Jean-Marie Appriou - Spectre, 2018 - Joachim Koester - Tarantism, 2007 - Kelly Akashi, Illuminated Life Form, 2018 - Apolonia Sokol, La Nuit d'apres Ferdinand Hodler - Raphaël Barontini - Prince Tchepo, 2016 -Apolonia Sokol - Moi, 2020 - Chloé Viton - Sans titre, 2020 - MOREIRA LEARTH Luara_RAIORAIO LAMALAMA - Possédé·e·s au MO.CO. Panacée
Pierre Huyghe – The Host and the Cloud, 2010 – Possédé·e·s au MO.CO. Panacée
Film, HD video, color, sound, 2 h. 1 min. 30 sec. Courtesy of the artist : Marian Goodman Gallery, New York ©ADAGP, Paris

Chronique à suivre après le vernissage annoncé le vendredi 25 septembre à 19h.

En savoir plus :
Sur le site du MO.CO. Montpellier Contemporain
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Possédé·e·s – Déviance, Performance, Résistance : Communiqué de presse (extraits)

Possédé·e·s est une exposition pluridisciplinaire rassemblant plus de 25 artistes internationaux. Elle explore le rapport entre les corps résistants ou exclus, et les ésotérismes : se réapproprier et performer les identités féministes, queers ou décoloniales.

Nécromancie et spiritisme, divination (astrologie, cartomancie, chiromancie), magie et alchimie (sortilèges, potions, élixirs) : autant de gestes et de rituels dont la force émane d’un corps en mouvement. L’occulte n’a de sens que performé. Ces actes, ce sont des corps bannis qui s’en emparent. L’occulte est la science des corps déviants. Il faut être exclu.e et en retour s’exclure des normes sociales, religieuses ou économiques pour devenir sorcière ou prêtre vaudou, pour parler aux esprits et se laisser emporter par eux. L’occulte s’érige alors comme résistance contre les dogmes, le patriarcat, les pouvoirs dominants, les religions, les savoirs admis : la majorité. Il est l’autre, le caché. Il est ce qui révèle.

Cette chaîne (déviance-performance-résistance) explique pourquoi et comment une nouvelle génération d’artistes internationaux s’empare de l’occulte : le corps de l’occulte est un corps genré, racisé, politisé.

L’exposition explore le féminisme, le queer, le décolonialisme, et la manière avec laquelle les artistes se réapproprient avec fierté certaines figures : la sorcière, le prêtre vaudou, le spirite qui deviennent les gardien·ne·s de visions du monde alternatives, mis·e·s à l’écart mais résistant·e·s dans la nuit de l’occulte.

Le corps racisé, soumis, est au coeur des installations monumentales de Dominique White dont les matériaux symboliques, ayant subis des altérations par la mer, le vent ou l’artiste elle-même, invoquent les histoires de l’esclavagisme et de la traversée de l’Atlantique : ce sont les fantômes des corps jetés à la mer qui réapparaissent. Dans les peintures fantasmagoriques de Sedrick Chisom, des images contemporaines de Black Lives Matter se confondent avec des figures provenant de la mythologie occidentale et une iconographie chrétienne médiévale pour parler de l’histoire des colonisations et de la mémoire de corps soumis.

Les autoportraits sculptés de Kelly Akashi, le bestiaire de Jean-Marie Appriou et le mobilier aux formes anthropomorphiques de Nils Alix-Tabeling ainsi que les sculptures d’Anna Hulačová, envoûtent par les transformations alchimiques que subissent les matières comme le verre, le bois ou le bronze. Figure par excellence de la sorcellerie, une des victimes majeures des chasses aux sorcières, la femme âgée, célibataire, ménopausée, se trouve au centre du film de Pauline Curnier Jardin, dans lequel l’artiste célèbre la sensualité et le droit du corps vieillissant au plaisir et au désir sexuel. La sorcière ressurgit dans les œuvres de Nandipha Mntambo et Laura Gozlan. Apolonia Sokol crée une nouvelle peinture et réinterprète Le Printemps de Botticelli avec des personnages trans. Le div, un esprit maléfique qui provoque douleur et destruction, hante les dessins de M. Mahdi Hamed Hâssanzada, artiste afghan exilé dont le travail renvoie à la lutte et à l’affirmation d’une identité queer interdite dans son pays.

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