dimanche 28 novembre 2021

« Souffler de son souffle » à la Fondation Vincent van Gogh Arles

Marina Abramovic & Ulay, Vito Acconci, Jean-Marie Appriou, Carlotta Bailly-Borg, Frank Bowling, Tracey Emin, Markus Döbeli, Hans Haacke, Francis Hallé, Hans Hartung, Hokusai, Rebecca Horn, Asger Jorn, Jutta Koether, Piero Manzoni, Kristin Oppenheim, Giuseppe Penone, Joyce Pensato, Vivian Springford, Vivian Suter, Andra Ursuta, Chloé Vanderstraeten, Vincent Van Gogh, Gil Joseph Wolman et Wols.


Jusqu’au 1er mai 2022, la Fondation Vincent van Gogh Arles propose « Souffler de son souffle », une superbe exposition thématique qui rassemble vingt-cinq artistes de plusieurs générations et de divers mouvements.

Imaginé à partir d’un propos de Vincent van Gogh adressé à Émile Bernard : « […] le fait est que nous sommes des peintres dans la vie réelle et qu’il s’agit de souffler de son souffle tant qu’on a le souffle (1) », le projet curatorial conçu par Bice Curiger, Julia Marchand et Margaux Bonopera s’est construit en multipliant les recherches et les échanges auprès d’artistes, de galeries et de quelques institutions, fondation et collectionneurs.

Ces explorations et les prêts d’œuvres qui les ont suivies ont permis aux trois commissaires d’articuler avec beaucoup de finesse et de subtilité un parcours qualifié de « transhistorique ». Leur accrochage « orchestre librement des associations poétiques » et ose des rapprochements souvent audacieux qui parfois n’hésitent pas à « résister » aux espaces. S’il suggère quelques ébauches narratives autour de diverses interprétations du mot « souffle », le propos toujours discret laisse toute sa liberté au regardeur pour élaborer conversations entre les œuvres et imaginer ses propres fictions…

« Souffler de son souffle » réunit des œuvres de Marina Abramovic & Ulay, Vito Acconci, Jean-Marie Appriou, Carlotta Bailly-Borg, Frank Bowling, Tracey Emin, Markus Döbeli, Hans Haacke, Francis Hallé, Hans Hartung, Hokusai, Rebecca Horn, Asger Jorn, Jutta Koether, Piero Manzoni, Kristin Oppenheim, Giuseppe Penone, Joyce Pensato, Vivian Springford, Vivian Suter, Andra Ursuta, Chloé Vanderstraeten, Vincent Van Gogh, Gil Joseph Wolman et Wols.

Le commissariat très inspiré par Bice Curiger, Julia Marchand et Margaux Bonopera dont on lira ci-dessous le texte d’intention.

Chronique à suivre après ces premières impressions.

(1) Lettre de Vincent van Gogh à Emile Bernard, Arles, le 26 juin 1888.

En savoir plus :
Sur le site de la Fondation Vincent van Gogh Arles
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Si le souffle désigne, par son rapprochement avec le terme grec pneuma, la manifestation de l’esprit divin, il permet également de définir différents élans de la force vitale, des principes de vie ou « plus littéralement, […] l’énergie produisant tout mouvement(2) » y compris celle du geste pictural. L’exposition entend confronter ces multiples lectures aux oeuvres d’art issues des contextes d’après-guerre et actuel, afin de les replacer dans une généalogie nouvelle libérée de certains canons.

La notion de souffle, nourrie par les écrits de 
Van Gogh, s’accompagne ici de celle de seuil : celui même qui définit un rapport ouvert entre la figuration et l’abstraction, le spirituel et le prosaïque, l’épuisement et l’endurance, voire la performance, le culturel et le végétal, le personnel et le politique.

Ainsi, l’œuvre miniaturisée, délicate et nerveuse de 
Wols, précurseur de l’art informel, côtoie Breathing in/Breathing out (1976) de Marina Abramovic & Ulay, où se joue différemment le rapport ténu à la vie et à la survie ; les dessins d’illustrations du botaniste Francis Hallé entrent en relation avec les peintures dénuées de châssis et séchées au vent de Vivian Suter ; les toiles de grand format de l’une des protagonistes de la Color Field Painting, Vivian Springford, tentent d’élargir notre champ perceptif alors que l’œuvre tardive de Hans Hartung donne à voir les signes vivaces d’une écriture picturale libérée ; l’essai cinématographique L’Anticoncept (1951) de Wolman, proche du mouvement lettrisme, évoque la force radicale du langage dans le contexte post-68. Enfin, l’œuvre en verre de Giuseppe Penone appelle une circularité des sens, une corporalité sensible, tournée vers le monde végétal…

L’exposition propose ainsi des rapprochements inédits qui habitent chaque pièce d’un souffle nouveau. Cette proposition curatoriale non linéaire se prolonge dans le catalogue de l’exposition.

(2) Théo Casciani, « Pfff », catalogue d’exposition Souffler de son souffle (à paraître)

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