El Greco au musée Paul Valéry – Sète

Du 24 juin au 1er octobre 2017, le Musée Paul Valéry consacre son exposition estivale à une seule œuvre d’El Greco, « L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe ».

El Greco, L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe, 1608-1613. Huile sur toile, 3,48 x 1,74 m - Musée de Santa Cruz
El Greco, L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe, 1608-1613. Huile sur toile, 3,48 x 1,74 m – Musée de Santa Cruz

Pour cette exposition dossier, le Musée Paul Valéry entend innover en proposant, affirme-t-il, un « concept nouveau ». Pour cela, il souhaite proposer une autre manière de regarder une œuvre :

« Pour prendre le temps de regarder une œuvre autrement, des conditions muséographiques et scénographiques particulières ont été réunies afin d’offrir aux visiteurs une occasion unique d’admirer et de comprendre l’œuvre.
L’œuvre du Greco appelle à la contemplation et à la méditation, autant par la virtuosité du peintre qui se révèle dans la beauté des figures et des détails les plus menus que par la grandeur de la composition.
Les visiteurs peuvent profiter d’une visibilité optimale, soit confortablement assis dans de nombreux fauteuils et canapés permettant de prolonger à souhait la contemplation, soit en se déplaçant face à l’œuvre pour mieux en percevoir la dynamique.
Dans le parcours muséographique, des dispositifs de médiation, films et textes, abordent la toile sous différents aspects, technique, historique ou encore esthétique. Tout visiteur peut ainsi au gré de ses préférences passer d’une salle à l’autre en toute liberté, multipliant les perspectives et les occasions de revoir l’œuvre sous un jour nouveau ou bien d’en percevoir des aspects inaperçus au premier abord.

Les salles de l’exposition proposeront :
Une reconstitution en trompe-l’œil du retable de la chapelle Oballe de Tolède pour lequel cette œuvre a été réalisée.
Une documentation scientifique riche et exhaustive avec la projection de quatre films à caractère historique, artistique et pédagogique ».

El Greco, L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe, 1608-1613 (détail). Huile sur toile, 3,48 x 1,74 m - Musée de Santa Cruz
El Greco, L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe, 1608-1613 (détail). Huile sur toile, 3,48 x 1,74 m – Musée de Santa Cruz

Bien entendu, on reviendra sur l’originalité de cet « ambitieux » projet après une visite au Musée Paul Valéry.
Certains se souviennent peut-être, d’une exposition similaire « El Greco y la Capilla Oballe », organisée par le Musée du Prado, en 2004, après la restauration du chef-d’œuvre du Greco.

À lire, ci-dessous, une présentation de l’œuvre extraite du dossier de presse.
« L’Immaculée conception de la chapelle Oballe » est un prêt exceptionnel du Musée de Santa Cruz de Tolède. C’est la première fois en France qu’elle est exposée en France.

Catalogue coédité par les Éditions Midi-Pyrénéennes et le Musée Paul Valéry. Textes de Fernando Marías Franco, Professeur à l’université autonome de Madrid, Carmen Garrido Pérez, conservatrice honoraire au Musée du Prado, Michaël Scholz-Hänsel, Professeur à l’université de Leipzig, Véronique Gérard Powell, Maître de conférences honoraire en histoire de l’art moderne, université Paris Sorbonne, Centre André Chastel, Leticia Ruiz Gómez, Conservatrice au Musée du Prado et Jeong Ho Park, Curatorial Research Associate au Blanton Museum of Art, University of Texas, Austin.

En savoir plus :
Sur le site du Musée Paul Valéry
Suivre l’actualité du Musée Paul Valéry sur Facebook
Sur le site du Musée du Prado à propos de l’exposition de 2004 en espagnol ou en anglais

El Greco, « L’Immaculée Conception de la chapelle Oballe »

Significative de l’art de la Contre-Réforme, qui installe au premier plan le caractère mystique du sujet, l’Immaculée Conception (1608-1613) a été réalisée pour le maître-autel de la chapelle Oballe de l’église de San Vicente, à Tolède.

Le projet d’ornementation de la chapelle Oballe avait été initialement confié par le Conseil de la Ville à Alessandro Semini, artiste originaire de Gênes. Après la disparition du peintre génois en 1607, le Conseil se tourne vers Greco, présent à Tolède depuis trente ans. Celui-ci reprend l’ensemble, imposant des modifications radicales au projet, substituant à la fresque une toile d’autel de plus grandes dimensions accompagnée de deux portraits de saints, saint Pierre et saint Ildefonso, ainsi que d’une Visitation, qui ne seront finalement accrochés qu’après la mort de l’artiste en 1617. Commandée pour être livrée à l’occasion de la fête de l’Assomption en 1608, la toile n’est achevée qu’en 1613, un an avant la mort du peintre.

L’œuvre signe en quelque sorte le testament esthétique de GRECO et constitue une synthèse de l’ensemble des recherches de l’artiste, fondées à la fois sur un idéal de beauté, sur les éléments fondamentaux que sont la lumière et la couleur ainsi que sur un étirement des formes.

Le tableau au format monumental (3,47 x 1,74 m) présente dans une composition ascensionnelle, la Vierge Marie, qui a pu être comparée à une « Victoire de Samothrace chrétienne » (Manuel B. Cossío). Vêtue d’une tunique rouge et d’un manteau bleu, elle occupe d’une manière imposante le centre du tableau, comme suspendue dans un espace céleste dominé par la colombe du Saint-Esprit. Entourée d’anges, de chérubins et de Saint-Jean l’Évangéliste, elle est accompagnée dans son mouvement par la figure d’un ange drapé de jaune, qui, à ses pieds, opère le lien entre espaces céleste et terrestre, le monde terrestre étant représenté en bas par une vue de la ville de Tolède. L’emploi de couleurs pures, l’élongation des formes, la perturbation des repères les plus communs – gravité et légèreté, proche et lointain, espace physique et monde spirituel – proposent ainsi une vision singulière.

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