samedi 4 avril 2020

Sonia Delaunay – Patterns – #7 clous à Marseille

Du 12 janvier au 20 février 2020, Patrick Raynaud propose « Patterns », troisième exposition consacrée aux gouaches de Sonia Delaunay après « Le livre blanc » en 2019 et « Back to the 70’s » en 2017.

Dans le communiqué de presse qu’il a publié sur les réseaux sociaux, Patrick Raynaud donne quelques précisions sur l’accrochage qu’il présente dans son loft marseillais #7 clous à Marseille :

« Entre autres gouaches préparatoires inédites, on pourra découvrir les 25 planches de recherches pour un alphabet pour enfants paru aux éditions de l’École des Loisirs dans les années 1970, des motifs pour des tissus édités en Hollande, dans les années 20, pour la firme Metz & Co, des modèles de “robes simultanées” des années 30 (on sait peu que le fameux “rythme sans fin” de Robert Delaunay prend sa source, ainsi qu’il le reconnaissait lui-même, dans “La danse de la Robe” un modèle de robe “fantaisie”, comme on disait alors, de Sonia…) , ainsi que plusieurs études typographiques, maquettes d’affiches et d’invitations ou même une carte de vœux commandée par Claude Pompidou…

Un ensemble de près de 90 gouaches et dessins, intimistes et de format modestes, mais qui couvrent une large période de création, des années 20 à la toute fin des années 70, qui n’ont jamais été montrés et révèlent encore une fois la fraicheur et la puissance créative de celle qui fut appelée en son temps, avant les questionnements sur le genre, “la grande dame de l’art abstrait”, bien qu’il y eut longtemps suspicion machiste d’une influence de Robert sur sa femme, alors qu’il est avéré que c’est Sonia qui amena notamment la couleur pure au couple depuis son Ukraine natale dont elle admirait l’art populaire aux couleurs franches. Toujours modeste, Sonia déclare dans le film “On s’influençait mutuellement parce que c’étaient les mêmes recherches” et Apollinaire (qui vécut chez eux quelques mois au moment du vol de la Joconde) de confirmer: “Les Delaunay, quand ils se réveillent, ils parlent peinture !” ».

Pour celles et ceux qui l’ignorent, rappelons que Patrick Raynaud a rencontré Sonia Delaunay en 1970 pendant ses études à l’actuelle FEMIS. Leur amitié, leurs rencontres et entretiens se sont traduits par la réalisation de deux films : « Prises de vues pour une monographie » (1972) sur Sonia Delaunay qui sera projeté pendant l’exposition puis d’un 52 minutes sur Robert Delaunay l’année suivante.

Sonia Delaunay - Patterns - #7 clous à Marseille Photo ©jcLett
Sonia Delaunay – Patterns – #7 clous à Marseille Photo ©jcLett

Les 46 heures de conversation enregistrées par Patrick Raynaud ont donné lieu à la publication chez Robert Laffont de « Nous irons jusqu’au soleil », un livre de souvenirs de Sonia Delaunay.

Sonia Delaunay, étude pour la lettre N de l'alphabet, photographie Jean-Christophe Lett - Exposition Patterns 7 Clous à Marseille
Sonia Delaunay, étude pour la lettre N de l’alphabet, photographie Jean-Christophe Lett – Exposition Patterns 7 Clous à Marseille

Patrick Raynaud a également assisté Sonia Delaunay pour la préparation de publications, éditions de porcelaines et d’objets chez Artcurial, avec Jacques Damase. À la mort de ce dernier, Patrick Raynaud a hérité des éléments préparatoires de quelques éditions qu’il présente au public, comme un témoignage de la recherche artistique et la méthode de travail de Sonia Delaunay.

Sonia Delaunay - Patterns - #7 clous à Marseille Photo ©jcLett
Sonia Delaunay – Patterns – #7 clous à Marseille Photo ©jcLett

Retour sur « Patterns » après un éventuel passage par #7 clous à Marseille.
On espère avoir enfin l’occasion de découvrir ce lieu d’exposition atypique dont la programmation passionnante et singulière attire régulièrement l’attention… En effet, Patrick Raynaud y présente depuis fin 2016 sur un mur blanc d’une dizaine de mètres de long par trois mètres de haut où sont plantés 7 clous, des expositions d’artistes qu’il a rencontrés en tant qu’artiste, enseignant, ou directeur d’écoles de beaux-arts…

À lire, ci-dessous, le communiqué de presse de Patrick Raynaud.

En savoir plus :
Sur le site de #7 clous à Marseille
Suivre l’actualité de #7 clous à Marseille sur Facebook
A écouter l’émission « Une vie, une œuvre » du 21 septembre 2019 sur France Culture : « Sonia Delaunay (1885-1979) : Des couleurs dans les yeux »

Sonia Delaunay – Patterns : Communique de presse

Patrick Raynaud a rencontré Sonia Delaunay en 1970, à 24 ans, alors qu’il finissait ses études de cinéma à l’IDHEC (actuelle FEMIS); elle en avait alors 85 ans, mais était toujours en pleine possession de ses moyens. Une amitié se noua entre le jeune homme et la vieille dame qui devait durer jusqu’à la mort de Sonia en 1979, et donner lieu à plusieurs projets communs :
– Un film de 24 minutes sur Sonia Delaunay en 1972. (« Prises de vues pour une monographie » Unité Trois production).
– Un film de 52 minutes sur Robert Delaunay en 1973 (Unité Trois Production).
– La réalisation des costumes pour « 6 personnages en quête d’auteur » mis en scène par Antoine Bourseiller à la Comédie Française.
– Un livre de souvenirs de Sonia Delaunay « Nous irons jusqu’au soleil » publié chez Robert Laffont, et basé sur les 46 heures d’interview audio que Patrick Raynaud avait effectué dans le cadre de la préparation de ses deux films.
– De nombreuses heures d’assistanat dans les moments libres de Patrick Raynaud (qui travaillait alors dans le cinéma), pour adapter le travail de Sonia à des commandes publiques ou privées, mosaïques, objets, textiles, jeu de cartes, publications, éditions de porcelaines et d’objets chez Artcurial, avec Jacques Damase, l’éditeur attitré de Sonia Delaunay durant les 20 dernières années de sa vie.

Jacques Damase, à sa mort en 2014, légua les éléments préparatoires de quelques éditions, effectuées avec Sonia, à Patrick Raynaud, qui a souhaité les présenter au public, comme un témoignage très vivant et très émouvant de ce qui constitue la recherche artistique en général et la méthode de travail de Sonia Delaunay en particulier, laquelle déclare, à plus de 80 ans et malgré un succès international, dans le film qui lui est consacré (et sera projeté pendant l’exposition à « 7 clous ») « J’ai encore beaucoup à apprendre, à mettre au point, dans mon travail, je fais encore des gammes », avec sa modestie habituelle, qui est la marque des plus grands.

Sonia Delaunay, avec les artistes du Bauhaus qu’elle a longtemps côtoyés, considérait que l’art devait participer de tous les aspects de la vie quotidienne. Elle n’hésitait pas à intervenir sur objets de tous les jours, le berceau de son fils Charles avec sa couverture (Centre Pompidou), la reliure des « Pâques » de Blaise Cendrars, dont Paul Klee dira dans son journal qu’elles avaient été une source d’inspiration, le mobilier de ses appartements (musée des Arts Décoratifs Paris) les études de couleurs avec Charlotte Perriand pour les étagères devenues iconiques, les décorations murales du pavillon des chemins de fer de l’exposition de 1937, et surtout la mode et les tissus imprimés dont elle dessina des centaines de motifs (d’où le titre « patterns ») et dans lesquelles elle s’investit beaucoup dans les années 20 et 30 : gilets pour René Crevel, robes pour Gloria Swanson, costumes pour des films de Marcel Lherbier et René Le Somptier dans les années « folles », cette époque heureuse où elle allait tous les jeudis avec Robert au Bal Bullier de Montparnasse, habillés de couleurs vives, danser ce « tango au Bal Bullier » qui fournira le titre d’un tableau admirable que l’on peut voir au centre Pompidou.

L’exposition « Patterns » est la 3 ème exposition de gouaches de Sonia organisée par Patrick Raynaud dans son lieu marseillais « #7 clous à Marseille », après « Back to the 70’s » (2018) et « Le livre blanc » (2019). Entre autres gouaches préparatoires inédites, on pourra découvrir les 25 planches de recherches pour un alphabet pour enfants paru aux éditions de l’Ecole des Loisirs dans les années 1970, des motifs pour des tissus édités en Hollande, dans les années 20, pour la firme Metz & Co, des modèles de « robes simultanées » des années 30 (on sait peu que le fameux « rythme sans fin » de Robert Delaunay prend sa source, ainsi qu’il le reconnaissait lui-même, dans « La danse de la Robe » un modèle de robe « fantaisie », comme on disait alors, de Sonia…), ainsi que plusieurs études typographiques, maquettes d’affiches et d’invitations ou même une carte de vœux commandée par Claude Pompidou…

Un ensemble de près de 90 gouaches et dessins, intimistes et de format modestes, mais qui couvrent une large période de création, des années 20 à la toute fin des années 70, qui n’ont jamais été montrés et révèlent encore une fois la fraicheur et la puissance créative de celle qui fut appelée en son temps, avant les questionnements sur le genre, « la grande dame de l’art abstrait », bien qu’il y eut longtemps suspicion machiste d’une influence de Robert sur sa femme, alors qu’il est avéré que c’est Sonia qui amena notamment la couleur pure au couple depuis son Ukraine natale dont elle admirait l’art populaire aux couleurs franches. Toujours modeste, Sonia déclare dans le film « On s’influençait mutuellement parce que c’étaient les mêmes recherches » et Apollinaire (qui vécut chez eux quelques mois au moment du vol de la Joconde) de confirmer : « Les Delaunay, quand ils se réveillent, ils parlent peinture! ».

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