Turner et la couleur à l’Hôtel de Caumont – Aix-en-Provence

Après Canaletto. Rome, Londres, Venise et Les collections du Prince de Liechtenstein, l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence présente Turner et la couleur, du 4 mai au 18 septembre.

TURNER William (1775 - 1851) Plage de Calais à marée basse, « poissards » ramassant des appâts, exposé à la Royal Academy, 1830 - Huile sur toile - 68,8 x 103,8 cm - Bury Art Museum, Greater Manchester © Bury Art Museum, Greater Manchester UK
TURNER William (1775 – 1851) Plage de Calais à marée basse, « poissards » ramassant des appâts, exposé à la Royal Academy, 1830 – Huile sur toile – 68,8 x 103,8 cm – Bury Art Museum, Greater Manchester © Bury Art Museum, Greater Manchester UK

L’exposition est organisée en partenariat avec Turner Contemporary de Margate (Angleterre). Elle bénéficie du concours de la Tate Gallery de Londres, qui prête plus de trente chefs-d’œuvre légués à l’état anglais par l’artiste. Turner et la couleur  présente plus de 120 aquarelles, gouaches et huiles sur toile provenant de musées anglais et internationaux (Royal Academy, Victoria and Albert Museum de Londres, l’Ashmolean Museum d’Oxford, Bury Art Museum de Manchester,  Musée d’art de Dallas…). Plusieurs œuvres inédites appartenant à des collections particulières sont exposés pour la première fois. Aux œuvres de Turner s’ajoutent des archives, livres et matériaux de peinture ayant appartenu à l’artiste.

Six ans après Turner et ses peintres au Grand Palais (2010) et  Late Turner – Painting Set Free, en 2014 à la Tate Britain qui s’intéressait aux expériences des ces quinze dernière années,  l’exposition aixoise propose de redécouvrir l’itinéraire et l’œuvre de l’artiste sous l’angle des évolutions de sa palette et de son intérêt pour les théories contemporaines sur la couleur.

TURNER William (1775 - 1851) Départ pour le bal (San Martino) - Exposé en 1846 - Huile sur toile - 616 x 924 mm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015
TURNER William (1775 – 1851) Départ pour le bal (San Martino) – Exposé en 1846 – Huile sur toile – 616 x 924 mm – Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015

Ian Warrell, commissaire de l’exposition Turner et la couleur en résume ainsi le propos :

« Turner est décidément un peintre original ; plus encore, peut-être, que tout autre artiste britannique jamais produit. Il n’a pas d’égal dans sa connaissance des couleurs ; c’est cette supériorité qui lui procure beaucoup d’admiration et beaucoup d’ennemis. »

C’est ainsi que le Gentleman’s Magazine décrivait Turner en 1829, vers la moitié de sa carrière, alors qu’il avait cinquante-quatre ans. À ce moment-là, il avait déjà choqué ses contemporains à plusieurs reprises par son application éblouissante de la peinture et son utilisation énergique de la couleur. Les réactions de la critique montrent d’autant plus d’incompréhension et d’hostilité dans les années suivantes, laissant Turner isolé de ses pairs.

Mais comment Turner en est-t-il arrivé à développer un style aussi remarquable ? Quels facteurs ont influencé son emploi des couleurs ? Et ses matières étaient-elles si différentes de celles employées par ses contemporains ? Voici quelques-unes des questions traitées dans cette exposition, retraçant l’évolution chronologique de la vie de Turner, tout en se concentrant sur les thèmes et les expériences clés ayant particulièrement influencé son utilisation de la couleur.

Le parcours de l’exposition vous mènera des débuts modestes de Turner en tant qu’apprenti dessinateur, à sa place controversée au sommet du monde de l’art britannique atteinte au cours de la première moitié du XIXe siècle, jusqu’à sa mort en 1851. Mais l’histoire ne se termine pas là, puisqu’à cette date seule une partie de ses créations extraordinaires avait été exposée publiquement. Il aura fallu attendre plusieurs années, jusqu’au début du XXe siècle, pour que certaines de ses toiles les plus révélatrices, aujourd’hui comptées parmi ses chefs-d’œuvre, soient exposées pour la première fois.

Le parcours à la fois chronologique, thématique et géographique s’organise en sept sections :

  • L’apprentissage de la couleur et l’étude des grands maîtres
  • La peinture en plein air
  • Dans l’atelier (Turner et les théories de la couleur)
  • De la couleur au noir et blanc – le succès public de l’œuvre
  • Les séjours à Petworth House
  • Les voyages, à la découverte de nouvelles couleurs (La lumière de Gênes, La Provence, d’Avignon à Marseille et Margate, « les plus beaux ciels d’Europe »)
  • La fièvre de la couleur. Chromomania.

S’ y ajoutent des extraits du film documentaire J.M.W. Turner réalisé par Alain Jaubert pour Arte, en 2010.

Comme pour les expositions précédentes, la scénographie a été confiée à Hubert le Gall. Les tons choisis pour les cimaises s’accordent avec  la palette du peintre. Des agrandissements photographiques évoquent les salons de l’Académie royale, où Turner expose à partir de 1790 mais aussi sa galerie personnelle à Londres et son atelier.

L’accrochage est irréprochable, comme la mise en lumière des œuvres exposées. La scénographie n’entrave jamais le plaisir du regardeur, même si elle est très présente.

Les textes de salles permettent de comprendre sans difficultés l’articulation du parcours de visite. Certaines œuvres sont accompagnées de textes qui enrichissent les cartels.

Deux tables tactiles accompagnent l’exposition l’une avec des extraits de carnets de croquis de Turner (salle 2), l’autre avec des dessins érotiques probablement réalisés dans le domaine de Lord Egremont à Petworth (Salle 5).

Audioguide et applications sur smartphone et tablette en français et en anglais sont disponibles comme pour toutes les expositions de Culturespace. Un livret-jeu (non consulté) est remis gratuitement aux 7/12 ans.

Catalogue Turner et la couleur est coédité par l’Hôtel de Caumont et les éditions Hazan.

L’exposition ravira très certainement ceux qui y découvriront l’œuvre de Turner. Le parcours très didactique n’apporte pas de très grandes surprises aux amateurs qui pourront toutefois apprécier plusieurs œuvres issues de collections privées, jamais  montrées en France.

Catalogue Turner et la couleur est coédité par l’Hôtel de Caumont et les éditions Hazan.

Le commissariat général est assuré par Ian Warrell, commissaire indépendant, ancien conservateur à la Tate Britain, spécialiste et  auteur de nombreux ouvrages à propos de Turner.

À lire ci-dessous en entretien avec Ian Warrell, extrait du dossier de presse.

En savoir plus :
Sur le site de l’Hôtel de Caumont Centre d’Art
Sur la page facebook de l’Hôtel de Caumont Centre d’Art

Entretien avec Ian Warrell, commissaire de l’exposition Turner et la couleur
(extrait du dossier de presse )

Turner et la couleur à l’Hôtel de Caumont – Aix-en-Provence - Ian Warrell, commissaire de l’exposition
Turner et la couleur à l’Hôtel de Caumont – Aix-en-Provence – Ian Warrell, commissaire de l’exposition

Pourquoi la couleur est-elle un sujet à part entière dans l’oeuvre de Turner ?

Pensez à Turner et vous penserez inéluctablement à des couleurs vibrantes. Son œuvre s’est de plus en plus caractérisée par des couleurs fortes, qu’il s’agisse d’éclatants couchers de soleil ou de clairs de lune profonds, et elle a surtout été marquée par sa célèbre prédilection pour le jaune. De toute évidence, il a fait des choix esthétiques dans sa recherche d’une certaine réponse au monde naturel. Mais ces choix ont aussi été influencés par les idées sur la couleur développées par les théoriciens contemporains, tels que Moses Harris et George Field, ou ils reflétaient son questionnement sur les premières thèses de l’écrivain allemand influent Johann Wolfgang von Goethe. Le fait que la vie de Turner ait coïncidé avec l’invention de nombreux nouveaux pigments est tout aussi significatif, aussi bien que le développement commercial des premiers tubes en métal permettant l’usage de la peinture à l’huile en plein air. Un autre facteur qui a conduit à l’aspect lumineux de ses œuvres fut le lien étroit entre ses huiles et ses aquarelles, qui aboutit à un style audacieusement expérimental propre à Turner.

Quelle est la place de Turner dans la scène de la peinture anglaise de son époque ?

Joseph Mallord William Turner (1775-1851) est devenu l’une des figures majeures du monde de l’art londonien de la première moitié du XIXe siècle. Il exposa ses œuvres à l’huile et à l’aquarelle à la Royal Academy of Arts, mais également dans sa propre galerie située à Queen Anne Street West (au nord d’Oxford Street). Ses premiers tableaux furent des aquarelles précoces et affirmées, utilisant des techniques qui obligèrent le public à examiner tant ses méthodes que les sujets peints. Au cours de ces premières années, il a mis à l’épreuve les possibilités qu’offrait cette technique et a transposé ses expérimentations dans son travail à l’huile. Il est ainsi devenu une figure controversée parmi ses contemporains, faisant régulièrement sensation avec ses expositions, notamment en raison des couleurs vives qu’il commença à utiliser.

Durant la première moitié de sa carrière, son œuvre fut essentiellement acquise par la classe des propriétaires fonciers, ou la classe aristocratique, dont les collections étaient principalement composées de tableaux de maîtres prestigieux peints à l’huile. Mais dans les années 1820 son travail à l’aquarelle devint bien plus prisé que ses peintures à l’huile, reflétant de plus larges changements de clientèle, du fait de la nouvelle classe moyenne (devenue riche dans les années suivant Waterloo) qui commença à collectionner des œuvres dans cette forme d’art. Plusieurs des représentations de Turner furent également gravées en noir et blanc, son influence s’est donc étendue bien au delà des cercles métropolitains de Londres. En effet, dans les années 1830 il était possible d’acheter ses créations non seulement en Europe, mais aussi en Amérique et en Australie (Saint-Denis (extrait de Turner’s Annual Tour – The Seine), Tate, Londres).

TURNER William (1775 - 1851) Saint-Denis (extrait de Turner’s Annual Tour – The Seine, 1835), 1833 - Aquarelle et gouache, avec plume, sur papier bleu - 140 x 192 mm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015
TURNER William (1775 – 1851) Saint-Denis (extrait de Turner’s Annual Tour – The Seine, 1835), 1833 – Aquarelle et gouache, avec plume, sur papier bleu – 140 x 192 mm – Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015

Au cours des vingt dernières années de sa carrière, il fut souvent considéré comme un personnage excentrique en raison de la nature manifestement texturée de ses pièces, ne se conformant pas à la finition académique soignée qui était la norme – en particulier dans la peinture française et allemande contemporaine. Durant cette période, les critiques se moquaient de son œuvre, mais Turner conserva tout de même de nombreux admirateurs. Il attira aussi de nouveaux collectionneurs par ses vues évocatrices de Venise, qu’il créa dans les années 1840. En 1843 l’écrivain John Ruskin, lui-même collectionneur des œuvres de Turner, publia le premier des cinq volumes de l’ouvrage Les peintres modernes, qui fut à la fois un plaidoyer de l’artiste et une tentative de démonstration de sa supériorité sur ses contemporains. Écrit avec une passion religieuse, le livre eut une influence durable sur la réputation de Turner tout au long du XIXe siècle et ce malgré la perception commune que les sujets de ses dernières œuvres étaient trop confus et impénétrables (Ombre et obscurité – le soir du Déluge / Lumière et couleur (théorie de Goethe) – le matin après le Déluge, Moïse écrivant le Livre de la Genèse, Tate, Londres)

TURNER William (1775 - 1851) Lumière et couleur (théorie de Goethe) – le matin après le Déluge, Moïse écrivant le Livre de la Genèse Exposé en 1843 - Huile sur toile - 787 x 787 mm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015
TURNER William (1775 – 1851) Lumière et couleur (théorie de Goethe) – le matin après le Déluge, Moïse écrivant le Livre de la Genèse Exposé en 1843 – Huile sur toile – 787 x 787 mm – Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015

Quelle est la postérité de l’artiste, en particulier dans la peinture française ?

Après la mort de Turner il y eut un délai de cinq ans avant que sa succession ne soit réglée. Le problème provint des diverses versions contradictoires de son testament, aggravé par une contestation judiciaire des membres de sa famille au sujet de certains des termes qu’il avait proposés. L’exécution finale de son legs établit que l’ensemble du contenu de sa galerie et de son atelier deviendrait propriété nationale : – environ 100 peintures à l’huile exposées, plus 200 esquisses à l’huile supplémentaires, 300 carnets de croquis et des milliers d’autres feuillets en vrac, ainsi que d’innombrables aquarelles – à la fois des études préparatoires et des œuvres achevées – rassemblant au total plus de 20.000 pièces.

Pendant une grande partie du XIXe siècle, la National Gallery n’eut la place de présenter que les peintures qui avaient déjà été exposées par Turner, bien que quelques œuvres inachevées aient été également exposées en tant que curiosités. Ruskin plaida pour la valeur éducative des esquisses, ce qui aboutit à l’exposition de nombreuses œuvres sur papier dans l’une des salles de l’étage inférieur de la National Gallery. Elles furent, paraîtil, très appréciées des étudiants, y compris des visiteurs français tels que Monet et Pissarro pendant leur exil à Londres. De retour en France, il était difficile de voir de bons exemples des tableaux de Turner. Certaines des œuvres qui lui ont été attribuées au sein de la collection de Camille Groult ont pu obnubiler des artistes comme Gustave Moreau, mais toutes ne sont pas encore reconnues comme authentiques par les spécialistes modernes. Des copies ou des variantes des peintures de Turner, réalisées par des étudiants essayant d’imiter sa maîtrise, existent en grand nombre.

TURNER William (1775 - 1851) Le Canal de Chichester, vers 1827-1828 - Huile sur toile - 654 x 1346 mm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015
TURNER William (1775 – 1851) Le Canal de Chichester, vers 1827-1828 – Huile sur toile – 654 x 1346 mm – Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015

Pendant ce temps, les livres de Ruskin contribuèrent à entretenir l’intérêt pour l’œuvre de Turner tout au long de la deuxième moitié du siècle, ce qui s’exprima également par la hausse de la valeur des tableaux présentés aux enchères au cours de ces décennies – y compris des œuvres qui auraient été précédemment déclarées « inachevées ». Cependant, il a fallu attendre le début du XXe siècle pour que la National Gallery – puis la Tate (initialement appelée la National Gallery of British Art) – commence à exposer une plus grande sélection des toiles inachevées retrouvées dans l’atelier de Turner, qui sont aujourd’hui parmi les œuvres les plus populaires de l’artiste (Le Canal de Chichester ou Venise avec la Salute, Tate, Londres).

Tout au long du XXe siècle, de nouveaux lots de toiles et d’aquarelles furent exhumés et exposés par la Tate, un processus qui ne fut terminé que dans les années 1970, au moment du bicentenaire de la naissance de Turner. Depuis, les spécialistes ont réévalué l’énorme corpus de pièces créées par Turner en essayant de leur trouver un sens à la fois au sein de leur propre période, mais aussi du point de vue de leur attrait aux yeux des contemporains. Les artistes aussi se sont tournés vers ces « nouvelles » facettes de Turner, trouvant des correspondances avec leurs propres préoccupations. Par exemple, l’expressionniste abstrait Mark Rothko, après avoir visité l’exposition rétrospective de 1966 au MOMA, a commenté « Ce gars, Turner, il a beaucoup appris de moi ». Au fil des ans, la Tate elle-même a activement encouragé de nombreuses réactions sur Turner et, en 1984, elle a établi un prix en son honneur pour les jeunes artistes contemporains, qui est encore aujourd’hui attribué chaque année.

Plus récemment, une campagne populaire a aidé à établir une nouvelle galerie à Margate, une ville côtière du Kent où Turner se retira dans les dernières années de sa vie. Ouverte le 16 avril 2011 à proximité de la pension où Turner séjournait lors de ses visites, la galerie Turner Contemporary est tournée vers la baie exceptionnelle et vers la lumière qui a inspiré grand nombre de ses dernières œuvres. Elle n’a pas de collection permanente, mais au cours de ses cinq premières années elle s’est déjà imposée comme centre d’exposition en art ancien et contemporain.

Quelle est l’approche novatrice de cette exposition, par rapport aux précédentes ?

Cette exposition offre un récit essentiellement chronologique de la carrière de Turner, mais avec des axes thématiques centrés sur des éléments tels que ses premières tentatives de naturalisme, son intérêt pour les théories contemporaines sur la couleur, son utilisation de nouveaux matériaux, son implication dans la traduction en gravures en noir et blanc de ses images en couleur et sa soif insatiable de nouvelles expériences de voyage. Cette dernière section présentera une petite sélection des nombreux croquis, aquarelles et peintures que Turner réalisa en France, y compris des vues de la côte méditerranéenne entre Marseille et Gênes. Les expositions précédentes en France de l’œuvre de Turner ont traité son admiration et émulation des grands maîtres (Turner et le Lorrain, Musée des Beaux Arts, Nancy 2002; Turner et ses peintres, Grand Palais, Paris 2010). En France, la dernière vue d’ensemble exhaustive de l’œuvre de Turner fut celle au Grand Palais en 1983. En outre, il y a eu plusieurs études des voyages de Turner, en commençant par l’exposition avant-gardiste réalisée par Maurice Guillaud, Turner en France en 1981 (Centre Culturel du Marais, Paris), et depuis lors, d’autres traitant de façon plus détaillée ses voyages sur la Loire et la Seine et dans les Alpes.

Contrairement aux précédentes, cette nouvelle exposition donne une idée de la façon dont la vie de Turner fut inextricablement liée à son art et à ses aspirations pour produire des représentations saisissantes et audacieuses.

Qu’est-ce que le public découvrira dans cette exposition qu’il n’a pas vu auparavant ?

L’exposition rassemble des peintures à l’huile célèbres et une riche variété d’aquarelles, ainsi que certaines des gravures qui ont contribué à répandre le nom de Turner parmi ses pairs. Au delà d’un ensemble important des œuvres du legs de Turner à la Tate Britain, parmi lesquelles Matin glacial (1813), Ombre et obscurité – le soir du Déluge, Lumière et couleur (théorie de Goethe) – le matin après le Déluge, Moïse écrivant le Livre de la Genèse (1843), les tableaux proviennent de plus de vingt-cinq musées et collections privées et beaucoup d’entre eux n’ont encore jamais été exposés en France. D’autres, comme Plage de Calais à marée basse, « poissards » ramassant des appâts (1830) de la Bury Art Gallery, sont parmi les représentations de la France les plus connues de Turner.

TURNER William (1775 - 1851) Matin glacial - Exposé à la Royal Academy, 1813 - Huile sur toile - 1137 x 1746 mm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015
TURNER William (1775 – 1851) Matin glacial – Exposé à la Royal Academy, 1813 – Huile sur toile – 1137 x 1746 mm – Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner, 1856 © Tate, London 2015

Parmi les formidables prêts voyageant depuis les Etats-Unis, se trouve l’une des premières représentations saisissantes de Bonneville, Savoie, avec le mont Blanc (Dallas Museum of Art) et quelques-unes des toutes dernières peintures réalisées lors de ses voyages privés à Margate dans les années 1840 (Yale Center for British Art, New Haven). L’époque de Turner à Margate sera également représentée par un ensemble d’aquarelles provenant d’une collection privée, jamais exposées en France auparavant.

TURNER William (1775 - 1851) Navire approchant du port de Margate par grosse mer (anciennement connu sous le titre Plage de Yarmouth), 1840 - Mine de plomb, aquarelle et grattage - 24,8 x 36,5 cm - Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection, New Haven © Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection
TURNER William (1775 – 1851) Navire approchant du port de Margate par grosse mer (anciennement connu sous le titre Plage de Yarmouth), 1840 – Mine de plomb, aquarelle et grattage – 24,8 x 36,5 cm – Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection, New Haven © Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection

Les voyages plus lointains de Turner en Europe sont eux aussi bien représentés, y compris quelques-unes de ses vues de Venise les plus admirées. Mais les visiteurs d’Aix-en-Provence seront particulièrement enthousiasmés par les esquisses colorées que Turner réalisa à Marseille, à Gênes et sur la côte méditerranéenne et qui n’ont jamais été ressemblées jusqu’alors. Elles conservent la puissance des couleurs vibrantes et une fraîcheur d’observation, comme si elles avaient été peintes hier. Ces œuvres démontrent l’indépendance radicale de la façon qu’avait Turner de voir le monde.

2 COMMENTAIRES

  1. Beaucoup de monde; mise en page parfois trop chargée visuellement (utilisation parfois excessive de papiers peints de motifs de Turner en arrière-plan de multiples tableaux qui fatiguent l’oeil, notamment lorsque les espaces sont restreints); par contre une utilisation intelligente des oeuvres numérisées. Aucun espace « immersif » similaire à celui qui avait été installé pour l’exposition sur Venise, ce qui a déçu certains jeunes visiteurs qui m’accompagnaient, particulièrement mon petit dernier âgé de 6 ans que le pont vénitien avait fortement marqué… Dommage.
    Surcharge également des textes; un peu plus de sobriété aurait été certainement un plus.

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