Derniers Jours pour « Jean Genet, l’échappée belle » au MuCEM

Dernière semaine pour (re)voir « Jean Genet, l’échappée belle » la très belle exposition que MuCEM  consacre à l’écrivain, trente ans après sa disparition.

C’est jusqu’au lundi 18 juillet, au bâtiment Georges Henri Rivière du Fort Saint-Jean.

Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM - vue de l'exposition 02

Autour d’un Homme qui marche d’Alberto Giacometti, le parcours s’organise en trois séquences pour évoquer ses déambulations depuis les premières fugues adolescentes de Jean Genet  vers le Sud, jusqu’à sa mort au Maroc.

Trois thèmes croisent un moment de sa vie, une œuvre, et un espace méditerranéen :

  • « Le Journal du voleur » et l’Espagne
  • « Les Paravents » et l’Algérie
  • « Un captif amoureux » et la Palestine.

On retrouve les éléments de scénographie conçus par Olivier Bedu et Struc’Archi pour la salle du bâtiment Georges Henri Rivière.

Commissariat : Albert Dichy, directeur littéraire de l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC), Emmanuelle Lambert, écrivain, directrice d’ouvrage du catalogue de l’exposition (coédition Mucem-Gallimard)

À ne pas manquer !

En savoir plus :
Sur le site du MuCEM
Sur le site de l’IMEC
Sur le site du journal Zibeline :  les interviews des commissaires Albert Dichy et Emmanuelle Lambert et d’Ernest Pignon Ernest

Jean Genet, l’échappée belle  : Parcours de l’exposition (extrait du dossier de presse)

Genet en marche

L’exposition invite à suivre le chemin de Genet à travers trois salles distribuées autour de L’Homme qui marche de Giacometti, considéré aujourd’hui comme l’une des sculptures les plus célèbres du vingtième siècle. Placé en son centre, il voisine avec deux autres œuvres de Giacometti : son célèbre Portrait de Jean Genet, issu des collections du Centre Pompidou, et un dessin au crayon de la tête de Genet.

Placer la relation unique de Genet à Alberto Giacometti au cœur de l’exposition, c’est rappeler que les trois espaces de l’œuvre ici présentés, reflétant l’aventure du voleur, du dramaturge et du politique, ne sont articulés, nourris, reliés que par une relation profonde à l’art. C’est en artiste et en poète que Genet traverse délinquance, théâtre, ghettos noirs d’Amérique et camps palestiniens de Jordanie et du Liban.

Journal du voleur

La salle 1 est consacrée au Journal du voleur, livre qui retrace les années de fugue, d’errance, de désertion et de vol de Genet, et qui est baigné par la lumière de l’Espagne.

Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM - vue de l'exposition
Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM – vue de l’exposition

Elle commence avec les circonstances de la naissance de Genet : récemment retrouvées, les lettres originales et déchirantes de la mère de Genet abandonnant son fils contre son gré à l’Assistance publique ont été exhumées et constituent l’entrée de l’exposition.

Un mur d’images et d’archives reproduit le parcours biographique de Genet dans les services de l’Assistance, de la psychiatrie infantile, des tribunaux, de l’armée, de la justice et de la médecine militaire, des prisons et enfin, des Renseignements généraux – retraçant le mouvement qui mène Genet de l’Assistance publique aux cellules où il commence l’écriture de son œuvre.

On trouvera la toute première lettre écrite par Genet à l’Assistance publique, la trace de ses fugues et le rapport du psychiatre de la prison militaire du fort Saint Nicolas de Marseille (en face du fort Saint Jean du Mucem où se tient l’exposition) où Genet fut incarcéré puis jugé pour désertion en 1938.

Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM - vue de l'exposition - Le Journal du voleur - Ernest Pignon Ernest (Ernest PIGNON, dit), Parcours Jean Genet, 2006
Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM – vue de l’exposition – Le Journal du voleur – Ernest Pignon Ernest (Ernest PIGNON, dit), Parcours Jean Genet, 2006

Une œuvre d’Ernest Pignon-Ernest, qui a exceptionnellement accepté de venir coller à l’intérieur de l’exposition, rend hommage au Genet des premières années

Les paravents

La salle 2 est une entrée dans le théâtre de Genet à travers ce qui restera à la fois comme l’une des pièces les plus importantes de notre temps et l’un des plus grands scandales théâtraux du vingtième siècle : la création parisienne des Paravents.

Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM - vue de l'exposition - Les Paravents
Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM – vue de l’exposition – Les Paravents

Si la guerre d’Algérie, terminée depuis quatre ans seulement lorsque Roger Blin et Jean-Louis Barrault montent la pièce à l’Odéon-Théâtre de France, n’est jamais nommée, le spectacle a néanmoins été perçu comme une ode à la révolution algérienne.

Maquettes des costumes réalisées par André Acquart, photographies de la création et des manifestations monstres devant l’Odéon, témoignages filmés de Jean-Louis Barrault et de Maria Casarès, qui jouait la Mère, entourent l’une des toutes premières versions du manuscrit ainsi que les exemplaires de travail de Roger Blin et de Genet.

Les Paravents constituent l’apogée de la trajectoire théâtrale de Genet avant sa disparition et son échappée de la scène littéraire durant vingt-cinq ans.

Un captif amoureux

La troisième salle est consacrée à la dernière séquence de la vie de Genet qui va durer quinze ans : celle de son accompagnement des Black Panthers américains et surtout des Palestiniens qui fournira la matière poétique de sa dernière grande œuvre, retrouvée dans la chambre d’hôtel où Genet est mort et qui fut peut-être le plus heureux de tous ses livres, Un captif amoureux .

Les manuscrits de La Sentence et du Captif amoureux, exposés pour la première fois, ainsi que les brochures du Black Panther Party et du Groupe d’Information sur les prisons, sont encadrés par deux murs, l’un de photographies et l’autre de vidéos.

Ainsi le reportage sur les camps palestiniens de Jordanie réalisé par le photographe Bruno Barbey dans les années soixante-dix et commenté par Genet pour la revue Zoom fait face aux reportages télévisés sur les massacres des civils palestiniens à Sabra et à Chatila, à l’œuvre vidéo de Carole Roussopoulos montrant Genet lisant un texte en faveur d’Angela Davis, ainsi qu’aux témoignages de proches dont Leïla Shahid, avec qui Genet, premier témoin occidental des massacres, entra dans le camp de Chatila.

Une photographie de l’artiste Didier Morin, montrant la tombe de Genet dans le petit cimetière espagnol de Larache, au Nord du Maroc, sur le bord extérieur du monde occidental où le chantre des dernières révolutions du siècle a trouvé son ultime refuge, ferme le parcours de l’aventure Genet.

Didier Morin, La tombe de Jean Genet au cimetière de Larache, Maroc, 1988 © Didier Morin
Didier Morin, La tombe de Jean Genet au cimetière de Larache, Maroc, 1988 © Didier Morin

Un espace de projection propose enfin au visiteur l’intégralité d’un des très rares entretiens filmés que Genet ait accordés et, sans doute, le plus étonnant de tous : tourné en Grèce par Antoine Bourseiller peu avant sa mort, Genet y revient sur les grands épisodes de sa vie, sur son enfance, la colonie pénitentiaire de Mettray, sa relation à Giacometti, les Black Panthers et les Palestiniens. Il offre une forme de retour en images et en mots sur tout le parcours de l’exposition.

Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM - vue de l'exposition
Jean Genet, l’échappée belle au MuCEM – vue de l’exposition

Sur les archives de Jean Genet : interview d’Albert Dichy

 

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