Douglas Gordon « From God to Nothing » à l’École d’Architecture de Montpellier

Jusqu’au 30 septembre 2016, l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier (ENSAM) présente dans le Cube, son espace d’exposition « From God to Nothing », une installation de Douglas Gordon.

Douglas Gordon, « From god to nothing »
Douglas Gordon, From God to Nothing, 1997, installation. Collection Frac Languedoc-Roussillon. Photo Galerie M. Szwajcer. © ADAGP, Paris 2016

Cette exposition est proposée dans le cadre de Drawing room 016, le salon du dessin contemporain de Montpellier, en partenariat avec le FRAC Languedoc Roussillon.

From God to Nothing (1997) est une œuvre majeure de la collection du FRAC.

L’espace d’exposition peint en bleu est éclairé par trois ampoules placées au niveau de la tête, du cœur et du sexe. Au milieu des murs, une ligne de texte énumère une série de peur, depuis la « Peur de Dieu »… jusqu’à la « Peur du rien ».

L’installation de Douglas Gordon invite le visiteur à une réflexion sur ses pulsions, ses émotions, ses pensées… un regard sur ses peurs.

L’exposition est accompagnée d’un texte d’Emmanuel Latreille, directeur du FRAC (voir ci-dessous).

En savoir plus :
Sur le site du FRAC Languedoc Roussillon

Douglas Gordon « From God to Nothing » à l’École d’Architecture de Montpellier
Douglas Gordon « From God to Nothing » à l’École d’Architecture de Montpellier

À propos de Douglas Gordon (extrait du communiqué de presse) :

Les expositions des œuvres de Gordon, premier artiste vidéo à recevoir le Tate’s Turner Prize, illustrent la diversité et l’estime internationale accordée à son travail. De la Suède au Mexique, de Paris à New York ou Los Angeles, de Berlin à Rome, projections, photos, vidéos, performances, textes muraux traduisent la conception temporelle et spatiale de la démarche menée par un artiste qui implique et interroge sans cesse le spectateur.

Texte de présentation par Emmanuel Latreille

Douglas Gordon invente des espaces énigmatiques ouvrant sur une perception et sur une conscience qui ne se limitent pas au simple conditionnement ou à une vision manichéenne du monde. Avec From God to Nothing, l’espace d’exposition est peint en bleu, éclairé par des ampoules placées au niveau de la tête, du coeur et du sexe ; puis il est traversé en son milieu par une ligne de mots, une énumération de peurs allant de « Peur de Dieu » à « Peur de rien ».

De l’Absolu indémontrable à une formule finale qui, par son ambivalence, se retourne contre la peur elle-même, la litanie épuise le champ de réel et, en nommant toutes choses, existantes ou non, offre à l’esprit actif le levier d’une libération complète.

Si l’obscurité de l’installation contribue à installer une inquiétude initiale, en jouant naturellement sur les émotions, les mémoires et les fantasmes des spectateurs, elle finit par apparaître comme une pure convention : la présence prolongée dans le noir inverse peu à peu sa valeur anxiogène et le cliché enfantin de la nuit se résout en un espace de lecture et de méditation, faisant de l’intériorisation elle-même un processus d’éclaircissement. Autrement dit, la mise en scène sollicite d’abord l’imaginaire et son arbitraire, mais pousse ensuite, en réaction, à une prise de distance qui interroge le sens de la situation.

L’œuvre moderne est ainsi un exercice de conscientisation et de maîtrise, par le langage, des dimensions du monde. « Pour que l’art soit capable d’engendrer des ruptures, ou faire en sorte que les gens pensent plus, ou simplement pour être efficace, alors je crois qu’il faut trouver un espace pour le temps »*, dit l’artiste.

Ce temps [de l’œuvre] est celui qui permet à un individu, considéré comme un « tout » (ses pulsions -sexe ; ses émotions – cœur ; ses pensées – tête) de s’inscrire dans une autre (et pourtant même) « totalité » : celle de l’universalité du monde, qui lui est désignée à travers la particularité d’un site trois fois éclairé, comme les trois coups de bâton qui annoncent la levée de rideau sur une scène infinie, dont l’axe lumineux traverse son être singulier et l’invite à tomber en son Centre, le dégageant de toute peur.

* Douglas Gordon, interview avec Christine Van Assche, Parachute n°84, Montréal, 1997

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