4 à 4 – Philippe Pradalié, Nick Ervinck, Joël Leick et Albert Woda au Musée Paul Valéry, Sète

Pour la deuxième édition de cette manifestation biennale 4 à 4, le Musée Paul Valéry réunit à Sète, du 12 mars au 22 mai 2016, quatre artistes Philippe Pradalié, Nick Ervinck, Joël Leick et Albert Woda pour quatre expositions simultanées, chacune accompagnée d’un catalogue monographique.

Philippe Pradalié, Vue de Rome. Ombres sur les pins, Circo Massimo, 2013. Huile sur toile, 130 x 195 cm. Collection particulière. Courtesy Bernard Chauchet Contemporary Art, Londres
Philippe Pradalié, Vue de Rome. Ombres sur les pins, Circo Massimo, 2013. Huile sur toile, 130 x 195 cm. Collection particulière. Courtesy Bernard Chauchet Contemporary Art, Londres

Le dossier de presse présente 4 à 4 comme « une expérience sensible innovante ». Il poursuit en soulignant :

« Sans lien stylistique entre eux, sans rapprochement souhaité entre leurs productions, Philippe Pradalié, Nick Ervinck, Joël Leick et Albert Woda ont en commun de se confronter au temps, et d’inventer – chacun dans son langage – une relation à l’espace et aux préoccupations qu’elle engendre. Présenté dans un espace différent, chacun des 4 artistes peut ainsi mettre en lumière la cohérence de sa recherche et la lisibilité de son oeuvre. 4 à 4 offre ainsi au visiteur le choix de sa propre réflexion, de sa propre analyse, dans une expérience esthétique et sensible, unique ».

Nick Ervinck, Evoriad, 2015. Polyuréthane et polyester, 37 x 52 x 58 cm. Collection de l’artiste. ©Peter Verplancke, ADAGP Paris 2016
Nick Ervinck, Evoriad, 2015. Polyuréthane et polyester, 37 x 52 x 58 cm. Collection de l’artiste. ©Peter Verplancke, ADAGP Paris 2016

Plusieurs de ces artistes ont été exposés dans la région et au Musée Paul Valéry. Des œuvres de  Philippe Pradalié et Joël Leick sont dans les collections permanentes du musée et l’on se souvient de la présence de Joël Leick et d’Albert Woda dans la mémorable exposition Salah Stétié et les peintres que le musée avait présenté en 2013 et dans Fata Morgana. Un goût du livre pour Joël Leick. Seul, Nick Ervinck ne semble pas avoir été montré dans la région…

Joël Leick, Ysé et le paysage, 2015. Huile, crayon, photographie sur panneau en fibre de bois, 46 x 38 cm
Joël Leick, Ysé et le paysage, 2015. Huile, crayon, photographie sur panneau en fibre de bois, 46 x 38 cm

Alors que la majorité des projets curatoriaux cherchent à mettre en cohérence, en correspondance et en dialogue des œuvres autour d’un discours « original » du commissaire d’exposition, le propos de Maïthé Vallès-Bled pourrait apparaît à certains un peu comme sacrilège… Tout simplement montrer quatre itinéraires plastiques et offrir « au visiteur le choix de sa propre réflexion, de sa propre analyse, dans une expérience esthétique et sensible, unique ».

Trois accrochages conçus avec la complicité de Nick Ervinck, Joël Leick et Albert Woda et un projet programmé avec Philippe Pradalié, avant sa disparition en septembre dernier.

Une mise en lumière sobre et efficace, pas de discours, pas de textes de salle ou de cartels enrichis… Simplement des œuvres face au regardeur… à lui de construire sa propre expérience de visite !

Quatre très beaux moments !

À lire ci-dessous, une présentation des quatre artistes, extraite du dossier de presse.

Quatre catalogues monographiques,aux Editions Midi-Pyrénéennes, un pour chacun des artistes exposés, accompagnent l’exposition avec des textes de Salah Stétié et Maïthé Vallès-Bled pour Albert Woda et Joël Leick, de Freddy Decreus et Maïthé Vallès-Bled pour Nick Ervinck et de Maïthé Vallès-Bled pour Philippe Pradalié.

Albert Woda, Les Âmes errantes, l’ordinaire, 2012. Huile sur bois, 30 x 30 cm. © Marc Gourmelon ADAGP Paris 2016
Albert Woda, Les Âmes errantes, l’ordinaire, 2012. Huile sur bois, 30 x 30 cm. © Marc Gourmelon ADAGP Paris 2016

En savoir plus :
Sur le site du musée Paul Valéry
Sur les sites de Philippe Pradalié, Nick Ervinck, Joël Leick et Albert Woda

Philippe Pradalié

(Avignon, 1936 – Paris, 2015).

Philippe Pradalié est un bâtisseur d’images respectueux de l’héritage des maîtres du passé. Peu sensible aux idées des protagonistes de support-surface, il ira explorer les possibilités de la vidéo aux Etats-Unis ainsi que l’image expérimentale au Service de la recherche de l’O.R.T.F. et de l’I.N.A.
Au tournant des années 1970, le peintre participe à l’aventure de l’Atelier A de François Arnal et du critique d’art Pierre Restany, auteur du Manifeste de l’Atelier A, aux côtés d’Arman, Peter Klasen, Robert Malaval, Hervé Télémaque ou encore Jean- Pierre Raynaud.
Sans jamais s’éloigner de la figure, Pradalié trouvera auprès de Gustave Courbet et de Frédéric Bazille sa leçon de peinture, comme un legs à traduire et transmettre.
« Pour comprendre sa peinture – explique Michel Hilaire, Directeur du musée Fabre, qui lui a consacré une exposition en 2011 – il convient de revenir à ce moment précis où les peintres semblent regarder le monde pour la première fois sans arrière-pensée, littéraire ou philosophique, dans un souci constant de la seule picturalité ». Dès lors, l’ailleurs de Pradalié est partout dans un Sud, entre Rome et Sète, au détour des bois de pins du Mas rouge, près des Aresquiers, le long le canal du Midi ou sur les bords des étangs. Aucun détail n’est jamais anodin dans sa peinture, aucune verticalité ne lui échappe, aucun aplat de couleur n’est illusoire. C’est la magie du paysage, sa force, son énergie profonde et absolue que Pradalié retrouve dans ses toiles.

Nick Ervinck

Né en 1981 à Roeselare (Belgique), vit et travaille à Lichtervelde.

« … La grande fascination qu’exercent les œuvres de Nick Ervinck réside donc certainement dans l’exploration de ce « gap »,cette faille ouverte dans tant de domaines, entre les statues classiques sur leurs socles et les tsunamis numériques par exemple, entre la texture organique et l’ingéniosité virtuelle, entre le fait-main et le perfectionnement conceptuel,entre la rondeur de la sphère et l’espace dans lequel elle est créée. Une multitude de bizarreries artistiques et philosophiques parcourent son oeuvre et nous sont lancées en pleine figure…. » Freddy Decreus, professeur émérite del ’université de Gand, in De La Métamorphose de Kafka (1915) au EROMPRI de Nick Ervinck (2015) Ou la réalité dérangée. Catalogue 4 à 4, 2016.

Les formes labyrinthiques du sculpteur belge Nick Ervinck tiennent de la science-fiction. D’un jaune étincelant,d’un bleu translucide, elles inventent un monde en pleine métamorphose. A mi-chemin entre réalité et virtualité, elles s’inscrivent dans une vision et une perception organique, mouvante, instable. Totems,divinités, monstres, guerriers ou ectoplasmes, elles campent un monde hybride, fluide et nébuleux qui échapperait à la volonté de l’homme. Pour composer cette projection de l’avenir, l’artiste utilise les outils etl es techniques numériques, notamment l’impression en 3D pour matérialiser ses sculptures monumentales. Bousculant ainsi les frontières entre différents médias, donnant à la sculpture la dynamique du mouvement,Nick Ervinck explore de nouveaux territoires virtuels, utopiques, en faisant preuve d’une intuition de l’espace et du temps qui ouvre sur tous les possibles. En 2006, l’artiste reçoit le prix de la Ville de Bruxelles et le Prix des arts visuels de Flandre occidentale. En 2008,Ervinck est lauréat du Prix Fonds Rodenbach ainsi que du prix du public pour les nouveaux médias décerné parla Fondation Liedts-Meesen.

Joël Leick

Né à Thionville en 1961, vit et travaille à Paris.

« …. Joël Leick, c’est la fenêtre ouverte qu’il privilégie : ouverte sur les éléments du monde, quels qu’ils soient et quelle que soit la technique choisie pour les appréhender et les distribuer sur leur support. Les éléments sont nombreux : forme pleine, libre ligne délimitant l’espace et le divisant, travail au pinceau, recours à la pointe sèche ainsi qu’appel à la matière constitutive du support transformée elle aussi en élément actif : bois, papier collé, ardoise, document détourné, monotype… ; ou encore multiplication des techniques employées, abstraction ici, figuration là, flirt audacieux avec le cliché photographique, coulages, collages, etc…. ». Salah Stétié in Joël Leick à sa fenêtre, catalogue 4 à 4, 2016

En passionné du livre, investi auprès d’éditeurs bibliophiles (Æncrages and Co, Dumerchez, Books and Things, La Dragonne, La main courante…) ou encore Fata Morgana, qui a fait à Sète l’objet d’une exposition en 2015, Joël Leick est un défricheur d’analogies et de correspondances, inventeur et révélateur d’évidences cachées. Peintre, photographe et poète, l’artiste mêle, assemble, confronte et associe, suscitant entre les éléments plastiques qu’il met en jeu, un dialogue, un discours, la proposition d’une autre réalité sensible. Ses oeuvres – toiles, photographies, livres, estampes – mettent en relation graphisme, peinture, images et mots, suggérant une esthétique du collage, du fragment, ouvrant l’oeil et l’esprit à l’incertitude. Dans son trait, le réel s’estompe et disparaît pour ne laisser qu’une trace, qu’une strate ouvrant les possibles. Joël Leick met la réalité en abîme ouvrant cette fenêtre que décrit Salah Stétié, qui pour le poète, habite l’oeuvre du plasticien et « fait respirer tous les pores de l’imagination ».

Albert Woda

Né en 1955 à Nice, vit et travaille à Reynes (Pyrénées Orientales).


Il consacre son temps à la peinture, au dessin, à la gravure, en particulier la manière noire et à la céramique.

« … Albert interroge l’univers avec tendresse, avec affection, et de l’univers, ainsi que l’avaient fait bien avant lui les peintres du paysage hollandais au XVIIe siècle, il reçoit, comme un échange de solitude, une réponse en forme de mystère…. » Salah Stétié in Woda d’eau sombre, catalogue 4 à 4, 2016.

Le miraculeux mystère de la nature, de l’univers et de la vie s’impriment sur les toiles, dessins et gravures d’Albert Woda. Formé à la villa Arson, l’artiste embrasse les douceurs et beautés du monde, leur fragilité, leur rugosité mouvante et leur irréductible force vitale. D’origine polonaise, méditerranéen d’adoption, Woda élève son regard au-dessus des plaines, des flots et des horizons. Captant un ciel dans le flux d’une onde, comme un poète, d’un mot, éternise un instant, Woda figure un temps éphémère et souverain. Sa représentation, pourtant figurative, peuplée de nuages aux couleurs changeantes, donne au réel, soudain rendu abstrait, une valeur de symbole. Car, pour Woda, poésie et peinture ne font qu’un. En témoignent ses nombreux livres d’artistes réalisés en complicité avec les poètes Salah Stétié, Stephen Romer, Luis Mizon, des ou écrivains tels Jacques Lacarrière ou encore Frank Lalou. Chaque ouvrage devient alors une étape dans l’inlassable cheminement d’un artiste qui tend à une quête aussi évidente qu’absolue, aussi simple qu’universelle, portant en elle les grandes interrogations humaines que formulent les poètes comme les philosophes, de Federico García Lorca à Lao Tseu.

 

 

 

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