Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

Jusqu’au 23 décembre 2016, La Panacée présente à Montpellier « Résonances magnétiques », une surprenante exposition des artistes australiens Joyce Hinterding et David Haines.

« Résonances magnétiques » multiplie les installations immersives et/ou interactives qui sollicitent les sens du visiteur et exigent son engagement et sa participation. Ici, il n’est pas interdit de toucher… parfois, l’interaction avec l’œuvre en modifie l’aspect, créant ce que les artistes appellent « une interactivité de conséquences qui persiste dans l’œuvre et évolue avec elle ».

Cette sollicitation des visiteurs donne à l’exposition un caractère très particulier qui en marque à la fois l’originalité et la force. Mais le projet de Hinterding et Haines ne se limite pas à une suite de stimulations sensorielles du public. « Résonances magnétiques » interroge aussi sur l’environnement énergétique qui nous entoure et plus particulièrement sur l’énergie associée aux ondes électromagnétiques.

Un catalogue d’une centaine de pages, disponible gratuitement, décrit avec précision et simplicité la vingtaine d’œuvres qui jalonnent le parcours de l’exposition. Deux textes très intéressants le complètent :
resonances-magnetiques-afficheDans un entretien avec Franck Bauchard, Hinterding et Haines expliquent leur intérêt pour « l’esthétisation de l’observation de l’énergie » et leurs démarches artistiques.
Douglas Kahn signe un essai « Haines & Hinterding, la foudre expliquée » (publié originellement dans catalogue de leur exposition au Museum of Contempoary Art de Sydney, en 2015) qui met en perspective le travail des deux artistes, convoquant avec brio et pertinence, Duchamp, Breton, la foudre, l’ozone, Reich ou Freud…

Pendant la visite, ou avant de revenir voir l’exposition, la lecture de ces deux articles permet de comprendre la démarche artistique de Joyce Hinterding et David Haines.
L’équipe de La Panacée doit être remerciée pour la production d’un tel ouvrage et la Ville de Montpellier pour sa distribution gratuite au public…

Franck Bauchard, qui signe ici son dernier commissariat pour La Panacée, nous avait fait découvrir ces deux artistes, en 2014, à l’occasion des « Dernières nouvelles de l’Éther ». Ils y avaient présenté « Two Works for Wilhelm Reich », une installation pour le moins étonnante.

Il faut donc voir et revoir cette exposition unique qui entremêle art, science, histoire, nature et société, fiction, réalisme et projections imaginaires… et qui sollicite tous nos sens.

À lire ci-dessous, un compte rendu de visite, accompagné de plusieurs extraits du catalogue et quelques éléments biographiques à propos de Joyce Hinterding et David Haines.

En savoir plus :
Sur le site de La Panacée
Sur la page Facebook de La Panacée
Sur le site de Hinterding et Haines

Parcours de l’exposition « Résonances magnétiques » :

Comme pour « Terminal P », la visite commence par le vaste espace à droite du patio.

Aeriology

L’installation « Aeriology » (1995-2015) de Joyce Hinterding attire immédiatement l’œil du visiteur. Le miroitement de la lumière sur les 15 à 20 km de câble de cuivre enroulé autour de deux colonnes intrigue et hypnotise. Ses « transperences » donnent aux silhouettes qui passent derrière l’installation un aspect irréel. Le casque audio qui équipe cette vaste antenne permet de découvrir l’environnement électromagnétique qui nous entoure : les champs magnétiques produits par le câblage électrique et les équipements électroniques de la salle, les ondes radio du bâtiment, des réseaux de la ville… du soleil, ou d’autres étoiles de la galaxie.

Geology

C’est sans aucun doute « Geology » (2015) de David Haines & Joyce Hinterding qui capte l’attention du public… et il faut bien admettre qu’il y a de quoi !
L’Installation immersive, produite par le Musée d’Art Contemporain de Sydney et la Christchurch Art Gallery met en œuvre un environnement 3D, vidéo projeté sur une très large cimaise. Un capteur de mouvement et un logiciel de jeu permettent au visiteur d’explorer les trois niveaux d’un monde virtuel. Les artistes décrivent « Geology » comme une « géographie spéculative dans laquelle l’imaginaire est placé sur le même niveau que l’information d’une réalité quotidienne ». Le catalogue souligne que l’installation a été « inspiré[e] par un voyage de recherche qu’ils ont fait à la galerie Christchurch Art en Nouvelle-Zélande, grandement endommagée par un tremblement de terre en 2011 ».
C’est sans conteste un moment fort dans le parcours de l’exposition qui accroche les visiteurs/joueurs…

Dirty Drawings, Electrostatic compositions et House II

Moins spectaculaires, les autres œuvres de la salle sont aussi très intéressantes.
Les deux séries de « Dirty Drawings » montrent les traces laissées lors d’expositions par les utilisateurs d’une installation de dessins à induction. On découvrira un peu plus tard ce type de dispositif, dans la coursive qui entoure le patio. Ces dessins illustrent de ce que les artistes définissent comme « une interactivité de conséquences qui persiste dans l’œuvre et évolue avec elle ».

« Electrostatic composition for Carbon Black » et « Electrostatic composition for Carbon Black and Alizarine Yellow » (2012) comme la vidéo « House II: The Great Artesian Basin Pennsylvania » (2003), discrètement projetée sur le montant d’une ouverture, sont plus énigmatiques…

David Haines & Joyce Hinterding, « Electrostatic composition for Carbon Black, 2012. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines & Joyce Hinterding, « Electrostatic composition for Carbon Black, 2012. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

« Carbon Black » et « Carbon Black et Alizarine Yellow » sont des compositions électrostatiques. Les deux artistes précisent à leur propos : « Ces œuvres montrent les schémas suivis par les pigments pris en sandwich entre des plaques de polycarbonate chargé d’électricité. On peut voir les schémas qui se forment, des modèles dendritiques qui montrent la longueur d’onde de la charge électromagnétique quand elle interagit avec le pigment carbone.
Le carbone est un élément crucial de toute forme de vie, car il est le deuxième élément le plus important du corps humain et, par sa masse, le constituant le plus abondant de toutes les principales molécules qui composent les organismes »… Volonté disent les artistes de « créer une relation intime avec le carbone, à une époque où le carbone et l’énergie semblent dominer nos vies d’une manière abstraite ».

David Haines & Joyce Hinterding, House II: The Great Artesian Basin Pennsylvania, 2003. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines & Joyce Hinterding, House II: The Great Artesian Basin Pennsylvania, 2003. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

Sur la maison de « House II: The Great Artesian Basin Pennsylvania », Douglas Hahn nous en apprend un peu plus : « (…) La maison modelée dans l’œuvre a été trouvée sur Petroleum Street, ainsi baptisée pour sa proximité avec Oil Creek, qui coule entre Titusville et Oil City. En langage sénéca, bien avant que le puits qui a baptisé le secteur pétrolier aux États-Unis n’ait été construit, le ruisseau portait probablement un nom différent. Dans House II, la maison a été ressuscitée pour servir de réparation mythique au siège d’une catastrophe, une purification par l’inondation à l’heure où les nappes phréatiques sont fracturées et où le niveau de la mer monte… »

Day and Night et Sound Ship (descender 1)

Au-delà de la cimaise où sont projetées les images de « Geology », deux espaces accueillent des installations en double projection.

David Haines, Day and Night, 2015. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines, Day and Night, 2015. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

La première, « Day and Night » (2015) de David Haines, montre une falaise baignée par la lumière d’une fin d’après-midi ou l’on finit par percevoir l’ombre minuscule d’un homme qui semble indécis pour la suite de son escalade… Sur le deuxième écran, on voit des images vertigineuses de nuages effrayants… À propos de cette œuvre énigmatique, les anglophones trouveront, sur le site des artistes, un texte qui convoque Michel Foucault, Jacques Derrida et Thomas l’Obscur de Maurice Blanchot.

David Haines & Joyce Hinterding, Sound Ship (descender 1), 2016. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines & Joyce Hinterding, Sound Ship (descender 1), 2016. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

La deuxième installation « Sound Ship (descender 1) » (2016) de David Haines & Joyce Hinterding relate la montée puis la chute d’un ballon, gonflé à l’hélium et équipé d’instruments à vent, qu’ils ont envoyé jusqu’à 33 km d’altitude, avant qu’il n’éclate sous l’effet d’une pression nulle.

Sur les murs de ces premiers espaces, on remarque plusieurs œuvres graphiques dont les six images de « Daylight Constellation » (2014), la cartographie 3D imaginaire de « Noumenon Ranges » (2013) et une étrange série d’images numériques produites à partir de plaques gravées…

Les installations « sonores » et interactives de Joyce Hinterding

Les coursives qui entourent le patio exposent des œuvres « sonores » et interactives de Joyce Hinterding. On y découvre successivement « Topographic Oscillator 1 et 2 Lat-34.0 Long+150.2 », « Aura Series » (2009-2016) et « Square Logarithmic VLF Loop (Energy Scavenging Antennas) » (2016). Toutes des installations sont composées de graphite, d’une table de mixage et d’un casque audio. Les dessins au graphite reproduisent des plans topographiques, des structures algorithmiques de la nature ou la spirale des nombres premiers…
L’artiste utilise les qualités conductrices de ses dessins et du corps du visiteur. Elle lui propose une expérience inattendue : jouer les œuvres comme des instruments de musique, en produisant des sons selon la pression et le mouvement…

Dans l’entretien avec Franck Bauchard, elle confie : « Formée à l’origine comme orfèvre, je m’intéresse aux matériaux, à leur dureté, leur conductivité, leur capacité à se réfracter et leurs propriétés électriques. J’ai toujours aimé dessiner et j’ai très vite découvert les propriétés électriques du graphite et sa capacité à être à la fois un conducteur et une résistance.
(…) Les dessins au graphite sur le mur et le papier fonctionnent avant tout comme des antennes, qui renvoient l’environnement électromagnétique ambiant. Étant donné que le graphite est dépourvu de fixateur, les dessins sont instables et fonctionnent dans une certaine mesure comme des circuits ouverts. Lorsqu’on les touche, le volume du son augmente. Ce changement de volume semble être le reflet de l’énergie électrodermale ou une fluctuation imputable à la réponse galvanique de la peau. En conséquence, les gens ont des effets légèrement différents sur les dessins quand ils les touchent ou s’en approchent. En général, c’est le volume plutôt que la tonalité qui évolue, mais cette hausse du volume ouvre le son, de sorte que vous percevez mieux les nuances et l’harmonie des champs locaux.
Cette interaction avec les dessins change l’œuvre, étale et imprime des marques sur la surface, ce qui rompt avec une convention fondamentale de l’art, l’interdiction de toucher ».

Carbon Copy Reactors, Wollemi Kirlians et Slow Fast Mountains (earth aroma)

Une petite salle rassemble plusieurs œuvres des deux artistes :

David Haines, Slow Fast Mountains (earth aroma) et The Wollemi Kirlians, 2014. 24 photographies électrostatiques 40x27cm. Photo Olivier Cablat
David Haines, Slow Fast Mountains (earth aroma) et The Wollemi Kirlians, 2014. 24 photographies électrostatiques
40x27cm. Photo Olivier Cablat

« Carbon Copy Reactors 1 & 2 » (2015) de Joyce Hinterding. Elle en explique ainsi la réalisation : « The Carbon Copy Reactors utilise le carbone électrostatique extrait des photocopieurs pour produire des images qui sont le fruit d’un environnement réactif à l’électrostatique. Mais, au contraire du processus sec de la xérographie, ces œuvres ont été réalisées en plaçant du carbone électrostatique dans l’eau, dans une sorte d’Ebru maison – papier marbré turc obtenu selon des procédures ancestrales, où la surface de l’eau est imprimée sur un papier de taille irrégulière. (…) Les schémas qui émergent à la surface de l’eau sont une réminiscence de fractales et d’algorithmes, mais produisent naturellement des chaînes cellulaires et carbones qui réagissent aux charges électrostatiques. Une fois cette chimie dissoute dans l’eau, une gamme de schémas fantastiques et de boucles dynamiques commence à apparaître, qui révèle les structures de dissipation et les systèmes stochastiques ».

Joyce Hinterding,  Carbon Copy Reactors 1 & 2, 2015. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
Joyce Hinterding,  Carbon Copy Reactors 1 & 2, 2015. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

« The Wollemi Kirlians », 2014 de David Haines est une fascinante série de 24 photographies électrostatiques de plantes prélevées dans le Parc National Wollemi. Douglas Kahn raconte comment Haines produit ces images dans son laboratoire : « Haines s’appuie sur l’ozone des hautes tensions pour créer des images électrostatiques de plantes. Celles-ci, originaires du Wollemi National Park, poussent sous l’éclat photosynthétique diurne du soleil, mais, dans cet espace assombri, elles rencontrent la lumière terrestre de la haute tension. Comme si l’éclair avait échoué en elle, elles se tiennent tranquilles, stupéfaites, attendant qu’on peigne leur portrait tandis que ce qui les a jadis animées s’étiole délicatement. Les feuilles, les branches, les pétales et le pollen deviennent ainsi des signes éclatants d’eux-mêmes, exposant une beauté morbide amplifiée par leur dernière étincelle de vie ».

David Haines, The Wollemi Kirlians, 2014 (détail). Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines, The Wollemi Kirlians, 2014 (détail). Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

Pour « Slow Fast Mountains (earth aroma) », 2014, David Haines a imprégné de géosmine, de pyrazine et de vétiver des morceaux de charbon ramassés sur une route au bord du Wollemi National Park dans les Blue Mountains. En créant cette odeur de la Terre, Haines veut évoquer les millions d’années d’énergie solaire stockée dans les combustibles fossiles, le temps géologique (Slow)… qu’il oppose aux quelques centaines d’années d’exploitation minière du temps économique (Fast)…

David Haines, Slow Fast Mountains (earth aroma), 2014. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines, Slow Fast Mountains (earth aroma), 2014. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

Purple Rain

Une salle complète est consacrée à « Purple Rain » (2004), une installation immersive importante dans la collaboration de David Haines et Joyce Hinterding.

L’œuvre est intrigante et pas très facile à comprendre… Douglas Kahn en fait la description suivante :
« Purple Rain présente l’image d’énergies en lutte : ici, des signaux télévisés jaillissent dans la maison, au lieu d’en ressortir, et déclenchent des avalanches en série, ou inversement. L’énergie potentielle du poids de la neige sur une pente, les températures qui l’ont maintenue en place et qui doucement se réchauffent, déterminent les conditions d’un glissement anodin qui finit par engendrer la totalité de l’avalanche. On considère en général qu’il suffit de peu, d’une branche qui casse ou d’une toux intempestive pour insuffler à la montagne la pichenette sonore nécessaire afin qu’elle se mette en branle. Mais ici Haines et Hinterding en appellent à la puissance invisible des signaux de télévision. La technologie a évolué depuis que l’œuvre a été conçue : les interférences et la mauvaise qualité de réception des signaux analogiques avaient pour habitude de créer de la neige sur l’écran, tandis que désormais les images sont plus susceptibles de geler ou de se figer numériquement à l’état statique. La structure et la puissance de la force idéologique restent toutefois intactes, à l’heure pour les émissions centralisées de se déverser depuis des antennes situées bien au-dessus des espaces urbains, en déployant des masses désordonnées d’énergie dans le but d’inscrire ces images sur écran, sur rétine et autres réseaux sociaux ».

L’avant-dernier espace regroupe plusieurs œuvres dont une série de 12 images du soleil, « Transmission to the sun » (2016) et plusieurs pièces récentes qui associent images du cosmos à des parfums : « Time Machine 01 », « Time Machine 02 », « Ozone Carbone Scatter » et « Ionisation ».
Depuis 2003, Haines travail sur les arômes. On retrouve cet intérêt dans l’installation qui clôture le parcours de « Résonances magnétiques ».

EarthStar

« EarthStar » (2008) est une installation complexe et mystérieuse de David Haines et Joyce Hinterding qui combine les matériaux suivants : Projection video HD, son, antenne VLF, graphite, polyéthylène enduit fil de cuivre, table de mixage, haut-parleurs et parfum d’ozone.

David Haines et Joyce Hinterding, EarthStar, 2008. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier
David Haines et Joyce Hinterding, EarthStar, 2008. Résonances magnétiques à La Panacée, Montpellier

Une fois encore, on fait appel au texte de Douglas Kahn pour la décrypter :
« Dans Earthstar, l’activité du soleil rencontre les sons VLF et l’odeur de l’ozone. Les longueurs de fils de cuivre enveloppées autour de tiges carbone résonnent des couleurs du soleil, articulées autour du rouge de l’hydrogène. En parallèle, les fils de cuivre conduisent les énergies, qui sont des sons modelés par les vents solaires et la combustion de l’ancienne lumière du soleil – cuivre, charbon et hydrogène résonnent alors poétiquement au présent dans l’olfaction vibratoire des molécules qui se souviennent mieux de nos souvenirs que nous. Le craquement des braises de VLF rend les lueurs solaires aussi intimes que tous les climats qui gravitent autour de la Terre, en inversant et en faisant fluctuer les échelles que le mouvement de l’énergie permet. L’art de Haines et de Hinterding ne se contente donc pas de « regarder la vision », il porte sur une gamme de fréquences et d’éléments fondamentaux à l’aide de la lumière solaire et terrestre que nous voyons, entendons et sentons. Earthstar est ainsi une réflexion apaisée sur ce que font ces deux artistes. L’œuvre s’apparente à un endroit accueillant qui invite à s’y arrêter un instant, même si les énergies continuent de travailler et de se mouvoir, de même que leur art continue de se développer ».

À propos de Joyce Hinterding et David Haines

David Haines

Né en 1966 (Grande-Bretagne). Vit et travaille dans les Blue Mountains, Australie

Expositions récentes :
2016
– Nice to be in Orbit, Trondheim Art Museum, Norvège
– Hot Electrons, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
– Gravity and Wonder, Lewers Bequest and Penrith Regional Gallery, Sydney, Australie
– Temple of Light, Leura, Australie
– Cosmos, Daejong Art Museum, Corée du Sud
– Wrap Around Time, Nam June Paik Art Centre, Seoul, Corée du Sud
2015
– Energies: Haines & Hinterding, Museum of Contemporary Art, Sydney, Australie
– Nature-Revelation, The Ian Potter Museum of Art, Melbourne, Australie
– Black Canyons, Cambelltown Arts Centre, Australie
– The Alchemists, The Australian Centre for Photography, Sydney, Australie
– Alien Metaphysics, Blue Mountains Cultural Centre, Australie
– Hot House, Lewers Bequest and Penrith Regional Gallery, Australie
– Everything and Nothing, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
2014
– Dernières Nouvelles de l’Ether, La Panacée, Montpellier, France
– Carbon Black Jurassic, RoelKapje, Rotterdam, Pays-Bas.
– Black Modular (first edition) Curator, MAP-Projects Blue Mountains, Australie
– The Wollemi Kirlian’s and Slow Fast Mountains (Earth Aroma) 2014,
– Kuandu Biennale, Kuandu Museum of Fine Arts, Taipei, Taiwan
– Alien Metaphysics, Blue Mountains Cultural Centre, Australie

Joyce Hinterding

Née en 1958 à Melbourne (Australie). Vit et travaille
dans les Blue Mountains, Australie

Expositions récentes :
2016
– Nice to be in Orbit, Trondheim Art Museum, Norvège
– Hot Electrons, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
– Gravity and Wonder, Lewers Bequest and Penrith Regional Gallery,
Sydney, Australie
– Temple of Light, Leura, Australie
– Cosmos, Daejong Art Museum, Corée du Sud
– Wrap Around Time, Nam June Paik Art Centre, Seoul, Corée du Sud
2015
– Energies: Haines & Hinterding. Museum of Contemporary Art, Sydney, Australie
– The Alchemists, The Australian Centre for Photography, Sydney, Australie
– Black Canyons, Campbelltown Arts Centre, Sydney, with David Haines, Michael Morley, Australie
– Everything and Nothing, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
– Alien Metaphysics, Outer Space, Casula Powerhouse, Sydney, Australie
2014
– Dernières Nouvelles de l’Ether, La Panacée, Montpellier, France
– Alien Metaphysics, desire, Blue Mountains Cultural Center, Katoomba, Australie
– Carbon Black Jurassic, RoodKapje, Rotterdam, Pays-Bas
– Trace: Performance and its Documents, GOMA – Gallery of Modern Art, Queensland Art Gallery Brisbane, Australie
– Objects & Energies: Joyce Hinterding, Agnes Martin, Linda Matalon, NAS, the National Art School Gallery, Sydney, Australie

L’art de David Haines et Joyce Hinterding est caractérisé par son ouverture aux forces invisibles qui traversent l’expérience humaine. Ondes radio très basses fréquences, signaux télévisés, événements paranormaux, transmissions satellites et énergies psychiques sont tous présents au sein de leurs œuvres, afin de mieux convoquer ces domaines cachés, nous les rendre sensibles. En utilisant des médias traditionnels et expérimentaux, ils engagent un dialogue artistique avec les sciences, interférant avec des territoires tels que l’électronique, la recherche solaire, la géologie, la chimie olfactive et la physique en haut énergie. Les questions esthétiques et métaphysiques sont d’égale importance dans leur travail qui traverse également les domaines du spéculatif et de l’ésotérique, tel que l’énergie orgon de Reich ou les photographies spirites de Kirlian.
Ce qui caractérise leur travail en collaboration pourrait être une sorte de science-fiction multi sensorielle dans laquelle phénomènes réels et royaumes imaginaires s’interpénètrent, stimulant des expériences étrangères aussi bien au monde des sciences qu’à celui des arts visuels.
La pratique de Haines et Hinterding, en plongeant dans les mystères du surnaturel, et en invoquant la puissance sensible des ondes électromagnétiques – la lumière, l’odeur, le son et la vibration – nous encourage à nous émerveiller de l’univers, et aussi à ré-imaginer notre monde comme un lieu bruissant d’énergies invisibles, de curiosités et de sensations.
Nous vous invitons à pénétrer ce monde au travers de quelques œuvres particulièrement significatives.

Présentation de « Résonances magnétiques » :

Résonances magnétiques est une exposition consacrée aux artistes australiens Joyce Hinterding et David Haines qui présente à la fois des œuvres individuelles et des collaborations de ces deux artistes.

Après avoir été créatrice de bijoux, Joyce Hinterding réalise notamment des dessins en graphite et des sculptures en métaux conducteurs qui captent les forces électromagnétiques ambiantes ; David Haines, lui, débute dans la peinture abstraite, puis se tourne vers la vidéo, l’installation et plus récemment la création de parfums. Leurs parcours s’entrecroisent à la faveur d’œuvres réalisées en collaboration. Ils ont fait l’objet d’une importante rétrospective au Musée d’Art Contemporain de Sydney en 2015.

Dans leur travail, le roc, la plante, les ondes électromagnétiques artificielles, ou l’ionosphère sont saisis dans une chaîne de perception et d’intelligibilité produisant un imaginaire contemporain des relations entre nature, technologies et société. Avec le développement des technologies de la communication à distance ces dernières années, nous vivons dans une bulle électromagnétique où l’atmosphère et l’infosphère se confondent. Résonances magnétiques interroge pour partie cette dimension de notre monde qui n’est pas accessible à nos sens.

Si Joyce Hinterding et David Haines jouent avec des concepts, des processus ou des instruments scientifiques, détournent des technologies, ou encore se saisissent de divers environnements c’est toujours pour ressaisir le monde à travers le cristal ou l’éclair de l’image poétique. C’est pour nous inviter à parcourir en tous sens, et avec tous les sens, ces « zones ultra sensibles de la terre » évoquées par André Breton.

L’ensemble des sens du visiteur sont sollicités. L’exposition est conçue d’une certaine manière comme un projet sur le sensorium du spectateur, sollicitant tout le spectre de notre sensibilité. Nous sommes ainsi invités à entrer en résonance avec un univers ultra-sensible, mais aussi mental, déplaçant l’environnement dans lequel les artistes travaillent en Australie dans l’architecture et le contexte de La Panacée.

À propos de Joyce Hinterding et David Haines

David Haines

Né en 1966 (Grande-Bretagne). Vit et travaille dans les Blue Mountains, Australie

Expositions récentes :
2016
– Nice to be in Orbit, Trondheim Art Museum, Norvège
– Hot Electrons, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
– Gravity and Wonder, Lewers Bequest and Penrith Regional Gallery, Sydney, Australie
– Temple of Light, Leura, Australie
– Cosmos, Daejong Art Museum, Corée du Sud
– Wrap Around Time, Nam June Paik Art Centre, Seoul, Corée du Sud
2015
– Energies: Haines & Hinterding, Museum of Contemporary Art, Sydney, Australie
– Nature-Revelation, The Ian Potter Museum of Art, Melbourne, Australie
– Black Canyons, Cambelltown Arts Centre, Australie
– The Alchemists, The Australian Centre for Photography, Sydney, Australie
– Alien Metaphysics, Blue Mountains Cultural Centre, Australie
– Hot House, Lewers Bequest and Penrith Regional Gallery, Australie
– Everything and Nothing, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
2014
– Dernières Nouvelles de l’Ether, La Panacée, Montpellier, France
– Carbon Black Jurassic, RoelKapje, Rotterdam, Pays-Bas.
– Black Modular (first edition) Curator, MAP-Projects Blue Mountains, Australie
– The Wollemi Kirlian’s and Slow Fast Mountains (Earth Aroma) 2014,
– Kuandu Biennale, Kuandu Museum of Fine Arts, Taipei, Taiwan
– Alien Metaphysics, Blue Mountains Cultural Centre, Australie

Joyce Hinterding

Née en 1958 à Melbourne (Australie). Vit et travaille
dans les Blue Mountains, Australie

Expositions récentes :
2016
– Nice to be in Orbit, Trondheim Art Museum, Norvège
– Hot Electrons, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
– Gravity and Wonder, Lewers Bequest and Penrith Regional Gallery,
Sydney, Australie
– Temple of Light, Leura, Australie
– Cosmos, Daejong Art Museum, Corée du Sud
– Wrap Around Time, Nam June Paik Art Centre, Seoul, Corée du Sud
2015
– Energies: Haines & Hinterding. Museum of Contemporary Art, Sydney, Australie
– The Alchemists, The Australian Centre for Photography, Sydney, Australie
– Black Canyons, Campbelltown Arts Centre, Sydney, with David Haines, Michael Morley, Australie
– Everything and Nothing, Sarah Cottier Gallery, Sydney, Australie
– Alien Metaphysics, Outer Space, Casula Powerhouse, Sydney, Australie
2014
– Dernières Nouvelles de l’Ether, La Panacée, Montpellier, France
– Alien Metaphysics, desire, Blue Mountains Cultural Center, Katoomba, Australie
– Carbon Black Jurassic, RoodKapje, Rotterdam, Pays-Bas
– Trace: Performance and its Documents, GOMA – Gallery of Modern Art, Queensland Art Gallery Brisbane, Australie
– Objects & Energies: Joyce Hinterding, Agnes Martin, Linda Matalon, NAS, the National Art School Gallery, Sydney, Australie

L’art de David Haines et Joyce Hinterding est caractérisé par son ouverture aux forces invisibles qui traversent l’expérience humaine. Ondes radio très basses fréquences, signaux télévisés, événements paranormaux, transmissions satellites et énergies psychiques sont tous présents au sein de leurs œuvres, afin de mieux convoquer ces domaines cachés, nous les rendre sensibles. En utilisant des médias traditionnels et expérimentaux, ils engagent un dialogue artistique avec les sciences, interférant avec des territoires tels que l’électronique, la recherche solaire, la géologie, la chimie olfactive et la physique en haut énergie. Les questions esthétiques et métaphysiques sont d’égale importance dans leur travail qui traverse également les domaines du spéculatif et de l’ésotérique, tel que l’énergie orgon de Reich ou les photographies spirites de Kirlian.
Ce qui caractérise leur travail en collaboration pourrait être une sorte de science-fiction multi sensorielle dans laquelle phénomènes réels et royaumes imaginaires s’interpénètrent, stimulant des expériences étrangères aussi bien au monde des sciences qu’à celui des arts visuels.
La pratique de Haines et Hinterding, en plongeant dans les mystères du surnaturel, et en invoquant la puissance sensible des ondes électromagnétiques – la lumière, l’odeur, le son et la vibration – nous encourage à nous émerveiller de l’univers, et aussi à ré-imaginer notre monde comme un lieu bruissant d’énergies invisibles, de curiosités et de sensations.
Nous vous invitons à pénétrer ce monde au travers de quelques œuvres particulièrement significatives.

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