Du 23 mars au 4 avril 2026, Gilles Barbier, très présent ce printemps à Marseille, propose « Une rencontre inattendue » dans l’espace resserré de la Galerie du Tableau. Il y présente un ensemble de dessins issus d’un corpus en partie montré dans l’exposition « Depuis sous la Terre jusqu’au ciel », à la fin de l’année 2024, au centre d’art Polaris à Istres. Ces feuilles sont accompagnées d’une courte série réalisée en 1997, restée jusqu’ici dans ses réserves et jamais exposée.

À l’occasion de cet accrochage chez Bernard Plasse, Jérémy Chabaud a écrit ce texte que l’on évitera de paraphraser.
« Il y a des parcours et des œuvres qui se construisent en générosité. Entre recherches exigeantes et sérendipité Gilles Barbier explore, approfondi et répète inlassablement ses obsessions. Il a la capacité d’évoluer des quelques notes d’une esquisse posée sur le papier, à une symphonie nécessitant plus d’effets, jusqu’à embrasser un opéra gargantuesque de matières et de complexité. Pour autant, il n’oublie pas de rester à l’affût de ce qui peut le faire rebondir, dériver et inspirer son regard, ses doutes et sa dextérité. Des naufrages, des mouches, des symboles, des baleines, des ovnis, des flèches japonaises, des mots, de la barbaque, des arcs-en-ciel, Gilles Barbier fait feu de tout bois. Ses dessins préparatoires portent en eux l’avenir de chaos, d’énergies, de fracas, d’impasses, de surprises et de connexions que les peintures, les sculptures et les installations déploieront dans leurs subtilités de matières, de transparences, de dynamiques de composition et de relation à l’espace.


Gilles Barbier – Le vent se lève et Une si courte vie. Dessins préparatoires pour Naufrages, 2024. Encre sur papier. 29 x 42 cm
Le dessin pour lui n’est pas une posture à la mode commercialement accessible à des « collectionneurs ». Ce sont ici l’amateur, l’amoureux, le fou, le désespéré, l’aventureux, le perdu, le curieux qui sont convoqués. Les dessins forment un corpus qui ouvre des horizons et balise des interrogations. Ils déroulent le flot d’une pensée prospective sans distinguer le savoir-faire du raté, dans une tentative d’épuisement. Une rencontre inattendue, porte en elle des émotions contradictoires.


Gilles Barbier – Le Livre des Naufrages, 2022. Carnet de croquis. Page 3 et 53
Les naufrages, l’humain, la chair, l’esprit, l’oiseau, la mer, le petit espace de la Galerie du Tableau se feront l’écho de ses dérives comme un message d’amitié de Gilles Barbier aux imaginations de Bernard Plasse fondateur de la Galerie du Tableau. Leur nouvelle rencontre impromptue s’amuse de l’éternité ».
Jérémy Chabaud, mars 2026.
Chronique éventuelle après un incertain passage par la Galerie du Tableau.
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