mercredi 14 avril 2021

Requiem pour un centaure – Exposition des diplômés de MO.CO. Esba

Du 26 septembre au 1er octobre 2020, le MO.CO. Esba présente « Requiem pour un centaure », une exposition des diplômés de l’École supérieure des beaux-arts de Montpellier.

Sous le commissariat de Céline Kopp, « Requiem pour un centaure » rassemble les propositions de 18 jeunes artistes : Baptiste Aimé, Philip Berg, Valentine Delaunay,  Baptiste Eybert,  Mathilde Eyraud,  Lucas Ferron,  Malo Gagliardini, Joachim Garcia, Charlotte Garrick , Olivia Hespel-Obregon, Sam Krack, Peter Lokos, Anastasie Lorre, Nesrine Miloudi, Aurore Murcia-Maquenhen,Timothée Pellissier, Pauline Rosen-Cros, Morgan Vallé.

Dans une exposition buissonnante, sous l’impulsion de la commissaire avec laquelle ils ont travaillé cette année, les propositions artistiques envahissent sans complexes l’ensemble des locaux de l’école…

Ce « Requiem pour un centaure » est une vigoureuse illustration de l’écosystème que Nicolas Bourriaud et son équipe mettent en place depuis plusieurs mois… Espérons que l’expérience puisse se poursuivre et que la nouvelle direction municipale ne développe pas une politique culturelle bêtement revancharde.

À lire ci-dessous le texte de présentation de « Requiem pour un centaure ».

En savoir plus :
Sur le site du MO.CO. Montpellier Contemporain
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« Requiem pour un centaure »

Requiem pour un centaure est une exposition marquée par le désir d’être ensemble. Au moment où de nombreuses écoles d’art européennes se tournaient vers l’attribution des diplômes d’office ou l’organisation de formats digitaux, les étudiant.e.s et les équipes du MO.CO. Esba ont vu l’occasion de proposer une expérience différente, mémorable, rompant avec les derniers formalismes hérités du prix de Rome. L’exposition rassemble ainsi 18 jeunes artistes candidat·e·s au diplôme de DNSEP (Diplôme national supérieur d’expression plastique) qui se présentent aux publics, et à leur jury, dans le cadre d’un projet collectif. Ils et elles ont décidé d’occuper leur école et de rebattre les cartes des règles et des logiques d’espace pour présenter une exposition conçue selon leurs propres termes. Elle se nourrit des conversations menées tout au long de l’année sur les rapports d’autorité, l’importance du plaisir, et les espaces où réagir et écouter. La proposition résulte d’un questionnement sur la façon d’être ensemble, de s’organiser et situe l’individu et le groupe dans sa responsabilité – ou son envie – d’agir pour et avec l’art dans le monde à venir. C’est une invitation au partage, et à la célébration d’un passage, qui dérange les traditions pour affirmer une capacité à s’unir en temps de crise, avec sensibilité, dans la collaboration.

Le titre de l’exposition est emprunté à un poème* d’Adrienne Rich, autrice, enseignante et théoricienne féministe américaine majeure dont la pratique était « une longue conversation avec les aînés et avec le futur »**. Son œuvre toute entière est invoquée ici comme la définition incarnée d’une pratique artistique qui consent à ne plus être un·e seul·e, à la fois ancrée dans l’expérience intime et investie dans un dialogue avec autrui pour investir le monde.

Car « le moment du changement » disait elle, « est le seul poème ».

* The School Among the Ruins: Poems, 2000-2004, éd. W.W. Norton, 2004. Accessible (1/09/2020) : https://aprweb.org/poems/centaur-s-requiem7

Poème traduit dans le recueil : Adrienne Rich, Paroles d’un monde difficile, Poèmes 1988-2004, La rumeur libre éditions, Série mεtaphrasi | Domaine américain, 2019. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Chantal Bizzini.

** Adrienne Rich, Paroles d’un monde difficile, Poèmes 1988-2004

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