lundi 17 février 2020

Shannon Guerrico, Sortir du cercle des coquillages…


Shannon Guerrico,“Sortir du cercle des coquillages” - Affiche _1Du 27 septembre au  15 novembre 2014, la Galerie Annie Gabrielli présente Sortir du cercle des coquillages…, une exposition de Shannon Guerrico

C’est la troisième exposition que la galerie consacre à la photographe. On se souvient en effet de la série Libre et sauvage qui avait été proposée en mars-avril 2013 et de Whispers, une des premières expositions de la galerie, au début de l’année 2012.

On reviendra sur cette nouvelle proposition de Shannon Guerrico dans une prochaine chronique après un passage à la Galerie Annie Gabrielli.

En savoir plus :
Sur le site de la Galerie Annie Gabrielli
Sur la page Facebook de la Galerie Annie Gabrielli
Sur le site de Shannon Guerrico
Sur la page Facebook de Shannon Guerrico

Texte de présentation de l’exposition par Anne Dumonteil,  sur le site de la Galerie Annie Gabrielli :

Sortir du cercle des coquillages… Voilà un titre bien mystérieux qui intrigue le spectateur tout autant qu’il l’invite à la rêverie. Il y a en effet comme un parfum d’enfance dans cette expression qui sonne et résonne comme une règle de jeu de gamins. Quand les objets incarnent tous les désirs, quand ils se dotent de pouvoirs et de vertus sur la simple décision de leurs auteurs. Quand, matérialisant la limite ou figurant la puissance, ils prennent une dimension magique, dépassant leur réalité immédiate et sensible, pour accéder à un univers de fiction et de féérie.

Dans la proposition de Shannon Guerrico, l’enfance est là, bien présente, notamment avec cette image de petite fille en prière, entourée de ses animaux, dans laquelle le motif du point coïncide par endroits avec la représentation initiale. L’enfance est là aussi, plus en filigrane, quand l’artiste évoque quelques souvenirs pour éclairer son propos et ses enracinements : les mythes qui habitent l’Irlande et les pratiques religieuses d’Argentine qui ont irrigué et traversé son existence.
Avec l’âge adulte, l’univers de Shannon Guerrico s’est nourri d’autres histoires et d’autres rites, en particulier le vaudou. Il en résulte des gestes et des actions, lier, entasser, substituer, isoler, accumuler, qui investissent les images et les objets d’une épaisseur spirituelle. Dans la simplicité de ces procédures, ancestrales, immuables et communes à tous les âges de la vie, la réalité quotidienne est transcendée, dans des jeux de détail, d’effacement et de dévoilement, des feuilletages et des configurations renvoyant aux offrandes et aux rituels d’ici et d’ailleurs.

Les petits riens s’articulent et se façonnent dans un grand tout empreint de poésie et de sacralité. Ainsi, la pierre, la mousse et le bois dialoguent-ils dans un totem naturel, écho peut-être de la pensée de Roger Caillois selon lequel “on a recherché non seulement les pierres précieuses, mais aussi les pierres curieuses, celles qui attirent l’attention par quelque anomalie de leur forme ou par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur. […] (elles) possèdent on ne sait quoi de grave, de fixe et d’extrême, d’impérissable ou de déjà péri. Elles séduisent par une beauté propre, infaillible, immédiate, qui ne doit de compte à personne ”. Ou presque…

Alors, indéniablement et au-delà des apparences, la démarche de Shannon Guerrico dans l’ensemble de l’exposition est à l’image de l’acte photographique lui-même. Elle révèle le réel et le fixe. Proposition artistique protéiforme dans laquelle le banal se pare de mystère, “Sortir du cercle des coquillages” offre au regard des récits multiples, singuliers et pluriels, que chacun peut étoffer de sa propre expérience. Telles des traces du sacré, les pièces données à voir et à vivre agissent comme autant de déclencheurs de mythologies personnelles. Quand se nouent intimité et universalité.

Anne Dumonteil

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