Claude Parent – Transgression(S)/Transmission – Mécènes du Sud à Montpellier


Du 4 avril au 11 mai 2024
, les Mécènes du Sud accueillent au 13 de la rue des Balances à Montpellier « Claude Parent – Transgression(S)/Transmission ». Cette exposition accompagne la première édition du Prix Claude Parent pour l’architecture transgressive. Les deux événements sont conçus par Claude Parent Archives et l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier.

Figure majeure de l’architecture contemporaine, théoricien, dessinateur, mais aussi polémiste, Claude Parent est comme le souligne Nadine Labedade « le premier en France à opérer une profonde rupture épistémologique avec le modernisme, dès le milieu des années 1950. Au travers d’articles, d’ouvrages, de magnifiques dessins-manifestes et de nombreux projets réalisés, il a repensé notre compréhension et notre appréhension de l’espace. (…) De sa rencontre avec Paul Virilio naîtront le groupe Architecture Principe (1963-68) et l’aventure de la “fonction oblique”, conquête de la continuité du plan incliné ».

Claude Parent - Portrait © Emmanuel Goulet
Claude Parent – Portrait © Emmanuel Goulet

Les œuvres présentées dans « Claude Parent – Transgression(S)/Transmission » ont l’ambition de montrer et sans doute de faire découvrir à celle et ceux qui fréquentent les lieux d’art contemporain l’importance de la pensée d’« un des théoriciens les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle, le premier architecte à avoir transgressé l’orthodoxie orthogonale et offert une alternative qui se révéla non seulement viable, mais aussi fertile : l’Oblique ».

Projet pour le pavillon Français de la biennale de Venise, 1970 © Gilles Ehrmann, Archives Claude Parent, droits réservés et « La ligne de la plus grande pente », Praticable. Pavillon Français de la biennale de Venise, 1970 © Gilles Ehrmann, Archives Claude Parent, droits réservés

L’exposition devrait évoquer différentes applications de l’architecture oblique et notamment le pavillon français à la Biennale de Venise de 1970, la maison oblique de la famille Parent et l’appartement oblique de l’artiste Andrée Bellaguet.

Claude ParentMaison des peupliers, Neuilly, Habitation de M. Parent, 1973 et Aménagement de l’appartement d’Andrée Bellaguet, Neuilly-sur-Seine, Île-de-France, 1970

Seront également exposées les dessins au crayon de grandes séries thématiques comme les Incisions ou les Migrations et les « Villes Boucliers », réalisées à l’encre de Chine à partir des années 2000.

Claude ParentLa ville aux multiples incisions, 2004-2005 et Incision organique, 2005

Claude ParentLa surface libre de la migration est le toit de l’habitatHalte transitoireAu long de la Grande Migration… La Ville « STOP and GO », dessins de la série « Les migrations », 2010-2011

Claude ParentSérie des Villes boucliers, 2008-2009

« Claude Parent – Transgression(S)/Transmission » sera accompagnée d’un ouvrage publié par les éditions de l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier. Il présentera les œuvres exposées ainsi qu’une série de photos de plusieurs de ses réalisations architecturales.

Chronique à suivre après le vernissage.

L’exposition est produite avec le soutien de Kaufman & Broad, la ville de Montpellier, DESPLANS, Ambition Archi, Architecture de collection et en partenariat avec la revue L’Architecture d’Aujourd’hui.

À lire, ci-dessous, la présentation du Prix Claude Parent pour l’architecture transgressive et quelques repères biographiques

En savoir plus :
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Claude Parent
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Claude Parent dans les collections du Frac Centre Val de Loire
À lire sur le site d’Architecture de collection Claude Parent, un visionnaire à l’épreuve du temps, un entretien avec Audrey Jeanroy à l’occasion de la publication de son ouvrage monographique sur l’œuvre de Claude Parent pour son centenaire en mars 2023

Présentation du Prix Claude Parent pour l’architecture transgressive

L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier (ENSAM) et les Archives Claude Parent lancent la première édition du Prix Claude Parent pour l’architecture transgressive.

La remise du premier prix et les manifestations autour de ce Prix auront lieu les 29 et 30 avril 2024 à l’ENSAM, en présence de personnalités du monde de l’architecture et des arts ainsi que de la famille de Claude Parent.

Inspiré par la volonté constante de Claude Parent à remettre en question l’architecture dans ses fondements, à rechercher et expérimenter un scénario architectural alternatif, ce prix international vise à récompenser un(e) architecte ou une équipe qui aura montré dans sa pratique et sa philosophie une volonté de repenser l’architecture de façon transgressive, critique ou pionnière.

Il permettra aussi aux étudiants en architecture d’assister à des débats exigeants, de mieux connaître le travail de Claude Parent, celui des lauréats, des membres du jury, et surtout de prendre conscience de la nécessité, aujourd’hui, d’explorer et proposer de nouvelles transgressions.

Le jury est composé de personnalités conscientes de la continuité qu’il faut apporter au sillage laissé par Claude Parent :

– Julie Cattant, architecte DPLG, docteure en architecture (Lyon/France)
– Joseph Giovannini, historien, auteur et architecte (New York/USA)
– Loris Gréaud, artiste (Paris/France)
– Anupama Kundoo, architecte (Pune/Inde)
– Jean Nouvel, architecte (Paris/France)
– Carme Pigem, architecte (RCR) (Catalogne/Espagne)

Un comité de pilotage composé de Chloé Parent, fille de Claude Parent, Mehrad Sarmadi, architecte et Thierry Verdier, directeur de l’ENSAM, assure une présélection dans les candidatures reçues pour remise au jury.

Claude Parent : Repères biographiques

Claude Parent, 1980 © Chloe Parent
Claude Parent, 1980 © Chloe Parent

(Extraits du dossier de presse de l’exposition « Claude Parent / Un hommage » à à la Galerie 8+4 en 2023)

Claude Parent est né le 26 février 1923 à Neuilly-sur-Seine, où il est décédé le 27 février 2016 à l’âge de 93 ans.

Après des études de mathématiques, il rejoint en 1943 les Beaux-Arts de Toulouse. À la fin de la guerre, il déménage à Paris pour reprendre des études à l’École des beaux-arts. Écoeuré par le conservatisme et l’académisme de l’école, il décide de quitter ses études, et après quelques passages courts en agences (dont celle de Le Corbusier), Parent s’associe à Ionel Schein qui a lui aussi quitté les Beaux-Arts. Leur association durera de 1949 à 1955. Ils gagnent ensemble un concours national d’architecture pour le magazine Maison Française, ce qui les propulse et leur apporte des nombreuses commandes de maisons individuelles. En 1956, après la rupture avec Schein, Parent ouvre sa propre agence.

Quelques années auparavant, en 1951, il fait la connaissance du sculpteur André Bloc, fondateur des revues L’Architecture d’aujourd’hui et Aujourd’hui, qui le fait rentrer dans le groupe Espace. Parent devient plus tard rédacteur en chef d’Architecture d’Aujourd’hui, dont il reste membre du comité éditorial pendant plus de trente ans. Au sein du groupe Espace, il rencontre et collabore avec plusieurs artistes dont Yves Klein avec lequel il travaillera jusqu’à la mort de celui-ci. Il réalise plusieurs maisons individuelles qui marqueront l’architecture française dont la Villa Bloc au cap d’Antibes (1959, classée), la Maison Bordeaux-Le Pecq (1963-1965, protégée) et la Villa Drusch (1963-65, classée). Il construit parallèlement plusieurs immeubles d’habitation ou publics dont la Maison de l’Iran (maintenant Fondation Avicenne, classée) à la Cité universitaire internationale de Paris (1962, avec André Bloc et les architectes iraniens Moshen Foroughi et Heydar Ghiai).

En 1963, il fonde avec Paul Virilio, Michel Carrade et Morice Lipsi le groupe Architecture Principe. Parent et Virilio, défendant l’idée d’une nouvelle appropriation de l’espace cassant avec la règle orthogonale, développent la théorie de la « fonction oblique » (1963-1968). Parent est co-fondateur, puis rédacteur en chef de la revue Architecture Principe, le manifeste du groupe. Parent et Virilio signent ensemble l’église Sainte-Bernadette à Nevers (1963-1966), maintenant classée Monument historique et l‘usine Thomson-Houston.

Après la rupture d’Architecture Principe, Parent continuera l’aventure oblique notamment avec les centres commerciaux de Reims-Tinqueux (1969) et de Sens (1970, aussi classé Monument historique). Il entreprend jusqu’en 1973 une action de diffusion de la théorie de la « fonction oblique » dans le cadre des Maisons de la culture françaises : conférences, expositions, mais surtout construction de structures appelées « praticables » sur lesquelles le public peut expérimenter l’oblique à grande échelle.

En 1969, il est nommé commissaire du pavillon français de la Biennale d’art de Venise de 1970 : il transforme alors le pavillon en espace totalement oblique et invite plusieurs artistes à investir cette nouvelle dimension. La même année il applique la fonction oblique à l’appartement du peintre Andrée Bellaguet.

En 1972, à la suite d’une longue convalescence qui le laissera sans pouvoir travailler pendant presque un an, il construit la maison du peintre Michel Carrade. Il transforme sa propre maison en habitat oblique en 1974 (la maison restera à l’oblique pendant plus de dix ans).

1974-1975, Parent est missionné par Électricité de France pour l’étude de nouveaux modèles architecturaux pour les centrales nucléaires et leur intégration dans les différents sites. En 1975, il fonde le Collège des architectes du nucléaire qui comprendra neuf architectes (dont Paul Andreu, Roger Taillibert et Jean Willerval) et travaillera sur ces projets pendant plus d’une décennie. En plus de la recherche de concepts architecturaux, Parent est en charge des sites de Cattenom et de Chooz dans l’est de la France.

Ses autres réalisations comprennent, entre autres, de grands centres commerciaux (Sens, Ris-Orangis, Tinqueux, Épernay, etc.), des ensembles socio-culturels (Maison des jeunes et de la culture de Troyes, théâtre Silvia Monfort à Paris), des immeubles de bureaux (SEPTEN à Lyon-Villeurbanne, Siège social de la Plaine Saint-Denis pour EDF) et dans le centre historique de Prague, l’immeuble de bureau et galerie commerciale Myslbek (avec Zdenek Hölzel et Jan Kerel, 1992-1996). Il construit aussi plusieurs collèges et lycées, et des bâtiments institutionnels comme l’Hôtel de région à Marseille, l’Hôtel de ville de Lillebonne, l’Aéronef pour Aéroports de Paris. Il construit également plusieurs immeubles d’habitations et maisons individuelles.

Théoricien, il est l’auteur de nombreux ouvrages, en particulier Vivre à l’oblique (1970), Cinq réflexions sur l’architecture (1972), Claude Parent architecte (1975), L’Architecture et le nucléaire (1978), Entrelacs de l’oblique (1981), L’Architecte, bouffon social (1982), Colères (1982), Les Maisons de l’atome (1983), Errer dans l’illusion (2001), Quand les bouffons relèvent la tête (2002), Cuits et archicuits (2003), Demain la Terre (2010), Stop & Go (2012), Et de très nombreux articles critiques ou rubriques pour la presse, en particulier, pour Architecture d’aujourd’hui.

Ses réalisations, théories architecturales, dessins visionnaires et écrits critiques sont aujourd’hui reconnus comme une influence majeure de l’architecture contemporaine. Cassant avec la règle orthogonale de l’architecture classique et du moderniste, il introduit l’oblique comme solution architecturale et de vie, promouvant le mouvement et l’instabilité dans le langage architectural. Jean Nouvel (qui a travaillé pour Claude Parent), Frank Gehry, Zaha Hadid, Daniel Libeskind, Wolf D.Prix, Odile Decq et de nombreux autres, ainsi que de grands historiens d’architecture, ontconfirmé l’incroyable révolution et influence séminale que la fonction oblique et le travail deClaude Parent ont représenté historiquement dans l’architecture d’après-guerre etcontemporaine.

Académicien, commandeur de la Légion d’honneur, commandeur des Arts et des Lettres, officier des Palmes académiques, commandeur de l’ordre national du Mérite. L’obtention de prix jalonnera aussi sa carrière : Grand prix national d’architecture (1979), médaille d’argent de l’Académie d’architecture, médaille de l’Union centrale des Arts décoratifs, médaille d’or de la Société d’encouragement au progrès, médaille de l’U.I.A. pour son travail critique. En 2010, une rétrospective monographique à la Cité de l’architecture et du patrimoine a été consacrée à cette figure phare de l’histoire de l’architecture du XXe siècle.

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