François Rouan, Tressages 1966-2016 au musée Fabre

Le musée Fabre présente, du 4 février au 30 avril 2017, la première exposition consacrée à François Rouan à Montpellier.

Bien qu’il soit né à Montpellier en 1943, le travail de François Rouan n’y a jamais fait l’objet d’une exposition importante. Toutefois, certains gardent peut-être le souvenir d’une installation vidéo « Le catéchisme de Gustave », commandée par le musée pour l’exposition Courbet, en 2008 et qui faisait écho à « L’Origine du Monde »…
« François Rouan, Tressages, 1966-2016 » vient donc « combler » cette lacune montpelliéraine avec une remarquable rétrospective centrée sur la peinture de l’artiste et sur la technique très particulière du « tressage » qu’il expérimente dès 1965.

François Rouan, Trotteuses X, 2011-2013, peinture à l'huile sur toiles tressées, 175 x 292 cm, Atelier de l'artiste, © photo Laurent Lecat, ADAGP, Paris, 2017
François Rouan, Trotteuses X, 2011-2013, peinture à l’huile sur toiles tressées, 175 x 292 cm, Atelier de l’artiste, © photo Laurent Lecat, ADAGP, Paris, 2017

Une sélection particulièrement réussie d’une soixantaine de tableaux majeurs évoque avec à-propos l’œuvre peint de  François Rouan sur cinq décennies, entre 1966 à 2016.

Le parcours de l’exposition s’articule en cinq séquences :

  • 1966 – 1976 : Trames – Tresser : Produire de l’épaisseur
  • 1976 – 1986 : Combinatoires – Tresser : Enfouir le motif
  • 1986 – 1996 : Empreintes – Tresser : Ré-assembler un corps mutilé
  • 1996 – 2006 : Paysages – Tresser : Relire le passé dans le présent
  • 2006 – 2016 : Retour avant – Tresser : Mettre à distance

La scénographie sobre est particulièrement efficace. Elle construit des perspectives opportunes qui sollicitent avec naturel l’attention du visiteur. L’accrochage très lisible suggère des rapprochements et des contrastes pertinents et subtils. Comme toujours au musée Fabre, un éclairage précis assure une mise en valeur très réussie des toiles de François Rouan et procurent au regardeur un excellent confort pour en apprécier toute la richesse. Les textes de salle qui introduisent les cinq parties de l’exposition donnent en une trentaine de lignes tous les éléments nécessaires à la compréhension du travail de l’artiste.

« François Rouan, Tressages, 1966-2016 » est à n’en pas douter une des expositions qui marquent ce début d’année 2017 à Montpellier et dans la région. Elle accompagne avec justesse le dixième anniversaire de la rénovation du Musée Fabre.

Cette chronique sera prochainement complétée par un compte rendu de visite.

Un film « Objet Tressage », réalisé à partir d’entretiens de François Rouan avec Philip Armstrong et Mick Finch, accompagnera l’exposition.

Commissariat général : Michel Hilaire, directeur du Musée Fabre. Commissariat de Isabelle Monot-Fontaine et Stanislas Colodier (Musée Fabre)

Michel Hilaire, Conservateur général, Directeur du musée Fabre, Isabelle Monod-Fontaine, Conservateur général honoraire du patrimoine et Stanislas Colodiet, Conservateur du patrimoine du musée Fabre, Bernard Travier, Vice-président de Montpellier Méditerranée Métropole et François Rouan. Photo Montpellier Méditerranée Métropole

À lire, ci-dessous, le texte d’intention publié dans programme Automne-Hiver 2016-2017 du musée Fabre.

François Rouan dans son atelier – Expo Maison de la Culture d’Amiens

En savoir plus :
Sur le site du musée Fabre
Suivre l’actualité du musée Fabre sur Facebook et Twitter
Sur le site de François Rouan (Biographie, films, livres et catalogues)
À lire « François Rouan, une singularité continuée », un texte de Jean-Claude Le Gouic sur le site lacritque.org à propos des exposition de François Rouan à la galerie Thessa Herold et au Château de Hautefort, en 2013.
François Rouan sur le site de la galerie Thessa Herold
À lire « Dans les rets tressés de François Rouan. Amiens » sur le site Le Curieux des arts

François Rouan, Maison de la culture d’Amiens, printemps 2014

«  François Rouan, Tressages, 1966-2016 »
Présentation extraite du programme Automne-Hiver 2016-2017 du musée Fabre.

Le travail de François Rouan, né à Montpellier en 1943, n’avait jamais fait l’objet d’une rétrospective dans sa ville natale. Lors de l’exposition Gustave Courbet en 2008, l’artiste, invité par le musée Fabre, avait présenté une installation vidéo en écho à l’oeuvre du maître. Cette intervention témoignait alors de son intérêt récent pour ce médium. Aujourd’hui, le musée souhaite revenir à la source de son œuvre : la peinture.

Artiste dont l’indépendance d’esprit fonde la qualité de la démarche, il interroge la nature de la peinture à laquelle il restitue une profondeur et une complexité parfois déstabilisante. Il est le contemporain des artistes du groupe Supports/Surfaces dont il connaît les recherches sans pour autant en partager les solutions. Son oeuvre sulfureuse ne se satisfait pas de la disparition du sujet en peinture : la question du corps y est toujours présente comme support de volupté ou d’effroi.

En 1965, il invente une technique : le tressage, objet de cette exposition. Ce n’est ici pas seulement une manière de « peindre sur bandes » comme disait Jacques Lacan en 1978, mais aussi et surtout un mode de pensée. Le principe du tressage gouverne l’œuvre de Rouan. L’exposition retracera ces quelques cinquante années de peinture avec une sélection très serrée : une soixantaine de tableaux seulement, choisis parmi les plus importants, pour jalonner ces cinq décénies, de 1966 à 2016, et pour signifier l’ampleur d’une production certes largement exposée mais encore à découvrir.

Au fil des années, son œuvre se caractérise par sa complexité croissante à rebours du parcours d’Henri Matisse, dont il admire les papiers découpés. Le dispositif du tressage étant une entreprise sans fin, il ne cesse d’en enrichir les modalités. Ainsi, l’exposition s’ouvre avec un tressage de papier gouaché et la série des Portes, à la monochromie presque austère, puis évolue vers un retour à la figure et une exubérance colorée et baroque. Cette exposition sera également l’occasion de présenter pour la première fois les dernières peintures sorties de l’atelier et encore jamais montrées au public.

Le travail de François Rouan est également visible à Castelnau-le-Lez, dans l’église Saint Jean-Baptiste pour laquelle il a dessiné neuf vitraux. Un film inédit, réalisé par l’artiste à l’occasion de l’exposition, sera présenté dans l’auditorium du musée.

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