To paint is to love again à la galerie Clémence Boisanté, Montpellier

La galerie Clémence Boisanté appartient aux lieux montpelliérains qui défendent un regard sur la création contemporaine où la peinture, le dessin et la figuration restent des éléments essentiels.

Jusqu’au 1er avril 2017, l’exposition « To paint is to love again » est, comme l’affirme le texte de présentation, « une déclaration d’amour à la peinture figurative ». Elle assure nous montrer « le regard d’artistes (…) sur notre monde chaotique » et nous déclare que « La peinture nous propose des pistes de réflexion sensibles »…

Abel Pradalié, To paint.., huile sur toile, 160 x 190 cm, 2017
Abel Pradalié, To paint.., huile sur toile, 160 x 190 cm, 2017

Les espaces du rez-de-chaussée exposent un ensemble intéressant d’oeuvres récentes d’Abel Pradalié.

L’accrochage bien construit rassemble des huiles sur toile d’un assez grand format, exécutées en ateliers ainsi qu’une série de petites peintures sur bois, réalisées sur le motif. Les paysages, avec ou sans figures, sont largement majoritaires dans cette sélection d’une trentaine d’œuvres.

Côté rue, une lumière assez froide met particulièrement en valeur des toiles où les verts et les bleus sont dominants.

Ici, Abel Pradalié joue habilement avec des réserves blanches. Créant ainsi un trouble perceptif, il bouscule la profondeur de ses espaces. Ses figures « rapidement » brossées, parfois esquissées, ont une présence étonnante. Elles s’intègrent parfaitement, mais avec une indéfinissable étrangeté, dans des lieux dont le caractère naturel et figuratif semble incertain. L’espace vacille, se distord, et paraît pouvoir basculer dans des formes abstraites, où domine l’exaltation de la matière, de la touche et de la lumière… Rien de révolutionnaire… mais le plaisir est bien là. Leur pouvoir d’évocation, comme leur inachèvement dans certaines parties, laisse la place à toutes les fictions… Dans la lumière et la facture, l’héritage de Philippe Pradalié est sensible et, à travers lui, un peu de celui d’un Bazille où d’un Corot…

Cette étrange relation entre les figures et l’espace s’estompe à mesure ou l’on progresse dans « To paint is to love again ». Le mystère, moins présent dans les scènes avec enfants, disparaît dans les paysages autour du Salagou.

Ces espaces équivoques reviennent au fond de la galerie, sur la gauche, dans une scène au bord d’un lac. Les réserves blanches du châssis et de l’ombrelle nous interrogent sur la réalité du peintre sur son motif… Une lumière dorée semble creuser la surface de l’eau et pourrait révéler des secrets cachés. Sur la droite, une femme nue s’approche du rideau opaque et glacé d’une cascade aux nuances bleu-gris…

Abel Pradalié - « To paint is to love again » à la galerie Clémence Boisanté, Montpellier
Abel Pradalié – « To paint is to love again » à la galerie Clémence Boisanté, Montpellier

Au sous-sol, la galerie présente des toiles d’artistes invités conjointement par Clémence Boissanté et Abel Pradalié : Nazanin Pouhandey, Léopold Rabus, Romain Bernini, Simon Pasieka.

L’ensemble nous a semblé moins significatif. Les amateurs y apprécieront éventuellement une curieuse collection de perruches proposé par Romain Bernini, et Léopold Rabus.

En savoir plus :
Sur le site de la galerie Clémence Boisanté
Sur le site d’Abel Pradalié

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