Dune Varela, Toujours le soleil – Rencontres Arles 2017

Lauréate de la Résidence BMW 2016 au musée Nicéphore Niépce, Dune Varela présente « Toujours le soleil » au Cloître Saint-Trophime, dans le cadre des Rencontres de la Photographie Arles 2017.

À partir de photographies de vestiges archéologiques ou de grottes issues du fonds du musée, d’internet et de ses propres prises de vues, Dune Varela interroge avec invention et pertinence la fragilité du support photographique.

Imprimées sur des matériaux divers (métal, plâtre, verre, pierre ou céramique), ces images sont brisées, scarifiées ou perforées par des impacts de balles de calibre 38. Un vrai « shooting » !

Lors d’un entretien publié dans le catalogue de l’exposition, la photographe souligne :

« En multipliant les formats, les supports et les matières utilisées, je questionne la matérialité de l’image et sa forme de représentation. (…)  Je crois que ce que j’ai cherché à détruire, à déconstruire, c’est une forme de représentation du beau, du formel ».

Un peu plus, elle ajoute :

« Ce travail parle de la destruction, de la disparition. (…) Il s’agit de la destruction de notre société occidentale, de notre idée de démocratie. (…) Je parle surtout de mon inquiétude, de cette dichotomie moderne qui consiste à vouloir conserver des morceaux du monde tout en le détruisant ».

L’arche blanche, temple d'Héra, 2017 © Dune Varela
L’arche blanche, temple d’Héra, 2017 © Dune Varela

Dans l’introduction du même ouvrage, François Cheval, commissaire de l’exposition, présente ainsi le travail de Dune Varela :

« Dune Varela, dans une approche volontairement iconoclaste de la photographie, définit précisément son espace d’observation et d’intervention : temples antiques, cavernes et musées… L’art et sa grandeur, le sublime et le décoratif d’un côté, et de l’autre, leur destruction symbolique…… Elle se propose de recréer des fragments de réel qui sont de vrais instants. La vérité photographique n’est plus dans la prise de vue mais dans son appropriation brutale et fondamentale….. La photographie devient alors matière. Elle est plâtre, pierre… Une étroite solidarité lie désormais ce qu’on l’on voit de ce qui est. Nous voilà renvoyés aux premiers temps. »

Remarquablement mise en espace, l’exposition occupe adroitement la salle à l’est du cloître.

La scénographie sobre et délicate présente les images avec subtilité. Les tirages sont accrochés sur des cimaises qui s’adossent sur les murs de la salle ou posés sur des socles élégants, en appui sur la paroi. L’éclairage est très soigné, même s’il laisse exceptionnellement apparaître quelques reflets gênants. Dotés d’une typographie élégante, les cartels très lisibles sont astucieusement renvoyés au niveau du sol.

Sur la gauche, en entrant dans la salle, un film de François Goizé apporte d’utiles information sur la résidence de Dune Varela au musée Niépce. Il peut être visionné comme une introduction sur sa résidence ou un complément après la visite de l’exposition.

« Toujours le soleil » de Dune Varela mérite Sans aucun doute un passage par le Cloître Saint-Trophime.

Le commissariat est assuré par François Cheval.
L’exposition est produite par BMW Art & Culture avec le soutien du musée Nicéphore Niépce.

Dune Varela, Toujours le soleil – co-édition BMW Art & Culture/Éditions Trocadéro, 2017
Dune Varela, Toujours le soleil – co-édition BMW Art & Culture/Éditions Trocadéro, 2017

La résidence de Dune Varela est accompagnée par un bel ouvrage co-édité par BMW Art & Culture et les Éditions Trocadéro.
Les tirages ont été réalisés par le laboratoire du musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône et Diamantino à Montrouge.

En savoir plus :
Sur le site des Rencontres Arles 2017
Sur le site BMW à propos de la Résidence de Dune Varela au musée Nicéphore Niépce
Sur le site de Dune Varela

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