Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches à Marseille

Jusqu’au 23 septembre 2017, Art-Cade Galerie Bains Douches accueille dans le cadre de la Rentrée de l’Art Contemporain à Marseille « Gannier Modenne » un dialogue entre des vidéos de Bertrand Gadenne et des installations de Richard Monnier.

Invités par Anne-Marie Pécheur, les deux artistes occupent avec intelligence les espaces assez particuliers d’Art-Cade.

À gauche de l’entrée, Richard Monnier à accroché « Corde Polypropylène », une installation simple et fascinante qui se développe sur toute la longueur de la galerie.

Richard Monnier,  Corde Polypropylène - Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches, 2017
Richard Monnier,  Corde Polypropylène – Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches, 2017

Sur son blog, il en fait la description suivante :
« (…) chaque coron (ici 6) a été entièrement dé-torsadé, mis à plat et étiré jusqu’à faire apparaître la fibre qui le compose pour former finalement une surface réticulée (voir détail ci-dessous). Quand on voit une corde de 1,5 cm de diamètre et de 15 m de long enroulée sur elle-même, on ne se doute pas qu’elle puisse se déployer sur une hauteur de 2,40 m ».

Bertrand Gadenne, La ligne d’horizon - Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches, 2017
Bertrand Gadenne, La ligne d’horizon – Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches, 2017

La deuxième galerie est occupée dans toute sa longueur par « La ligne d’horizon » (2016), une intrigante installation vidéo de Bertrand Gadenne où le lien rouge qui relie les deux personnages, contraste et évoque immanquablement la corde verte de Monnier

Dans la troisième galerie qui referme le patio d’Art-Cade, la salle vidéo rassemble « La goutte d’eau » (2014), une projection captivante de Bertrand Gadenne qui invite à la contemplation.

À côté, Richard Monnier a accroché « Zellan sur Corindon » dont il écrit « (…) Zellan épousant les profils de Corindon (…) Il résulte de leur union des lignes coulées »… Ici, une ligne fragile semble évoquer l’écoulement du temps et répondre à la goutte d’eau de Gadenne ?

Bertrand Gadenne, M un hommage à Richard Monnier (La naissance de l'écriture), Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches, 2017
Bertrand Gadenne, M un hommage à Richard Monnier (La naissance de l’écriture), Gannier Modenne à Art-Cade Galerie Bains Douches, 2017

Le parcours se termine avec la lettre M, une des 26 lettres tracées par l’escargot de Bertrand Gadenne pour « La naissance de l’écriture ». Un clin d’œil qui s’adresse évidemment à Richard Monnier
Ce dernier accroche un « Hommage à Edda Renouf » dont on peut lire une première version sous le titre « Le fil abstrait de son fond » sur son blog « gravité futilité 2 ».

Pour celles et ceux qui passeront à la nuit tombée par la rue de la bibliothèque, n’oubliez pas de jeter un regard à la Vitrine, à deux pas de la galerie…

Bertrand Gadenne, Le rat - La Vitrine Art-Cade Galerie Bains Douches 2017
Bertrand Gadenne, Le rat – La Vitrine Art-Cade Galerie Bains Douches 2017

À ne pas manquer. C’est une des belles propositions de cette Rentrée de l’Art Contemporain à Marseille.
À lire, ci-dessous, la présentation du projet et des artistes par Art-Cade.

En savoir plus :
Sur le site d’Art-Cade Galerie Bains Douches
Suivre l’actualité d’Art-Cade Galerie Bains Douches sur Facebook
Sur le site de Bertrand Gadenne
Sur « gravité futilité 2 », le blog de Richard Monnier

Gannier Modenne – Présentation par Art-Cade Galerie Bains Douche

Sur une invitation d’Anne-Marie Pécheur, Bertrand Gadenne et Richard Monnier font dialoguer leurs oeuvres dans l’espace de la galerie en s’attanchant à révéler le processus d’apparition des formes qu’elles soient végétales, minérales ou animales.

Bertrand Gadenne développe un travail dans lequel la vidéo invite le spectateur à retrouver soit dans un lieu d’exposition, soit au détour d’une rue, un émerveillement depuis longtemps oublié : celui de la matérialisation d’une image projetée. En concevant des dispositifs lumineux insolites et spécifiques à chacun des éléments naturels (végétal, minéral, animal, etc) dont il suscite l’apparition, il crée des situations empreintes d’un caractère magique et propices à une méditation sur les liens à la fois techniques et poétiques que son oeuvre tisse entre « la nature des choses » et le fragile miracle de leur visibilité. La simplicité apparente de ces images survenant telles de véritables apparitions, entre rêve éveillé et matérialisation de l’insolite, images synoptiques et luminescentes, constitue une proposition radicale et passionnante.

« Avant d’être sculpteur et peut-être même avant d’être artiste, Richard Monnier est d’abord un chercheur. C’est pourquoi, depuis 1980, la production matérielle n’a jamais été une finalité dans son travail. […] Je ne suis pas attaché à des matériaux mais à des processus d’apparition de la forme», déclarait-il, quand son travail présentait encore les apparences de la sculpture. Expansion, tressage, découpe, enroulement, superposition, dispersion… Dans le prolongement du Process Art, Monnier s’en tenait alors à des gestes simples et répétitifs, des gestes induits par des matériaux dont le choix était lui même induit par l’observation de caractéristiques physiques particulières. (…).

La recherche documentaire relève ici du réflexe professionnel, mais elle est tout aussi empirique. (…) Il revendique sans scrupule le caractère laborieux de sa démarche et s’étonnant peut-être lui même que des gestes, des matériaux et des références si disparates puissent être à l’origine d’une œuvre marquée par une indiscutable unité formelle et conceptuelle, et demeurant toujours ouverte et imprévisible. » […]

(Extrait de Portrait de l’astronome en joueur de boules. Richard Monnier et l’éclairage de l’empirisme, Frédéric Paul, Les Cahiers du MNAM, Centre Pompidou, Paris, n°83, 2003)

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