La Vie simple – Simplement la vie à la Fondation Vincent van Gogh Arles

Du 7 octobre 2017 au 2 avril 2018, la Fondation Vincent van Gogh Arles présente « La Vie simple – Simplement la vie / Songs of Alienation », une exposition collective dont le commissariat est assuré par sa directrice Bice Curiger, avec la collaboration avec Julia Marchand.

David Claerbout The Pure Necessity, 2016 Film d’animation 2D en couleur, son stéréo, environ 50 minutes Courtesy : l’artiste et les galeries Sean Kelly, New York, et Esther Schipper, Berlin
David Claerbout The Pure Necessity, 2016 Film d’animation 2D en couleur, son stéréo, environ 50 minutes Courtesy : l’artiste et les galeries Sean Kelly, New York, et Esther Schipper, Berlin

L’exposition rassemble des œuvres de Jonathas de Andrade, Pawel Althamer, Yto Barrada, Andrea Büttner, David Claerbout, Sanya Kantarovsky, Jean-Francois Millet, Nicolas Party, Dan Perjovschi, Juergen Teller, Oscar Tuazon et Vincent van Gogh.

Jean-François Millet Les Bêcheurs, 1855 Eau-forte, 36 x 51 cm © Cherbourg-Octeville, musée d’Art Thomas Henry / Daniel Sohier
Jean-François Millet Les Bêcheurs, 1855 Eau-forte, 36 x 51 cm © Cherbourg-Octeville, musée d’Art Thomas Henry / Daniel Sohier

Elles sont associées à des santons du Museon Arlaten, des estampes et chromatiques d’après Jean-François Millet et une sélection d’œuvres de la collection de la Fondation Vincent van Gogh Arles, dite Collection Yolande Clergue.

Lucien Clergue Kirk Douglas dans le rôle de Van Gogh sur le tournage du film La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minnelli, 1953 Photographie noir et blanc, 50,5 x 40,5 cm Collection Fondation Vincent van Gogh Arles, dite Collection Yolande Clergue
Lucien Clergue Kirk Douglas dans le rôle de Van Gogh sur le tournage du film La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minnelli, 1953 Photographie noir et blanc, 50,5 x 40,5 cm Collection Fondation Vincent van Gogh Arles, dite Collection Yolande Clergue

On attend avec une certaine curiosité cette proposition dont on peut lire le texte d’intention ci-dessous. Il est probable que le sous-titre « Songs of Alienation » ne soit ni inutile ni abusif…

Juergen Teller Self-portrait, Plates/Teller No. 36, 2016 Impression giclée non encadrée, 152,4 x 101,6 cm © 2016 Juergen Teller, tous droits réservés - La Vie simple – Simplement la vie à la Fondation Vincent van Gogh Arles
Juergen Teller Self-portrait, Plates/Teller No. 36, 2016 Impression giclée non encadrée, 152,4 x 101,6 cm © 2016 Juergen Teller, tous droits réservés

Chronique à suivre après un passage à Arles.
À lire, ci-dessous, le texte d’intention et quelques éléments à propos des artistes et des collections, extraits du dossier de presse.

En savoir plus :
Sur le site de la Fondation Vincent van Gogh Arles
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Texte d’intention de « La Vie simple – Simplement la vie / Songs of Alienation »

L’exposition collective de la rentrée 2017 réunit une sélection d’œuvres d’artistes contemporains et historiques qui mettent en relief nos conceptions de styles de vie tournés vers la simplicité. Jouant la carte des associations libres, « La Vie simple – Simplement la vie » puise dans les fantasmes et élans nostalgiques que son titre même convoque.

Cette vie simple prend son origine chez Van Gogh dans ses premières expériences comme pasteur et dans le Borinage, le bassin minier wallon. Cet idéal de vie s’exprime également dans son admiration indéfectible pour l’art et la personne de Jean-François Millet, peintre de la vie paysanne française du XIXe siècle. Si les deux ancrages historiques qu’offrent Millet et Van Gogh constituent une base pour l’exposition, ils permettent aussi d’aborder le thème avec gaieté. À l’image de la traduction en mouvements et en couleurs des scènes paysannes de Millet par Van Gogh, la majorité des œuvres rassemblées poursuit le souhait du peintre néerlandais : « pouvoir montrer qu’on puisse être simple avec autre chose que du gris, blanc, noir et brun (1) ».

Conçues spécialement pour l’exposition ou peu exposées en France, les œuvres de « La Vie simple – Simplement la vie » évoquent les différents aspects que le terme de « simplicité » revêt, tels, par exemple, les formes de vie et le rapport de l’homme avec la nature et l’espèce animale. Les contributions des artistes contemporains permettent aussi de déconstruire le mythe d’un style de vie orienté vers l’apaisement et l’épure.

Le film d’animation The Pure Necessity (La Pure Nécessité, 2016) de David Claerbout est une adaptation étonnante du Livre de la jungle produit par Disney en 1967. L’installation de Pawel Althamer crée les conditions d’un espace convivial entre visiteurs et bêtes à plumes tandis que le film O Peixe (The Fish, 2016) de Jonathas de Andrade, filmé au Brésil, appelle des sentiments ambigus face à la mort d’un animal. La série de photographies Iris Tingitana (2007, nom latin de l’iris indigène de Tanger) d’Yto Barrada nous renvoie, avec cette fleur très présente dans l’iconographie de Van Gogh, à la « botanique du pouvoir » ; tandis que les xylographies d’Andrea Büttner semblent être un hymne à l’humilité. C’est à travers une sélection de santons des XVIIIe et XIXe siècles que sont interrogés les objets de piété populaire et la représentation des « petits métiers » que l’on retrouve dans les peintures de Van Gogh.

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(1) Lettre de Vincent van Gogh à sa sœur Willemien, Saint-Rémy-de-Provence, 21 octobre 1889.

À propos des artistes de La Vie simple – Simplement la vie :

Pawel Althamer

Né en 1967 à Varsovie, où il vit et travaille.
Dans ses oeuvres, qui prennent la forme de projets, l’artiste travaille rarement seul et l’humour prédomine. Utilisant la participation comme médium, il convie amis, famille, visiteurs et voisins à prendre part à la création pour modifier le regard des spectateurs sur ce qui fait art. Parmi les thèmes récurrents dans son travail, celui de la décontextualisation, qui lui permet de s’interroger sur son statut d’auteur-artiste mais aussi sur l’écologie de l’art elle-même.

Précédentes expositions (sélection)
• Mama, neugerriemschneider, Berlin, 2016
• The Neighbors, New Museum of Contemporary Art, New York, 2014
• Il Palazzo Enciclopedico/The Encyclopedic Palace, Venice Biennale, Venise, 2013
• One of Many, Fondazione Nicola Trussardi, Milan, 2007

Yto Barrada

Née en 1971 à Paris, vit actuellement entre New York et Tanger. Elle est la fondatrice et directrice de la Cinémathèque de Tanger. Elle conduit une réflexion, selon une perspective non occidentale, sur les changements géopolitiques actuels, l’histoire postcoloniale et les enjeux locaux de la mondialisation. Ses photographies, films, sculptures, installations et publications composent une pratique singulière qui associe stratégies documentaires et approche méditative des images.

Précédentes expositions (sélection)
• A Life Full of Holes, Witte de With, Rotterdam, 2016
• « Faux Guide », Carré d’Art, Nîmes, 2015
• Here and Elsewhere, New Museum, New York, 2014
• Before Our Eyes: Other Cartographies of the Rif, MACBA, Barcelone, 2014
• Riffs, MACRO, Rome, 2012

Andrea Büttner

Née en 1972 à Stuttgart. Elle partage actuellement son temps entre Francfort et Londres.
Ancienne doctorante du Royal College of Art – sa thèse portait sur les relations entre l’art et la honte –, son travail plastique reflète son intérêt pour l’histoire de l’art et les questions d’ordre éthique ou social. La pauvreté, la honte et la vulnérabilité sont autant de thèmes qu’elle explore pour questionner notre système de croyances. Travaillant délibérément avec des techniques prémodernes telles que la gravure sur bois, le tissage et la peinture sous verre, elle souligne la matérialité directe de telles méthodes mises en dialogue et en contraste avec des vidéos, performances et installations.

Son travail a été présenté lors de nombreuses biennales et expositions de groupe à l’international dont la documenta 13 à Cassel et la 29e Biennale de São Paulo. Elle a été récemment nominée pour le Turner Prize.

Précédentes expositions (sélection)
• Gesamtzusammenhang, Kunsthalle de St. Gallen, 2017
• Beggars and iPhones, Kunsthalle de Vienne, 2016
• Piano Destructions et Alle Bilder, CRAC, Sérignan, 2016
• Andrea Büttner, Walker Art Center, Minneapolis, 2015
• Piano Destructions, Museum Ludwig, Cologne, 2014

David Claerbout

Né en 1969 à Kortrijk, en Belgique. Il vit et travaille à Anvers et Berlin.
Bien qu’il soit principalement connu pour son travail photographique, la vidéo, le son et la technologie digitale, David Claerbout s’exprime également à travers la peinture et le dessin. Sa pratique s’articule autour des concepts de la temporalité et de la durée – où les images sont suspendues, en tension entre le mouvement et l’immobilité – ainsi que de l’expérience de la mémoire et du temps dilaté. En 2007, il a reçu le prix Will-Grohman de la Berlin Akademie der Künste et le prix Peill-Preis du Günther-Peill-Stiftung.

Précédentes expositions (sélection)
• Olympia, Schaulager, Bâle, 2017
• Olympia, KINDL – Centre for Contemporary Art, Berlin, 2016
• Future, De Pont Museum, Tilburg, 2016
• Die reine Notwendigkeit, Städel Museum, Francfort, 2016
• David Claerbout: Architecture of Narrative, SFMOMA, San Francisco, 2011

Sanya Kantarovsky

Né en 1982 à Moscou, vit et travaille à New York.
La pratique de Sanya Kantarovsky oscille entre dessin, peinture, sculpture et, occasionnellement, le film. Ses peintures offrent une panoplie de « scènes » de la vie quotidienne, visitées par nos rêves et les réminiscences de l’histoire de l’art. Si les postures de ses personnages sont souvent absconses, une certaine candeur émane de la composition de ses oeuvres. Elle tient probablement à sa palette, dont la saturation évoque celle des fauvistes et autres peintres de l’art moderne. À l’automne 2017, son travail fera l’objet d’une rétrospective à la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo de Turin.

Précédentes expositions (sélection)
• The Arcades: Contemporary Art and Walter Benjamin, Jewish Museum, New York, 2017
• In the Gutter, Tanya Leighton, Berlin, 2016
• Gushers, Marc Foxx, Los Angeles, 2015
• Allergies, Casey Kaplan, New York 2014

Jean-Francois Millet

Maître du réalisme paysan, Jean-François Millet (1814-1875) est né à Gruchy, en Normandie.
Toute sa vie, il y reste attaché, même si la majeure partie de sa carrière s’est déroulée à Barbizon, près de Fontainebleau. Délaissant la ville qu’il considérait trop encombrée par la misère sociale, il s’installa à la campagne, abandonnant la peinture de scènes bibliques pour se consacrer à la représentation des figures de paysans : vanneurs, bêcheurs, glaneuses, bergères, faneuses, semeurs, vignerons, baratteuses… Tous forment une galerie de portraits types de la paysannerie du xixe siècle et sont dépeints dans des paysages savamment élaborés. Les tableaux de Jean- François Millet sont conservés dans plusieurs musées en France ainsi qu’en Europe et principalement aux États-Unis.

Nicolas Party

Né en 1980 en Suisse, vit à Bruxelles.
L’esthétique des compositions de Nicolas Party s’inspire autant de la culture visuelle contemporaine que des peintres historiques tels Giorgio Morandi, Félix Vallotton et Ferdinand Hodler. Ses sujets reprennent les classiques de la peinture : natures mortes, portraits et paysages. Hautement stylisées, ses peintures murales créent volontairement une certaine ambiguïté autour de l’aspect « décoratif » de son oeuvre.

Précédentes expositions (sélection)
• Three Cats, The Modern Institute, Glasgow, 2016
• Hammer Projects: Nicolas Party, The Hammer Museum, Los Angeles, 2016
• « Pastel et Nu », Centre culturel suisse, Paris, 2015
• Still Life, Stones and Elephants, Swiss Institute, New York, 2012

Dan Perjovschi

Né en 1961 à Sibiu, en Roumanie, où il vit et travaille. Dan Perjovschi est artiste, auteur et dessinateur.
Proches de la caricature et du graffiti, les dessins satiriques qu’il crée depuis le début des années 1990 se déploient sur les murs des institutions qui l’accueillent. Ces parois deviennent ainsi l’écho du carnet de notes dans lequel il croque les dérives et les absurdités du monde. La simplicité du tracé contraste avec la gravité des sujets tirés de l’actualité médiatique. L’artiste a été exposé dans de nombreuses institutions à travers le monde, notamment au San Francisco Art Institute, au Centre Georges-Pompidou, au MoMA et à la Tate Modern.

Précédentes expositions (sélection)
• Meanwhile what about Socialism?, NewBridge Project Space, Newcastle, 2016
• Imagined Communities, Personal Imaginations, Private Nationalism Budapest, Gallery of Budapest, 2015
• « Food. Produire – Manger – Consommer », MuCEM, Marseille, 2015
• Drawing Protest: From Museum Walls to Facebook Walls and Back, Shedhalle, Rote Fabrik, Zurich, 2014
• Unframed, Kiasma, Museum of Contemporary Art, Helsinki, 2013
• Postcard from the World, Lombard-Freid Projects, New York City, 2010

Juergen Teller

Né en 1964 à Erlangen, en Allemagne, vit et travaille à Londres.
Ce photographe, rendu célèbre au début des années 1990 par ses portraits de Kurt Cobain et de Morrissey, a révolutionné notre vision de la photographie. Son esthétique grunge a évolué vers un style établi sur le principe de « beauté imparfaite », prenant le contrepied des codes publicitaires. Le photographe s’amuse avec des angles de vue peu flatteurs et surprenants, et ne retouche jamais ses clichés afin de laisser le champ libre à la spontanéité et à l’authenticité de ses modèles (célébrités, proches, étudiants…). Ses images ont été publiées dans les plus célèbres magazines de mode : Vogue, W Magazine, The Face, et font également l’objet de publications ou d’expositions monographiques dans de nombreuses institutions artistiques internationales.

Il a également réalisé des courts-métrages dont Can I Own Myself (1998), dans lequel il apparaît aux côtés de Kate Moss. En 2007, il a représenté l’Ukraine lors de la 52e Biennale de Venise, à laquelle il a de nouveau participé en 2017.

Précédentes expositions (sélection)
• Enjoy Your Life!, Martin-Gropius, Berlin, 2017
• Kanye, Juergen & Kim, Phillips, Londres, 2015
• I am Fifty, Galerie Suzanne Tarasieve, Paris, 2014
• Woo!, Institute of Contemporary Art, Londres, 2013

Oscar Tuazon

Né en 1975 à Seattle, vit et travaille à Los Angeles.
Si l’architecture caractérise son travail, elle répond surtout à un impératif : « Comment vivre ? » Très loin de l’architecture conventionnelle et des maquettes, ses formes minimalistes évoquent autant l’architecture survivaliste que les constructions utopiques. L’artiste a lui-même fait très tôt l’expérience de formes d’habitations inhabituelles puisqu’il est né dans un dôme géodésique construit par ses parents. Oscar Tuazon emploie des matériaux naturels et industriels pour concevoir ses installations, structures ou objets fonctionnels. Il est également à l’origine de Castillo/Corrales, un espace d’exposition parisien non lucratif qui comprenait une librairie, une maison d’édition et un espace d’exposition, fermé depuis 2016.

Précédentes expositions (sélection)
• Skulptur Projekte Münster, Münster, 2017
• Hammer Project: Oscar Tuazon, Hammer Museum, Los Angeles, 2016
• Public Space, Modern Art Gallery, Londres, 2016
• Alone in An Empty Room, Ludwig Museum, Cologne, 2015
• Tools for Conviviality, The Power Plant, Toronto, 2012

Vincent Van Gogh

Né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert, aux Pays-Bas.
À l’âge de 16 ans, il est employé par la société de négoce d’art Goupil & Cie à La Haye, puis travaille dans les filiales de Bruxelles, Londres et Paris. Se désintéressant du commerce artistique, il se tourne davantage vers la religion et se fait prédicateur laïc en Belgique, entre 1878 et 1879. Il devient artiste en août 1880. Il se veut le peintre de la vie quotidienne, notamment paysanne, et s’inspire, entre autres, de Jean-François Millet. Paysages et natures mortes définissent aussi son oeuvre. En 1886, il découvre à Paris l’art de l’estampe japonaise et côtoie les artistes du mouvement impressionniste. Convaincu que la couleur est la clé de la modernité, Van Gogh part en Provence chercher la lumière et les couleurs éclatantes. Rêvant d’y créer une communauté artistique, il s’installe à Arles en février 1888. Gauguin le rejoint en octobre mais, fin décembre, leur collaboration s’avère impossible. Déçu et malade, Van Gogh demande à intégrer un asile à Saint-Rémy-de-Provence en mai 1889. Il y demeure une année, poursuivant sa recherche d’un art expressif, basé sur la couleur et la touche. Durant ces vingt-sept mois passés en Provence, Van Gogh produit plus de 500 tableaux et dessins. En mai 1890, il part pour Auvers-sur-Oise où, en l’espace de deux mois, il peint les 70 derniers tableaux d’une oeuvre qui comptera plus de 2 000 pièces. Il meurt le 29 juillet 1890 à l’âge de 37 ans. Son génie artistique et son tragique destin font dès lors de lui une véritable icône internationale.

Précédentes expositions à la Fondation
• « Calme et Exaltation : Van Gogh dans la Collection Bührle », 2017
• « Van Gogh en Provence : La tradition modernisée », 2016
• « Les dessins de Van Gogh : Influences et innovations », 2015
• « Van Gogh : Couleurs du Nord, couleurs du Sud », 2014

Les santons du Museon Arlaten

Créé à l’initiative du poète Frédéric Mistral (1830-1914), le Museon Arlaten dresse un panorama de la Provence rhodanienne de la fin du xviiie siècle jusqu’à aujourd’hui. Il conserve, entre autres, une collection de santons anthropomorphes et zoomorphes, créés entre le xviiie et le xixe siècle. Figurines en terre peinte, les santons sont intrinsèquement liés à la nativité et à la dévotion privée populaire qui fleurit pendant la Révolution de 1789. Issus de la pastorale du xixe siècle, les personnages ont adopté l’identité provençale. La crèche se compose de figurines représentant le monde rural (bergers, paysans, petits métiers du village) et les citadins. Seront exposées à la Fondation Vincent van Gogh Arles les figures « profanes » comme, par exemple, les petits métiers et le tambourinaire.

Le fonds de la Maison Goupil

Éditrice d’art active internationalement de 1827 à 1920, pour laquelle travaillèrent Vincent et Theo van Gogh, la maison Goupil est exemplaire de la nouvelle culture des images qui se met en place dans la seconde moitié du xixe siècle. Depuis de petites reproductions photographiques à de luxueuses gravures imprimées en couleurs, elle produit des centaines de milliers d’images diffusées dans le monde entier, aux statuts très variés – oeuvres originales, illustrations ou reproductions, comme en témoignent les estampes et chromotypographies d’après Millet réunies pour l’exposition « La Vie simple – Simplement la vie ». Ces images proviennent du fonds Goupil et du musée d’Aquitaine. Fonctionnant comme un cabinet d’art graphique, le fonds de la maison Goupil reflète toute une activité d’éditeurs d’art internationaux rendue accessible aux chercheurs. À la liquidation de la maison Goupil, Vincent Imberti, marchand d’art bordelais, a acheté ce fonds qui se trouve désormais à Bordeaux.

Collection de la Fondation Vincent van Gogh Arles, dite Collection Yolande Clergue.

Dans les années 1980, à l’approche du centenaire du séjour de Van Gogh à Arles, un nombre croissant d’Arlésiens ont déploré l’absence d’hommage rendu à leur plus célèbre concitoyen adoptif et se sont interrogés sur la façon de remédier à ce manquement. C’est ce qui a incité Yolande Clergue à fonder l’association pour la création de la Fondation Vincent van Gogh – Arles en 1983. Elle s’est ainsi engagée à créer une collection d’art contemporain à Arles, dont le but consistait à rendre hommage à l’art universel de Van Gogh.

La collection est constituée d’œuvres conçues par des artistes importants des XXe et XXIe siècles, dont Lucien Clergue (1934-2014), Robert Durand (1927-2015), Hans Namuth (1915-1990), Erró (1932), Frank Horvat (1928), Jasper Johns (1930), Candida Höfer (1944), Izis (1911-1980), Christo (1935), John Rewald (1912-1994), Yasuhiro Ishimoto (1921-2012), Henri Cartier-Bresson (1908-2004), Hiroki Kamizono, Alex Katz (1927), Herlinde Koelbl (1939) et Marc Riboud (1923-2016), exposés à la Fondation cet automne.

 

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