Ralph Gibson : La trilogie, 1970-1974 au Pavillon Populaire, Montpellier

Du 18 octobre 2017 au 8 janvier 2018, le Pavillon Populaire présente « Ralph Gibson : La trilogie, 1970-1974 », troisième opus d’un cycle dédié à la photographie américaine.

On sait que Gilles Mora porte un intérêt majeur au livre photographie, probablement plus aussi important à ces yeux que l’exposition elle-même. De nombreuses propositions antérieures au Pavillon Populaire en témoignent.

On ne s’étonne donc pas que le projet qu’il consacre à Ralph Gibson, soit entièrement centré sur The Trilogy (La Trilogie), un ensemble de trois volumes qui regroupe The Somnambulist (1970), Déjà-Vu (1973) et Days at Sea (1974).
L’histoire de la photographie contemporaine américaine, mais aussi en Europe  montre combien cette « Black Trilogy » a radicalement bouleversé la conception du livre photographique.

Pour la première fois, l’exposition rassemble les 150 tirages de « La Trilogie ». Les photographies de Ralph Gibson sont accompagnées des maquettes et de divers documents qui permettent de comprendre comment cette œuvre majeure s’est construite.

Les éditions Hazan publient à cette occasion de cette exposition une réédition des trois livres de « La Trilogie », aujourd’hui épuisés et introuvables. Ils sont réunis en un seul volume qui reprend la maquette d’origine.

L’exposition sera sans aucun doute un événement majeure de cette rentrée. En effet, il faut remonter à 1999 pour retrouver un projet d’une telle importance en France avec « Ralph Gibson – Courant continu / Black Trilogy », présenté à la Maison Européenne de la Photographie, avec la collaboration de Gilles Mora

L’an dernier, la Galerie Thierry Bigaignon l’avait exposé dans « Vertical horizon ». À cette occasion, Brigitte Patient lui avait consacré une émission du aujourd’hui raccourci « Regardez voir » sur France Inter. On ne sera pas surpris d’apprendre au cours d’une conversation téléphonique avec Gilles Mora, qu’une belle complicité lie les deux hommes et que la guitare et le rock’n’roll n’y sont pas étrangers.

Sur le site internet de « Regardez voir », on peut lire cette citation de Gilles Mora :

« Sa maîtrise dans la composition quasi graphique, voire abstraite, de l’image, ne l’a jamais mis à l’écart d’une sensualité qui est comme la marque de fabrique de ses photographies. Il est temps de redécouvrir Ralph Gibson »

On attend avec impatience de découvrir « Ralph Gibson : La trilogie, 1970-1974 ». Chronique à suivre dès que possible.

À lire ci-dessous, le texte de présentation précis, concis et sans chichis de Gilles Mora, commissaire de l’exposition et Directeur artistique du Pavillon populaire. Sont reproduits également quelques repères biographiques extraits du dossier de presse.

En savoir plus :
Sur la page du Pavillon Populaire sur le site de la Ville de Montpellier
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Sur le site de Ralph Gibson


Ralph Gibson: How to Make a Book – Directed by David Luraschi
Words by Joseph Delaney – nowness.com

Ralph Gibson : La trilogie, 1970-1974, Pavillon Populaire, Montpellier

Né en 1939 à Los Angeles, en pleine terre du cinéma américain, Ralph Gibson est sans nul doute une des figures les plus emblématiques de la photographie américaine, celle qui fut la plus prolifique, la plus généreuse dans son apport au medium, et qui fut active entre 196O et 1985. Génération que j’ai surnommée, dans un ouvrage que je lui ai consacré, « les derniers héros de la photographie ».

Gibson, après un séjour de quelques mois dans la Marine américaine, ou il se forme au métier de la reproduction photographique, décide d’être lui-même artiste photographe. Devenu assistant de la grande Dorothea Lange, puis de Robert Frank, il se rend compte, à la fin des années 1960, de son peu d’intérêt pour la photographie documentaire ou commerciale. En 1966, il monte à New York, s’installe au fameux Chelsea Hotel, et vit de façon précaire, se consacrant entièrement à la prise de vue destinée à réaliser un livre photographique nouveau, dont le langage serait neuf, entièrement consacré à la présentation de son univers d’artiste, désormais désireux de rendre compte des forces oniriques et surréalistes vers lesquelles Ralph Gibson se sent désormais porté. Influencé par le cinéma de la Nouvelle Vague française (Jean-Luc Godard ou Alain Resnais) et le Nouveau Roman, celui de Michel Butor ou d’Alain Robe-Grillet, Gibson, devant la timidité et l’accueil négatif donnés à son projet de livre d’artiste par les traditionnelles maisons d’édition, fonde son propre label, Lustrum Press. En trois volumes, The Somnambulist (1970), Déjà-Vu (1973) et Days at Sea (1974), il publie un ensemble de ses photographies désormais connu sous le nom de The Trilogy (La Trilogie). Mise en page radicalement nouvelle, exploration de thématiques individuelles rarement montrées, recherche d’un langage photographique autonome, se passant de texte pour se suffire à lui-même, impression très contrastée d’un noir et blanc somptueux : la Trilogie vient bouleverser la conception même du livre photographique traditionnel, et inaugure l’ère de ce qu’on appelle désormais la « Fine Art Photography ». L’accueil fait par la critique aux 3 volumes propulse Ralph Gibson au sommet de la célébrité dans un milieu photographique beaucoup plus porté, à cette époque, et à quelques rares exceptions près, vers une photographique documentaire. Larry Clark, Mary Ellen Mark, David Seymour seront autant de photographes qui emprunteront l’exemple de Gibson, et seront d’ailleurs tous publiés chez Lustrum Press. En Europe, et d’abord en France, Yves Guillot, Arnaud Claass, Bernard Plossu seront également à l’écoute des leçons de Gibson.

Cette exposition présente pour la première fois l’ensemble des tirages de la Trilogie (près de 150 images), ce qui n’avait jamais été fait auparavant pour ce qui représente une étape nouvelle de la photographie américaine, et de l’édition photographique. Beaucoup de ces images sont devenues des icones incontournables de la photographie contemporaine. Les éditions Hazan publient à cette occasion la réédition des trois volumes de la Trilogie, réunis en un seul, dans le respect absolu de la maquette d’origine.

Gilles Mora
Commissaire de l’exposition
Directeur artistique du Pavillon populaire.

Ralph Gibson – Repères biographiques.

Né en 1939 à Los Angeles, en Californie, Ralph Gibson passe son enfance à proximité des grands lieux du cinéma holywoodien. Autodidacte, en rupture avec son milieu familial, il quitte l’école à l’âge de 16 ans, s’engage dans la marine américaine en 1956, jusqu’en 1959. Il y acquerra un solide bagage professionnel dans le domaine de la photographie et des techniques de publication et de reproduction.

En 1959, il s’établit à San Francisco, suit quelques cours d’art, puis, en 1961, devient l’assistant de la photographe Dorothea Lange. Ses goûts le poussent d’abord vers le photojournalisme et la photographie documentaire, dont il réalise finalement les limites.

Fin 1966, il s’installe à New York dans une grande précarité économique, décidé à explorer d’autres voies plus adaptées à ses nouvelles aspirations créatives personnelles, en particulier celles de l’introspection.

Fortement influencé par la photographie et le cinéma d’avant-­‐garde européens, ayant en tête le projet d’un livre photographique total et d’un langage visuel nouveau, Gibson inaugure en 1970 le premier volume de sa Trilogie, avec The Somnambulist, suivi de Déjà-­‐Vu (1972) et Days at Sea (1974).

Afin d’obtenir la meilleure liberté éditoriale exigée par ses projets, il crée sa propre maison d’édition, Lustrum Press, qui accueillera les ouvrages de Larry Clark, ou Mary Ellen Mark.

L’accueil enthousiaste fait par la critique et le public à The Somnambulist place Ralph Gibson parmi les photographes de sa génération les plus en vogue. Tout au long des années 1970 et jusqu’à nos jours, son influence n’a cessé de se démentir. Ralph Gibson voyage beaucoup, notamment vers l’Europe, où il bénéficie d’une notoriété importante. Ses photographies sont présentées dans les plus grandes institutions mondiales

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