Inventeurs d’aventures – Premier épisode à la Friche Belle de Mai

Jusqu’au 5 novembre 2017, la Friche Belle de Mai accueille « Inventeurs d’aventures », premier épisode d’une programmation ambitieuse à l’initiative de L’École(s) du Sud, en association avec le commissaire d’exposition Gaël Charbau.

Avec ce projet, L’École(s) du Sud – réseau regroupant les écoles d’art de Nice, Arles, Marseille, Aix-en-Provence, Toulon, Avignon et Monaco – a pour « ambition de faire découvrir au public les compétences, les ressources, les programmes de recherches, les expérimentations qui permettent, en particulier au sein de leurs enseignements, l’émergence de nouveaux talents artistiques ».

Au printemps 2016, un appel à candidatures a été lancé auprès d’anciens diplômés des sept écoles d’art du sud, sur la base du texte suivant de Gaël Charbau :

« Inventeurs d’aventures est une invitation à réfléchir à la manière dont nous racontons des histoires aujourd’hui. Histoires personnelles et intimes, symboliques, initiatiques, universelles… histoires d’amour, de mort, histoires d’idées, de voyages dans la matière, dans l’espace ou dans le temps. Histoires de héros et d’anti-héros, de seconds rôles et bien sûr, histoire de l’art.

Après la fin des utopies, la fin des avant-gardes, la fin des grands récits… l’histoire actuelle commence par un grand tomber de rideau. Dans ce paysage de ruines éclatantes, être « un artiste », c’est peut-être surmonter tout ce qui devrait naturellement incliner à ne pas ajouter un seul objet de plus dans un monde qui en compte déjà beaucoup. Et si les artistes le font, c’est sans aucun doute que quelque chose au fond d’eux les porte encore à croire que tous les chemins n’ont pas été explorés, que tous les horizons ne sont pas encore éteints.

Les artistes, ces inventeurs d’aventures, ont-ils quelque chose à raconter de notre monde qui trébuche à fabriquer le récit de son propre temps ? »

Une cinquantaine d’artistes ont été sélectionnés par le commissaire et invités à participer au programme.

Pour ce premier épisode d’« Inventeurs d’aventures » à la Friche, 21 artistes sont réunis au 4e étage de la Tour Panorama :

Chloé Angiolini & Élodie Castaldo (La Balnéaire) • Jeanne Berbinau Aubry • Claire Camous • Maxime Chevallier • Jedrzej Cichosz • Sylvain Couzinet-Jacques • Bobby Dollar • Samuel Gratacap • Jérôme Grivel • Alice Guittard • Pauline Hisbacq • Aurélie Jacquet • Émilie Marchand • Céline Marin • Louis Matton • Benoît Payan • Émilie Pugnot • Maëlys Rebuttini • Grégory Ricoux • Sergio Valenzuela • Delphine Wibaux.

Pour Gaël Charbau, ce premier épisode « explore à la Friche Belle de Mai les pratiques artistiques d’un récit contemporain qui se nourrit des histoires microscopiques, intimes, parfois même familiales, jusqu’aux récits collectifs qui fédèrent les passions et les émancipations, en passant par les récits médiatiques qui rythment le quotidien de notre société.

Organisée comme les pages d’une histoire sans progression, sans début ni fin, l’exposition se parcourt comme les pages d’un journal ou d’un magazine dont on aurait oblitéré le sommaire. »

Le commissaire a donc conçu une scénographie où s’enchaînent des cimaises placées à l’équerre des fenêtres qui ouvrent sur les voies ferrées. Ici, comme pour l’exposition de Gilles Barbier dont il assurait le commissariat, Gaël Charbau a pris soin de faire disparaître les poteaux métalliques qui rythment les espaces d’exposition de l’ancienne manufacture de tabac… On suppose qu’il apprécie la colonne de journaux que Claire Camous a su malicieusement installer.

Des passages, au centre ou sur les côtés du plateau, engagent le visiteur dans une déambulation quelque peu labyrinthique, mais sans contraintes.
Chaque proposition artistique dispose d’un espace autonome. Rares sont les projets qui partagent une même cimaise. Tous s’identifient sans difficulté.

Particulièrement soignés, les accrochages savent mettre en valeur chaque projet artistique. Fait assez rare à la Friche, l’éclairage est plutôt réussi. À de très rares exceptions, reflets et contre-jours ont été judicieusement éliminés.

Sans fil conducteur et sans propos d’ensemble, « Inventeurs d’aventures » se parcourt avec fluidité, laissant au visiteur l’initiative de s’attarder face aux propositions qui l’interpellent et de construire ainsi librement son expérience de visite.

On pouvait raisonnablement avoir quelques inquiétudes sur le côté « patchwork » d’« Inventeurs d’aventures ». Certes, l’hétérogénéité des propositions artistiques est bien présente, mais sans jamais créer de dissonance. Jamais un projet n’en cannibalise un autre.
L’exposition réussit à atteindre un subtil équilibre, que l’on pouvait présumer improbable, dans la diversité de ces récits.

Une feuille de salle résume en quelques lignes les intentions de chaque inventeur d’aventures présent à la Friche.
Le site internet qui accompagne le projet apporte les repères biographiques essentiels sur les artistes.

Ce premier épisode d’« Inventeurs d’aventures » mérite sans aucun doute un passage par La Friche avant le 5 novembre prochain.

On attend avec intérêt le prochain épisode à la Villa Arson (du 15 octobre 2017 au 7 janvier 2018) où l’on devrait découvrir « un ensemble d’installations, d’environnements, de documents et d’installations vidéo qui prennent pour point de départ la nécessité, en apparence contradictoire, de transmettre et de déconstruire les récits.
Qu’il s’agisse d’anecdotes, d’histoires “hyper-subjectives” – parfois liées à l’environnement immédiat de la Villa Arson – ou au contraire de mythes universels et d’allégories, l’exposition nous confronte à la spécificité de cette langue singulière façonnée par cette jeune génération d’artistes ».

En savoir plus :
Sur le site de la Friche Belle de Mai
Suivre l’actualité de la Friche Belle de Mai sur Facebook et Twitter
Sur le site Inventeurs d’aventures
Sur le site L’Ecole(s) du Sud

Inventeurs d’aventures – premier épisode

Benoît Léon Payan, L’Exil et l’Odyssée

Aurélie Jacquet, Blondes Légères, 2017

Aurélie Jacquet, Blondes Légères, 2017
Aurélie Jacquet, Blondes Légères, 2017

Maxime Chevallier, Installation, 2017

Claire Camous, Coupe du Monde 2014 et Colonne de journaux

Bobby Dollar, Portraits de joueurs de l’OM, 2017

Emilie Pugnot, Dossier de presse, 2016

Sylvain Couzinet-Jacques, Eden, 2015-2017

Sylvain Couzinet-Jacques, Eden, 2015-2017
Sylvain Couzinet-Jacques, Eden, 2015-2017

Grégory Ricoux, série Médiocrité : Exotic Magazine, 2015

Grégory Ricoux, série Médiocrité : Exotic Magazine, 2015
Grégory Ricoux, série Médiocrité : Exotic Magazine, 2015

Pauline Hisbacq, série Amour adolescente (chants d’amour), 2016

Jérôme Grivel, Parabole #3, 2015

Jérôme Grivel, Parabole #3, 2015
Jérôme Grivel, Parabole #3, 2015

Céline Marin, Le cortège, 2015

Delphine Wibaux, Solargraphes pour un printemps docile, 2014-2017

Louis Matton, Objets autonomes (Notre-Dame-des-Landes), 2017 et Aéroparis, 2017

Jeanne Berbinau Aubry, Liqueurs, 2016

Sergio Valenzuela, Installation, 2017

Sergio Valenzuela, Installation, 2017
Sergio Valenzuela, Installation, 2017

Samuel Gratacap, Centre de détention pour migrants, Zaouia, Libye, 2014

Samuel Gratacap, Centre de détention pour migrants, Zaouia, Libye, 2014
Samuel Gratacap, Centre de détention pour migrants, Zaouia, Libye, 2014

Maëlys Rebuttini, Cimes, 2017

Alice Guittard, Overflow gently – don’t drown et autres émulsions photosensibles sur pierre, 2017

Emilie Marchand, Abécédaire

Emilie Marchand, Abécédaire
Emilie Marchand, Abécédaire

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