Mucem – Galerie de la Méditerranée : Connectivités – La Méditerranée du XXIe siècle

Quatre ans après son ouverture et après le réaménagement de la section « Ruralités », le Mucem achève la refonte complète de la Galerie de la Méditerranée avec « Connectivités ».

Connectivités - Affiche de l'exposition
Conçue pour plusieurs années, cette importante exposition est annoncée par le musée comme « une présentation inédite sur les cités en Méditerranée et leurs connexions » dont l’intention est de faire « dialoguer les cités dans la Méditerranée des XVIe-XVIIe siècles et les mégapoles et métropoles d’aujourd’hui ». L’ambition affirmée par les commissaires est de permettre « au public d’appréhender les grands enjeux de l’espace méditerranéen ».

« Connectivités » s’articule en deux parties, l’une historique, l’autre contemporaine. L’exposition rassemble plus de 350 œuvres et documents, provenant des collections du Mucem et de plusieurs musées européens.

Le commissariat est assuré par Myriame Morel-Deledalle avec la collaboration de Sylvia Amar-Gonzalez, Jean-Roch Bouiller et Emilie Girard, et assistés de Lise Lézennec, Clémence Levassor et Céline Porro.
La scénographie a été confiée à bGcstudio (Iva Berthon Gajsak et Giovanna Comana). Le graphisme a été imaginé par Anne-Katherine Renaud. La conception lumière a été mis au point par Sara Castagné.

Patrick Guns, Nous sommes 152 Que Dieu nous aide, 2014 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui - Vue de l'exposition
Patrick Guns, Nous sommes 152 Que Dieu nous aide, 2014 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui – Vue de l’exposition

Cette chronique s’attache à porter un regard critique sur le parcours contemporain, « La Méditerranée du XXIe siècle ». On reviendra ultérieurement sur la première partie « La Méditerranée des XVIe et XVIIe siècles » que le catalogue intitule « Braudel et la Méditerranée »…

La scénographique « organisée par une ligne brisée » distingue clairement parcours historique et contemporain. « La Méditerranée du XXIe siècle » se déploie autour du dispositif central qui figure la Méditerranée à l’époque de Philippe.

Scenographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c) François Deladerriere
Scenographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c) François Deladerriere

Un enchaînement d’espaces à la géométrie fragmentée est rythmé par quelques ouvertures sur la mer. Plusieurs grandes projections (Stéphane Couturier) et installations (Patrick Guns) composent des perspectives qui orientent avec finesse et subtilité le regard du visiteur.

Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui - Vue de l'exposition
Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui – Vue de l’exposition

Selon l’heure et la couverture nuageuse, la lumière naturelle apporte une note complémentaire et changeante qui joue avec certaines installations. Cependant, elle génère aussi quelques effets de miroir ou de contraste qui troublent la perception de certaines œuvres et la lecture de quelques vidéos.

Une assez longue séquence introductive tente de poser quelques jalons sur une histoire de l’architecture et de l’urbanisme en méditerranée. Le parcours présente ensuite des regards croisés sur l’habitat de « quatre cités témoins de notre temps présent » : les mégapoles du Caire et d’Istanbul et l’exemple de deux métropoles en évolution avec Casablanca et Marseille.

ENSA-M, La Fabrique du territoire, 2017 - Exposition Connectivités Nov 2017 (c) François Deladerriere
ENSA-M, La Fabrique du territoire, 2017 – Exposition Connectivités Nov 2017 (c) François Deladerriere

Ces quatre études de cas sont introduites par une passionnante et éclairante étude cartographique conçue par les enseignants-chercheurs et les étudiants du séminaire « La fabrique du territoire » à l’École d’Architecture de Marseille (ENSA-M).

Pour chaque ville, l’exposition confronte les regards d’artistes. Les œuvres ont été sélectionnées avec beaucoup de pertinence. Elles sont accompagnées de documents qui offrent parfois d’intéressants contrepoints. À titre d’exemple, on peut citer le dialogue entre les photographies de Marie Bovo et la maquette d’Ard-el-Liwa au Caire par le département d’architecture de l’ETH Zürich).

L’accrochage construit souvent des rapprochements ou des oppositions très réussis. On pense, entre autres, au face à face entre les photographies de Serkan Taycan et celles d’Ymane Fakhir ou encore à la juxtaposition des images de Francesco Jodice avec le très beau travail de Marie-Pierre Florenson.

Par contre, on reste perplexe devant la présentation de quelques œuvres vidéos. Comment a-t-on pu concevoir que les visiteurs resteraient debout devant un moniteur vidéo pour regarder attentivement les 93 minutes du film d’Imre Azem, « Eukümenopolis » ? C’est fâcheux, car ce documentaire présente des clés essentielles pour saisir l’évolution délirante de l’urbanisme à Istanbul…

Imre Azem, Eukümenopolis, 2012 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Imre Azem, Eukümenopolis, 2012 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Un peu plus loin, la même épreuve est « infligée » pour voir les 51 minutes du film d’Antoni Muntadas, « Marseille: mythes et stéréotypes ».
Certes, le Mucem n’est pas la seule institution a se heurter aux difficultés d’intégrer films et vidéos de longue durée dans le parcours des expositions. Néanmoins, le problème existe et mérite d’être résolu…

En fin de parcours, la séquence consacrée à la métropole marseillaise juxtapose œuvres et documents dans une « mosaïque » assez embrouillée. Il est difficile d’y saisir la logique et l’articulation du propos.

Les textes de salles sont construits par la juxtaposition, sans commentaires, de deux à trois citations de journalistes, de chercheurs, d’écrivains, de poètes, de médecins, d’urbanistes ou de géographes.

Scénographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c)Agnes Mellon Mucem
Scénographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c)Agnes Mellon Mucem

Les cartels « enrichis » qui présentent artistes, œuvres et documents sont brefs et concis. S’ils sont suffisants pour les créations les plus expressives, ils sont parfois trop succincts pour résumer toute la richesse de démarches qui mériteraient d’être replacées dans leur contexte. C’est notamment le cas pour le film et la maquette d’Hassan Darsi.

Dans l’audioguide, Sylvia Amar, co-commissaire de la partie contemporaine de l’exposition, annonce et assume le parti pris de « Connectivités – La Méditerranée du XXIe siècle » :

« Nous n’allons pas donner toutes les clés, il y a une grande part qui est laissée à l’imaginaire du visiteur, à sa capacité à rajouter un récit qui est le sien sur le récit que nous lui proposons ».

Doit-on se satisfaire de cette place généreuse laissée au visiteur ?

Oui, sans aucun doute, si celui-ci a quelques connaissances en architecture, urbanisme, sociologie ou géographie. Oui, s’il est un voyageur attentif qui a séjourné dans ces quartes villes. Oui encore, si cet amateur averti n’ignore pas la démarche de Fernand Braudel et s’il est curieux des pratiques artistiques contemporaines…

Par contre, il n’est pas certain que le visiteur ordinaire sera en mesure de « faire couture » entre les éléments d’un discours volontairement lacunaire, parfois elliptique qui superpose et entremêle plusieurs niveaux d’expression…
Pour celui-là, l’exposition impose un réel engagement, à moins de se satisfaire d’une déambulation agréable et de s’arrêter ici ou là pour la beauté formelle ou la force expressive d’une œuvre, pour le jeu changeant de la lumière sur un objet ou pour le caractère anecdotique ou incongru d’un document…

Scénographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c)Agnes Mellon Mucem
Scénographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c)Agnes Mellon Mucem

Actuellement, pour une visite individuelle, les outils disponibles semblent insuffisants pour construire et enrichir une expérience de visite avant, pendant et après un passage par le Mucem.
Pour cette partie de l’exposition, l’audioguide est très incomplet. Le site internet du musée offre peu d’éléments pour préparer ou compléter la visite.
Assez loin d’être un vrai catalogue, l’ouvrage qui accompagne l’exposition apporte peu d’informations susceptibles d’éclairer la visite. Les 25 pages consacrées à la partie contemporaine de « Connectivités » se contentent de paraphraser les textes de salles, à moins que cela ne soit le contraire.
Le visiteur qui a envie « d’appréhender les grands enjeux de l’espace méditerranéen » devra donc écouter avec attention les témoins qu’il rencontre en début de parcours, lire avec soin la vaste frise « L’urbanisme de l’habitat en méditerranée occidentale au XXe siècle » de l’introduction avant de parcourir « Connectivités – La Méditerranée du XXIe siècle ». Des recherches sur Internet lui offriront quelques précieuses informations, surtout s’il est anglophone, pour préparer ou compléter sa visite.

Connectivités - Catalogue de l'exposition

Peu de chose à ajouter sur la publication annoncée comme un catalogue. Les textes n’apportent pas beaucoup d’éléments de réflexion à ce que l’on peut lire ou entendre dans l’exposition. Les informations sur les artistes, les œuvres et les documents sont très insuffisantes et indignes d’un catalogue. Faut-il ajouter que l’ouvrage ne propose pas de liste des œuvres exposées, pas de bibliographie, aucun lien vers le web ?

L’ouverture de l’exposition s’est accompagnée d’une journée de rencontres « À propos des connectivités contemporaines : géographie, économie et politique ». On en espère une restitution prochaine et pourquoi pas une publication en ligne.

À lire, ci-dessous, un compte rendu de visite.

En savoir plus :
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Plusieurs liens dans le compte rendu de visite qui suit.

Connectivités – La Méditerranée du XXIe siècle :
un compte-rendu de visite

Sept témoignages sur la ville contemporaine en Méditerranée :

Le parcours de visite commence par un dispositif de projection mis en place autour de la parole de Braudel. Sept témoins (historiens, géographes, sociologues et architectes), critiques ou disciples de la pensée de l’historien, proposent quelques clés de décryptage des villes des XXe et XXI siècles :
Michel Agier s’intéresse à la ville campement, Amale Andraos à la ville arabe, Virginie Baby-Collin à la ville informelle, Michel Lussault à la ville hyper-lieu, Saskia Sassen à la ville globale, Immanuel Wallerstein à la ville système-monde et Serge Gruzinski pose un regard plus large dans l’espace dans le temps sur la mondialisation en Méditerranée et à la ville métisse.

Cet espace de projection apparaît comme une articulation, une « rotule » dit le catalogue, une connexion entre parcours historique et contemporain.
Les propos de ces historiens, chercheurs, intellectuels constituent une introduction mais aussi des contrepoints aux regards et aux dialogues que propose cette deuxième partie de l’exposition « La Méditerranée du XXIe siècle ».
S’il est un peu difficile de tout écouter avant de commencer un parcours, plusieurs retours vers ces témoins permettent sans doute d’enrichir notablement son expérience de visite.

L’urbanisme de l’habitat en méditerranée occidentale au XXe siècle

La séquence introductive commence, sur la droite, avec une frise de 9 mètres de long conçue par Jean-Lucien Bonillo, professeur à l’École d’architecture de Marseille (ENSA-M) et directeur du laboratoire INAMA. Présentée comme une histoire alternative de l’architecture, elle propose de revenir sur les grands courants d’idées, les projets réalisés ou abandonnés, les expérimentations et les influences croisées qui ont émergé au cours du XXe siècle dans l’habitat en Méditerranée, entre les « deux rives du colonialisme, du vernaculaire au moderne ».

Jean-Lucien Bonillo, ENSA-M laboratoire INAMA - Exposition Connectivités Nov 2017 (c) François Deladerriere
Jean-Lucien Bonillo, ENSA-M laboratoire INAMA – Exposition Connectivités Nov 2017 (c) François Deladerriere

Riches de nombreuses informations, ces cinq panneaux, dont trois séquences chronologiques, captiveront naturellement les architectes, les urbanistes, les sociologues et les amateurs avertis. Par contre, il n’est pas certain que le curieux ordinaire sera en mesure d’avaler et digérer toute cette matière comme préambule à sa visite… Son attention risque de fléchir. Son regard pourrait assez logiquement glisser vers les objets et les images sélectionnés pour cette séquence introductive…
Ces « repères qui témoignent des recherches des architectes-urbanistes sur “l’habitat adapté” », rassemblés par Jean-Lucien Bonillo, mériteraient une présentation plus interactive, consultable en ligne avant ou après la visite de l’exposition afin de préparer ou d’enrichir celle-ci…

Les aquarelles d’Yvan Salomone

En face, six grandes aquarelles d’Yvan Salomone construisent une mosaïque d’espaces urbains en partie recomposés. Entre réel et imaginaire, elles traduisent les moments incertains où la ville et le port se tournent le dos. Avec un peu de mélancolie et de distance, ces paysages sans présence humaine évoquent cette disparition « des activités humaines, professionnelles ou amoureuses des ports »… Extraites d’un important corpus, ces aquarelles sont exécutées selon un protocole précis. Leur accrochage devrait être renouvelé tous les six mois.

Maquettes historiques de la Fondation Le Corbusier

En écho à la frise sur « L’urbanisme de l’habitat en méditerranée occidentale au XXe siècle », deux maquettes historiques de projets non réalisés en Algérie de Le Corbusier (Plan Obus pour Alger, 1930 et projet d’urbanisme en 1933 pour la ville nouvelle de Nemours en Algérie) illustrent les « visions utopiques » des urbanistes occidentaux. Elles interrogent aussi le visiteur sur leurs éventuelles empreintes dans les développements urbains en méditerranée…

Regards de Stéphane Couturier sur Chandigarh et sur Alger…

L’accrochage rebondit sur la figure de Le Corbusier avec deux montages photographiques de Stéphane Couturier, extraits de sa série « Chandigarh Replay ». Il y réinvente la ville imaginée par l’architecte en fusionnant la structure des façades de béton brut avec les fresques colorées qui décorent l’intérieur de ces bâtiments administratifs.

Stéphane Couturier, Chandigarh, Assemblée - 3 et Chandigarh, Secteur – 44, 2006-2007 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Stéphane Couturier, Chandigarh, Assemblée – 3 et Chandigarh, Secteur – 44, 2006-2007 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Cette interprétation artistique de l’architecture de Chandigarh se prolonge avec le regard du photographe sur l’appropriation par ses habitants de la cité Climat de France à Alger.

L’installation de Stéphane Couturier ( Alger – Cité « Climat de France », Place des Deux Cents Colonnes, 2012) est sans conteste l’œuvre qui marque avec force cette séquence introductive en « aspirant » le regard du visiteur.

Stéphane Couturier, Alger - Cité « Climat de France », Place des Deux Cents Colonnes 2012 et Chandigarh, Assemblée - 3 et Chandigarh, Secteur – 44, 2006-2007 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Stéphane Couturier, Alger – Cité « Climat de France », Place des Deux Cents Colonnes 2012 et Chandigarh, Assemblée – 3 et Chandigarh, Secteur – 44, 2006-2007 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Avec ce lent travelling, l’artiste propose une étonnante peinture de cette cité d’habitation construite entre 1954 et 1957 par Fernand Pouillon. Monument de l’architecture moderne et du colonialisme, elle croule aujourd’hui sous le poids de sa surpopulation. Cette micro-mégapole illustre l’appropriation et l’adaptation d’un objet architectural par ses habitants dans un développement informel où s’empilent les usages domestiques bricolés.

Cette importante séquence introductive confronte le visiteur aux intentions des commissaires et plus particulièrement à l’articulation d’un discours très ouvert. Elle lui permet de comprendre la large place qui lui est laissée pour faire le lien entre sa propre expérience, le point de vue des artistes et les documents produits par des géographes, des historiens, des architectes ou des urbanistes…

Un socle cartographique

Avant d’aborder les quatre villes choisies par « Connectivité » et dans la logique de Braudel, le parcours propose de commencer par le socle fondamental de la géographie et de son expression cartographique.

Cette captivante et éclairante étude cartographique a été conçue pour l’exposition par les enseignants-chercheurs et les étudiants du séminaire « La fabrique du territoire » à l’École d’Architecture de Marseille (ENSA-M).

ENSA-M, La Fabrique du territoire, 2017 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
ENSA-M, La Fabrique du territoire, 2017 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

La pièce maîtresse de ce « cabinet » de géographie est constituée par un dispositif central. Sur les fonds de cartes topographiques muettes et en relief, une projection animée montre l’évolution synchronisée de la tache urbaine, des espaces naturels, de l’hydrographie et des infrastructures. Cette animation permet une comparaison révélatrice de l’expansion de ces quatre villes.
Quatre cartes murales présentent la situation actuelle de l’urbanisation du Caire, d’Istanbul, de Casablanca et de Marseille.

ENSA-M, La Fabrique du territoire, 2017 - Marseille
ENSA-M, La Fabrique du territoire, 2017 – Marseille

Les visiteurs avertis et attentifs pourront y déceler les principales problématiques que les commissaires souhaitent souligner :

  • L’urbanisme informel et « illégal » au Caire avec la multiplication des villes nouvelles à la périphérie et la destruction des terres agricoles.
  • Les quatre grands projets « impériaux » d’Erdogan sont à Istanbul avec la nouvelle ville, le troisième aéroport, le troisième pont et Kanal Istanbul.
  • La question des transports à Casablanca.
  • Le développement polycentrique de la métropole marseillaise et la place des espaces naturels.
Serkan Taycan - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Serkan Taycan – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

La projection des images de Geoffroy Mathieu, « Dos à la mer, promenade en Méditerranée urbaine », fait ici un écho pas toujours très pertinent à cette étude cartographique. Parmi les six villes où le photographe a travaillé, Marseille apparaît comme le seul point commun.

Geoffroy Mathieu, Dos à la mer, 2005-2008. (c) Geoffroy Mathieu
Geoffroy Mathieu, Dos à la mer, 2005-2008. (c) Geoffroy Mathieu

Un rapprochement avec les aquarelles d’Yvan Salomone aurait été probablement plus fructueux.

Le Caire

Introduit par deux citations d’Éric Denis et Patrice Claude, l’espace consacré au Caire est un des plus réussis.

Scénographie Mucem Exposition Connectivités Nov 2017 (c) François Deladerriere
Scénographie Mucem Exposition Connectivités Nov 2017 (c) François Deladerriere

Il s’organise autour d’une imposante maquette du quartier d’Ard-el-Liwa au Caire.
Réalisée par le département d’architecture de l’ETH Zürich, cette maquette a été produite dans le cadre du Master of Advanced Studies en Design Urbain (MAS UD) qui a initié en 2014 une enquête sur les implantations informelles au Caire, dans le quartier d’Ard-el-Liwa.
Anne-Charlotte Malterre-Barthes, ancienne élève de ENSA-M, y enseigne dans chaire de Marc Angélil avec lequel elle a publié « Housing Cairo: The Informal Response ».
Pour ces chercheurs, les modes informels de construction au Caire reflètent le phénomène de la croissance urbaine mondiale. Le MAS Urban Design « travaille contre la perception négative attachée aux zones informelles et pour un engagement plus fort des architectes et des designers (locaux et étrangers) dans ces quartiers, appelant finalement la sensibilisation du gouvernement à légaliser, reconnaître et intégrer ces zones comme partie essentielle de la ville ».

Cette maquette et les travaux du MAS ont été exposés à Arc En Rêve-Centre d’Architecture à Bordeaux, dans le cadre de Constellation.s, au Pavillon égyptien de la Biennale d’architecture de Venise et à la Bi-City Biennale de Shenzhen.
Une sélection de documents du MAS Urban Design sont présentés dans un montage vidéo réalisé par Timothée Vigile.

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La dimension réduite de l’écran qui lui est consacré ne doit pas dissuader le visiteur de le regarder avec attention. Il est le principal élément qui donne sa cohérence à cet espace.

Cette maquette du quartier d’Ard-el-Liwa construit un intéressant dialogue avec les deux photos de grand format extraites de la série Bâb-el-Louk de Marie Bovo.

Marie Bovo, 18h50, Bâb-et-Louk, 2007 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Marie Bovo, 18h50, Bâb-et-Louk, 2007 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

À propos de cette série, Richard Leydier écrivait en avril 2008 :
« Au cours du printemps 2006, Marie Bovo installe son appareil photographique sur le toit d’un immeuble du Caire, précisément dans le quartier de Bab-El-Louk, point central de la capitale égyptienne.
Dix clichés sont réalisés à différents moments de la journée et de la nuit. À quelque chose près, ils répètent le même cadrage, le même point de vue qui empile les immeubles et, en supprimant la ligne d’horizon, porte à croire que la ville pourrait s’étendre indéfiniment. Or, chaque image nous montre un paysage différent.
Il s’agit bien à chaque fois des mêmes toitures en terrasse recouvertes de gravats, des mêmes édifices pour lesquels nous ne parvenons pas à décider s’ils sont en ruine ou en cours de construction ».

Dans un entretien publié par SOME/THINGS, Marie Bovo répond à la question « Bab-El-Louk as Babel ? » :
«  oui, Bab-El-Louk, comment ne pas entendre Babel dans le nom même ! Babel, la tour censée atteindre le ciel, la grande citée universelle qui contenait en elle toute l’humanité mais qui fut ruinée par le châtiment divin. Oui, quand on voit les terrasses du quartier de Bab-El-Louk, comment ne pas penser aux peintures de la renaissance qui montrent une tour de Babel à moitie construite à moitié détruite. Il y a une similitude frappante entre l’imaginaire du mythe et la réalité de la ville. Comme si précisément, c’était ce processus de tour de Babel qui était à l’œuvre dans la ville du Caire, la construction et la destruction étant la continuité d’un même état qui oscille entre les deux pôles. Mais peut-être peut-on voir dans les toits-terrasses propres aux villes arabes et à certaines villes du sud de l’Espagne, une survivance du mythe, une manière d’être entre le ciel et la terre entre le sol, la rue, l’espace public et le toit, le ciel, l’intime. Le mythe de Babel renvoie très clairement à la genèse, aux commencements, à une dimension universelle. Et il n’y a pas de doute que Le Caire est une dimension universelle, parce que c’est une ville qui est traversée par le temps comme par l’histoire et que l’identité arabe va de pair avec l’identité méditerranéenne ».

Marie Bovo 05h45, Bab-el-Louk, 2007 - Scénographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c)Agnes Mellon Mucem
Marie Bovo 05h45, Bab-el-Louk, 2007 – Scénographie Mucem Exposition Connectivites Nov 2017 (c)Agnes Mellon Mucem

Il y a dans cette réponse de la photographe, et en particulier dans sa dernière phrase, une étrange résonance avec le film « A God Passing » de David Gheron Tretiakoff.

David Gheron Tretiakoff, A God Passing 2008 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
David Gheron Tretiakoff, A God Passing 2008 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Projeté, dans un espace à l’entrée de la salle, « A God Passing » raconte le transfert de la statue de Ramsès, endommagée par la pollution, de la gare du Caire vers le futur musée égyptien sur le plateau de Gizeh.
Réalisé quatre ans avant les éventements de la place Tahir, le film de David Gheron Tretiakoff montre aussi la prise de possession par la foule de l’espace public ordinairement confisqué par le pouvoir… Ici, on peut lire « Pardonne-nous, Ô Roi, nous ne méritons pas d’être tes descendants ». Là, on entend « 70 millions d’Égyptiens, descendants du Pharaon, sont réduits en esclavage »…

Cinéma & Mémoires : un point d’articulation ?

Entre Le Caire et Istanbul, le parcours installe une salle de projection. Trois films s’y enchaînent :

« Ismyrne » de Joana Hadjithomas et Etel Adna. Le synopsis de ce film de 50 minutes, réalisé en 2016, évoque le partage par les deux femmes d’une une ville où où elles-mêmes n’ont jamais vécu : Izmir, en Turquie, ancienne Smyrne.
« Après la chute de l’empire ottoman, la famille paternelle grecque de Joana a été chassée de Smyrne par les armées turques. La mère grecque d’Etel, aussi née à Smyrne, a épousé un officier syrien de l’armée ottomane qui s’est exilé au Liban après la chute de l’empire.
Ayant vécu dans une Smyrne imaginaire, Etel et Joana sont désormais confrontées à la transmission de l’histoire, questionnant leur attachement aux objets, aux lieux et aux imaginaires privés d’images. Leurs expériences personnelles, le récit de leurs existences forme comme la toile de fond de changements survenus après la chute de l’Empire ottoman, questionnant les frontières, des concepts d’identité et d’appartenance ».

Joana Hadjithomas et Etel Adna, Ismyrne, 2016
Joana Hadjithomas et Etel Adna, Ismyrne, 2016

« Going Nowhere 2 » (2011) de Simon Faithful montre la laborieuse progression d’une silhouette vêtue de jeans et d’une chemise blanche qui s’éloigne au fond de la mer Adriatique…

« Les Grands Ensembles » (2001) de Pierre Huygues suggèrent un mystérieux dialogue lumineux entre deux tours HLM…

Pierre Huyghe, Les grands ensembles, 2001

Dans un article du catalogue, Sylvia Amar-Gonzalez et Myriame Morel-Deledalle, commissaires de l’exposition, considèrent que « cet espace où s’articulent histoire et mémoire est central dans “Connectivités” ». Elles le nomment aussi « rotule », « espace de transition » ou encore « passage »…


Si ces œuvres peuvent nous faire « traverser ce moment qui sépare la rive de l’histoire de celle de la mémoire », l’expérience nous laisse plutôt dubitatifs sur l’idée que ce passage soit une transition riche de sens entre la Méditerranée de Philippe II et les problématiques d’urbanisme des quatre villes du parcours contemporain…

Istanbul

L’exposition s’intéresse ensuite au développement déraisonnable de l’urbanisme à Istanbul.

 

Artiste marcheur, Serkan Taycan présente « Between two seas » (2013), une installation qui regroupe, carte, vidéo et une série de photographies sur un des tracés envisagés pour Kanal Istanbul.

C’est un des projets les plus délirants de Recep Tayyip Erdoğan qui devrait relier la mer Noire et la mer de Marmara, avec comme objectif le désengorgement du Bosphore. D’une longueur de 50 km, pour une profondeur de 25 mètres et une largeur de 150 mètres, il permettrait le passage quotidien de 160 navires de fort tonnage. D’importants projets immobiliers accompagnent ce futur canal avec la création de plusieurs villes nouvelles et l’installation de 500 000 à 1,2 million d’habitants…
Présenté lors de la 13ème Biennale d’Istanbul en 2013, « Between two seas » est un projet artistique, mais aussi collaboratif et militant qui s’est traduit par la création d’un sentier pédestre de 4 jours.

Un peu plus loin, l’exposition montre trois photographies de la série « Shell » (2010-2013). Serkan Taycan souligne la nature fragile des paysages à la périphérie d’Istanbul. Il interroge l’image de cette ville qui s’est transformée en une mégapole où des projets de construction débridés engendrent d’importants problèmes sociaux et écologiques.

Serkan Taycan, Shell, 2010-2013 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Serkan Taycan, Shell, 2010-2013 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Entre les deux séries photographiques de Serkan Taycan, il ne faut surtout pas ignorer « Eukümenopolis », un film réalisé par Imre Azem en 2012. Dans ce documentaire de 93 minutes, Imre Azem retrace les grandes étapes du développement d’Istanbul depuis la proclamation de la république en 1923 jusqu’au récent projet de troisième pont au-dessus du Bosphore…

L’explosion démographique et l’accroissement de l’espace urbain qui se sont accélérés dans les années 80 s’accompagnent de projets délirants dans un développement complètement anarchique…
On regrette que ce film soit présenté dans des conditions très inconfortables. En effet, il est très difficile de regarder ce document debout, au milieu du passage.
Le Mucem, comme d’autres institutions, devrait utiliser d’autres dispositifs pour intégrer des films de moyen et long métrage dans les expositions. Une réflexion sur l’utilisation de plateformes numériques accessibles avec un code, pour une durée limitée et avec une indexation éventuelle des séquences, permettrait aux visiteurs de (re)voir ces œuvres avant, pendant et après un passage au musée pour préparer et enrichir la visite…

Cette séquence consacrée à Istanbul est complétée par un texte de salle qui réunit un extrait d’« Istanbul Planète, la ville-monde du XXe siècle » de Jean-François Pérouse et un très beau texte d’Orhan Pamuk.

Casablanca

Les quatre photographies d’Ymane Fakhir de sa série « Étalement urbain » construisent un étonnant dialogue avec celles de Serkan Taycan… Sur des sujets similaires, leurs regards photographiques singuliers sont particulièrement intéressants.

À propos de cette série, Ymane Fakhir écrit sur le site documentsdartistes.org :
« J’ai commencé ce travail en février 2006 dans un quartier périphérique de la ville de Casablanca “Sidi Maârouf”. En février, les champs sont fleuris, la terre bien gorgée d’eau de pluie ce qui accentue ma surprise de voir cet espace rural céder progressivement la place à la construction massive et incontrôlable des immeubles.
On voit ainsi fleurir une construction massive de lotissements économiques et de bureaux de grandes entreprises. Ces photographies sont destinées à témoigner de la mutation du paysage, passant quasiment du jour au lendemain d’un état de nature à un état de civilisation à outrance et comment l’espace subit les accélérations soudaines du progrès économique, cesse d’être un lieu de vie pour devenir un espace de consommation ».

Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui - Vue de l'exposition
Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui – Vue de l’exposition

Aborder la question de l’urbanisme à Casablanca sans faire une place au travail d’Hassan Darsi aurait été incompréhensible…
« Connectivité » expose deux œuvres de cet artiste où il interroge la question urbaine autour d’un bâtiment de l’époque colonial que surplombe son atelier.

« Le square d’en bas » est un projet collaboratif qu’Hassan Darsi a développé avec « La source du lion » à partir de la fin 2014. La superbe maquette exposée au Mucem, achevée en 2017, en est le témoignage.

Le site de « La source du lion » raconte brièvement l’histoire du bâtiment et les intentions d’Hassan Darsi  :
« Ancienne usine de transformation du bois fondée en 1921, la maison Legal frères et cie, témoin d’une période emblématique de l’histoire du Maroc et révélant des pratiques architecturales et industrielles propres à cette histoire, est ensuite laissée à l’abandon depuis sa fermeture en 1932. La bâtisse, déserte et tombant en désuétude, était restée depuis, interdite d’accès au public. Passants casablancais, étrangers et riverains, la côtoyaient, la questionnaient, l’ignoraient ou l’oubliaient.
De l’atelier de la source du lion, au sixième étage de l’immeuble d’en face, Hassan Darsi voyait tous les jours depuis 6 années cet étrange et étonnant bâtiment, érigé tel un bout de l’histoire contemporaine des casablancais. En le reconstruisant en maquette à échelle de 1/50ème, avec la participation de l’autre, casablancais ou visiteur, il a ouvert les portes du possible : nouvelle histoire, nouvelle forme et nouveaux questionnements. La maquette de Legal frères et cie, regardée au détail et posée au cœur de collaborations artistiques et d’échanges avec les citoyens, a comme philosophie la nécessité de réfléchir ensemble les réalités sociales et urbaines qu’on ne prend pas le temps de regarder ».

Un peu plus loin, l’artiste évoque la fin du bâtiment :
« La démolition entreprise par le promoteur immobilier propriétaire des lieux s’est amorcée sans autorisation, en toute illégalité. Il ne reste aujourd’hui du modèle original de la maquette qu’une demi-ruine, témoin impuissant du peu d’intérêt porté à notre histoire et notre patrimoine… La maquette et quelques images restent aujourd’hui les seuls témoins du bâtiment dans son intégrité, témoins d’un naufrage et des réalités politiques et urbaines de Casablanca ».

Hassan Darsi, Zone d'incertitude I, 20 min, 2012 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui - Vue de l'exposition
Hassan Darsi, Zone d’incertitude I, 20 min, 2012 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui – Vue de l’exposition

La deuxième pièce d’Hassan Darsi est une vidéo, réalisée en 2012.
« Zone d’incertitude » montre le geste très ralenti d’un homme perché sur la corniche du bâtiment Legal frères et Cie. Il repeint en blanc cette bâtisse abandonnée et en ruine, « fleuron déchu de l’économie française au Maroc, à l’époque du protectorat, devenu propriété royale à l’indépendance. Une action vaine qui souligne les paradoxes socio-économiques du Maroc… ». On avait pu voir cette œuvre en 2014 au Mucem pour « Passerelle artistique : étrange paradoxe ». À l’époque, elle était projetée sur toute une cimaise. Pour « Connectivité », elle est montrée sur moniteur vidéo ce qui en réduit singulièrement l’impact…

Patrick Guns, Nous sommes 152 Que Dieu nous aide, 2014 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Patrick Guns, Nous sommes 152 Que Dieu nous aide, 2014 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Le monumental mobile « Nous sommes 152 Que Dieu nous aide » (2014) de Patrick Guns s’impose comme une rupture dans le parcours.
La puissance de l’œuvre est indéniable. Installée, au coin du J4, face la méditerranée, elle s’inscrit dans le paysage et son pouvoir d’évocation des naufrages migratoires en Méditerranée en est multiplié…

Cependant, elle produit une vraie cassure dans le discours sur l’urbanisme et l’habitat… Certes la question des migrations est essentielle et les problématiques qu’elle engendre dans le développement urbain est incontournable. Cela dit, on a du mal à percevoir la manière dont cette question s’articule avec ce qui a été montré avant l’installation de Patrick Guns et avec la suite du discours de « Connectivité »…
Quelques esprits chagrins, pourraient percevoir la présence de cette œuvre imposante et bouleversante comme la volonté de produire un effet spectaculaire et quelque peu décalé dans le parcours de l’exposition…

Marseille :

Marseille, ou plus exactement le développement polycentrique de la métropole marseillaise et à « sa relation désordonnée et spontanée au paysage » devait être la dernière « étude de cas » du parcours contemporain de « Connectivités ».

Les trois citations reproduites par le texte d’introduction (Marcel Roncayolo, Elisée Reclus et Blaise Cendrars) essayent de résumer les problématiques auxquelles le développement de la ville a été confronté.

Sur une longue cimaise, l’accrochage enchaîne plusieurs œuvres et documents qui construisent un discours assez embrouillé dont on perçoit difficilement l’articulation…

La séquence commence par une vidéo d’Antoni Muntadas, « Marseille : mythes et stéréotypes », réalisée en 1995.

Antoni Muntadas, Marseille Mythes et Stéréotypes, 1995 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Antoni Muntadas, Marseille Mythes et Stéréotypes, 1995 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Le site « Heure Exquise ! » en résume ainsi le propos : « Ce travail documentaire est un vidéomontage de textes et de citations diverses : interviews de personnes responsables de l’image de la ville de Marseille ou qui ont été impliquées dans sa représentation ( tels que des producteurs, des cinéastes, des sociologues…) et des extraits audiovisuels tirés de nombreuses sources documentaires, télévisuelles, publicitaires, musicales et spécialement de l’imaginaire cinématographique propre à Marseille. Ainsi, au long de ces cinquante minutes, défile à l’écran une succession plus ou moins ordonnée de mythes et de stéréotypes, de réflexions et d’ interrogations, intégrant une mosaïque de points et contre-points de vue ».
Les visiteurs déterminés qui souhaitent découvrir les 50 minutes de ce travail d’Antoni Muntadas, bénéficient de la même situation d’inconfort que celle qui est offerte pour « Eukümenopolis » d’Imre Azem

Vient ensuite une évocation de la Citée Radieuse avec la première aquarelle de la commande qu’Yvan Salomone s’est passée à lui-même.

Yvan Salomone - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Yvan Salomone – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Elle fait écho au montage « De la “maison du Fada” à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco », réalisé par Thimothée Vignal pour de Mucem à partir d’archives de la Fondation Le Corbusier.

La Cité radieuse de Marseille, vue par la presse. Archives Fondation Le Corbusier, 1947-2006 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
La Cité radieuse de Marseille, vue par la presse. Archives Fondation Le Corbusier, 1947-2006 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

À cette immanquable regard sur le « Corbu » dès que l’on parle architecture et urbanisme à Marseille, succèdent une confrontation très réussie entre les images de Francesco Jodice et celles de Marie-Pierre Florenson sur les opérations d’Euromediterranée…

Francesco Jodice et Marie Pierre Florenson - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui - Vue de l'exposition
Francesco Jodice et Marie Pierre Florenson – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui – Vue de l’exposition

En 2007, Francesco Jodice répond avec onze autres photographes à une commande publique. Il s’agissait de réaliser un travail d’auteur sur les zones en mutation autour du chantier Euroméditerranée. On avait pu en découvrir les résultats au Château de Servières en 2012.
Quatre images ont été choisies pour l’exposition au Mucem. Elles montrent le silo d’Arenc, sans présence humaine, dans une lumière aveuglante…

Francesco Jodice, Marseille, silo d'Arenc, 2006 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Francesco Jodice, Marseille, silo d’Arenc, 2006 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

« Parvis Ouest Côté Mer » illustre sous la forme d’un diaporama le superbe travail que Marie-Pierre Florenson a réalisé sur l’esplanade de La Major.

Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui - Marie Pierre Florenson
Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui – Marie Pierre Florenson

Pendant plusieurs années, elle a observé avec empathie les personnes qui ont investi cet espace en mutation… Les très belles images Marie-Pierre Florenson auraient certainement mérité une présentation plus avantageuse qu’un « slide show » sur un moniteur vidéo…

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Les visiteurs les plus valeureux n’oublieront pas de regarder, sur un tout petit écran, les propositions de trois équipes sélectionnées par la métropole Aix-Marseille-Provence qui expriment leurs visions pour un futur métropolitain.

Projet métropolitain Àix-Marseille-Provence, trois visions pour un futur métropolitain - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Projet métropolitain Àix-Marseille-Provence, trois visions pour un futur métropolitain – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Une fois de plus, il faut pas mal de détermination pour visionner dans ces conditions ces vidéos :

  • Equipe Devilters et Associés : La Métropole-Monde, métropole de proximité, 10 mn
  • Equipe Lin Architecture et Urbanisme : Métropole Capital Paysages, 15 mn
  • Equipe Seura : pour une métropole encore plus spectaculaire, 17mn

Cette séquence assez décousue se conclue (?) avec « Connexités III », une installation produite en collaboration avec ta société Interxion, opérateur de data centers et mécène fondateur du Mucem. Réalisé par Atices Manie et Pixel carré, ce dispositif a pour ambition de montrer la place centrale de Marseille dans les échanges mondiaux de données.

Fabrice Coquio, Interxion, Connexités Ill, 2017 - Connectivités au Mucem - La Méditerranée aujourd’hui
Fabrice Coquio, Interxion, Connexités Ill, 2017 – Connectivités au Mucem – La Méditerranée aujourd’hui

Une longue vitrine rassemble quelques archives d’auteurs de « Sentiers Métropolitains », randonnées pédestres péri-urbaines « au croisement de l’art et de l’urbanisme, de l’écologie et du tourisme »… Son contenu devrait évoluer tout au long de l’exposition. Parmi ces documents, certains ont été fournis par Geoffroy Mathieu et Serkan Taycan, artistes présents dans l’exposition.
Le GR13, crée en 2013, à l’occasion de MP2013 est à l’origine de l’association Metopolitan Trails… Ceci justifie probablement la présence de cette vitrine dans l’espace consacré à la métropole marseillaise.

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