Or : Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or au Mucem

Du 25 avril au 10 septembre 2018, le Mucem présente « Or : Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or ». Sans aucun doute, cette éblouissante exposition s’annonce comme un événement majeur de l’été 2018.

« OR - Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem - Vue de l'exposition
« OR – Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem – Vue de l’exposition

Avec près de 600 pièces, l’exposition « Or » mêle objets archéologiques (lingots, masques funéraires, parures, etc.) et objets issus des collections du Mucem (reliquaires, objets rituels, etc.), mais aussi films, documents, œuvres d’art moderne et d’art contemporain de 43 artistes.

« OR - Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem - Vue de l'exposition
« OR – Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem – Vue de l’exposition

Cette sélection riche et abondante illustre parfaitement le propos foisonnant, mais toujours fluide et limpide d’un commissariat inventif, collectif et complice qui réussit à croiser histoire et création contemporaine pour « témoignant de la fascination des civilisations euro-méditerranéennes pour l’or depuis plus de trois mille ans ».

« OR - Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem - Vue de l'exposition
« OR – Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem – Vue de l’exposition

Le parcours muséographique admirablement servi par une scénographie de Pascal Rodriguez s’organise en trois grandes séquences :

Cet ensemble, imposant par son abondance, s’organisera en trois grandes sections :

La liste des prêteurs est aussi impressionnante que le nombre des objets exposés :
Musée du Louvre, Centre Pompidou, Centre national des arts plastiques (CNAP), Museum national d’histoire naturelle (MNHN), Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Sèvres – Cité de la céramique, Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marine (DRASSM), Musée national d’histoire de Roumanie (Bucarest), Musée national géorgien (Tbilissi), Musée archéologique de Pella (Grèce), Musée Zadkine de Paris, Musées de Strasbourg, Musées des beaux-arts d’Angoulême, Bordeaux, Grenoble, Lille, Rouen, Musée d’archéologie méditerranéenne (Marseille), Musée d’art moderne et d’art contemporain (MAMAC) de Nice, Fondation Cartier pour l’art contemporain et plusieurs Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC).

Pas moins de 43 artistes plasticiens modernes et contemporains sont présents dans l’exposition :

Martine Aballéa • Gilles Barbier • Isabelle Barruol • Louise Bourgeois • Sophie Bramly • Victor Brauner • James Lee Byars • Martine Cambois • César • Johan Creten • Marie-Noëlle Décoret • Hassan Darsi • Marcel Duchamp • Hubert Duprat • Christian Eckart • Bernard Faucon • Harald Fernagu • Robert Filliou • Sylvie Fleury • gethan&myles • Émile Gilioli • Thomas Hirschhorn • Hilario Isola • Yves Klein • Guillaume Leblon • Olivier Lounissi • Agathe Larpent • Liza Lou • Piero Manzoni • Tania Mouraud • Jean Michel Othoniel • Francis Picabia • Man Ray • Stéphanie Saadé • Ghizlaine Sahli • Sebastião Salgado • Emilie Schalck • Franck Scurti • Jérémie Setton • Évariste Richer • Françoise Vergier • herman de vries • Ossip Zadkine

Parmi les artistes contemporains, certaines œuvres marquent singulièrement la visite : Gilles Barbier, Franck Scurti, Jérémie Setton, Thomas Hirschhorn, Olivier Lounissi, Hassan Darsi, Ghizlaine Sahli , Stéphanie Saadé, Johan Creten, Guillaume Leblon, Jean-Michel Othoniel, Liza Lou, Évariste Richer

L’exposition présente, tout au long de son parcours une création émouvante de gethan&myles, « Lazare / The Space Between How Things Are And How We Want Them To Be »,  produite pour « Or ». L’installation est ainsi présentée dans le dossier de presse :

« (…)Le duo d’artistes a racheté des bijoux au Crédit municipal de Marseille (Mont de Piété), dont ils vont, pas à pas, nous raconter l’histoire. Il s’est agi pour eux de retrouver les personnes qui ont apporté ces bijoux au Mont de Piété, de recueillir leurs témoignages sur l’histoire, l’importance de ces objets dans leur histoire familiale et de les restituer au public.
Les bijoux sont présentés au Mucem dans une installation éphémère qui irrigue toute l’exposition, avant d’être restitués à leurs anciens propriétaires : gethan&myles ont en effet souhaité consacrer leur budget de production à ce rachat-restitution ».

Le commissariat est assuré par Jean-Roch Bouiller, conservateur en chef, responsable du secteur art contemporain au Mucem, Philippe Jockey, professeur d’histoire de l’art et d’archéologie grecques à l’Université Paris Nanterre, Myriame Morel-Deledalle, conservateur en chef du patrimoine, Marcel Tavé, conseiller culturel et artistique.

La scénographie de « Or » confiée à Pascal Rodriguez est particulièrement réussie.

Le projet de l’exposition « Or » a bénéficié du mécénat de Christian Dior Parfums.

Le catalogue, « biface comme une monnaie », est coédité par Le Mucem et Hazan.
Son audacieux principe graphique en deux composantes « pile et face » présentées tête-bêche a été imaginé par Ariane Bosshard et Olivier Huz.


Son contenu est passionnant. Plusieurs des pièces présentées sont doublement commentées. Une notice classique a été confiée à un connaisseur ou spécialiste de l’objet. L’ouvrage y associe une « notice croisée », rédigée par un auteur hors du champ de sa spécialisation. Ce double regard, celui d’un expert et celui d’un curieux, permet de « tisser des liens par de là les géographies et le temps ».

La partie « prolongement de l’exposition » propose des textes inédits, commandés à des auteurs bien choisis. Ils abordent des sujets difficiles à mettre en scène dans le cadre de l’exposition et pourtant essentiels au propos des commissaires : nombre d’or, siècle d’or, économie, environnement, technique, sociologie de l’or…

Un compte-rendu de visite complétera cette chronique…

À lire, ci-dessous, les intentions des commissaires, présentées sous la forme d’un entretien, forme qui s’est imposée comme une habitude au Mucem.
On trouvera également une rapide description du parcours d’exposition et de la scénographie, informations extraites du dossier de presse.

En savoir plus :
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« Or » : Entretien avec Jean-Roch Bouiller, Philippe Jockey, Myriame Morel-Deledalle, Marcel Tavé, commissaires de l’exposition.

Quel est le propos général de cette exposition ?

Philippe Jockey et Marcel Tavé
L’or, depuis les premières traces de sa transformation vers 3000 av. J.-C., demeure associé au pire comme au meilleur de l’histoire de l’humanité : souffrances, inégalités et guerres intestines sans merci, appropriations colonialistes illégitimes, violences écologiques à l’échelle mondiale. La fièvre de l’or est une impasse qu’illustre le mythe de Midas – qui transforme tout ce qu’il touche en or et manque en périr–.

Nicolas Mignard, Le Jugement de Midas, 1667. Huile sur toile, 83 × 154,5 cm. Palais des Beaux-Arts de Lille © PBA, Lille, Dist. RMN-Grand Palais / Francis Dubuisson
Nicolas Mignard, Le Jugement de Midas, 1667. Huile sur toile, 83 × 154,5 cm. Palais des Beaux-Arts de Lille © PBA, Lille, Dist. RMN-Grand Palais / Francis Dubuisson

Alors, pourquoi lui consacrer une exposition ? La réponse est donnée par les artistes, et ce, depuis toujours. Car l’or est, dans l’art aussi, un matériau d’exception, à la plasticité unique. Sacralisant, dématérialisant et sublimant, il permet des échanges et des métamorphoses infinis, ce dont le mythe de l’âge d’or avait eu précisément l’intuition. À condition qu’il circule à nouveau sans entraves. Il faut pour cela rompre avec la tradition multimillénaire d’accumulation égoïste et de thésaurisation, synonyme d’impasse sociale et humaine, et encourager à nouveau sa fluidité originelle. Celle-là même à laquelle Yves Klein nous invite, dans sa performance célèbre où il disperse des feuilles d’or dans la Seine.

À partir de là, l’or devient révolutionnaire, dans l’art comme dans la société. C’est pour nous le propos principal de l’exposition.

Jean-Roch Bouiller
La une du Monde du 15 décembre 2017 était consacrée à l’accroissement des inégalités, qualifié de « fléau mondial ». Questionner la place de l’or dans nos sociétés, les valeurs qu’on lui prête, la symbolique qu’il véhicule, ou encore les hiérarchies qu’il induit, contribue à cette réflexion sur l’inégale répartition des richesses. D’un côté, l’or continue à être associé à l’idée de fortune, de pouvoir financier inaccessible à la plupart d’entre nous ; de l’autre, l’or en paillettes, le doré, le faux or ou l’or feint sont omniprésents dans notre quotidien (la publicité, les magazines et les magasins), essentiellement pour alimenter notre imaginaire de consommateurs, enclins à associer à cette matière les notions de luxe, de qualité, d’éternité…

Gilles Barbier, The Treasure Room (Fourth Stomach), 2012. Encre et gouache sur papier, 4 panneaux de 144,2 × 254,3 cm. Collection particulière, Paris © Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris. Photo : Jean-Christophe Lett © ADAGP, Paris, 2018
Gilles Barbier, The Treasure Room (Fourth Stomach), 2012. Encre et gouache sur papier, 4 panneaux de 144,2 × 254,3 cm. Collection particulière, Paris © Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris. Photo : Jean-Christophe Lett © ADAGP, Paris, 2018

L’idée de cette exposition est de se confronter à ces clichés, à ces fantasmes, à ces symboles pour comprendre leur enracinement profond dans l’histoire et les déconstruire ou les voir sous un autre jour. L’idée de trésor, d’accumulation, ou de thésaurisation est ancienne ; mais c’est peut-être moins pour sa rareté que pour sa grande fluidité, sa capacité à se laisser transformer à l’infini, que l’or revêt son pouvoir d’attraction et de séduction.

En quoi l’or est-il un sujet d’exposition pertinent pour le Mucem ?

Myriame Morel-Deledalle
L’or est un matériau qui joue un rôle important dans toutes les sociétés – ou presque –, à toutes les époques et sous toutes les latitudes. En ce sens, c’est un sujet de civilisation, de société, ce qui est le propos du Mucem. Le sujet de l’or est traité pour ses aspects symboliques et de représentation sans oublier l’aspect humain, en particulier la pénibilité du travail des hommes pour son extraction, jusqu’à la mise en esclavage.

Sebastião Salgado (Sebastiao Ribeiro, dit), Serra-Pelada, mine d’or, 1986. 30 × 40 cm. FNAC 88109 Centre national des arts plastiques © Sebastião Salgado
Sebastião Salgado (Sebastiao Ribeiro, dit), Serra-Pelada, mine d’or, 1986. 30 × 40 cm. FNAC 88109 Centre national des arts plastiques © Sebastião Salgado

Les métiers, les savoir-faire et les créations sont aussi des faits de société, qui seront notamment évoqués, dans une partie spécifique de l’exposition. Des techniques de transformation de l’or à l’alchimie, ce sont toujours des hommes qui incarnent ces métamorphoses : alliages, métiers spécialisés incarnés par des outils, fantasmes…

L’une des particularités de cette exposition réside dans le dialogue inattendu entre histoire et art contemporain…

Philippe Jockey et Marcel Tavé
Oui, c’est vrai. Mais ce dialogue, tout inattendu qu’il paraisse à première vue, est né d’un constat que nous partageons, et qui nous a décidés à proposer cette exposition sous cette forme : l’étonnante parenté entre les usages de l’or dans ses expressions artistiques les plus diverses à travers les siècles passés et la création contemporaine.

Plat en or avec anneau de suspension, « Trésor de Lava », IIIe siècle apr. J.-C. Or, 23,5 × 16 × 7,5 cm. DRASSM-MC, Marseille © Teddy Seguin
Plat en or avec anneau de suspension, « Trésor de Lava », IIIe siècle apr. J.-C. Or, 23,5 × 16 × 7,5 cm. DRASSM-MC, Marseille © Teddy Seguin

Il est vrai que l’or est le matériau par excellence de tous les savoir-faire et de leurs transmissions, de toutes les expérimentations, de toutes les traditions. Il possède une dimension universelle. Quand bien même on pourrait juger cette affirmation paradoxale, au vu de sa solidité et de son inaltérabilité légendaires, l’or est, nous le répétons, le matériau plastique par excellence. Il n’y a donc aucune surprise dans l’intérêt porté par les plasticiens contemporains pour ces qualités, inscrites dans une tradition multimillénaire.

Louise Bourgeois, Nature Study, 1998-1999. Porcelaine, or, 72 × 41 × 30,5 cm. Cité de la Céramique—Sèvres et Limoges, inv. 2008.0.21 © The Easton Foundation / ADAGP, Paris ; photo © Sèvres, Cité de la céramique, Dist. RMNGrand Palais / Gérard Jonca
Louise Bourgeois, Nature Study, 1998-1999. Porcelaine, or, 72 × 41 × 30,5 cm. Cité de la Céramique—Sèvres et Limoges, inv. 2008.0.21 © The Easton Foundation / ADAGP, Paris ; photo © Sèvres, Cité de la céramique, Dist. RMNGrand Palais / Gérard Jonca

L’art contemporain a toutefois une liberté que n’ont jamais eue les productions artistiques antérieures. Il va au bout des expérimentations que les contraintes religieuses et sociales avaient interdites aux artistes précédents, si audacieux fussent-ils. Il fallait pour cela en comprendre les codes. Il nous semble que les artistes d’aujourd’hui sont de manière évidente les commentateurs les plus acérés de l’art antique. Qu’ils en possèdent une connaissance érudite ou seulement intuitive, peu importe, cela a pour conséquence une meilleure compréhension des créations du passé par leur truchement.

Jean-Michel Othoniel, Le Collier Or, 2017. Verre de Murano, feuille d’or, inox, 94 × 45 × 15 cm. Jean-Michel Othoniel, Courtesy Galerie Perrotin © Jean-Michel Othoniel / ADAGP, Paris 2018 / Photo : Galerie Perrotin— Claire Dorn
Jean-Michel Othoniel, Le Collier Or, 2017. Verre de Murano, feuille d’or, inox, 94 × 45 × 15 cm. Jean-Michel Othoniel, Courtesy Galerie Perrotin © Jean-Michel Othoniel / ADAGP, Paris 2018 / Photo : Galerie Perrotin— Claire Dorn

Quelles sont les pièces les plus remarquables au sein de l’exposition ?

Myriame Morel-Deledalle
On peut signaler des objets résultant d’une maîtrise technique élaborée, comme les décors raffinés des bijoux antiques prêtés par les musées nationaux de Géorgie (le berceau de la Toison d’or), de Roumanie, et du Louvre – qui nous prête le fabuleux cratère grec de Jason et la Toison d’or. À signaler aussi, l’extraordinaire histoire de la tiare de Saïtapharnès, autre prêt du Louvre, qui témoigne du savoir-faire exceptionnel d’un artiste joaillier du début du XIXe siècle. Autre prouesse technique puisant ses racines dans l’antiquité romaine, les bols de verre à fond d’or et les tesselles de mosaïques dorées : cette spécialité des ateliers de Venise fait l’objet d’un remarquable film documentaire produit par le Mucem.

Médée, Jason et Pélias, scène d’un cratère en calice à figures rouges, attribué au Peintre des Enfers, 2e moitié du IVe siècle av. J.-C. 45,7 × 39,6 × 29,4 cm. Musée du Louvre, Paris © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Médée, Jason et Pélias, scène d’un cratère en calice à figures rouges, attribué au Peintre des Enfers, 2e moitié du IVe siècle av. J.-C. 45,7 × 39,6 × 29,4 cm. Musée du Louvre, Paris © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

D’autres productions antiques, comme celles conservées par le Musée national géorgien de Tbilissi, témoignent de la maîtrise de la métallurgie et de l’usage de l’or dans la symbolique funéraire (notamment les exceptionnelles statuettes inhumées de Vani en fer, bronze et or).

Jean-Roch Bouiller
Dans le domaine de l’art contemporain, nous présentons des pièces d’une grande diversité, de cette petite note manuscrite sur la tirelire, de Marcel Duchamp, à l’aquarelle monumentale de Gilles Barbier représentant un trésor, et du pop-corn doré de Sylvie Fleury à la sculpture d’Adam et Ève grandeur nature par Liza Lou.

Liza Lou, The Damned [Les Damnés], 2004. Résine, acier et perles de verre, 218,4 x 106,7 x 78,7 cm et 226,06 × 68,58 × 99,99 cm. Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg © Liza Lou. Photo : Charles Duprat
Liza Lou, The Damned [Les Damnés], 2004. Résine, acier et perles de verre, 218,4 x 106,7 x 78,7 cm et 226,06 × 68,58 × 99,99 cm. Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg © Liza Lou. Photo : Charles Duprat

Le visiteur est donc invité à un double aller-retour : du plus petit au plus grand, de l’art moderne (Zadkine, Picabia, Lipchitz, Brauner, Klein…) à l’art contemporain (James Lee Byars, Louise Bourgeois, Jean-Michel Othoniel, Franck Scurti, Evariste Richer…). Les supports et médias sont également très variés : tableaux mythologiques, art abstrait et poétique, films documentaires et art vidéo, design et mode (Dior). La curiosité et la perspicacité du visiteur seront aussi piquées par des jeux d’accumulation réalisés à partir des collections du Mucem : tirelires, outils des métiers liés à l’or, amulettes, ex-voto et porte-bonheur, reliquaires, coiffes folkloriques, couronnes de mariées…

Philippe Jockey et Marcel Tavé
Toutes les pièces sont remarquables, sinon nous ne les aurions pas exposées ! Le choix d’en éliminer certaines a été des plus cornéliens. Il faut plutôt raisonner en termes de possibilités nouvelles offertes par l’exposition à des artistes ou des oeuvres dont le public du Mucem n’aurait pas eu connaissance autrement.

gethan&myles, Lazare / The Space Between How Things Are, And How We Want Them To Be, 2018. 20 × 20 cm. Production Mucem © gethan&myles
gethan&myles, Lazare / The Space Between How Things Are, And How We Want Them To Be, 2018. 20 × 20 cm. Production Mucem © gethan&myles

C’est le cas, d’abord, de toutes les créations commandées à des artistes contemporains (comme gethan&myles, Olivier Lounissi, Jérémie Setton), des plus célèbres aux plus jeunes d’entre eux. Ces créations, plastiques et picturales, touchent aussi au vocabulaire, à l’imaginaire et au lexique de l’or, qui occupent pour la toute première fois un espace réservé dans le parcours de l’exposition. Nous comptons aussi au nombre de ces créations les assemblages et collectes d’objets appartenant à la tradition populaire, en partie issus des réserves du Mucem, et réunis pour la toute première fois. C’est l’occasion de mettre ici en valeur des collections exceptionnelles, des trésors méconnus… N’oublions pas non plus la cartographie de l’or venu d’ailleurs, support indispensable à la compréhension de l’exposition.

Casque en bronze et masque en or du guerrier de la tombe T 692, « Archontiko », après 530 av. J.-C. 30,5 × 22,5 × 20,5 cm (casque). Musée archéologique de Pella, Grèce © Musée archéologique de Pella, Grèce
Casque en bronze et masque en or du guerrier de la tombe T 692, « Archontiko », après 530 av. J.-C. 30,5 × 22,5 × 20,5 cm (casque). Musée archéologique de Pella, Grèce © Musée archéologique de Pella, Grèce

Autre catégorie d’objets exposés, les célèbres « divas », qu’il nous est permis de présenter, grâce au concours généreux des prêteurs institutionnels français et étrangers. Parmi elles, on compte aussi bien des oeuvres antiques venues de Grèce, de Géorgie, de Roumanie ou du musée du Louvre, que des pièces contemporaines d’artistes célèbres, réunies sous ce même thème de l’or.

Enfin, nous présentons des productions audiovisuelles, réalisées spécifiquement pour cette exposition par de jeunes talents aussi brillants que le sujet qu’ils traitent ou seulement convoquées pour l’enrichir : elles touchent à des domaines clefs de la fabrication de l’or, à sa transformation, à ses usages ou à sa visualisation 3D numérique. C’est à l’aune de cette distribution des oeuvres que chaque visiteur pourra se faire sa propre idée des pièces les plus remarquables à ses yeux.

« Or » : Parcours de l’exposition

L’exposition se déploie en trois parties. La première, « L’or, un trésor avant tout », rappelle les clichés liés à la thésaurisation d’un matériau suscitant toutes les convoitises ; la deuxième, « La plasticité de l’or », s’attache à mettre en valeur sa fluidité et sa malléabilité, rendant possibles toutes les transformations et métamorphoses ; quand la dernière, « La symbolique de l’or », révèle la récurrence de l’usage de ce métal dans les domaines du politique et du sacré.

Yves Klein Cession d’une zone de sensibilité picturale immatérielle à Dino Buzzati. Série n°1, zone 05 (IMMA 013). 26 janvier 1962, Pont au Double, Paris, France. © Succession Yves Klein / ADAGP Paris, 2018
« Yves Klein est sans doute l’artiste dont l’oeuvre incarne le plus concrètement la thèse principale de cette exposition : avant d’être un trésor mort, l’or est avant tout fluidité, symbole et poésie. Ces trois dimensions sont omniprésentes dans les oeuvres de Klein où il joue des ambiguïtés du matériau or : riche et fragile, éternel et éphémère, garant de plénitude et de volatilité… » Dino Buzzati.

L’or, un trésor avant tout

Lorsque l’on évoque l’or, on pense avant tout à la matière précieuse, à sa thésaurisation, à la constitution de trésors. Cette première partie vise à identifier les différents clichés entourant ce métal si particulier.

« OR - Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem - Vue de l'exposition
Gilles Barbier, The Treasure Room (Fourth Stomach), 2012. « OR – Un voyage dans l’histoire de l’art au fil de l’or » au Mucem – Vue de l’exposition

L’or figé et enfermé : le trésor, le lingot, le coffre-fort

À différentes périodes historiques, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, lorsque l’on a souhaité mettre de côté une certaine quantité de richesse, se garantir une réserve, ou conserver un gain, on a souvent choisi le matériau or.

Franck Scurti, Empty Worlds. Sous-titre :Série B, 2009 - « OR » au Mucem
Franck Scurti, Empty Worlds. Sous-titre :Série B, 2009 – « OR » au Mucem

Ce faisant, on a aussi voulu le soustraire à la vue, à la cupidité, aux velléités d’appropriation d’autrui et, ainsi, l’enfermer sous différentes formes matérielles (la cassette, le lingot, la tirelire) et dans différents lieux (le « Trésor », le coffre-fort, la banque, etc.). La notion même de « Trésor » vient du mot thésauros qui désigne en grec un petit monument, à l’allure trompeuse de temple, qui était en réalité un coffre-fort richement décoré, présent dans tous les grands sanctuaires du monde grec antique.

L’or aliénant, la fièvre de l’or, le lingot, le coffre-fort 

L’importance accordée à la valeur de l’or a produit un phénomène de quête effrénée du minerai à sa source. Cette collecte a induit des systèmes d’exploitation générant des souffrances et des inégalités, allant de l’esclavage à différentes formes d’addiction. Des guerres de l’or sont documentées dès l’Antiquité, comme celle menée en 35 av. J.-C., par Philippe II de Macédoine, qui dépouille les Athéniens des mines d’or du mont Pangée. Différents épisodes de « fièvre » de l’or marquent également la mémoire collective, comme celui des chercheurs d’or qui, dès 1848, assaillent la Californie par centaines de milliers, désorganisant complètement la vie sociale et économique de la région.

Médée, Jason et Pélias, scène d’un cratère en calice à figures rouges, attribué au Peintre des Enfers, 2e moitié du IVe siècle av. J.-C. 45,7 × 39,6 × 29,4 cm. Musée du Louvre, Paris © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Médée, Jason et Pélias, scène d’un cratère en calice à figures rouges, attribué au Peintre des Enfers, 2e moitié du IVe siècle av. J.-C. 45,7 × 39,6 × 29,4 cm. Musée du Louvre, Paris © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

Le pouvoir de l’or a aussi inspiré—depuis les temps anciens et sous différentes latitudes – divers mythes et fantasmes. Celui de la Toison d’or renvoie par exemple à la légende de Jason, qui, avec l’aide des Argonautes et de la magicienne Médée, parvint à dérober la toison du bélier d’or appartenant au roi Aeétès. L’origine de ce récit est sans doute liée à une technique d’orpaillage utilisée dans les rivières du Caucase pour recueillir les paillettes d’or qui s’accrochaient à des peaux de mouton.

Nicolas Mignard, Le Jugement de Midas, 1667. Huile sur toile, 83 × 154,5 cm. Palais des Beaux-Arts de Lille © PBA, Lille, Dist. RMN-Grand Palais / Francis Dubuisson
Nicolas Mignard, Le Jugement de Midas, 1667. Huile sur toile, 83 × 154,5 cm. Palais des Beaux-Arts de Lille © PBA, Lille, Dist. RMN-Grand Palais / Francis Dubuisson

Autre exemple : Midas, roi de Phrygie, se lave dans la rivière « Pactole » pour échapper à la malédiction du don que lui a attribué Dionysos, qui fait qu’il transforme tout ce qu’il touche en or (au point qu’il ne peut plus se nourrir). Objet de convoitise et de conquête, traditionnellement symbole de pouvoir et de richesse, l’or est aussi, par sa plasticité même, le matériau de toutes les métamorphoses, qualité faisant de lui un support privilégié dans les arts.

L’or des autres

Le minerai d’or existe à l’état naturel sur tous les continents. Après avoir exploité l’or d’Europe à l’époque antique, les Européens sont partis à l’assaut des autres continents : l’Afrique dès l’époque médiévale, les Amériques et l’Océanie à l’époque moderne et contemporaine.

Sebastião Salgado (Sebastiao Ribeiro, dit), Serra-Pelada, mine d’or, 1986. 30 × 40 cm. FNAC 88109 Centre national des arts plastiques © Sebastião Salgado
Sebastião Salgado (Sebastiao Ribeiro, dit), Serra-Pelada, mine d’or, 1986. 30 × 40 cm. FNAC 88109 Centre national des arts plastiques © Sebastião Salgado

Cette section évoque l’immensité du champ géographique et historique concerné par le sujet, à travers cartes et oeuvres d’artistes contemporains (Sebastião Salgado, Hassan Darsi, Olivier Lounissi).
La Chine est aujourd’hui le premier producteur mondial d’or avec 462 tonnes d’or produites en 2014, devant l’Australie, la Russie, les États-Unis et le Pérou.

La plasticité de l’or

Loin de se limiter à ces questions de possession, d’accumulation et de thésaurisation, l’or est avant tout un matériau éminemment plastique, aussi bien du point de vue technique que de son usage dans la société (sa capacité à être fondu, refondu, échangé). Perçu de cette manière, il n’est plus seulement le témoignage d’une richesse accumulée, mais celui de la potentialité d’un échange.

Outils de joaillerie, France, Bergues, milieu du XIXe-début du XXe siècle. Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman
Outils de joaillerie, France, Bergues, milieu du XIXe-début du XXe siècle. Mucem, Marseille © Mucem / Yves Inchierman

Virtuosités

La plasticité de l’or est liée à ses techniques de transformation : de multiples alliages sont en effet possibles avec d’autres métaux, donnant de multiples couleurs et propriétés. On peut ainsi retrouver ce même métal dans de nombreux états (massif, plaque, feuille, fil, etc.), et la transformation de l’or a entraîné l’apparition, dès l’Antiquité, de divers métiers et savoir-faire qui ont donné lieu à diverses spécialisations (orfèvre, doreur, bijoutier, joailler, brodeuse d’or, etc.). On peut lire dans le mythe de Midas, déjà évoqué, l’écho de cette qualité exceptionnelle de l’or, fascinante autant que menaçante.

Israel Rouchomowsky, Tiare de Saïtapharnès, fin du XIXe siècle. Or repoussé, ciselé et ajouré, D. 18 cm ; H. 17,5 cm. Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski
Israel Rouchomowsky, Tiare de Saïtapharnès, fin du XIXe siècle. Or repoussé, ciselé et ajouré, D. 18 cm ; H. 17,5 cm. Musée du Louvre, département des Antiquités grecques, étrusques et romaines © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

Fluidités

L’aptitude physique de l’or à se laisser transformer, l’ingéniosité technique mise au service de sa transmutation stimulent les imaginations les plus débridées, depuis la mythologie grecque (Zeus se métamorphose en pluie d’or pour séduire Danaé) jusqu’à l’art contemporain, avec Yves Klein, James Lee Byars, Louise Bourgeois, ou encore Johan Creten.

Alchimies

La malléabilité de l’or, sa propension à se mêler à d’autres métaux, et sa capacité à se travestir sous des formes diverses fascinent depuis longtemps les artistes, les philosophes, et les scientifiques, les conduisant parfois aux expérimentations les plus improbables. Il en va ainsi des alchimistes qui, au Moyen Âge, cherchaient à transformer le plomb en or.
La fabrication d’amulettes, d’ex-voto, d’objets de divination en or ou en matière dorée tient moins à sa préciosité qu’à son aptitude à mettre en relation les hommes avec les forces ésotériques. Le recours à l’or ou à l’aspect doré dans ces objets populaires ou dans les oeuvres d’artistes « chamanes » comme James Lee Byars suppose que le métal précieux peut servir de médiateur avec un au-delà immatériel, avec des concepts aussi intangibles que les notions de mort, d’éphémère, d’éternité ou de perfection. Pour James Lee Byars, par exemple, perfection et indicible se recoupent. S’il se concentre sur tout ce qui est insaisissable, fragile, fugace, c’est afin d’exprimer l’essence de ce qui ne se laisse pas figer.

Johan Creten, Why Does Strange Fruit Always Look So Sweet?, 1998-2015. Bronze patiné partiellement doré à la feuille d’or , 305 × 114 × 102 cm. Galerie Emmanuel Perrotin, Paris © Courtesy Johan Creten et Galerie Emmanuel Perrotin, Paris / Gerrit Schreurs © Adagp, Paris, 2018
Johan Creten, Why Does Strange Fruit Always Look So Sweet?, 1998-2015. Bronze patiné partiellement doré à la feuille d’or , 305 × 114 × 102 cm. Galerie Emmanuel Perrotin, Paris © Courtesy Johan Creten et Galerie Emmanuel Perrotin, Paris / Gerrit Schreurs © Adagp, Paris, 2018

La symbolique de l’or

La présence de l’or sur différents types d’objets ou de supports revêt également une portée symbolique. Qu’elle soit pérenne, récurrente ou éphémère, l’apparition de l’or met en évidence ce qu’une société se donne comme valeurs suprêmes, comme autant de signes représentatifs d’un ordre établi. L’or prend alors une valeur de représentation pour une communauté.

Les éclats pérennes de l’or

Que ce soit dans les mythologies grecque et égyptienne, ou dans les trois monothéismes, l’or est souvent utilisé pour les représentations du sacré ou du divin. En Grèce ancienne, l’or fut longtemps l’apanage exclusif des divinités, leur garantissant une brillance sans pareille, indispensable au pacte conclu par les hommes avec eux. La statue en or et en ivoire de Zeus, à Olympie, rayonnant d’un éclat double, était comptée au nombre des Merveilles du monde. Parce qu’il est réputé impérissable, l’or confère aussi une dimension d’éternité à ce qu’il recouvre : enchâssant les restes humains de saints martyrs, il contribue à les distinguer d’ossements ordinaires.

Présent dans les sépultures de personnages de rang élevé, il perpétue dans la mort l’ordre social des vivants. On pense aux masques funéraires en or de Pella (Macédoine), réservés à une élite sociale grecque archaïque, qui mettait ici pour une fois sur un pied d’égalité femmes et hommes, parés pour l’au-delà des mêmes feuilles d’or au décor estampé.

L’apparat

L’or apparaît aussi dans l’espace public pour ses propriétés ostentatoires et démonstratives : dans l’architecture, les vêtements ou les objets d’apparat. Imitant les images du divin, le pouvoir politique s’en sert comme signe de distinction, de magnificence et de pérennité, dans une monarchie aussi bien que dans les palais de la République.
Le temps de la fête, de la procession, ou du défilé, est aussi l’occasion de déployer des fastes dorés, donnant accès à un univers enchanteur transcendant notre condition, loin du trivial et du quotidien.

Boucles d’oreilles, IIIe siècle av. J.-C. Grènetis et filigrane, 2,8 × 2 cm. Musée d’Archéologie méditerranéenne, Marseille © Ville de Marseille, Dist. RMN-Grand Palais / David Giancatarina
Boucles d’oreilles, IIIe siècle av. J.-C. Grènetis et filigrane, 2,8 × 2 cm. Musée d’Archéologie méditerranéenne, Marseille © Ville de Marseille, Dist. RMN-Grand Palais / David Giancatarina

Le défilé de mode est ainsi l’occasion de transformer un simple vêtement de fête en une parure qui semble donner des ailes à celui ou celle qui le porte. Les robes, films publicitaires et accessoires créés dans le cadre de la campagne publicitaire « Dior j’adore l’or » témoignent de ce surmoi qu’on peut attribuer au métal jaune. L’or était plus une affaire d’ordre que d’adoration chez les Grecs de l’Antiquité.
C’est à une véritable cosmétique de l’or que les femmes s’adonnaient. Bracelets, boucles d’oreilles, diadèmes, colliers étaient les outils de cette cosmèsis définie par les Grecs comme une (re)mise en ordre de soi. Aussi fondamentale que la conduite de la guerre, dans l’ordre masculin.

Les éclats éphémères, instantanés et factices

L’or fait à nouveau son apparition pour sa valeur expressive dans la vie quotidienne.
Omniprésent dans la publicité, les objets de commerce, les enseignes, il est massivement imité, pastiché, détourné dans la mode, les objets de décoration ou de fête. Symbole du monde du luxe, il contribue à donner à des objets banals une valeur en trompe-l’oeil. À l’opposé de l’or convoité pour être thésaurisé, il est alors porté, exposé, exhibé dans des actes dynamiques qui mettent en valeur sa polysémie, sa fluidité, ses capacités de métamorphose et l’impossibilité de le réduire à une matière statique.

Évariste Richer, South Face / North Face (détail), 2010. Panneaux de 231 × 156 cm. © Courtesy de l’artiste. Photo : Philippe De Gobert / ADAGP, Paris 2018
Évariste Richer, South Face / North Face (détail), 2010. Panneaux de 231 × 156 cm. © Courtesy de l’artiste. Photo : Philippe De Gobert / ADAGP, Paris 2018

Les univers du cirque, de la magie, de la tauromachie, du carnaval ont régulièrement recours à cette capacité à en mettre fugacement plein les yeux, à ce pouvoir ironique et de dérision : tout ce qui brille n’est pas d’or.

Liza Lou, The Damned [Les Damnés], 2004. Résine, acier et perles de verre, 218,4 x 106,7 x 78,7 cm et 226,06 × 68,58 × 99,99 cm. Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg © Liza Lou. Photo : Charles Duprat
Liza Lou, The Damned [Les Damnés], 2004. Résine, acier et perles de verre, 218,4 x 106,7 x 78,7 cm et 226,06 × 68,58 × 99,99 cm. Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac, London, Paris, Salzburg © Liza Lou. Photo : Charles Duprat

En guise de conclusion, deux œuvres de Liza Lou et d’Évariste Richer nous confrontent à notre condition de mortels face à l’or.

« Or » : Scénographie

Le parcours de l’exposition « Or » s’articule autour de trois sections formellement très distinctes.

La section 1 est scindée en deux salles très contrastées. La première salle est très ouverte avec un parcours libre autour d’oeuvres de grandes dimensions présentées dans une grande clarté. Les deux autres salles de la première section plongent le visiteur dans un environnement plus sombre où il est question de l’exploitation de l’or et de l’homme qui l’extrait.

La section 2 et la section 3 s’articulent autour de pavillons qui ponctuent l’espace de manière régulière, on joue ici sur les pleins et les vides avec la volonté de créer des vues entre les sections et entre les pavillons. Les œuvres isolées et les accumulations se répondent et dialoguent avec les oeuvres contemporaines placées entre les pavillons.
La scénographie tente d’offrir un cadre pour les formes multiples des oeuvres par un graphisme architecturé évoquant le cadre, l’emboîtement, la fine épaisseur… Ceci faisant référence à l’enluminure de manière contemporaine.

Pascal Rodriguez

Architecte DPLG de formation depuis 1993, Pascal Rodriguez réalise des projets pérennes (musées, aménagements de cinéma…) et, depuis le début des années 2000, il scénographie des expositions temporaires et permanentes. Pascal Rodriguez a notamment travaillé avec des musées et institutions tels que la Cinémathèque française (« Tim Burton », « Pasolini », « Chris Marker »), le Musée d’Orsay (« Ensor »), la Mairie de Paris (« Coluche ») et de manière très régulière avec le Centre Pompidou (« Klein », « Le surréalisme et l’objet », « Beat Generation »). Il a également réalisé la scénographie de projets plus atypiques comme l’exposition « Voyages » au centre pénitentiaire de Réau avec neuf détenus comme co-commissaires et l’exposition « Napoléon » au Kazakhstan avec la RMN-GP. La scénographie permet à Pascal Rodriguez d’aborder de multiples sujets et d’inventer de nouvelles formes qui associent imaginaire et technique.

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