Berdaguer & Péjus – Communautés Invisibles à la Friche la Belle de Mai

Du 29 juin au 21 octobre 2018, Art+ et La Friche la Belle de Mai présente « Communautés Invisibles » une proposition de Berdaguer & Péjus qui occupera le plateau du 4ème étage et le Panorama à la Friche.

Berdaguer & Péjus, Chaire Care, 2018 © Berdaguer et Péjus
Berdaguer & Péjus, Chaire Care, 2018 © Berdaguer et Péjus

Annoncée à l’occasion d’Art-O-Rama 2017, lors de la présentation de « Mexico 68 » par Mécènes du Sud, « Communautés Invisibles » est la première exposition d’ampleur à Marseille pour Christophe Berdaguer et Marie Péjus.

Dans la présentation du projet, ils affirment leur volonté de se saisir « des potentialités offertes par l’architecture de la Friche la Belle de Mai pour mettre en jeu de nouvelles productions ».

Le commissariat est assuré par Sandra Adam-Couralet qui entretient depuis 2014 un protocole d’échanges avec les artistes. Dans le texte de présentation de l’exposition, elle évoque :

« Un paysage gris et mou m’accueille et se dérobe sous mes pieds… le sol en sable, balayé par mes pas, dessine et redessine indéfiniment la topographie du lieu… l’exposition s’imprime au passage de chaque visiteur, … tout autour des abeilles de verre produisent des sons stridents … scénographier des connexions synaptiques … Le sentiment d’être entré dans un paysage intérieur…, vivre dans une exposition comme dans une psychoarchitecture… Je me lève et je déambule à présent sous un réseau métallique… L’agencement est émotif, il est le fruit des humeurs de ses concepteurs puis de ses habitants. … une architecture de relations … des contagions et des coexistences … Les objets exposés sont eux-mêmes des “enregistreurs”, ils sont “chargés” de sens, de mémoires ».

Berdaguer & Péjus, Sculpture Care, 2018 © Berdaguer et Péjus
Berdaguer & Péjus, Sculpture Care, 2018 © Berdaguer et Péjus

Un peu plus loin, Sandra Adam-Couralet ajoute :

« Christophe Berdaguer et Marie Péjus se sont souvent attachés à tester les utopies architecturales, à les déprimer pourrait-on dire, contre toute forme d’autoritarisme. Selon un principe contaminant, l’architecture de l’exposition se voit à son tour exposée aux virus et devient elle-même un objet faillible, dégradable et malade. Les murs évoluent de l’intérieur. Tels des organismes vivants, ils sont habités de bactéries, d’histoires et de récits. Au cœur des réactions métabolistes, s’érigent des formes, tentant parfois de cartographier, d’établir des plans, parfois de contenir ou de prendre soin. Or on ne peut anesthésier un objet ou lui imposer une fonction fixe. Tout résonne de plasticité. Une exposition abîmée donc, stressée de traumas passés et à venir mais signes de possibles, parfois même de beauté, et surtout de vivacité. Plus encore, les opérations conceptuelles se laissent cette fois-ci déborder volontairement par l’élan du paysage qu’il ne s’agit plus de maîtriser mais de laisser advenir, dans l’acception d’un déploiement souvent incontrôlable : il s’agissait désormais de sortir du déterminé pour laisser l’espace choisir lui-même ce qui lui convient, à un moment donné. »

Des propos qui titillent inévitablement la curiosité !
On attend dont avec intérêt et une certaine impatience de découvrir ces « Communautés Invisibles » de Berdaguer & Péjus qui s’annonce comme un événement incontournable de l’été à Marseille et dans la région.

Berdaguer & Péjus, Communauté invisible, 2012-2018 – Photographie Blaise Adilon © Berdaguer et Péjus
Berdaguer & Péjus, Communauté invisible, 2012-2018 – Photographie Blaise Adilon © Berdaguer et Péjus

Chronique à suivre après le vernissage, le jeudi 28 juin 2018.

À lire, ci-dessous, de brèves présentations de Berdaguer & Péjus et de Sandra Adam-Couralet extraites du dossier de presse.

« Communautés Invisibles » est une production de Art+ et La Friche la Belle de Mai.

À l’occasion de la soirée de vernissage qui se tiendra sur le toit-terrasse de la Friche, les artistes présenteront une performance inédite en collaboration avec le compositeur Christian Sebille et le GMEM.

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Christophe Berdaguer (né en 1968) et Marie Péjus (née en 1969) vivent et travaillent à Marseille. Ils réalisent en duo depuis les années 90 une œuvre plastique qui explore les rapports psychologiques et physiques entre l’être humain, l’architecture et l’environnement.
Utilisant des médiums variés (vidéo, installation, sculpture), ils proposent une relecture du monde dans sa relation à l’homme au filtre de savoirs scientifiques comme la psychiatrie, la chimie ou la sociologie.
Une œuvre qui, tout en revendiquant ouvertement ses références aux avant-gardes utopistes et aux expériences d’architecture radicale des années 1970, se joue des classements et des catégories.

Luminothérapie, Arbre à désirs, Traumathèque, Chants épileptiques, Double aveugle, Faux self, Neurodomotique, Ville hormonale, Psychoarchitecture, Paysages chimiques, Vegetal Transfer, Morphine Landscape, Jardin psychologique, Eye Shut Sensitivity, Habitat olfactif, Sculpture anesthésiante, Paroles martiennes, Rosabelle believe… Autant de titres explicites qui témoignent du jeu associatif permanent auquel se livrent Berdaguer & Péjus.

Si leur travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles et collectives, en France et à l’étranger, 2018 sera l’année de leur première exposition d’envergure à Marseille.

Actuellement curatrice au Palais de Tokyo (expositions Wilfrid Almendra, Daiga Grantina, le « Toguna » ou « Encore un jour banane pour le poisson-rêve » pour la prochaine Saison Enfance qui ouvre en juin 2018), elle a d’abord travaillé comme commissaire d’exposition indépendante (commissaire associée des « Maîtres du désordre » au Musée du Quai Branly (2012) et de l’exposition « Formes simples » (2014, centre Pompidou-Metz) avec Jean de Loisy ; commissaire, avec Alain Berland, de l’exposition « Judith Scott. Objets secrets » au Collège des Bernardins (2011) et co-commissaire de l’exposition «Simples Gestes» qui inaugure un nouveau projet curatorial de la Fondation d’entreprise Hermès au musée du cristal Saint-Louis (septembre 2014-mars 2015).

En 2016, elle est commissaire associée de la Nuit Blanche, confiée à Jean de Loisy et au Palais de Tokyo.

Entre 2013 et 2017, Sandra Adam-Couralet est co-coproductrice de l’émission hebdomadaire « Les Regardeurs » sur France Culture. Depuis 2016, elle intervient dans l’émission La Dispute par Arnaud Laporte.

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