Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert

Cet été et jusqu’au 4 novembre 2018, la Collection Lambert présente « Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises ».

Ligne Forme Couleur - Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert - Salle 01
Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert – Salle 01

Cette exposition conçue par l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA), sous le commissariat de Éric de Chassey, réunit autour d’une donation exceptionnelle de 54 estampes destinées à rejoindre le fonds de la bibliothèque de l’INHA, des œuvres issues de collections françaises publiques et privées.

Ligne Forme Couleur - Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert - Salle 01
Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert – Salle 01

 

Le parcours occupe une partie des salles au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Caumont et les espaces au même niveau dans l’Hôtel de Montfaucon.

Le projet imaginé par Éric de Chassey passionnera les amateurs de l’artiste américain et permettra aux autres de découvrir la place singulière d’Ellsworth Kelly dans l’histoire de l’art et de la modernité. Soulignant la volonté de Kelly exprimée dans des « Notes de 1969 » de « voir objectivement, d’effacer toute “signification” de la chose vue » pour « comprendre et sentir sa signification véritable », le commissaire tente de démontrer comment l’artiste « avait résolu l’aporie entre art et réel » et « dépasser d’emblée les contradictions entre figuration et abstraction ».

Ligne Forme Couleur - Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert - Salle 02
Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert – Salle 02

« Ligne Forme Couleur » est l’occasion de voir pour la première fois cet ensemble d’estampes (composée essentiellement de lithographies) donné par le photographe Jack Shear, compagnon de Kelly.

Ligne Forme Couleur - Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert - Salle 10 - Bleu Jack, 1988
Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert – Salle 10 – Bleu Jack, 1988

Elles sont opportunément complétées par quelques dessins, collages, affiches, impressions et par une brève, mais très belle sélection de peintures, prêtés par le Centre Pompidou, Le MAMAC de Nice, le musée de Grenoble, le Mobilier national, la Fondation Maeght, l’UNESCO et plusieurs collectionneurs.

Ligne Forme Couleur - Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert - Salle 11
Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert – Salle 11

S’il est contraint par la dimension de certaines œuvres, en particulier l’immense « Bleu vert, 1968, 464,8 x457,2 cm » de l’UNESCO et le respect des conditions de conservation, l’accrochage permet toutefois de bien saisir la cohérence et l’originalité du travail d’Ellsworth Kelly.

Ligne Forme Couleur - Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert - Salle 03
Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) dans les collections françaises à la Collection Lambert – Salle 03

Plusieurs œuvres sont accompagnées de cartels développés, inspirés des articles et notices du catalogue. Ces textes rédigés avec précision permettent de replacer estampes, séries et suites dans leur contexte de production et d’en souligner les traits particuliers.

Malheureusement, on retrouve les nombreux reflets, effets de miroirs et contre-jours sur les œuvres protégées par du verre, récurrents à la Collection Lambert. Ils ne semblent pas trouver de réponses satisfaisantes malgré les efforts entrepris pour filtrer la lumière du jour.

Le parti pris d’un éclairage neutre et homogène, combinant tubes fluorescents et lumière naturelle, souvent pertinent avec les peintures, sculptures et installations, offre peu de solutions pour une présentation correcte des œuvres sur papier protégées par un vitrage, à l’exception des salles au sous-sol de l’Hôtel de Monfaucon.

À l’inverse, les toiles exposées dans la salle à éclairage zénithale vibrent de manière étonnante dans cet espace à la lumière ouatée.

Le catalogue est une coédition Actes Sud – Collection Lambert, sous la direction d’Éric de Chassey. Les textes signés du commissaire sont complétés par des contributions de Capucine Montfort et de Nathalie Muller.
À noter l’excellent travail de reproductions des œuvres.

Pour ce premier cycle d’exposition proposé après le départ d’Éric Mézil, certains remarqueront l’absence de tout dialogue direct ou de toute mise en regard des œuvres d’Ellsworth Kelly avec celles de la Collection Lambert

À lire, ci-dessous, la présentation de « Ligne Forme Couleur – Ellsworth Kelly (1923-2015) », extraite du dossier de presse et dont on retrouve l’essentiel dans le texte de salle qui introduit le parcours.

En savoir plus :
Sur le site de la Collection Lambert
Suivre l’actualité de la Collection Lambert sur Facebook
Sur le site de l’INHA

La Collection Lambert accueille une grande exposition consacrée au peintre américain Ellsworth Kelly (1923-2015). Elle réunit autour d’une donation exceptionnelle de 54 estampes destinées à rejoindre les collections de la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), des œuvres issues de collections françaises, aussi bien publiques que privées. Le commissariat en est assuré par Éric de Chassey, directeur de l’INHA et spécialiste de la peinture étatsunienne. Le titre de l’exposition est celui d’un livre d’artiste dont Kelly fit le projet pendant son séjour en France, en 1951 : Line Form Color.

Ellsworth Kelly, Bleu foncé avec rouge [Dark Blue with Red] (AX10), de la Suite de vingt-sept lithographies en couleur [Suite of Twenty-Seven Color Lithographs], 1964-1965 lithographie sur papier Rives BFK, EA (éd. 75), 89,5 x 60 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation
Ellsworth Kelly, Bleu foncé avec rouge [Dark Blue with Red] (AX10), de la Suite de vingt-sept lithographies en couleur [Suite of Twenty-Seven Color Lithographs], 1964-1965 lithographie sur papier Rives BFK, EA (éd. 75), 89,5 x 60 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation

Exposer ce grand maître du XXème siècle à la Collection Lambert est essentiel à plus d’un titre : l’artiste a entretenu toute sa vie un rapport privilégié avec la France, et il annonçait les problématiques sensibles qui seront à l’oeuvre chez les tenants de l’art minimal dont les noms ont participé au rayonnement de la Collection (Robert Ryman, Brice Marden, Robert Mangold, Sol LeWitt…) et que l’on retrouve en échos dans l’accrochage du fonds permanent.
Après avoir participé comme soldat à la libération de la France durant la seconde guerre mondiale, il revint s’y installer de 1948 à 1954, avant d’y faire plusieurs séjours tout au long de sa vie. Il y rencontre Picasso, Calder, Brancusi, Arp, y découvre Matisse, Monet et les abstraits géométriques qui influenceront sa peinture, notamment dans sa quête de l’épure, de l’équilibre et de l’intensité des sensations.

Ellsworth Kelly, Vert [Green] (AX7), de la Suite de vingt-sept lithographies en couleur [Suite of Twenty-Seven Color Lithographs], 1964-1965 lithographie sur papier Rives BFK, EA (éd. 75), 89,5 x 60,3 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation
Ellsworth Kelly, Vert [Green] (AX7), de la Suite de vingt-sept lithographies en couleur [Suite of Twenty-Seven Color Lithographs], 1964-1965 lithographie sur papier Rives BFK, EA (éd. 75), 89,5 x 60,3 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation

C’est là, à partir de 1949, qu’il met au point une méthode éloignée des paradigmes de l’abstraction lyrique et de l’expressionnisme abstrait alors en vogue en Europe et aux États-Unis. Il duplique des formes trouvées dans la réalité ou produites par le hasard et, pour reprendre ses mots, les « vide de leur contenu figuratif [pour] projeter l’oeuvre dans un nouvel espace », développant un vocabulaire singulier où lignes, formes et couleurs entretiennent et produisent des liens inédits.

À l’instar de Franck Stella ou de Jasper Johns dont il côtoie les œuvres de retour aux États–Unis, il renouvelle profondément les possibilités de l’abstraction et de la peinture en général, annonçant les changements radicaux opérés par les nouvelles avant-gardes. Ses œuvres abstraites, envisagées comme autant de mises en volume de la peinture, induisent non seulement de nouvelles manières de peindre mais aussi de regarder et d’expérimenter l’œuvre.

Ellsworth Kelly, EK (AX 246), 1988, lithographie sur papier Arches 88, EA 4/10 (éd. 50), 119,4 x 96,5 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation
Ellsworth Kelly, EK (AX 246), 1988, lithographie sur papier Arches 88, EA 4/10 (éd. 50), 119,4 x 96,5 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation

Son lien avec la France vient d’être réaffirmé par le Studio Ellsworth Kelly qui a souhaité faire don de 54 estampes de l’artiste à la bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), déjà riche d’une collection d’estampes constituée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe par le grand mécène Jacques Doucet.

Cet ensemble permet d’observer la manière dont Kelly a, tout au long de sa carrière, expérimenté les possibilités que peut offrir l’image imprimée, depuis sa première lithographie réalisée aux Beaux-arts de Paris en 1949 jusqu’aux œuvres monumentales sur papier des années 2000. Il révèle des aspects méconnus du travail de l’artiste, avec notamment la série de lithographies en couleur abstraites et celle consacrée à la représentation linéaire de plantes, réalisées à Paris au milieu des années 1960, ou encore les variations qui, en 1988, prennent pour motifs son propre visage ou celui d’un de ses proches.

Ellsworth Kelly, Sans titre [Untitled] (AX1), 1949, lithographie sur papier crème, 6/16, 30,5 x 24,1 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation
Ellsworth Kelly, Sans titre [Untitled] (AX1), 1949, lithographie sur papier crème, 6/16, 30,5 x 24,1 cm Institut National d’Histoire de l’Art, Paris © Ellsworth Kelly Foundation

Cette donation exceptionnelle, dont ce sera la première présentation au public, sera accompagnée d’une sélection d’œuvres d’Ellsworth Kelly – tableaux, dessins, collages et estampes – qui se trouvent aujourd’hui dans les collections françaises, publiques et privées, dont de nombreuses œuvres inédites ou dont l’accès est ordinairement limité à quelques privilégiés.

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