Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé – Collectif In Extremis au Frac à Montpellier

Jusqu’au 3 novembre 2018, le FRAC Occitanie – Montpellier accueille le Collectif In Extremis qui y présente « Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé », une installation incontournable…

Collectif In Extremis - Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier
Collectif In Extremis – Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier

Créé en 2016, ce collectif rassemble douze jeunes artistes issus des écoles des Beaux-arts de Montpellier, Paris et Toulouse : Nicolas Aguirre, Guilhem Causse, Marine Grabiel, Marion Lisch, Pierre Peres, Émile Copello, Geoffrey Badel, Quentin L’helgoualc’h, Chloé Viton, Éva Mulleras, Ekiem Barbier, Félix Mazard.

Le Collectif In Extremis se définit comme « une cellule protéiforme dispersée, qui se regroupe selon le temps et l’urgence de situations particulières. Elle vient habiter des espaces comme des prétextes pour y aménager une zone de création ».

Après plusieurs mois de résidence à Aperto en début d’année qui se sont traduits par trois ouvertures publiques, le FRAC Occitanie a invité le collectif début juillet. En finançant une production originale, il offrait son espace d’exposition à Montpellier pour une présentation à la fin septembre.

Collectif In Extremis - Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier
Emmanuel Latreille et une membre du Collectif In Extremis – Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier

Pendant l’été, l’équipe installée successivement au FRAC, à l’École des Beaux Arts et à Aperto pour imaginer et mettre en œuvre « un travail hybride composé d’une machine-sculpture qui voyage dans le temps accompagnée d’un film retraçant ses souvenirs. S’inspirant de l’univers de la science-fiction, des nouvelles technologies, des énergies vertes et de la musique, il cherche à composer et décomposer une fiction d’un va-et-vient temporel et aléatoire »…

Chopped‘n Screwed In progress- photo Collectif In Extremis
Chopped‘n Screwed In progress- photo Collectif In Extremis

Avant d’atterrir au FRAC, la machine a exploré divers environnements, passant par Grenoble et Marseille, de paysages pastoraux en centres-villes, de cités périphériques en supermarchés…

Une partie du Collectif In Extremis en tournage pour chopped and screwed - 2018 © Collectif In Extremis
Une partie du Collectif In Extremis en tournage pour chopped and screwed – 2018 © Collectif In Extremis

Née d’une réflexion autour du concept de « chopped and screwed », une version plus « mécanique » du copier/coller où on visse, la machine conçue par le Collectif In Extremis s’est posée pour quelques semaines au FRAC. Elle y marque « un temps de pause, un moment de concentration – in process. C’est ici qu’elle choisit de restituer, projeter et digérer ses souvenirs captés dont elle peine à retrouver la chronologie :

Des paysages dans la machine, de la machine dans le paysage, du paysage de la machine ?
Et elle se voit la grosse machine que tout le monde fixe de leurs globes, ça lui est adressé, par kilomètre-heure. Il y a ce rooftop sur lequel elle attend et la nuit de mystérieuses silhouettes lui rôdent autour. Plus loin, les pieds dans l’eau, demain, affalée sur la zone. 33, 36, 37°C la maintenance ouvre le capot sud… »

« Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé » affirmait l’ambition « d’inviter le visiteur à « se déplacer dans l’engrenage d’un imaginaire bourré d’anachronismes, à divaguer dans un étrange biopic, à être connecté dans une espèce de scénario en roue libre… »

Collectif In Extremis - Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier
Collectif In Extremis – Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier

Sans aucun doute, l’objectif est parfaitement atteint. On reste stupéfait de constater l’habileté avec laquelle le Collectif In Extremis a conduit son projet. L’installation mise en place est entièrement maîtrisée et réussie. Elle offre une expérience de visite d’une qualité rare.

Collectif In Extremis - Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier
Collectif In Extremis – Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier

Dans une semi-pénombre, la machine est posée au centre de l’espace d’exposition sous l’ouverture zénithale. Dans ces entrailles, plusieurs dispositifs numériques analysent son environnement et un programme informatique construit aléatoirement un montage vidéo qui évoque des épisodes de son histoire. Celui-ci est projeté sur toute la largeur du mur au fond de la salle d’exposition…

Deux panneaux solaires semblent prêts à recharger les batteries en dehors des heures de visite…

Collectif In Extremis - Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier
Collectif In Extremis – Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier

Tout autour, dispersés dans l’espace, plusieurs dispositifs sont déclenchés irrégulièrement par le système… Certains sont « passifs », mais d’autres renvoient des informations au programme sur l’état de l’environnement. Sur la gauche, un scanner numérise périodiquement ce qui existe à proximité d’un des piliers de la salle.

En face, plusieurs capteurs analysent les vibrations émises par un autre pilier. Suspendu sur ce dernier, un vibromasseur soigneusement emballé dans des tissus entre en action par intermittence… Plus loin, un étrange dispositif semble être sensible aux déplacements d’air qui déclenchent un métronome caché dans la carlingue.

Collectif In Extremis - Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier
Collectif In Extremis – Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé au Frac à Montpellier

Près de l’entrée, une cellule photoélectrique détecte les formes d’un objet placé sur la platine d’un tourne-disque…

Toutes ces informations sont envoyées au système informatique de la machine qui transforme alors l’enchaînement des séquences vidéo qui sont projetées.

Machine à voyager, à dormir debout ou à rêver, « Chopped‘n Screwed » nous raconte une histoire incertaine, sans cesse modifiée et renouvelée…
D’une certaine manière, l’installation du Collectif In Extremis joue le rôle d’un « Rabbit Hole » dans lequel le visiteur est invité à tomber…

Il serait regrettable de ne pas faire l’expérience que nous propose le Collectif In Extremis… On conseille donc vivement un passage par le FRAC à Montpellier !

Bien que plusieurs choses les distinguent, il est particulièrement intéressant de rapprocher l’énergie que dégage ce projet et celle que produit l’exposition du Wonder/Liber qu’accueille actuellement Mécènes du Sud Montpellier-Sète

Souhaitons au Collectif In Extremis de trouver très rapidement des moyens et des espaces « pour y aménager une [nouvelle] zone de création ».

À lire, ci-dessous, le texte de présentation de « Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé » et quelques repères biographiques à propos des membres du Collectif In Extremis.

L’exposition est organisée avec le soutien de l’École supérieure des Beaux Arts de Montpellier – MOCO et de l’association – lieu d’Art Aperto, Montpellier

En savoir plus :
Sur le site du FRAC Occitanie – Montpellier
Suivre l’actualité du FRAC Occitanie – Montpellier sur Facebook et Instagram
Sur le tumblr du Collectif In Extremis
Suivre l’actualité du du Collectif In Extremis sur Facebook et Instagram

Collectif In Extremis cherche une complémentarité des pratiques artistiques afin de développer un « oeuvrer ensemble ». Il ne cesse de repousser ses propres limites, en ne se reposant jamais sur une méthode de travail unique, un type d’espace ou une forme de projet. De cette capacité de métamorphose – fruit de l’émulation du groupe – vient la variété de formes plastiques dans lesquelles il tente de se trouver : installations, films, créations sonores et musicales, actions, écritures, éditions ou commissariat d’expositions.
Il existe plusieurs façons d’étirer le temps : Tomber sur un truc et en faire toute une montagne. Repartir…
Pour cette exposition, le Collectif In Extremis met en oeuvre un travail hybride composé d’une machine-sculpture qui voyage dans le temps accompagnée d’un film retraçant ses souvenirs. S’inspirant de l’univers de la science-fiction, des nouvelles technologies, des énergies vertes et de la musique, il cherche à composer et décomposer une fiction d’un va-et-vient temporel et aléatoire.
L’exposition est née d’une réflexion collective autour de la notion de « chopped and screwed », littéralement traduit par « coupé et vissé ». Ce terme désigne une technique de remix issue du hip-hop lancée dans les années 1990 aux États-Unis. Elle consiste en un ralentissement du tempo par l’usage de techniques telles que le scratching, le stop-time ou la modification d’une partie d’une chanson pour en faire une version « hachée ». Le collectif s’est essentiellement focalisé sur les gestes de cette pratique qui l’ont guidé tout au long de son processus de création. Pour lui, « chopped » et « screwed », c’est prélever des données du réel et s’en servir comme mécanique de fiction(s) et de déformation.
À partir de ces idées, le Collectif In Extremis choisit de raconter le prélude d’une machine sensible :
On est peut-être déjà ou seulement revenus, pas bien longtemps comme une plombe à attendre sous le soleil. Il y a cette machine à voyager, à partir, à faire, à se raconter des histoires. On se pince pour savoir si on rêve ; elle aussi. On s’est fabriqué une machine à dormir debout. On est les pilotes d’un relais vers ? Mais de quelle course s’agit-il ? Et pourquoi s’affairer ? Ralentir : regarder la chose dans le truc de l’espace, dans le trou du commun et de l’exceptionnel, dans l’espace ample et primordial de son absurdité. La machine a de gros bras et les nôtres en plus. Elle concentre notre préoccupante envie de faire, notre poétique de l’urgence. Elle digère les morceaux et les laisse désordre nécessairement. Elle explore – On explore. Et on voit. Pour cela : Masser les arbres, éclairer au cm², faire battre un coeur mobile à 8 entrées, scanner tout ce qui bouge, les passer au crible, faire tourner les masses… Pour rien : Imaginer. On était là, on y est, on y sera encore. C’est comme jamais et c’est tout à fait pareil… en boucle.
La machine atterrit au Frac pour marquer un temps de pause, un moment de concentration – in process. C’est ici qu’elle choisit de restituer, projeter et digérer ses souvenirs captés dont elle peine à retrouver la chronologie :
Des paysages dans la machine, de la machine dans le paysage, du paysage de la machine ?
Et elle se voit la grosse machine que tout le monde fixe de leurs globes, ça lui est adressé, par kilomètre-heure. Il y a ce rooftop sur lequel elle attend et la nuit de mystérieuses silhouettes lui rôdent autour. Plus loin, les pieds dans l’eau, demain, affalée sur la zone. 33, 36, 37°C la maintenance ouvre le capot sud…
Pour la réalisation du film, le collectif a démarré un road-trip en France, emportant la machine et ses outils comme membres extensibles. Chaque lieu de tournage est à la fois un décor pour le film et un environnement à traiter par la machine. Les membres du collectif tiennent un rôle à double casquette : ils sont techniciens de plateau autant que protagonistes immisçant la fiction dans le réel filmé. La machine est un prétexte-contexte pour tourner le film comme le film l’est pour animer la machine. L’espace du Frac est la scène de cette bipolarité.
L’exposition Chopped‘n Screwed, Atterrissage programmé invite le visiteur à se déplacer dans l’engrenage d’un imaginaire bourré d’anachronismes, à divaguer dans un étrange biopic, à être connecté dans une espèce de scénario en roue libre…

Chopped‘n Screwed In progress- photo Collectif In Extremis
Chopped‘n Screwed In progress- photo Collectif In Extremis

Nicolas Aguirre

Né en 1991 à Quito (Equateur)
Vit et travaille à Montpellier

Il étudie à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec les félicitations du jury en 2018. Sa démarche questionne la traduction grâce aux notions d’échange, d’intelligence collective, d’interprétation et transposition. Il fait appel au protocole qu’il utilise comme une recette de cuisine. Son travail plastique a été très influencé par la traduction, ou plus précisément par la transposition. Ces notions sont devenues des unités primordiales, comme point de départ de toutes créations. Il s’agit de passer par différents moyens d’interprétation et de langage : d’une image à un plan architectural pour réinterpréter un objet en volume. Jouer avec l’erreur dans chacun de ces processus lui permet de parler de la perte d’information. Cette perte n’est pas négative, bien au contraire. C’est une transformation qui devient un fil conducteur pour différents protocoles de création.

Geoffrey Badel

Né en 1994 à Montélimar
Vit et travaille à Montpellier

Il étudie à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec les félicitations du jury en 2017. Durant ses études, il intègre également la compagnie de danse Futur Immoral en 2016 en tant qu’oeil extérieur et performeur. À travers le dessin, la vidéo, l’art-action et leur promiscuité, Geoffrey Badel utilise la main et le langage en tant que matière et outil de prédilection. Son travail est une tentative silencieuse de « faire langue » interrogeant notre interprétation du monde. Puisant ses références sur tout ce qui touche à la magie, au paranormal et aux croyances populaires, il cherche à s’approprier des codes afin de composer et retranscrire une autre réalité, un entre-deux, où la frontière entre expériences empiriques et situations irrationnelles tend à disparaitre. Fasciné par la figure du prestidigitateur, il fait appel à des manipulations – sur la matière, l’image et le langage – dans l’objectif de laisser planer un doute sur ce que nous percevons.

Ekiem Barbier

Né en 1993 à Alès
Vit et travaille à Marseille

Il étudie à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec les félicitations du jury en 2017. Ekiem Barbier pratique la vidéo et mélange plusieurs médias tels que l’animation, le dessin, la peinture. Son approche découvre les limites entre le cinéma et la vidéo d’art et cherche une forme d’écriture poétique capable de traduire un univers onirique. A travers plusieurs films, son travail emprunte au documentaire sa forme anthropologique, de laquelle émane une dimension sensible. Il s’inspire d’un nouveau regard porté sur l’image et la vidéo en particulier, un regard issu d’Internet et de son questionnement face au document et à l’archive, il invente de nouvelles formes de lecture des réalités et dresse l’image d’une nature, d’un paysage.

Emile Copello

Né en 1993 à Paris
Vit et travaille à Paris

Il étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques) puis il rejoint, en 2016, l’École des Beaux-Arts de Paris où il est actuellement en cinquième année. Le travail vidéo d’Emile Copello relève de la performance, mais il ne peut se soustraire à l’image enregistrée. Ses vidéos ne sont pas des archives de performances, elles permettent de se projeter à l’intérieur d’univers abstraits et géométriques dans lesquels le corps et chaque élément remplissent un rôle. Le personnage qu’il interprète est comme une extension burlesque de lui-même, un objet mécanique circonscrit dans sa fonction mais qui laisse échapper parfois des sursauts d’humanité. Ce n’est qu’une faille passagère qui vient troubler le protocole, un comportement déviant qui n’a pas de réel impact. Ces abstractions animées sont à regarder comme des images simplifiées de la surface dans laquelle la vie urbaine se déroule. Les espaces s’additionnent et l’individu passe de l’un à l’autre pour jouer sa partition répétitive : circulation, fonction, repos, attente.

Guilhem Causse

Né en 1993 à Montpellier
Vit et travaille à Montpellier

Il étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec les félicitations du jury en 2017. Guilhem Causse exploite essentiellement la relation entre l’image et le son. Au travers de ses influences, qui proviennent essentiellement de la science-fiction, de la photographie plasticienne et de la musique concrète, il définit un univers où se mêlent des espaces vides, résonnants, peuplés de formes étranges. Les outils d’enregistrement, comme la photographie et le microphone, sont utilisés pour révéler des lieux et des sons que l’homme ne pourrait saisir, du fait de sa perception du temps, limitée. Dans ses pièces, on peut donc retrouver un rapport à la répétition et au temps arrêté, ce qui vient questionner la perception de la temporalité. Ainsi, il s’intéresse également à la question de l’immuabilité des phénomènes naturels, ou plutôt de leur constance relative. L’idéalisation d’une force, d’un mouvement virulent, fluide et sans accroc, lui permet d’amener le spectateur dans des espaces où l’empreinte humaine semble se dissiper, et où l’horizontalité du temps est remise en question.

Quentin L’helgoualc’h

Né en 1992 à Lyon
Vit et travaille à Montpellier

Il étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) en 2017. Chaque début de projet commence par une page de croquis réel ou mental. Que se soit une vidéo, une installation, une action, Quentin L’helgoualc’h les construit de lignes et de formes qui vont s’inscrire dans un espace. Il met en place des dialogues entre les médiums : des dialogues répétitifs, dans lesquels l’échelle change. Un élément d’un dessin est matérialisé en sculpture de trois mètres, puis se retrouve acteur dans une vidéo. Des rapports d’échelles qui jouent avec la perception du spectateur. C’est la modification de la perception d’un objet et d’un espace qui l’intéresse en mettant en place ce jeu de répétitions, de même que rendre visible le processus de création, dévoiler le moment de fabrication en exhibant les outils et les machineries utilisées. Des indices apparaissent dans certaines pièces, de façon plus ou moins évidente, pour révéler des liens entre l’espace réel d’exposition et l’espace crée par les oeuvres, des signes qui trompent, ou qui tentent de dialoguer avec le regardeur. Quentin L’helgoualc’h met en scène des éléments naturels, des éléments architecturaux, et des gestes picturaux.

Marion Lisch

Née en 1994 à Tarbes
Vit et travaille à Montpellier

Elle étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec mention en 2017. Le travail de Marion Lisch cherche à impliquer le spectateur. Elle questionne le statut de l’oeuvre et la relation qui peut s’établir entre elle et son regardeur. Les images et installations de Marion parlent de paysage, de paysages qu’il faut décoder, dont les chemins pour y accéder sont pluriels. Marion tente de créer des situations ou des pièces qui contiennent leurs processus de fabrication. Saisir en un seul temps le passé, présent et futur de l’oeuvre. Marion met en place des objets ou installations qui invitent à la projection mentale ou physique, à des gestes de déconstruction ou de reconstruction. Elle questionne l’autonomie de l’oeuvre, au sein d’un monde en perpétuel mouvement.

Félix Mazard

Né en 1994
Vit et travaille à Montpellier

Il étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNAP (Diplôme National d’Arts Plastiques) puis il rejoint l’École des Beaux-Arts de Toulouse où il obtient son DNSEP en 2018. Félix Mazard croise des pratiques de danse contemporaine, de cinéma et d’arts plastiques, comme auteur ou au sein de constructions collectives, avec pour outils le dessin, l’écriture et l’expérimentation physique. Il manoeuvre pour créer de nouvelles images et renouveler notre regard sur le commun et l’expérience commune, particulièrement l’usage des corps.

Eva Mulleras

Née en 1992 à Béziers
Vit et travaille à Paris

Elle étudie à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec mention en 2015. Elle poursuivit ensuite un Master Création Littéraire à l’Université Paris 8 Saint-Denis. Le travail d’Eva Mulleras se développe dans la dilution de temps particuliers, temps d’écriture… temps du dessin… temps du regard… pour comprendre et raconter la poésie du réel comme un évènement. Les pièces qu’elle met en forme ne sont pas pensées comme achevées mais courant toujours pour tenter de montrer le devenir de certains corps intangibles se concrétisant et se projetant parfois devant nos yeux. S’inscrivant souvent dans un travail sériel, elle cherche à capter, à déployer et préciser ce qui prend forme en nous d’un réel éprouvé. Passant de l’écriture au dessin, à la peinture ou encore de la vidéo à la sculpture, à l’installation – croisant ou non les techniques et matériaux – elle travaille à faire de ses pièces d’autres corps comme des prothèses de sensations, des corps autonomes ou étant les résultats d’un système comme d’un mouvement à décrypter qui produit ses propres excroissances sensibles… Qu’est-ce que le temps d’une image ? Qu’est-ce que le mouvement d’une image ? Quelle est la différence ou le statut de ce que l’on perçoit et de ce que l’on ressent ? Voilà quelques-uns des questionnements qu’elle sonde dans les choses qu’elle approche, qu’elle transforme ou présente comme des objets trouvés ou retrouvés dans l’ombre, s’agitant dans le noir. Au noir, l’espace-temps d’une projection, le déclic avant puis exposition… quand le réel se niche dans sa caverne et qu’il faut l’étirer hors crâne…Voilà la scène récurrente de ces fictions en pauses, le texte de ses paysages clair-obscur.

Pierre Peres

Né en 1993 à Montpellier
Vit et travaille à Montpellier

Il étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec les félicitations du jury en 2017. Chaque oeuvre de Pierre Peres se compose comme une chanson. L’ensemble de ses productions se veut être à l’image d’un album sonore. Il cherche à créer une relation forte entre une forme, un matériau et sa pratique sonore. Donner une forme à une chose invisible qu’est le son, ouvrir un espace propice à l’écoute pour mieux l’habiter, le parcourir, y trouver sa place physiquement. Cela peut se traduire par différents médiums qui font écho (ou résonance) avec le son qu’il fabrique. D’autre part, Pierre Peres joue de la musique : projet solo K.Blum et Limbo groupe créé avec, des amis rencontrés aux Beaux-Arts de Montpellier, Quentin L’helgoualc’h et Ekiem Barbier, également membres du Collectif In Extremis.

Chloé Viton

Née en 1993 à Lyon
Vit et travaille à Montpellier

Elle étudie à l’École supérieure des Beaux-Arts de Montpellier et obtient son DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique) avec mention en 2017. Chloé Viton développe une mythologie personnelle. Son univers hybride s’articule autour d’un vocabulaire imaginaire, de formes obsessionnelles récurrentes, de rapports au langage et à l’espace qui nous entoure. Des végétations contre-natures s’étendent dans l’espace et créent des paysages mêlant éléments organiques et artificiels. Les contraires s’harmonisent et favorisent l’évolution de cet écosystème ambiguë et autonome.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.