A School of Schools : apprendre par le design – Luma Arles

Jusqu’au 26 mai 2019, Luma Arles présente « A School of Schools : apprendre par le design » à la Mécanique Générale au Parc des Ateliers à Arles.

Créée en 2018 pour la 4e Biennale de design d’Istanbul, « A School of Schools : apprendre par le design » est organisée par Jan Boelen, commissaire, directeur artistique et co-fondateur du programme de recherche Atelier Luma avec la collaboration de Nadine Botha et Vera Sacchetti.

A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Cette version de l’exposition présente une sélection d’œuvres montrées à Istanbul. Elle rassemble le travail de plus de 60 participants internationaux issus de 20 pays différents.
« A School of Schools : apprendre par le design » offre une place singulière aux pratiques développées par Atelier Luma depuis 2016. Elle présente également les contributions de la Harvard Graduate School of Design (GSD) le cadre d’un partenariat avec Luma autour de recherches consacrées au paysage et à l’écosystème de la Camargue.

ECAL x MacGuffin Magazine - La vie des choses, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
ECAL x MacGuffin Magazine – La vie des choses, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Le texte de présentation définit ce projet comme :

« Un ensemble de formats pédagogiques dynamiques qui encouragent la production créative, la collaboration durable et les liens sociaux. Pensée à l’origine comme une salle de classe et une plateforme éducative ad hoc, cette exposition devient, pendant quatre semaines à Arles, un laboratoire éphémère et un poste d’observation pour l’horizon 2030. »

« Les standards ambigus... » et stanbul Techno-Tourism, 2018 de Ana Peñalba - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
« Les standards ambigus… » et stanbul Techno-Tourism, 2018 de Ana Peñalba – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Avec une certaine vigueur et clairvoyance, il souligne :

« A School of Schools : apprendre par le design met en lumière différentes stratégies de design pour l’apprentissage, et réciproquement, différentes stratégies d’apprentissage pour le design.

Les clefs pour répondre au sentiment permanent de crise globale ne sont pas à rechercher dans les modèles pédagogiques éculés. La logique ancienne de l’abondance matérielle et de la rareté de l’information est aujourd’hui inversée, et de nouvelles idées et connaissances sont nécessaires pour faire face aux complexités contemporaines. Pour cela, il faut nous libérer des idées préconçues que l’on nous a enseignées. Ne pas savoir est le premier pas vers l’apprentissage. »

Jan Boelen, commissaire de l’exposition, rappelle que 100 après la création du Bauhaus « on est toujours plus ou moins sur le même modèle. Mais le monde a changé ».

Dans une vidéo récemment mise en ligne, il précise « Ce que je veux montrer dans cette exposition, c’est une sorte d’attitude qui aujourd’hui n’est peut-être plus liée au produit fini, mais plutôt au processus. Comment les choses évoluent en étant manipulées par des gens, en étant utilisées différemment… »

A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Avec lucidité, le texte de présentation pour la Biennale d’Istanbul posait deux questions essentielles :

« Une exposition peut-elle questionner et redéfinir des modèles éducatifs qui ont fait leurs preuves – du musée encyclopédique au laboratoire en passant par l’atelier et l’école – créant ainsi le cadre d’un dialogue et d’un design porteurs de sens ? »
« Une institution culturelle peut-elle devenir un lieu audacieux où chacun peut exprimer et partager ses connaissances, son expérience et sa curiosité ? »

À Istanbul, « A School of Schools : apprendre par le design » tentait d’apporter quelques réponses à travers six thèmes : Défaire l’école, École des courants, École de la Terre, École des échelles, École du temps, École de la digestion…

Judith Seng - Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Judith Seng – Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Le parcours de l’exposition à la Mécanique Générale ne reprend pas exactement la même articulation et son enchaînement est sensiblement différent. La scénographie très réussie utilise avec beaucoup de pertinence le système architectural III+1, créé par Lukas Wegwerth en collaboration avec Ooze Architectes.

SulSolSal + Contributeurs - Staying Alive 2016-2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
SulSolSal + Contributeurs – Staying Alive 2016-2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Plusieurs ruptures, d’habiles perspectives et une mise en espace astucieuse des pièces ou des installations les plus « spectaculaires » contribuent à donner du rythme a cet ensemble. Cependant, le propos particulièrement riche impose une attention très soutenue des visiteurs. Sa structuration manque un peu de fluidité et sa cohérence n’est pas toujours évidente…

Peter Zin, Flag Cloud Word Rain, 2003-2008 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Peter Zin, Flag Cloud Word Rain, 2003-2008 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Après une brève séquence introductive avec Flag Cloud Word Rain, 2003-2008 de Peter Zin puis l’installation The School of Earthquake Diplomacy, 2018 de Navine G. Khan-Dossos, une première partie enchaîne des dispositifs complexe qui exposent plusieurs pièces de contributeurs différents.

Navine G. Khan-Dossos, he School of Earthquake Diplomacy, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Navine G. Khan-Dossos, he School of Earthquake Diplomacy, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Atelier LUMA occupe un large espace avec Algues géographiques, 2018.

Alelier LUMA - Algues géographiques, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Alelier LUMA – Algues géographiques, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

En face, Un corps de confiance, 2018 une importante installation coordonnée par Mark Henning rassemble plusieurs projets particulièrement intéressants.

A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 de Judith Seng est sans aucun doute une des propositions les plus spectaculaires et les plus attractives de l’exposition.

Judith Seng - Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Judith Seng – Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Avec Palabre + Palabre, 2018 de Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka, ces deux installations font une première respiration dans le parcours.

Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka - Palabre + Palabre, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka – Palabre + Palabre, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Ensuite, Staying Alive 2016-2018 de SulSolSal et de multiples contributeurs présente un des moments les plus dense de A School of Schools.

SulSolSal + Contributeurs - Staying Alive 2016-2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
SulSolSal + Contributeurs – Staying Alive 2016-2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Ces propositions précédent un vaste espace consacré à la Harvard Graduate School of Design (GSD) qui restitue une synthèse très cartographique de ses recherches consacrées au paysage et à l’écosystème de la Camargue.

Harvard Graduate School of Design (GSD) - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Harvard Graduate School of Design (GSD) – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La vie des choses, 2018 de ECAL et du MacGuffin Magazine propose également un projet très abouti de A School of Schools.

ECAL x MacGuffin Magazine - La vie des choses, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
ECAL x MacGuffin Magazine – La vie des choses, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La suite du parcours nous a semblé moins cohérent, sentiment certainement lié à une certaine usure de l’attention lors d’une longue visite… Cependant de nombreuses pièces méritent que l’on s’y attarde : Hope on Water, 2018 de Sol ? et collaborateurs – Istanbul Techno-Tourism, 2018 de Ana Peñalba – Sésame, ouvre-toi , 2018 de CMP Office – Un étonnant ensemble de mallettes réunies sous l’intitulé « Les standards ambigus… » – Deep Digital Twin, 2018 de Legrand Jäger

La vaste installation Waterschool, 2018 de Studio Makkink & Bey fait une rupture dans le parcours…

Waterschool, 2018 de Studio Makkink & Bey - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Waterschool, 2018 de Studio Makkink & Bey – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Parmi les propositions qui suivent, on a retenu III+1, 2013-2018 de Lukas WegwerthGenetically Modified Generation (designer Babies), 2018 de Pınar YoldaşFugu Okulu, 2018 de åbäke ou encore The People’s Dispensary, 2018 de Eat Art Collective.

A Colloquy of Vessels, Faciality Machine, 2018 de Carlos Monleón - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
A Colloquy of Vessels, Faciality Machine, 2018 de Carlos Monleón – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Le parcours se termine avec des salles de projection et deux installations remarquables : A Colloquy of Vessels, Faciality Machine, 2018 de Carlos Monleón et Google Weaving Stop-Time, 2018 de Emelie Röndahl et nombreux collaborateurs

Google Weaving Stop-Time, 2018 de Emelie Röndahl et nombreux collaborateurs - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Google Weaving Stop-Time, 2018 de Emelie Röndahl et nombreux collaborateurs – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Si cela est possible, on conseille vivement de segmenter son parcours en plusieurs étapes… Commencer par une visite commentée est probablement une bonne approche pour comprendre l’articulation de « A School of Schools : apprendre par le design » et revenir ensuite pour s’attarder sur certaines propositions.

Certains projets bénéficient d’un bref texte d’introduction complété par la liste des contributeurs. Les cartels des pièces sont enrichis de quelques lignes explicatives. Il n’est pas toujours très évident de rattacher ces œuvres aux projets et problématiques de l’exposition.

On regrette l’absence d’un document d’accompagnement et d’un catalogue qui auraient certainement permis d’enrichir l’expérience pendant et après la visite. Signalons toutefois qu’une publication en anglais « Design As Learning: A School Of Schools Reader » éditée pour la Biennale à Isambul est disponible chez Offprint, la Librairie du Parc à l’entrée de l’exposition…

La scénographie et les agencements conçus en collaboration avec Lukas Wegwerth pour la Biennale de Design d’Istanbul ont été adaptés par Aslı Çiçek pour les espaces du bâtiment Mécanique Générale.

« A School of Schools : apprendre par le design » est une coproduction avec la Istanbul Foundation for Culture and Arts. L’exposition sera ensuite présentée en Belgique du 28 juin au 29 septembre 2019 avec la collaboration de Z33 (House of Contemporary Art) et de C-mine, centre de création à Genk.

A School of Schools fait partie du programme invité de la 3ème édition des Luma Days, forum annuel d’art et d’idées organisé du 22 au 25 mai à Arles. Cette année, le forum est consacré à la thématique : « ENSEMBLE, une déclaration d’interdépendance ».

Pendant les Luma Days #3, la Grande Halle montrera par anticipation « Enclosure » de Rachel Rose, une présentation sur écran holographique très attendue qui sera très certainement un des événements majeurs du programme d’été de Luma Arles

Credit photo : © Courtesy of the Artist, Pilar Corrias Gallery, London and Govin Brown’s entreprise, New York/Rome

On y verra également une exposition de restitution du programme pédagogique porté par Luma au cours de l’année 2018/2019.

À voir sans tarder !

À lire dessous, quelques regards sur l’exposition, le texte de présentation du projet et quelques repères biographiques à propos du commissariat et de la scénographie.

En savoir plus :
Sur le site de Luma Arles
Sur le site de la 4e Biennale de design d’Istanbul

Les textes qui accompagnent les photographies des propositions qui ont particulièrement attiré notre attention sont ceux des cartels et des présentations en salle.

Mark Henning – Un corps de confiance, 2018

Mark Henning - Un corps de confiance, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Mark Henning – Un corps de confiance, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Nous mesurons souvent la confiance à l’aune de nos standards, normes et étiquettes, influencés par notre milieu social et notre éducation. La confiance s’apprend souvent par le biais de processus de socialisation, façonnant ainsi notre propre définition du «normal ». Le corps sert souvent d’instrument de mesure de la confiance. Le corps se lit au travers de standards et de normes, et jauge la confiance par comparaison. Le pouvoir se perçoit via le corps mesuré, via des standards culturels de perfection et de confiance. Mais l’identité et la confiance se réduisent-elles au visage? Avec l’essor de l’intelligence artificielle, quelle importance revêt la représentation humaine dans l’établissement de la confiance?
Le concept abstrait et souvent insaisissable de confiance est étudié ici au travers de configurations ludiques et des récits ouverts, au sein d’une installation inspirée par la recherche en cours du designer et comprenant également des œuvres d’autres artistes et designers.

Recherche, design et commissariat : Mark HenningContributions : Jamie Allen, Can Altay, Bogomir Doringer, Fictional Journal Collective, Alix Gallet, Bora Hong, SCN, Possible Bodies Collective, Selim Süme, Noortje van EekelenRecherche sur la vallée dérangeante : Tanja Lischetzke, Département de psychologie de l’université de LandauAide à l’illustration : Richard Becker
Modélisation 3D : Vincent van Dijck
Montage : Rafael Kozdro

Atelier Luma – Algues géographies, 2018

Alelier LUMA - Algues géographiques, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Alelier LUMA – Algues géographiques, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Parfois considérées comme invasives, les algues sont néanmoins devenues une composante essentielle de la lutte contre le changement climatique. Présentes dans les lacs et les océans du monde entier, les efflorescences d’algues sont provoquées par de fortes températures ou un excès de nutriments. Elles transforment d’énormes quantités de CO2 en oxygène et sont une source prometteuse de nourriture, leur croissance étant treize fois plus rapide que celle de l’agriculture traditionnelle. Une utilisation plus large de biomatériaux et biocarburants à base d’algues permettrait également de juguler la pollution et la contamination plastique qui détériorent nos ressources en eau.

Algues Géographies étudie de nouvelles manières de valoriser les zones humides en les transformant en incubateurs de biomatériaux cultivés localement, analysant ainsi le potentiel de culture locale de micro et macro-algues. Ce projet, l’un des axes de recherches au sein de l’Atelier Luma, est devenu une plateforme transnationale, composée de différents partenaires issus de toute la région méditerranéenne, et a permis de puiser dans les liens jusque-là inexplorés entre les biomatériaux locaux, à l’état brut, et les utilisateurs, les fabricants et les méthodes de productions qui leur sont associés.

Les objets exposés ici présentent une très grande variété d’explorations rendues possibles par cette plateforme : objets domestiques imprimés en 3D, à base de micro-algues et de biopolymères; papier d’algue imprimé avec des pigments d’algues; biostratifié composé d’algues et de polymère d’amidon; vannerie hybride mêlant impression 3D et tissage à la main, et objets tissés à la main à partir de fibres issues de zones humides, dont des algues. Tous ces objets ont été inspirés à leurs créateurs par les archives culturelles des différents lieux de production — Arles, le Caire, Istanbul, la Sardaigne —et ébranlent toutes nos idées préconçues sur la valeur des matériaux et des techniques de production.

Ce projet est une coproduction de la Biennale de design d’Istanbul, de la Fondation MEDSEA et de /Atelier Luma / Luma Arles.

Direction artistique : Atelier Luma Algues : Studio Klarenbeek & Dros et Atelier Luma / Luma Arles Atelier arlésien : Studio Klarenbeek & DrosCulture et récolte des algues : Berat Haznedaroglu (Istanbul Microalgae Biotechnologies Research and Development Center)Impression 3D : 3 Dôrtgen
Image : Victor Picon, Hakan Güngôr, Hamit Çakir
Assistante de recherche : Anastasia Eggers
Coordination design & soutien à la modélisation à Istanbul : Mevce Çiraci / Bilgi University Assistant modélisation 3D : Sarp Susüzer
Accueil de l’atelier à Istanbul : Bilgi University
Atelier à Istanbul : Sarp Susuzer, Tufan i§can, Rengin Jiyan Kolçak, Beste Tekdojan, Tahsin Inanici, Aye Kiper, Colleen O’Neil, Billy Ernst
Collection de verre d’Istanbul : Pfflbahçe Coordination design au Caire : Giulio Vinnacia (Creative Mediterranean)Accueil de l’atelier au Caire : Industrial Modernisation Center (Egyptian Ministry of Industry)
Atelier au Caire : Deena Mohamed ElMandy, Ahmed Khaled Abdelazim, Yara Yassin, Rania Rafle, Lina Alorabi, Mai Ashmawy, Esraa Fathy, Sama Omar, Yasmine Elwani, Yousra Yassine, Sara MaherAtelier en Sardaigne : Inès Bressand, Samy Rio, Mevce Çiraci, Konstantin Mitrokov
Tisseurs et tisseuses en Sardaigne : Is Fainas Co-op (Gianni Lotta, Francesca Maggino, Giovanna Palmas, Annarita Spanu, Elisabetta Deriu), Giovanni Marongiu, Stefano Manchini et Simona Broccias

Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka – Palabre + Palabre, 2018

Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka - Palabre + Palabre, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka – Palabre + Palabre, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Comme en de nombreuses régions du monde, des objets importés ont trouvé leur place dans les foyers ghanéens, en transformant les matériaux de construction et en introduisant des mets très différents. Inspiré par une recherche participative sur l’ingéniosité des cuisines ghanéennes, ce projet espère lancer un débat multiculturel et initier de nouveaux cycles matériels dans la spatialisation et les rituels propres à la cuisine. En réponse aux moteurs croisés de la nourriture locale, du gaspillage alimentaire et de l’activité humaine, l’installation comprend la culture in situ de champignons nourris de déchets issus de produits dérivés de l’industrie agroalimentaire. La cuisine est conceptualisée à la manière d’un site de transformation et de production de nouveaux objets, de repas et de rituels. Cette recherche se prolonge, au sein de l’Atelier Luma, dans le cadre de Carbocycène, un projet de cuisine aux hydrates de carbone.

Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka - Palabre + Palabre, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Mae-Ling Lokko, Gustavo Crembil, Selassie Ataditka – Palabre + Palabre, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Judith Seng – Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018

Judith Seng - Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Judith Seng – Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Apprendre ne devrait pas consister à savoir et mémoriser ce qu’une chose est, mais plutôt à comprendre comment cette chose évolue perpétuellement en rapport à d’autes. Dans School of Fluid Measures, objets, nombres et valeurs fixés par des normes universelles se dissolvent dans des interactions orchestrées tout en laissant leurs empreintes dans du sable coloré. Les motifs qui en découlent constituent une mesure exploratoire de la fluidité des sens. Les couleurs, elles, représentent des valeurs exemplaires comme autant de ressources à discuter, distribuer et mélanger avec de nouvelles couleurs et valeurs.

Judith Seng - Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Judith Seng – Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Au travers d’un processus incarné qui permet des mises en situation, plusieurs séances de mesure invitent les participants à développer de nouvelles couleurs et valeurs formant une véritable série, les séances cherchent à explorer des façons de médier, matérialiser et annoter la fabrication de sens et de résultats, en épousant la fluidité d’un devenir socio-matériel constant.

Judith Seng - Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Judith Seng – Acting Things VII School of Fluid Measures, Arles, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La première activation de School of Fluid Measures, à Istanbul, analysait le répertoire de gestes, d’expressions et de motifs nés des différentes négociations. À partir de ces enseignements, la seconde activation, à Arles, s’attache à comprendre comment une valeur spécifique se laisse influencer et transformer par de tels processus de négociations silencieuses.

L’École des mesures de fluides est le septième projet de la série en cours de Judith Seng,
ACTING THINGS (FAIRE ET AGIR), qui, depuis 2011, pose la question suivante : Et si nous voyions les processus de production comme une danse, une pièce de théâtre, un rituel ?

Design : Judith Seng
Assistantes : Clémentine Boucher, Merel Dassen
Groupe test : Viktor Bedô, Anna Hentschel, Rebekka Kiesewetter, Thomas Petrach, Alex Valder

SulSolSal + Contributeurs – Staying Alive 2016-2018

SulSolSal + Contributeurs - Staying Alive 2016-2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
SulSolSal + Contributeurs – Staying Alive 2016-2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La fréquence et l’ampleur des désastres, des crises et des catastrophes — qu’elles soient économiques, socio-économiques, politiques, éthiques ou et techno-logiques — se sont accentuées au cours des dix dernières années, renforçant ainsi l’idée d’une apocalypse imminente. Qui en sont les responsables? Les gouver-nements semblent s’intéresser davantage aux jeux de pouvoir et le commerce quant à lui, tire profit du désespoir. Ces concepts mouvants ont donné naissance à une réflexion quant aux scénarios catastrophe possibles et ont donné naissance à des centres d’intérêts, des communautés et des passe-temps nouveaux, mais aussi à de nouveaux canaux de production et de distribution de ce savoir en gestation.

Recherche, commissariat et graphisme SulSolSal
Assistante : Katsiaryna Banar
Contributions : Demystification Committee, Andrea Karch, Tattfoo Studio, Fahmy Shahin, Arvid&Marie, Theo Deutinger, N55, Janna Ullrich, Mary Ponomareva, Disarming Design from Palestine, Meeus van Dis, Lukas Engelhardt, Adam Harvey et Anastasia Kubrak, Joâo Roxo, Human Rights Foundation, Kerim Bayer

ECAL x MacGuffin Magazine – La vie des choses, 2018

Un magazine peut-il être une école de design? Ou une école de design un magazine?

ECAL x MacGuffin Magazine - La vie des choses, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
ECAL x MacGuffin Magazine – La vie des choses, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

En utilisant le modèle éditorial du magazine MacGuffin en guise de méthodologie, les étudiants de Chris Kabel de l’ECAL ont étudié la manière dont les objets du quotidien sont utilisés afin de concevoir des objets dérivés. Les étudiants ont calqué leur approche sur la façon dont MacGuffin traite les thèmes de ses numéros et choisi des objets tels que le Toit, le Store, la Roue, la Règle, le Verrou et le Socle pour aiguiller leurs recherches. Les étudiants ont été invités à analyser le contexte et le sens de ces objets dans les moindres détails. Le résultat de leurs recherches constitue un panel d’études d’observation, de reportages contextuels et d’essais visuels dont ils se sont servis pour designer de nouveaux objets. Des Histoires de parapluie aux Bâtons dans les roues en passant par les Règles concrètes et une plateforme pour le Fond des choses, cette passionnante collection de récits et d’objets se présente sous la forme d’un magazine en 3D.

ECAL x MacGuffin Magazine - La vie des choses, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
ECAL x MacGuffin Magazine – La vie des choses, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La Vie des choses a été coproduit par PECAL, le magazine MacGuffin et la Biennale de design d’Istanbul.
Directeur de l’ECAL : Alexis Georgacopoulos
Chef de projet et directeur de la licence de design industriel : Stéphane Halmaï-Voisard
Enseignant : Chris Kabel
Commissaires d’exposition & rédacteurs en chef : Kirsten Algera, Chris Kabel, Ernst van der Hoeven
Édition : Miranda Stewart Graphiste : Sandra Kassenaar Scénographes : Chris Kabel, Sandra Kassenaar Assistante : Nadine Fumiko Schaub
Étudiants : Sonja Allenspach, Marjane Amara, Anaïs T.A. Berthod Borcard, Anne Bertoncini, Léa Bonvallat, Nathalie Borgeaud, Nathan Crettex, Kevin Dizami, Leila Farra, Elie Fazel, Arthur Fosse, Amandine Gini, Baptiste Husi, Victor Jacquard, Antoine Jacquat, Laura Lefebure, Sélène Lepoutre, Victoria Mac Sweeney, Quang Vinh Nguyen, Samuel Perhirin, Anna Piasek, Aurore Piedigrossi, Valentin Sieber, Maximilian Sirtl, Alex Tran, Manon Vernier, Maëlle VValcher

Ana Peisjalba – Techno-tourisme à Istanbul 2018

Ana Peisjalba - Techno-tourisme à Istanbul 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Ana Peisjalba – Techno-tourisme à Istanbul 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Dessiner des objets et des bâtiments est devenu plus compliqué du fait de la mondialisation, la fragmentation et l’hyper-densification de l’information. Le phénomène de la post-vérité affecte non seulement les frontières sociopolitiques de nos villes, mais aussi la façon dont nous percevons notre environnement physique. Les bâtiments qui ont la cote sur Instagram dépassent leur architecture : leur identité est transformée par notre production collective d’information et leur design déformé par notre façon de mani-puler l’information, qui circule via nos médias mondialisés.

Pour A School of Schools, l’artiste étudie la présence hyper-réelle de certains édifices clefs d’Istanbul (de gauche à droite) : le grand bazar, Sainte-Sophie, les bains de la sultane Hürrem, la tour de Galata et le palais de Topkapi. Mélange de dessins à la main complexes et d’extraits de médias numé-riques, ces travaux montrent que l’étude de bâtiments emblématiques via la matrice des réseaux sociaux donne à voir une nature qui dépasse l’architecture physique.

So? + Collaborateurs – Hope on Water, 2018

Hope on Water, 2018 de Sol ? et collaborateurs - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Hope on Water, 2018 de Sol ? et collaborateurs – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La création de lieux de rassemblement d’urgence en cas de séisme à Istanbul a été annoncée en 2001. Depuis, la plupart de ces espaces publics ont été urbanisés : mais alors, où seront donc logés les habitants en cas d’urgence ? Hope On Water (Espoir sur l’eau) est le résultat d’un projet de recherche interdisciplinaire mené par les architectes de l’agence SO?, ainsi qu’une expérience pédagogique rassemblant trois départements de deux universités. Cette étude, présentée ici sous la forme de vidéos, de cartes-maquettes et de livres, invite à prendre un nouveau chemin — et si la réponse ne résidait pas dans la stabilité du sol, mais dans la gestion de l’eau ?

Cette installation est le fruit de travaux interdisciplinaires nés de la collaboration entre les étudiants en génie civil et en sociologie de l’université du Bosphore et les étudiants en architecture de la MEF University. La Corne d’or est une zone qui ne sera pas touchée en cas de séisme sous-marin. Afin de lancer le débat sur la possibilité de vivre sur l’eau, les architectes de l’agence SO? ont conçu une structure flottante spéculative présentée ici.

Cmp Office – Sésame, ouvre-toi 2018

«Ah Baba était un homme d’affaires bon et intelligent, qui a aidé son village », rappelle Jack Ma, le fondateur d’alibaba.com. Reposant sur une relation allégorique entre le vieux conte populaire syrien et le fournisseur chinois de services de vente en ligne, Sésame, ouvre-toi est une installation méditative faite de fragments invitant à réfléchir à la façon dont les sociétés précaires sont capables de concevoir des communautés et des objets et de faire naître des cultures.

Sésame, ouvre-toi , 2018 de CMP Office - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Sésame, ouvre-toi , 2018 de CMP Office – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

En associant la migration des usines de savon d’Alep, les artisans du cuir imitant les sacs de luxe et les marchands ambulants réclamant des espaces civiques dans les capitales européennes, Sésame, ouvre-toi enquête sur les centres de production au sein de ce « nouveau désordre mondial », et les relations entre déplacements macro et microscopiques. Les consommateurs ont-ils les moyens de provoquer des transformations à grande échelle ?

Sésame, ouvre-toi , 2018 de CMP Office - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Sésame, ouvre-toi , 2018 de CMP Office – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

« Les standards ambigus… »

« Les standards ambigus... » et stanbul Techno-Tourism, 2018 de Ana Peñalba - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
« Les standards ambigus… » et stanbul Techno-Tourism, 2018 de Ana Peñalba – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !
Les standards ambigus... - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Les standards ambigus… – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Legrand Jager – Deep Digital Twin, 2018

Deep Digital Twin, 2018 de Legrand Jäger - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Deep Digital Twin, 2018 de Legrand Jäger – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Nous sommes à un tournant : notre visage et nos émotions sont en proie à des machines qui décryptent et prédisent notre comportement émotionnel. Le logiciel utilisé est un pouvoir dont on peut aisément user ou abuser. Une chaise face-à-face du XIXe siècle a été repensée en apportant une touche de nouveauté à l’esthétique des consoles de jeux de l’époque : une interface logicielle sur-mesure de reconnaissance des émotions faciales (REF) écoute la conversation et en enregistre les échos émotionnels.

Legrand Jager - Deep Digital Twin, 2018 - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Legrand Jager – Deep Digital Twin, 2018 – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Seules sept émotions humaines peuvent actuellement être identifiées par de tels appareils. Une courte vidéo de yoga facial propose un programme d’entraînement quotidien visant à rendre notre visage plus lisible à ces machines.

A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Hayung-Ok Park a participé à la création de ce projet et Adjmal Sarwary, de Mind Trace, a personnalisé son logiciel de traque d’émotions.

Studio Makkink & Bey + Contributeurs – Waterschool, 2018

Waterschool, 2018 de Studio Makkink & Bey - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Waterschool, 2018 de Studio Makkink & Bey – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

La WaterSchool est une école primaire spéculative conçue et articulée autour de l’eau, qui fait figure de matériau essentiel et sujet d’étude. Aux côtés d’un nouveau programme inspiré par des problématiques contemporaines, la WaterSchoo/ propose de repenser un modèle d’éducation économique et infrastructurel. Dans la droite lignée du han — caravansérail, centre commercial et centre de fabrication —, une école primaire pourrait produire tout ce dont elle a besoin pour fonctionner sur place au travers de collaborations industrielles à petite échelle, et vendre le surplus au public.
Pour débattre de ce concept, cette installation comprend un film d’introduction, dans lequel le directeur de la WaterSchoo/ raconte une journée à l’école. Six membres de l’école expliquent également le fonctionnement de la WaterSchool dans de brefs podcasts. Les tables montrent comment artistes et designers s’intègrent au programme et au design de l’école. Cinq tables traitent des sujets enseignés à l’école, une table revient sur l’histoire du projet WaterSchool, et quatre tables donnent un aperçu de l’impact de l’eau sur le design de l’école.
Repenser la conception de nos écoles primaires donnera-t-il naissance à une nouvelle génération de penseurs et d’inventeurs capables d’apporter un changement durable à nos foyers et nos réseaux sociaux ?

Lukas Wegwerth – III+1, 2013-2018

Lukas Wegwerth - III+1, 2013-2018- A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo ! 01
Lukas Wegwerth – III+1, 2013-2018- A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo ! 01

Les systèmes d’échafaudage sont spécialisés, clos et cohérents. III+1 est un système de construction modulaire issu de la grille d’ OpenStructures, qui offre à d’autres designers la possibilité d’y contribuer et de l’améliorer. III+1, qui a désormais dépassé OpenStructures pour devenir un système de construction à part entière, pose la question de savoir jusqu’où un système peut, ou devrait s’ouvrir. Reprises tout au long de l’exposition, ces questions s’appliquent aussi bien à la construction qu’aux systèmes sociaux. Jusqu’où un individu peut-il, ou devrait-il s’ouvrir à la création de soi, à l’expérimentation et à la propriété de soi-même? Les connecteurs du système 111+1 montrent que la forme d’un réseau obéit à ses connections.

Pınar Yoldaş – Génération génétiquement modifiée (bébés design), 2018

Genetically Modified Generation (designer Babies), 2018 de Pınar Yoldaş - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Genetically Modified Generation (designer Babies), 2018 de Pınar Yoldaş – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

À l’heure du design génétique, que disent de nous les modifications auxquelles nous aspirons? Ces aspirations sont-elles universelles ou influencées par notre milieu culturel? Neuf personnages — un par mois de gestation humaine — ont été génétiquement transformés en groupes génétiques fonctionnels spécifiques afin d’exprimer un ensemble de traits recherchés : beauté, forme physique, empathie, clairvoyance, mémoire, longévité, richesse, statut social, privilège, popularité et intelligence.

Genetically Modified Generation (designer Babies), 2018 de Pınar Yoldaş - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Genetically Modified Generation (designer Babies), 2018 de Pınar Yoldaş – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Ces aspirations sont-elles innées ou acquises, génétiques ou enseignées? L’esthétique biocritique et technoféministe vient bouleverser le récit de super-héros populaire qui nous conditionne à penser que nous avons besoin d’être sauvés plutôt que de changer et bâtir notre propre monde.

Carlos Monleón – A Colloquy of Vessels, Faciality Machine, 2018

A Colloquy of Vessels, Faciality Machine, 2018 de Carlos Monleón - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
A Colloquy of Vessels, Faciality Machine, 2018 de Carlos Monleón – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Quelles sont les corrélations entre la biophysique des tissus et les qualités matérielles des corps en argile et du verre soufflé ? S’inspirant de l’histoire des vaisseaux, les deux œuvres exposées – Un colloque de vaisseaux et Machine à facialité – émergent d’une enquête sur les processus biologiques et évolutifs qui ont façonné les tissus et organes qui composent les corps. Le développement embryonnaire, l’échange de fluides et les rythmes de liquéfaction et de solidification informent les amphores comme lieu de fermentation, de stockage et de transport des liquides, et l’unguentarium comme dispositif d’application des huiles parfumées sur la peau.

Emelie Röndahl et collaborateurs – Google Weaving Stop-Time, 2018

Google Weaving Stop-Time, 2018 de Emelie Röndahl et nombreux collaborateurs - A School of Schools – Luma Arles - Vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Google Weaving Stop-Time, 2018 de Emelie Röndahl et nombreux collaborateurs – A School of Schools – Luma Arles – Vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Pour Google Weaving Stop-time. plus de vingt tisserands du monde entier ont reçu la nième consigne rechercher «textile. Turquie. travail» sur Google et. en une fraction de seconde. choisir une image. Au cours des semaines suivantes. ils lui ont donné vie grâce à la technique du noeud de Ghiordès. aussi connu sous le nom de nœud turc – ou rya. en Scandinavie. Alors que nous consommons les médias à toute vitesse, quel enseignement tirer du fait de vivre à une vitesse plus lente. au contact d’une seule image ?

À l’occasion de la 3e édition des Luma Days, la Fondation Luma présente le programme invité A School of Schools : apprendre par le design. Présentée en 2018 pour la 4e Biennale de design d’Istanbul, l’exposition A School of Schools : apprendre par le design met en lumière différentes stratégies de design pour l’apprentissage, et réciproquement, différentes stratégies d’apprentissage pour le design.

Les clefs pour répondre au sentiment permanent de crise globale ne sont pas à rechercher dans les modèles pédagogiques éculés. La logique ancienne de l’abondance matérielle et de la rareté de l’information est aujourd’hui inversée, et de nouvelles idées et connaissances sont nécessaires pour faire face aux complexités contemporaines. Pour cela, il faut nous libérer des idées préconçues que l’on nous a enseignées. Ne pas savoir est le premier pas vers l’apprentissage.

L’exposition est organisée sous le commissariat de Jan Boelen – directeur artistique et co- fondateur du programme de recherche Atelier Luma –, Nadine Botha et Vera Sacchetti. Rassemblant le travail de plus de 90 participants internationaux issus de disciplines variées, l’exposition est présentée à Arles dans une composition sur mesure qui invite à explorer le thème de recherche des Luma Days #3 : Ensemble, une déclaration d’interdépendance.

L’exposition mettra également en évidence les pratiques développées par Atelier Luma en termes de design et d’impact social, et présentera les premières contributions de la Harvard Graduate School of Design (GSD) formulées dans le cadre du partenariat de trois ans liant l’Université à Luma. Amorcé à l’été 2018, Harvard GSD et Luma ont mis en place une série de séminaires de recherche consacrés au paysage et à l’écosystème de la Camargue, sous la direction du Doyen de l’École de Design et d’Architecture de Harvard, Mohsen Mostafavi, et des professeurs Anita Berrizbeitia et Teresa Galí-Izard.
Les résultats des recherches menées avec les étudiants feront l’objet d’une restitution inédite sous forme d’installation, Regenerative Empathy, présentée dans le cadre d’A School of Schools : apprendre par le design.

Un lieu d’échange pour l’apprentissage et l’interdépendance
L’éducation est le plus puissant contexte d’interdépendance. A School of Schools : apprendre par le design est un ensemble de formats pédagogiques dynamiques qui encouragent la production créative, la collaboration durable et les liens sociaux. Une exposition peut-elle questionner et redéfinir des modèles éducatifs qui ont fait leurs preuves – du musée encyclopédique au laboratoire en passant par l’atelier et l’école – créant ainsi le cadre d’un dialogue et d’un design porteurs de sens ? Une institution culturelle peut-elle devenir un lieu audacieux où chacun peut exprimer et partager ses connaissances, son ignorance, son expérience et sa curiosité ?

Pensée à l’origine comme une salle de classe et une plateforme éducative ad hoc, cette exposition devient, pendant quatre semaines à Arles, un laboratoire éphémère et un poste d’observation pour l’horizon 2030. À travers six thèmes – Défaire l’école, École des courants, École de la Terre, École des échelles, École du temps et École de la digestion – elle envisage ainsi le milieu éducatif comme un lieu propice à l’émancipation, la réflexion, le partage et l’engagement, en apportant des réponses conceptuelles aux préoccupations globales récentes. Ces approches font écho au programme de Luma Arles et vont inspirer un mois de dialogue et d’échanges, créant ainsi un espace privilégié où appréhender des futurs souhaitables.

Jan Boelen (né en 1967, Genk, Belgique) est directeur artistique de Z33 House for Contemporary Art à Hasselt, Belgique, et directeur artistique de l’atelier LUMA, un laboratoire expérimental de design à Arles, France. Il occupe également le poste de directeur du département Master Social Design à la Design Academy Eindhoven aux Pays-Bas.

Depuis son ouverture, Z33 House for Contemporary Art a conçu des projets et des expositions qui encouragent le visiteur à regarder les objets du quotidien d’une manière originale. C’est un laboratoire unique d’expérimentation et d’innovation et un lieu de rencontre avec des expositions d’art contemporain et de design à la pointe du progrès. Avec la création de Z33 Research, design and art research studios en 2013, Boelen est en train de transformer Z33 d’une institution basée sur l’exposition en une institution basée sur la recherche. A l’initiative de la Z33 et de la Province du Limbourg, Manifesta 9 a eu lieu en Belgique en 2012. Dans le cadre de ses fonctions chez Z33, Boelen a été commissaire de la 24e Biennale du design à Ljubljana, en Slovénie, en 2014.

Boelen siège également à divers conseils et comités, dont le conseil consultatif du V&A Museum of Design Dundee au Royaume-Uni et du Creative Industries Fund aux Pays-Bas. Boelen est titulaire d’un diplôme en design de produits de la Media and Design Academy (aujourd’hui la LUCA School of Arts) à Genk, Belgique.

À propos de Vera Sacchetti

Vera Sacchetti (1983) est critique de design, co-commissaire de TEOK Bâle et co-fondatrice de Superscript, une société de conseil en rédaction. Elle occupe divers rôles de conservatrice, de chercheuse et de rédactrice, et plus récemment, elle a été commissaire associée de la 4e Biennale de design d’Istanbul – A School of Schools. Ses écrits ont été publiés dans Disegno, Metropolis et The Avery Review, entre autres.

À propos de Nadine Botha

Nadine Botha est une artiste qui travaille dans la recherche, l’écriture, la publication et la réalisation d’expositions pour explorer comment les systèmes sociaux, politiques, juridiques, économiques et culturels invisibles conçoivent nos objets, nos corps, notre technologie, nos maisons, nos villes et nos expériences.

Elle a également été commissaire adjoint de la 4e Biennale du design d’Istanbul en 2018, rédacteur en chef du magazine DAMN et tuteur à la Design Academy Eindhoven. Elle est la fondatrice de deSIGNIFY design, media et conseil en art.

En 2005, Deep South a publié son recueil de poèmes intitulé Ants Moving the House Millimetres. Ses poèmes ont été publiés dans Poetry International et The Common, et dans divers magazines en Afrique du Sud, notamment Donga, Southern Rain Poetry, Litnet, Sweet, New Coin, Ons Kleintjie, Laugh It Off et Botsotso.

À propos de Aslı Çiçek

Aslı Çiçek ( née en 1978 à Istanbul, TR) a obtenu son master en architecture et design à l’Académie des Beaux Arts de Munich en 2004. Pendant et après ses études, elle a travaillé pour des bureaux d’architectes en Allemagne, en Autriche et aux Pays-Bas avant de s’installer en Belgique pour travailler comme architecte de projet chez Gigantes Zenghelis Architects (2005-2007) et chez Robbrecht en Daem architecten (2007-2014). Elle a fondé son propre cabinet en 2014, en se concentrant sur l’architecture d’exposition.

Depuis 2009, elle enseigne dans plusieurs ateliers de design à la Faculté d’architecture de la KU Leuven et dirige actuellement le studio de master Narrative Space and Materiality au Campus Sint Lucas à Bruxelles. Elle a publié divers articles sur l’architecture et l’art, a été co-éditrice de la 11e Revue d’architecture flamande et est membre du comité éditorial du Oase Journal for Architecture.

Elle vit et travaille à Bruxelles.

À propos de Lukas Wegwerth

Né à Ilbeshausen, en Allemagne, en 1984, Lukas Wegwerth a étudié à l’Université des Arts de Berlin, créant des œuvres inspirées par Carlo Mollino et Jerszy Seymour. Il cite comme influences particulières le travail folklorique de Dagobert Peche, la menuiserie du mouvement shaker design et le travail provocateur et audacieux de l’Atelier Van Lieshout.
Lukas Wegwerth travaille principalement avec des matériaux organiques trouvés, et ses créations explorent les notions de croissance et de transformation, de mémoire et de temps.

Il participe au projet III+1 de Atelier Luma. Le système architectural flexible III+1, créé par Lukas Wegwerth en collaboration avec Ooze Architectes a permis de créer les éléments modulables : étagères, tables et espaces utilisant la grille modulaire OpenStructures, boîte à outils qui permet de produire et de définir différents environnements de travail ou d’exposition…

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