jeudi 20 février 2020

Mathias Poisson – Vastes Parages au Centre d’Art de Châteauvert


Du 15 février au 28 juin 2020, le Centre d’Art de Châteauvert présente « Vastes Parages », une proposition de Mathias Poisson qui s’inscrit dans le cadre du projet « Des marches, démarches » porté par le Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Vastes Parages au Centre d’Art de Châteauvert

Artiste marcheur, Mathias Poisson a d’abord été invité en résidence par Centre d’Art de Châteauvert. Pour ce séjour, il fait le choix de rejoindre Châteauvert depuis Marseille à pied. L’exposition « Vastes Parages » sera donc le deuxième volet de ce projet.

Mathias Poisson y présentera naturellement des œuvres produites pendant sa résidence, mais aussi de dessins, photos et cartographies subjectives réalisées lors de voyages ou de projets précédents. L’artiste les accompagnera avec des pièces et des objets qu’il a choisis dans les collections du musée des Comtes de Brignoles

Mathias Poisson, Vision rupestre N°49, encres végétales, 43 x 53 cm, Châteauvert, 2020 - Courtesy de l'artiste _ Centre d'Art de Châteauvert
Mathias Poisson, Vision rupestre N°49, encres végétales, 43 x 53 cm, Châteauvert, 2020 – Courtesy de l’artiste – Centre d’Art de Châteauvert

On attend avec une certaine curiosité de découvrir le travail de Mathias Poisson que le dossier de presse présente ainsi :

« L’œuvre développée par Mathias Poisson fait corps avec le territoire qu’il investit. Dans sa pratique, il s’imprègne d’un espace pour réaliser dessin, photographie, danse ou performance. Nietzsche recommandait de n’ajouter foi “à aucune pensée qui ne soit née en plein air” et affirmait, dans Le Crépuscule des idoles, que “seules les pensées que l’on a en marchant valent quelque chose”. La marche est ainsi, chez Mathias Poisson, une colonne vertébrale autour de laquelle s’articulent et se ramifient ses expériences artistiques ».

À lire, ci-dessous, un texte de Mathias Poisson et quelques repères biographiques extraits du dossier de presse.

En savoir plus :
Sur le site de l’Agglomération Provence Verte
Suivre l’actualité du Centre d’Art de Châteauvert sur Facebook et Instagram
Mathias Poisson sur le site netable.org, sur le site poissom.free.fr et sur le site ICI CNN
À lire « Graphies du déplacement » de Mathias Poisson téléchargeable depuis le site du Frac Paca

« Vastes Parages » : Un texte de Mathias Poisson

« Quand je pars en promenade, le nez en l’air, j’ai la sensation de tracer des lignes dans l’espace. Je dépose mon poids à chaque pas, j’imprime le sol, je dessine des trajectoires. Marcher c’est approfondir les sensations, inventer des rythmes, se charger de visions, écrire des passages sur le relief du monde.

Après l’expérience de la marche, je laisse mon parcours se déposer dans ma mémoire. Je le regarde sous toutes ses coutures. Avec les encres que je confectionne sur place, sur du papier bien épais, je dessine des cartes qui font l’état des lieux de mes dérives improvisées. Je cueille des signes, des vibrations et des intensités. Je me fais guider par ce que le terrain m’a offert : les ambiances, les rencontres et les jeux que j’invente sur place. De retour de balade, j’ajuste le terrain à mon échelle, je le déplie et le remplis d’invisible. Je le fais mien, et le couche sur une feuille. (…)

L’errance est une forme d’écriture automatique qui me porte parfois plusieurs jours d’affilés. Ainsi j’ai quitté Marseille. J’ai pris les chemins sans savoir où j’irai. Les massifs ont attiré mes pieds. Je me suis laissé conduire. C’est comme ça que je suis venu à Châteauvert. C’est l’histoire qui m’est arrivée. Quitter la ville pour aller sur les chemins noirs. Pistes sans balise. C’était annoncé. Comme si toutes mes cartes précédentes avaient déjà raconté cette dérobade. Cette fuite du centre pour rejoindre les vastes périphéries, les zones floues, les proximités foisonnantes de détails. Cette quête qui cherche à la fois l’essence de l’être et qui pourtant aime se laisser conduire par le plus grand des hasards. »

Mathias Poisson

Mathias Poisson – Repères biographiques :

La pratique artistique de Mathias Poisson se relie toujours à la notion de la promenade avec une approche à la fois performative et cartographique. La dérive est son outil privilégié de création, d’observation, de connexion à l’environnement. À partir de ses explorations sensibles, subjectives, fictionnelles, Mathias Poisson réalise des cartes, des partitions, des installations présentées dans des centres d’art et des musées en France et à l’étranger, au FRAC PACA et au MUCEM à Marseille (2010), au CAK à Kyoto (2017), au VOG à Grenoble (2018), à PHAKT à Rennes 2009), à DEPO Istanbul (2013).

Parallèlement, il crée des performances in situ sous forme de visites sensibles et déroutantes qui sont souvent l’occasion de changer de point de vue sur la réalité et de plonger collectivement dans des référentiels inhabituels.
Ces performances sont issues de résidences de terrain où il s’associe avec les énergies des personnes présentes (associations, habitants, artisans) et se glisse dans le contexte local avec le goût du jeu. Ces visites de circonstances ont été présentées dans des festivals de danse contemporaine ou des arts de la rue à Paris (Théâtre de la Cité Internationale), Marseille (Lieux-Publics, Scène Nationale du Merlan, Mucem), à Grenoble (Le Pacifique, Paysage>paysages), à Istanbul (Centre Culturel Français), à Bruxelles (la Raffinerie), à Versailles (Plastique Danse Flore).

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