mardi 29 septembre 2020

« It’s Urgent ! » au Parc des Ateliers, Luma Arles


Du 27 juin à fin septembre 2020, Luma Arles présente « It’s Urgent ! » au Parc des Ateliers, une proposition imaginée par Hans Ulrich Obrist, critique incontournable, commissaire de multiples expositions, directeur artistique des Serpentine Galleries à Londres et membre du Core Group qui entoure Maja Hoffmann avec Beatrix Ruf, Liam Gillick, Tom Eccles et Phillipe Parreno.

Avec un heureux mélange d’humour, de pertinence, de gravité, d’interpellation, d’impatience et parfois même d’impertinence, « It’s Urgent ! » pourrait bien s’avérer comme une des expositions les plus intéressantes de cet étrange l’été 2020.

Sous la direction de Hans-Ulrich Obrist, « It’s Urgent ! » a débuté au Danemark en 2019 à l’occasion des élections européennes. Des artistes ont été invités à proposer, sous la forme d’affiches, ce que le présent et l’avenir leur inspiraient…

It's Urgent!, Kunsthal Charlottenborg, 2019. Photo by David Stjernholm
It’s Urgent!, Kunsthal Charlottenborg, 2019. Photo by David Stjernholm

D’abord exposés sur des panneaux d’affichage dans l’espace urbain à Copenhague, ces posters ont été ensuite présentés à Luma Westbau de l’été 2019 jusqu’au début de cette année. Ils se sont enrichis régulièrement de nouvelles contributions.

« It’s Urgent ! »  Luma Westbau
« It’s Urgent ! » Luma Westbau

Au cours du printemps, Luma Arles avait annoncé le report de sa programmation 2020 et l’intention de se concentrer sur la poursuite du chantier de végétalisation du parc et sur la finition des bâtiments du site pour maintenir le calendrier d’ouverture en 2021.

Parc des Ateliers, Luma Arles Photo © Luma Arles
Parc des Ateliers, Luma Arles Photo © Luma Arles

L’équipe de Luma Arles a toutefois choisi de ne pas être totalement absente du paysage artistique arlésien cet été. Au-delà de quelques événements en ligne, Luma Arles présente un nouvel état de « It’s Urgent ! » dans les locaux du Médico-Social à l’entrée du Parc des Ateliers.

Deux salles du rez-de-chaussée accueille également une œuvre historique et iconique de Peter Fischli et David Weiss « Der Lauf Der Dinge / Le Cours des choses (1986-87) » ainsi qu’une installation montrée pour la première fois de Peter Fischli (Untitled, 2018).

« It’s Urgent ! »

Les trois étages du Médico-Social dont les murs attendent leur revêtement définitif sont couverts par les affiches produites jusqu’à présent dans le cadre du projet « It’s Urgent ! ».

La liste non exhaustive des artistes qui participent à « It’s Urgent ! » est à la dimension du carnet d’adresses d’Hans Ulrich Obristet de partenaires de la Fondation Luma :

David Adjaye, Etel Adnan, Sophia Al-Maria, Maxwell Alexandre, Mathis Altmann, Meriem Bennani, Kasper Bosmans, Mark Bradford, Tania Bruguera, Cao Fei, Antonio Caro, Judy Chicago, Tony Cokes, Douglas Coupland, Aria Dean, Eugenio Dittborn, Jimmie Durham, Olafur Eliasson, Formafantasma, Fernando Garcia-Dory, Theaster Gates, Anna Bella Geiger, Liam Gillick, Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Jean-Luc Godard, Beatriz González, Dominique Gonzalez-Foerster, Renée Green, Joseph Grigely, Hans Haacke,Lauren Halsey, Newton Harrison, Jenny Holzer, Sky Hopinka, Huang Yong Ping, Luchita Hurtado, Pierre Huyghe, Liz Johnson Arthur, Joseph Kahlil, Amar Kanwar, Josh Kline, Koo Jeong A, Suzanne Lacy, Maya Lin, Friederike Mayröcker, Oscar Murillo, Eileen Myles, Lorraine O‘Grady, Precious Okoyomon, Yoko Ono, Trevor Paglen, Fernando Palma Rodríguez, Raymond Pettibon, Vaclav Pozarek, Paul B. Preciado, Raqs Media Collective ,Faith Ringgold, Rachel Rose, Tabita Rezaire, Anri Sala, Tomás Saraceno, Peter Saville, Bruno Serralongue, Stephen Shore, Marianna Simnett, Patrick Staff, Barbara Solomon Stauffacher, Martine Syms, Jakob Kudsk Steensen, Wolfgang Tillmans, Rirkrit Tiravanija, Nora Turato, Günther Uecker, Madelon Vriesendorp, Jan Vorisek, John Waters, Lawrence Weiner and Stanley Whitney, Ai Weiwei, Samson Young.

« It’s Urgent ! » débute en cette fin juin 2020 avec une présentation de ses archives. Le projet étant par définition « in progess », l’accrochage sera complété au cours de l’été par une série de nouvelles affiches inspirées du moment présent. Elles seront commandées à de nouveaux participants, dont certains de la région, et d’anciens contributeurs concevront une deuxième affiche…

Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt
Luchita Hurtado – Untitled, 2018 – Renée Green – Moral Geometry? et Hans Haacke – Nous (tous) sommes le people, 2003-17. Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt

Outre le fait qu’il fasse preuve d’une étonnante économie de moyens, « It’s Urgent ! » a aussi le caractère singulier de placer tous les artistes sur un pied d’égalité (même format, même médium) tout en leur laissant une totale liberté quant à leur contribution et sur les techniques mises en œuvre pour produire le fichier d’impression…

Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt
Zanele Muholi.
Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt

L’accrochage de cette étape arlésienne de « It’s Urgent ! » est assuré par Vassilis Oikonomopoulos qui fut assistant curator à la Tate Modern avant de rejoindre l’équipe de Luma Arles.

Vassilis Oikonomopoulos – It’s Urgent ! Parc des Ateliers Luma Arles

Le format identique des œuvres et la densité de l’accrochage pourraient donner le vertige…
Il faut donc un certain temps pour discipliner son regard, éviter le papillonnage et finir par ne rien voir…

Malgré son format en apparence « léger », « It’s Urgent ! » s’avère être une exposition exigeante. Toutefois, la déambulation parmi la myriade de contributions s’avère très vite jubilatoire. L’humour, l’impertinence parfois même la provocation viennent heureusement contrebalancer les discours inévitablement alarmistes et quelquefois un peu idéalistes.

« It’s Urgent ! » demande de bien vouloir se laisser aller aux délices de la sérendipité pour en extraire les pépites qui ne seront certainement jamais les mêmes d’une visite à l’autre…

Si nombre des propositions sont uniquement visuelles, les affiches textuelles ou celles qui combinent image et slogan sont très majoritairement en anglais… Un bon niveau dans cette langue est indispensable pour en apprécier immédiatement le sens, la pertinence et l’impact.

Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt
Douglas Coupland – Part of Plague Series, 2020 – Liam Gillick – The Knights of Red and Gold, 2019 et It Mattered Not…, 2020
Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt

Lors de la visite de presse, à la veille de l’ouverture au public, les cartels n’étaient pas encore en place. On ne doute pas que ces derniers apporteront les traductions qui s’imposent pour les visiteurs qui ne maîtrisent qu’un globish ordinaire…

Les posters sont téléchargeables dans l’espace d’exposition grâce à un QR code.
Une série d’entretiens et de conversations (format cher à Obrist) devrait être programmée avec des artistes participants.

Après la fin septembre, « It’s Urgent ! » devrait poursuivre son chemin et d’autres artistes seront invités à rejoindre ses archives vivantes.

Le dispositif imaginé par Hans Ulrich Obrist est d’une étonnante simplicité et d’une remarquable flexibilité. Il s’avère être particulièrement adapté à la situation de crise que l’on traverse et il répond avec pertinence et efficacité aux questions que pose aujourd’hui (et demain) la production des expositions temporaires (transport des œuvres, assurances, scénographies, etc.)

Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt
Sophie Calle – Martine Syms et David Adjaye
Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt

Dans un texte de présentation du projet, Hans Ulrich Obrist explique qu’« It’s Urgent ! » doit beaucoup aux conversations qu’il a eues avec Édouard Glissant et à la pensée archipélique que ce dernier a développée… Les lecteurs des « Voies du curating » se souviendront certainement du court chapitre intitulé « La mondialité » au début cet essai de 2014…
On ne sera pas surpris de retrouver dans « It’s Urgent ! » un peu l’esprit du « Do it » qu’Obrist avait imaginé avec Boltanski et Lavier au printemps 1993 et qu’il racontait après avoir souligné ce qu’il devait à Glissant… Cette exposition dans l’urgence à Arles fait aussi une belle démonstration de la cohérence de son commissaire…

Der Lauf Der Dinge / Le Cours des choses de Peter Fischli et David Weiss

L’œuvre historique et iconique de Peter Fischli et David Weiss est présentée dans une salle au rez-de-chaussée du Médico-social. Elle est accompagnée dans la salle qui lui fait face par Untitled, 2018, une installation de Peter Fischli qui est exposée pour la première fois en public.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas Le Cours des Choses, il faut absolument prendre le temps de découvrir cette œuvre magistrale !

Le choix de cette vidéo s’impose avec évidence dans la situation de crise actuelle.
Hans Ulrich Obrist commençait « Les voies du curating » par un prologue où il racontait sa découverte de Peter Fischli et David Weiss et sa rencontre déterminante avec les deux artistes à l’époque où ils travaillaient au projet qui allait devenir Le Cours des Choses. Après avoir souligné que les séquences du film « donnent l’illusion que les objets échappent mystérieusement à tout contrôle humain », Hans Ulrich Obrist écrivait : « A chaque transition dans le film, le spectateur se demande comment les événements vont suivre leur cours, mais la série continue même si, souvent, on n’arrive pas à croire que le transfert d’énergie puisse se produire. À chaque instant, l’effondrement et le chaos paraissent imminents… »

Le Cours des Choses apparaît comme une étonnante illustration du chaos dans lequel nous semblons être entrés… Il n’est pas surprenant que l’œuvre de Peter Fischli et David Weiss ait inspiré de nombreux remakes publiés sur les réseaux sociaux pendant les semaines de confinement. Depuis ceux qui cherchent à maîtriser avec obstination le cours de leur quotidien jusqu’à ceux qui finissent par abandonner tout contrôle sur le cours des choses…

D’une durée de deux minutes, Untitled (2018) a été réalisée par Peter Fischli après la dispartition de David Weiss.Par bien des aspects, elle est l’antithèse mais aussi le contre-chant du Cours des Choses…

Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt
Peter FischliUntitled,2018.
Vue de l’exposition It’s Urgent sous le commissariat d’Hans Ulrich Obrist. Médico-Social, Luma Arles, Parc des Ateliers, Arles, France, 2020. Photos ©Adrian Deweerdt

À lire, ci-dessous, la présentation de « It’s Urgent ! » par Hans Ulrich Obrist et celles des deux œuvres de Peter Fischli et David Weiss. Ces documents sont extraits du dossier de presse.

En savoir plus :
Sur le site de Luma Arles
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Télécharger et partager les affiches de « It’s Urgent ! » à partir du site de Luma Arles

It’s Urgent par Hans Ulrich Obrist

It’s Urgent a été inspiré par mes conversations avec mon ami Édouard Glissant. Remarquant que les lieux dans lesquels les expositions sont traditionnellement présentées restent invisibles pour de larges pans de la société, il nous a encouragés à réfléchir à d’autres formes d’engagement et à des modèles plus généreux d’expositions open source qui seraient plus mobiles et pourraient se déplacer dans de multiples endroits où l’on ne s’attend pas à rencontrer des formes artistiques. Le concept de l’archipel est également l’une des principales inspirations de Maja Hoffmann pour la conceptualisation de Luma Arles.

La pensée archipélique qui s’efforce de rendre justice à la diversité du monde constitue une antithèse à la pensée continentale qui revendique l’absolu et cherche à imposer sa vision du monde au-dessus des autres. Glissant me disait qu’il imaginait l’institution artistique du futur comme un archipel qui n’abriterait pas une synthèse normalisante mais plutôt un réseau d’interrelations entre des perspectives diverses et plurielles. Glissant rêvait d’une institution qui serait en soi, une quête pour une chose que nous ne connaissons pas encore, qui mettrait le monde en contact avec le monde et multiplierait le nombre de mondes.

Maja Hoffmann et moi-même avons invité un nombre supplémentaire d’artistes du monde entier à répondre à la question, qu’est-ce qui est urgent à notre époque ? Les thèmes de l’écologie, de l’inégalité, d’un futur commun, de la solidarité, de l’antiracisme et de la justice sociale reviennent fréquemment. Nous pouvons observer le désir pour un ordre radicalement différent de celui dans lequel nous vivons. Comme l’a formulé Etel Adnan : « Le monde a besoin d’être-ensemble, et non de séparation. D’amour et non de méfiance. Un avenir commun et non isolé. » Il y a une grande différence entre le fait de signaler une urgence et celui de trouver la capacité d’agir pour y répondre et imaginer des solutions. Permettre aux artistes de réaliser la réalité est le but ultime de ce projet.

La quatrième itération se déroulera à Luma Arles et débutera en juin 2020 avec une présentation des archives. Pendant les mois d’été de juillet, août et septembre, nous allons commander une série de nouvelles affiches inspirées du moment présent impliquant de nouveaux·lles participant·e·s ainsi que les ancien·ne·s qui concevront une deuxième affiche.

Les affiches seront exposées dans le bâtiment du Médico-Social au Parc des Ateliers et téléchargeables directement dans l’espace d’exposition grâce à un QR code. Une série d’entretiens et de conversations avec les artistes participants est prévue.

Après septembre 2020, l’exposition continuera à se développer et à évoluer vers d’autres horizons. Quelle qu’en soit ses destinations, nous poursuivons les recherches et invitons les artistes à rejoindre les archives vivantes.

Hans Ulrich Obrist

FISCHLI/WEISS – Der Lauf der Dinge (Le Cours des choses, 1987)

Der Lauf der Dinge (Le Cours des choses, 1987) est l’une des oeuvres les plus emblématiques créées par les artistes suisses Peter Fischli (1952-) et David Weiss (1946–2012). Ce film de trente minutes constitue un voyage au cours duquel une série d’objets et d’éléments mécaniques, roule, se renverse, brûle, se répand ou encore, se propulse en avant, créant une longue réaction en chaîne de causes et d’effets. Allégorie de la contingence et de l’entropie véhiculant l’humour malicieux propre à Fischli/Weiss, le procédé est caractéristique de l’expérimentation créative des artistes et de leur attirance pour de complexes structures fictives en trompe-l’oeil, ainsi que pour l’illusion. Dans ce film, la séquence d’événements, méticuleusement orchestrée, suscite l’impression que les objets se sont mystérieusement affranchis du contrôle de l’homme, gagnant ainsi leur indépendance. Chacune des transitions crée une sensation de suspens à l’égard de la continuité, et à maintes reprises, il semble impossible que se produise un crucial transfert d’énergie. D’où l’impression constante que le chaos et l’effondrement sont sur le point d’advenir mais que les fréquentes irrégularités et exceptions sont ce qui empêche le système d’aboutir au point mort. Métaphore fascinante sur l’incertitude et l’absurdité du quotidien, Der Lauf der Dinge, (Le Cours des Choses) transmet avec force le plaisir éprouvé par les artistes au cours du processus de production de l’œuvre, au travers du démembrement et du remembrement des choses, de la précision de l’équilibre, aussi bien que du surgissement de l’effondrement.

De 1979 à 2012, le duo d’artiste collabore sur un corpus d’œuvres qui, à travers différents médiums, explorent le thème du quotidien et examinent au moyen d’élaborations faussement bon enfant, la façon dont nous percevons la vie ordinaire. Se réappropriant avec humour les genres culturels – films hollywoodiens à petits budgets, iconographie des magazines, et jusqu’au concept artistique historique du ready-made –, ils incitent le public à questionner la construction de la réalité et la perception du monde.

PETER FISCHLI – Untitled (2018)

Outre Der Lauf der Dinge (Le Cours des choses), et pour la première fois en France, Luma présente une vidéo plus récente de Peter Fischli, laquelle est, en un sens, l’antithèse de la précédente. D’une durée de deux minutes, Untitled (2018) évoque de façon ludique la période estivale, les vacances, la joie. Diffusée sur écran, la vidéo ouvre sur un soleil présenté sous la forme d’un objet abstrait et lumineux, placé à l’intérieur d’un vaste ciel filtré, ultraviolet. Cette mise en scène du soleil, au plus chaud de la journée, permet à Fischli de créer la sensation d’un espace inventé, lieu tout à la fois de possibilité infinie et de concentration.

Alors que le chant des cigales qui accompagne la vidéo, suscite la nostalgie de l’été méditerranéen, la caméra se déplace jusqu’à isoler une petite bouteille d’eau en plastique, à l’extrémité du front de mer. La bouteille virevolte joyeusement, dans une chorégraphie cependant irrégulière et capricieuse qui convoque le fantasme de l’évasion et des congés. Soudain, celle-ci effectue un plongeon inattendu dans l’eau, événement qu’annonce une mélodie légère, inspirée des dessins animés. L’extraordinaire simplicité de cette scène banale, la surprise initiale et la sensation de perte éprouvées au cours de cet épisode ordinaire, contrastent de façon percutante avec le scénario complexe à l’œuvre dans Der Lauf der Dinge (Le Cours des choses).

Vidéo présentée grâce à l’aimable soutien de Peter Fischli.

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