jeudi 3 décembre 2020

¡Viva Villa! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

« ¡Viva Villa! 2020 – Les vies minuscules » : Regards sur l’exposition

Sommaire…
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Les vies minuscules*

Des mondes, des histoires, des vies

Cette exposition du festival des résidences artistiques, ¡ Viva Villa !, se situe à hauteur d’homme, sous l’égide de l’humain et de l’animal, de l’individu et des foules anonymes, de l’espèce et du biographique, des flux migratoires et de l’intime…

Conçue comme un déplacement selon plusieurs focales, depuis l’amplitude de visions cosmogoniques ou fantasmagoriques à l’observation du très proche. L’image de vies minuscules, empruntée à Pierre Michon, semble bien pouvoir désigner les préoccupations actuelles des résidents autour de l’homme social, culturel et anthropologique, le monde qu’il s’est constitué, fait d’objets dérisoires, de paysages construits, de corps fabriqués, de mouvements auxquels il est soumis par l’histoire, sa fragilité voire son insignifiance face à la nature, aux forces géopolitiques, aux épidémies…

La représentation du réel est au cœur d’approches formelles spécifiques telles que le portrait et l’instantané photographique du smartphone, le travestissement ou le carnaval performés, l’enquête historique et la collecte ethnographique sous le mode de l’installation, du dessin, de la peinture figurative, du documentaire relayé par la fiction, de la polyphonie en musique ou du monologue en littérature… Toutes formes qui réinterrogent la catégorie du réalisme, des réalismes, face à un monde ébranlé, menacé par le chaos.

L’état du monde, comme durant toutes les grandes périodes de crise, bat en brèche nombre d’appréhensions construites et consensuelles, que ce soit dans le domaine des sciences humaines, de la science ou de l’esthétique. Face à cette situation mouvante et imprévisible, l’exercice simple de description, d’observation, d’enquête, de recension, d’énumération, apparaît comme le plus efficient – le plus modeste et pourtant le plus foisonnant, subtil et inventif.

Préparé en pleine pandémie, le festival adossé à cette thématique réaliste et humaniste a acquis une tonalité plus aigüe. Les artistes et résidents, au sein de leurs ateliers, confinés, ont parfois infléchi leurs travaux, réagi à la situation exceptionnelle, à l’inquiétante étrangeté de ce temps suspendu, par des œuvres, des journaux de confinement, des recherches historiques sur d’autres épisodes d’épidémie – la peste, le choléra en 1837 à Rome…

C’est un festival marqué par cette période particulière où le doute, la suspension, la réserve et la réflexion sont sous-jacents, souvent exprimés.


Cécile Debray
Assistée d’Assia Quesnel
* Pierre Michon, Vies Minuscules © Éditions Gallimard

Sara VitaccaLa Villa au temps du choléra : une brève histoire des pensionnaires confinés en 1837, 2020

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Histoire de l’Art

Anonyme, Portrait de Jean-Arnould Léveil (architecte), 1833-1837 Huile sur toile. 47 x 37 cm
Charles Octave Blanchard, Portrait de Jean-Baptiste Farochon (graveur), 1839 Huile sur toile, 48 x 36 cm
Anonyme, Portrait de Dominique Papety (peintre), 1837-1841 Huile sur toile, 47,7 x 38,8 cm
Anonyme, Portrait de Pierre-Charles Simart (sculpteur), 1834-1838 Huile sur toile, 47,8 x 346,7 cm
Anonyme, Portrait de Charles Octave Blanchard (sculpteur), 1837-1840 Huile sur toile, 47 x 37,5 cm Anonyme, Portrait de Louis-Adolphe Salmon (graveur), 1835-1838 Huile sur toile, 47 x 37 cm
Eugène Roger, Portrait de Victor Baltard (architecte), 1834-1838 Huile sur toile contreploquée, 47 x 38,2 cm
Anonyme, Portrait de Prosper Morey (architecte), 1837 Huile sur toile, 47,5 x 37,5 cm
Paul Jourdy, Portrait de Jean-Jacques Clerget (architecte), 1840 Huile sur toile, 47 x 38 cm
Anonyme, Portrait d’Ernest Boulanger (musicien), 1836 Huile sur toile, 47 x 37 cm
Paul Jourdy, Portrait de François-Augustin Bridoux (graveur), 1834 Huile sur toile, 47 x 36 cm
Hippolyte Flandrin, Autoportrait, s. d. Huile sur toile, 47,8 x 36,3 cm

En 1837, une terrible épidémie de choléra sévit à Rome. Les morts se multiplient, la ville éternelle ferme ses frontières et les pensionnaires de l’Académie de France à Rome, dirigée par Jean-Auguste-Dominique Ingres, sont confinés pendant de nombreux mois à la Villa Médicis. La vie ou temps du choléra s’écoule alors entre crainte de la contagion et hypocondrie, entre ennui et relâchement. Les portraits des pensionnaires confinés et tes lettres adressées à leurs proches nous plongent au cœur de cet épisode oublié qui s’avère être aujourd’hui d’une profonde actualité.

Valentina HristovaLa Pietà de Sebastiano del Piombo (Viterbe, Museo Civico, 1512) à l’épreuve du XXIe siècle, 2020

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Histoire de l’Art

Jouant sur une triple temporalité, cette photo re-contextualise une œuvre phare du début du XVIe siècle, la Pietà que Sebastiano del Piombo peignit à Rome d’après un carton de Michel-Ange. L’escalier monumental qui conduit le regard vers l’image sacrée, placée à dessein au cœur du dispositif de présentation, est peuplé de figures. Deux types d’acteurs s’y juxtaposent : les quatre protagonistes liés à l’histoire de la commande, et une multitude de personnages masqués à peine sortis du confinement. Qu’ils soient croyants ou non importe peu : la mise en scène n’a rien d’un discours prosélyte. Il s’agit davantage de bâtir des ponts entre les diverses couches du passé en saisissant la parabole chrétienne mort-deuil-résurrection comme moyen de repenser notre rapport au monde à travers une idéologie de l’espérance, du pardon et de la paix.

Des Mondes

Le jardin, c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde. Le jardin c’est depuis le fond de l’antiquité, une sorte d’hétérotopie heureuse et universalisante (de là nos jardins zoologiques).
Michel Foucault, « Des espaces autres » (1967)

À la différence des animaux, l’être humain convertit son milieu en un monde qu’il façonne et refaçonne au fil du temps et des cultures, modèle à son image et selon ses besoins. Ces mondes peuvent être le reflet de visons fantasmagoriques, cosmogoniques ou encore géopolitiques telles qu’esquissées par nombre d’artistes.

En s’appuyant aussi bien sur des éléments saisis dans le réel qu’imaginés, ils posent ainsi la question du rapport de l’homme à ces mondes – de ses accents les plus poétiques au plus dystopiques – et de sa place en imaginant, par exemple, des mises en situation de figures.

Qu’ils s’inspirent de l’Histoire, des animaux, du végétal ou du minéral, de la science-fiction, qu’ils soient influencés par les théories queer ou par des réflexions socio-culturelles autour de l’acte d’habiter, qu’ils jouent avec les concepts de la vision ou du langage, tous cherchent à restituer la complexité des mondes qui composent le réel et à porter un regard à distance, à s’interroger sur l’hypothétique frontière entre intérieur et extérieur.

Dans l’escalier :

Pétrel et Roumagnac (Duo) – de L’Ekumen, pièce photoscénique n°3, décor, 2020

Villa Kujoyama Photographie / Théâtre

Pendant l’hiver 2020, le duo mène à la Villa Kujoyama une recherche en appui sur un travail d’adaptation du roman de science-fiction technoqueer d’Ursula K. Le Guin, La Main gauche de la nuit (1969). Les prises de vue réalisées à partir des scènes agencées à Kyoto et Nagano sont imprimées sur des matériaux divers pour constituer le corpus des objets photographiques de leur troisième pièce photoscénique, de l’Ekumen. Pour i Viva Villa !, le duo amorce le cours des métamorphoses de la pièce en y activant un prologue scénographique.

petrelroumagnacduo.com
instagram

Frédérique Barchelard et Flavien MenuProto-Habitat, 2020

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Architecture

Le pavillon Proto-Habitat fait suite à une recherche sur la conception de modes d’habitat adaptés aux enjeux environnementaux et sociaux. Entièrement montable et démontable en quelques jours, construit à 100 % en bois français, Proto-Habitat offre dans un espace de vie minimum – 45 m2 modulable en 60 m2 – la possibilité d’avoir accès à un habitat aux espaces généreux avec des finitions soignées, lequel permet d’être adaptable et flexible en fonction des changements de situation de vie. Pensé comme un module, ce pavillon a vocation à se développer et se configurer en plusieurs unités pour répondre à des situations urbaines et rurales : habitat individuel, habitat collectif, habitat temporaire, habitat d’urgence.

chroniques-architecture.com
arcenreve.eu

Au rez-de-chaussée, salle 1

Keke Vilabelda

Casa de Velázquez, artiste boursier de l’Ayuntamiento de Valencia – Arts Plastiques

Avec ce nouvel ensemble, Keke Vilabelda explore les sentiments d’éloignement et de familiarité vis-à-vis des paysages. L’Espagne et l’Australie, à deux endroits opposés du monde, sont malgré tout physiquement connectées par des caractéristiques géographiques communes. C’est notamment le cas des lacs roses, une singularité que l’on retrouve dans les deux hémisphères.

Les peintures sont produites en simulant les processus naturels de sédimentation et d’évaporation. L’eau et les couches de peinture, séchant à des vitesses différentes, agglomèrent ou diluent les pigments sur la toile. La gravité joue un rôle crucial, générant des courants d’eau en mouvement sur la surface. Ce qui semblait initialement être une peinture abstraite peut ainsi se transformer, sous l’œil du spectateur, en une vue aérienne d’un paysage inconnu.

L’installation vidéo Pink Lakes offre quant à elle une expérience audiovisuelle hypnotique sur les rencontres visuelles et sonores des deux hémisphères terrestres.

kekevilabelda.com
Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Hugo Deverchere

Casa de Velázquez – Arts Plastiques

La Isla de las Siete Ciudades étudie des biotopes potentiellement à l’origine du mythe des Cités d’or. En convoquant différents champs d’investigation comme la géologie, l’astronomie, l’archéologie ou encore l’alchimie, l’artiste explore ici une mine de cuivre, de fer et d’or (Excavation) dont il a extrait un minuscule fragment de magnétite.

Agrandie grâce à une technique empruntée à l’astronomie (Magnétite #02), et observée à travers un miroir de télescope (Field), la matière minérale se transforme et nous laisse entrevoir ses dimensions symboliques, sensibles, physiques, chimiques et organiques. Le paysage ainsi déréalisé nous suggère que l’ailleurs est peut-être déjà ici.

hugodeverchere.com
Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Au rez-de-chaussée, salle 2

Nuageux qu’est-ce qu’être nuageux, est-ce une doublure, est-ce que ça fond.
Gertrude Stein, Tender Buttons (1914)

Benjamin Mouly

Casa de Velàzquez – Arts Visuels
Ce projet bénéficie de l’Aide Individuelle à la Création de la DRAC Bretagne.

« Des histoires moins déterministes, des histoires qui laissent des marges de manœuvre plus importantes, des histoires qui déjouent la tentation des modèles. » Ainsi Vinciane Despret qualifie le potentiel narratif que permet l’approche philosophique du comportement des oiseaux.

Ces histoires, leurs modalités d’existence, leurs enjeux perceptifs, sont précisément celles qui habitent le travail de l’artiste Benjamin Mouly. Ancrée dans une pratique de la photographie, son œuvre ne cesse pourtant de déjouer la fixité des images, de creuser des écarts entre l’expérience corporelle et visuelle d’un réel instable et les techniques normalisées de sa capture. C’est dans cette perspective expérimentatrice et teintée d’humour que s’inscrit le projet filmique For the Birds […]. (Julie Sas)

benjaminmouly.fr
Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Au rez-de-chaussée, salle 3

Pierre Bellot

Casa de Velàzquez – Peinture

Pierre Bellot cherche à nous convaincre de la réalité des objets qu’il peint. Pourtant presque rien dans ses tableaux ne résulte d’une expérience vécue. En effet, ses sujets sont issus d’un monde virtuel, ils proviennent d’une immense bibliothèque d’images accumulées, collectées sur Internet. La peinture leur donne une épaisseur, un corps. Travailler avec des sources qui ne sont pas liées à l’affect lui permet un certain détachement, une distance qui facilite sa capacité à les manipuler, à les transformer. Ce qui l’intéresse c’est la peinture même : la couleur, la matière. Ses tableaux offrent une texture épaisse et mate, parfois onctueuse, parfois rugueuse. L’œil circule entre les différents signes. […] (Grace Betton)

pierrebellot.com
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Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Hugo Capron

Villa Kujoyama – Arts Plastiques

Les quatre collages sont issus d’une série initiée à la Villa Kujoyama en 2019. Sous leurs aspects abstraits, ils évoquent différents paysages urbains. Réalisés avec des trames autocollantes habituellement utilisées pour créer les ombres et les fonds sur papier annoté pour la mise en page des mangas, ils sont le point de départ des deux grandes huiles sur toile aux nombreuses nuances de gris également présentées dans cette exposition. Celles-ci sont les prémices des peintures qui suivront, une tentative de mise en relation entre le Japonisme du XIXe siècle et ce que peuvent être les archétypes de la peinture aujourd’hui.

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Au rez-de-chaussée, couloir

Sara Kamalvand

Casa de Velàzquez Architecture
Projet de recherche en partenariat avec l’École polytechnique de Madrid ETSAM
Assistants de recherche : Pilar Jiminez, Fatemeh Monfared

Cette installation prend sa source dans les origines mêmes de la ville de Madrid, autour de la question de l’eau, à travers la lecture d’un réseau souterrain, ancestral et invisible : le qanat ou viaje de agua en espagnol. Cette infrastructure, inventée en Iran il y a plus de 3000 ans, s’est ensuite répandue en Orient et en Occident. En étudiant ce tracé invisible et originel de la ville qui a donné naissance aux jardins et a alimenté les fontaines publiques pendant plus de huit siècles, Sara Kamalvand entreprend un travail proche de celui de l’archéologue. Par la lecture de ces ruines invisibles, elle part à la reconquête d’un patrimoine oublié.

Tamerlan aurait entendu de la bouche même de l’ambassadeur d’Henri III de Trastamare : « Mon Seigneur possède une cité qui s’appelle Madrid, la Ursaria et qui est inexpugnable du fait qu’elle est entourée de feu et construite sur l’eau ».

Ursaria se réfère à la Grande Ourse, la constellation dont les sept étoiles les plus brillantes, celles citées dans la Bible et représentées sur le drapeau de la communauté de Madrid, ont permis de dresser la première cartographie céleste. Ursa Major, en tournant sans cesse autour de Polaris, dessine dans le noir du ciel un cadran géant. Elle a permis aux Rois mages, ces prêtres astrologues zoroastriens de calculer le premier calendrier solaire. Cette première lecture provoque le dessin du carré, et sa transposition en typologie de quatre parts du jardin persan. Ce carré est une analogie des quatre saisons et quatre points cardinaux.

La Ursaria, c’est aussi l’Alcazar, l’actuel palais royal de Madrid, forteresse quadrangulaire de la ville médiévale, orienté plein Nord. Cette implantation territoriale est ordonnée par une technique d’acquisition d’eau originaire de la Perse, laquelle a servi, durant le Moyen Âge, comme instrument d’expansion le long d’une bande aride de l’Ancien Monde, de Séville à Marrakech au désert du Taklamakan, constituant la Route de la Soie. Madrid appartient à cette série de villes-jardins fondées sur les qanats, un réseau de galeries souterraines creusées à la main qui font jaillir l’eau depuis les profondeurs de la Terre.

Abandonnés à la Révolution industrielle, Los Viajes de Agua continuent d’irriguer l’eau, de manière disparate et délaissée. Leur relecture sert d’instrument de mémoire et de transgression, de lignes géométriques et de cosmicité entre traditions vernaculaires et enjeux contemporains.

Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Isabelle Le Minh

Villa Kujoyama – Photographie

Ce dispositif a pour point de départ une encre sur washi de l’artiste américain James Lee Byars qui fut présentée sur un kakejiku (peinture ou calligraphie en rouleau montée sur papier ou sur soie) au Musée municipal de Kyoto en 1962. La forme dessinée par l’encre a été creusée dans une plateforme de bois de Hinoki sur laquelle ont été fixées des lanières de geta (sandales japonaises traditionnelles en bois). L’immobilité que suggère le dispositif convie le spectateur à se projeter dans l’expérience du point de vue – l’un des fondements de la photographie – et à prendre pleinement conscience de l’ici et du maintenant.

galeriegaillard.com

Fanny Taillandier

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Littérature

Fanny Taillandier - Rêves de pierre, empires de papier, 2020 - ¡ Viva Villa ! 2020
Fanny Taillandier – Rêves de pierre, empires de papier, 2020. Textes défilant sur panneau led – ¡ Viva Villa ! 2020

En 1935, Benito Mussolini envahit l’Éthiopie. Depuis 1932, il a fondé, non loin de Rome, les città di fondazione dans les marais Pontins. En 1962, la France accorde son indépendance à l’Algérie, au terme de huit ans de guerre de libération. En 1965, l’ancien préfet d’Algérie met en place une politique de développement des villes nouvelles en France métropolitaine. Quatre verront le jour autour de Paris. L’acte de fonder des villes nouvelles est un geste impérial. L’installation imagine les mots de ces rêves de pierre, détaille une propagande fictive qui révèle la trame de ces empires de papier.

Au rez-de-chaussée, salle 4

Guillaume Valenti

Casa de Velàzquez Peinture

Les dernières peintures de Guillaume Valenti ont pour sujet l’espace d’exposition ; est pris en compte ce qui constitue habituellement le hors-champs des images. Les objets ainsi disposés dans l’espace lumineux et géométrique du White Cube, s’activent par leur contexte, leur périphérie. Ces peintures sont élaborées à partir de plusieurs documents photographiques, personnels ou découverts sur internet, les blogs consacrés à l’activité des galeries étant désormais nombreux et leurs mises à jour incessantes. Les images sources sont ensuite transformées de façon à ne plus conserver que les murs, comme dépossédés de leur contenu initial. Au fil de la peinture, des objets font leur apparition. Il s’agit d’une fiction, d’un espace mental, qui entremêle des problématiques purement picturales à une réflexion sur la nouvelle condition des images.

Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Thomas Andrea Barbey

Casa de Velàzquez – Dessin

Thomas Andrea Barbey peint le vide et la beauté du silence. La fenêtre est un motif très prisé dans l’histoire de l’art, et nombre de peintres l’utilisent comme une ouverture vers le paysage, une échappée. L’approche de l’artiste est ici tout autre. Ses fenêtres sont systématiquement fermées. Elles n’ouvrent sur presque rien et isolent du dehors. Ses intérieurs sont envisagés comme de véritables études d’atmosphère.

La lumière est la préoccupation première de l’artiste. Cette lumière, matérialisée par un rayon de soleil qui vient éclairer le bois du parquet, est sa manière de faire dialoguer l’extérieur avec l’espace intérieur.

thomasandreabarbey.com
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Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Justin Weiler

Casa de Velàzquez – Peinture

Par le clair-obscur, la réserve et le masquage, ses Screens fraient un passage vers la surface première sur laquelle s’accumule la peinture. Le blanc n’est pas ajouté : il est d’origine. Couche après couche, sur cette peau matricielle, l’artiste revendique le sfumato hérité de la peinture classique et moyen de sa pratique décomplexée des techniques.

Symbole d’immortalité et considérées comme divinité dans certaines sociétés, les feuilles d’aloe vera de Justin Weiler sont dressées vers le ciel. Elles sont emprisonnées, bloquées dans un espace confiné. Surdimensionnées, on pourrait croire qu’elles ont grandi trop vite. Et ici, où tout est question d’intérieur et d’extérieur, Justin Weiler efface la frontière, il n’y a plus de limites, les deux territoires se rejoignent. Ces vitrines le renvoient à son propre enfermement ; on ne peut que faner.

Le labyrinthe de Justin Weiler est constitué d’une multitude de stèles verticales et monumentales qui créent un parcours dans lequel on déambule. Chaque module joue sur la transparence et les reflets se superposent créant ainsi de nouveaux plans ; la synthèse des espaces devient alors sculpture.

Ces stèles anisotropiques sont en constante évolution en fonction de la lumière qui transforme le dessin originel du rideau de fer, changeant la perception de la pièce. La réflexion des modules entre eux perturbe notre regard et la diffraction de la lumière affecte l’observation de l’œuvre.

justinweiler.fr
Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Vers le premier étage, paliers

Mathieu LarnaudieExtrait inédit du roman Trash Vortex (en cours d’écriture), 2020

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Littérature
Mathieu-Larnaudie-Trash-Vortex.pdf

Frédérique Barchelard & Flavien MenuFurnitures for Nomadic Millennials – Letto, 2020

Académie de France à Rome — Villa Médicis Architecture

Furnitures for Nomadic Millennials est un système d’objets qui suit et s’adapte au mouvement perpétuel de la sphère intime et reflète les changements de la société affectant les millennials et leur manière d’habiter. Letto, le lit est l’espace individuel par excellence, l’espace élémentaire du corps, le dernier objet qu’un homme, criblé de dettes, a le droit de conserver. Letto est un lit pliable inspiré par la tradition de lit-mobile utilisé sur les champs de bataille. Letto est facilement transportable et porte avec lui confort climatique et acoustique.

À l’étage, salle 1

Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

Des Vies

Des têtes bouffies, au menton lourd, aux yeux inexpressifs, des têtes osseuses, crispées par l’angoisse, des têtes souriantes de bons vivants et de farceurs circulent en liberté ajustées directement aux pattes. Leur naturel est plus déconcertant encore que si c’étaient des faces monstrueuses.
Jurgis Baltrušaitis, Le Moyen Âge fantastique. Antiquités et exotisme dans l’art gothique (1955)

Le corps, celui du sujet, est la mesure du monde selon l’humanisme, l’ancrage nécessaire de la perception selon la phénoménologie. Le corps réifié, transformé, écorché, habillé exprime également la condition humaine, aux prises avec les questions de genre, de vie sociale et politique, de survie biologique ou mécanique.

Être au plus près de l’appréhension du monde, au plus intime, c’est aussi explorer l’intériorité humaine, l’amplitude de sa subjectivité entre rêves éveillés et souvenirs oubliés, entre imagination et mémoire. La figure, la figuration portée par le dessin, la peinture, la photographie, mais aussi par la performance ou la vidéo, est prégnante, souvent associée à des formes de narration, à des « vies ». La focale se resserre sur l’individu comme narrateur ou personnage.

L’épreuve du confinement a rétréci le champ visuel de chacun et des artistes. Le très près du quotidien, les objets quotidiens ont formé les motifs des œuvres. Compulsion plutôt qu’épanchement dans ces sortes de journaux de confinement, ces descriptions intimes embellissent le quotidien, le travestissent parfois, comme pour le rendre plus supportable ; ou bien questionnent sa banalité, quand elles ne le représentent pas tout simplement.

Bastien David

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Composition Musicale

L’idée du Métallophone circulaire voit le jour lors d’un voyage au Myanmar. À Mandalay, capitale artisanale et culturelle du pays, Bastien David a travaillé avec le facteur traditionnel Ko Aung Moe aux premières étapes de la réalisation de l’instrument par la fabrication et l’accordage des 216 lames d’acier martelé. Les six caisses de résonance en bois laqué ont été construites dans un second temps en France puis finalisées en Italie lors de sa résidence à la Villa Médicis. Le Métallophone circulaire est un nouvel instrument de percussion : son accordage micro-tonal au 1/12e de ton lui confère la capacité de produire acoustiquement des sonorités organiques voire hypnotiques ; et faire jouer en simultané six percussionnistes sur le même instrument.

bastiendavid.com

Leticia Martínez Pérez

Casa de Velázquez – Arts plastiques

Pendant sa résidence à la Casa de Velázquez, Leticia Martínez Pérez poursuit son travail sur les anachronismes qui naissent lorsque tradition et modernité se croisent. S’inspirant de l’histoire de la peinture espagnole et des festivités populaires, Leticia Martínez Pérez explore la présence des costumes et de l’artisanat traditionnel de la péninsule Ibérique dans le monde contemporain.

Sous le titre Deliciae, un univers onirique se développe, mis en musique par Jonathan Bell dans lequel mémoire et fantaisie se mêlent dans une dimension festive.

En créant des récits et des mises en scène multiples, l’artiste utilise un langage hybride qui, à partir d’une proposition sculpturale, emprunte autant à la performance, qu’à la vidéo et à la photographie. Deliciae cherche à faire émerger un dialogue entre la sculpture, le personnage et le décor, dans lequel les frontières entre les pratiques s’estompent et où apparaissent leurs affinités formelles, plastiques ou poétiques.

Leticia Martínez Pérez est artiste boursière de la Diputación provincial de Zaragoza

srtamartinezperez.tumblr.com
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Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Bastien David et Katarzyna Wiesiolek - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Bastien David et Katarzyna Wiesiolek – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

Katarzyna Wiesiolek

Casa de Velázquez – Dessin

Body est une série de dessins au fusain qui comprend trente-cinq portraits de dos des amis de l’artiste. Une figuration précise qui invite à imaginer leur sexe, leur âge et leurs faiblesses. Cette notion d’intimité est renforcée par l’ampleur du motif qui occupe l’ensemble de la surface du papier, ne laissant pas de place à l’anecdote. Cette construction accentue la tension interne, constitutive du dessin et donne sa force à l’image.

Cette série de photographies numériques a été faite à Rewal (Pologne), dans la ville natale de l’artiste. Katarzyna Wiesiolek restitue à travers ces images – ni reportage, ni fiction, ni témoignage – des émotions qu’elle aime à faire partager. Elle travaille à partir d’un espace de contemplation qui lui est propre et qui fait sa richesse. Son engagement passe par des choix esthétiques profondément intimes et sensibles. Cette œuvre, en résonance avec la vie personnelle de l’artiste, évoque une certaine mélancolie, l’éphémère et la fugacité du temps.

katarzynawiesiolek.com
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Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

Jeanne Vicerial

Académie de France à Rome — Villa Médicis Design Textile / Mode

Laboratoire de corps – figés, plâtrés, pétrifiés, vitrifiés -, d’écorchées vives de Rome et d’ailleurs ; corpus emprunté à l’histoire de l’art et de la représentation de la femme. Durant un an, Clinique Vestimentaire s’est engagé sur un terrain de recherches afin de réanimer la mémoire de ces corps bafoués, l’histoire des femmes, de la mode, et celle de la prise de parole. Peu à peu, ces moulages – ces Vénus dénudées aux draps déchus, mouillés et souillés – prennent enfin la parole et nous racontent que ce n’était pas vraiment leur choix.

Les éléments – l’eau, la terre, le feu -convergent vers un nouvel embryon activant, réanimant et offrant un second souffle à ces corps. Doucement, l’armée se dresse, au travers des plissés, des fils, de coutures et des drapés afin de donner enfin leur propre vision de l’histoire de la féminité.

cliniquevestimentaire.com
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Clément Fourment

Casa de Velázquez – Arts Plastiques

Clément Fourment - Série La soif des Ardents, 2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Clément Fourment – Série La soif des Ardents, 2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

Chercheur de lumière, le regard suspendu, Clément Fourment navigue dans le temps en quête de figures fantastiques. Dans sa constellation incarnée, les marionnettes et les poupées prennent vie aux côtés des reines amoureuses, des enfants débauchés, des animaux merveilleux. Les mains noircies, il ranime les visions les plus blanches dans ses séries de dessins et de gravures. Pastel, crayon, encre, pointe sèche et manière noire, aquatinte et eaux fortes font naître les clairs-obscurs de ses récits. Entre les pigments ténébreux et le blanc d’Espagne, le songe de sa raison semble assoiffé d’engendrer les âmes les plus ardentes. (Claire Peressotti)

clementfourment.com
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Interview à la Casa de Velázquez sur Viméo

François Olislaeger

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Bande Dessinée

François Olislaeger - Studiolila et série Volcans, 2019-2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
François Olislaeger – Studiolila et série Volcans, 2019-2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

François Olislaeger est un dessinateur et auteur de bandes dessinées franco-belge. Diplômé de l’école Émile Cohl de Lyon, il devient dessinateur de presse (Le Monde, Libération, Les Inrockuptibles …) et publie régulièrement des reportages dessinés, notamment Un autre monde est possible, avec Pierre Cattan, reportage au Vénézuela avec le mouvement Attac.
Après sept années de reportages au Festival d’Avignon, il publie les Carnets d’Avignon, dans lesquels s’écrit une mémoire du théâtre contemporain. Il rencontre aussi Mathilde Monnier, avec laquelle il entame un travail scénique et biographique dans le livre Mathilde : danser après tout. Sa bibliographie compte également la biographie Marcel Duchamp, un petit jeu entre moi et je aux éditions Actes Sud.
Il participe également à des expositions à la biennale d’Art contemporain du Havre, la Cité de l’Architecture, ou encore à la Gaité Lyrique. Il vit et travaille entre Paris et Mexico.

Dans la continuité de son livre Ecolila (Actes Sud BD, 2020) où les personnages de Lila et son papa passent une après-midi dans un parc, François Olislaeger propose pour le festival ¡Viva Villa! Studiolila, une nouvelle promenade avec ces personnages.

Native Maqari & Simon Rouby

Villa Kujoyama – Cinéma/Arts Plastiques

Native Maqari & Simon Rouby – Yasuke, le samouraï noir, 2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Native Maqari & Simon Rouby – Yasuke, le samouraï noir, 2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

Le nouveau projet que Native Maqari et Simon Rouby ont élaboré est un pas de plus dans leur ambition commune de questionner l’expérience noire et la migration. Lors d’un voyage dans la région de Zaria, au Nigeria, ils ont pu dresser des similitudes troublantes entre les cultures du Sahel et du Japon. Des compatibilités phonétiques entre les langues aux codes d’honneurs en passant par l’apparat guerrier, ils ont développé une étude comparative subjective à la frontière entre sciences sociales et fiction. C’est dans le contexte de cette recherche que s’est imposée à eux la figure de Yasuke, le premier samouraï non japonais de l’histoire de l’archipel, d’origine africaine, et dont les traces remontent au XVe siècle.

simonrouby.com

À l’étage, salle 2

Louise Sartor

Académie de France à Rome — Villa Médicis Arts Plastiques

Louise Sartor - Cent vues de la Villa Médicis, 2019-2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Louise Sartor – Cent vues de la Villa Médicis, 2019-2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

L’objet de sa résidence à la Villa Médicis s’articule particulièrement autour de la peinture de paysage et la répétition en série d’une même vue. Dans la continuité de son projet, elle présente pour le festival ¡ Viva Villa ! Cents vues de la Villa Médicis, une série de dessins réalisés sur tablette et un portrait de Frédérique Barchelard & Flavien Menu devant Perpetual Moment

Louise Sartor - F&F, 2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Louise Sartor – F&F, 2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

galeriecrevecoeur.com

Frédérique Barchelard & Flavien MenuPerpetual Moments, 2019-2020

Académie de France à Rome – Villa Médicis – Architecture

Frédérique Barchelard & Flavien Menu - Perpetual Moments, 2019-2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Frédérique Barchelard & Flavien Menu – Perpetual Moments, 2019-2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

La série Perpetual Moments est une promenade dans les images, les atmosphères et les objets qui peuplent notre quotidien et nos habitats. Au-delà de la question du beau, du noble, du montrable, cette recherche picturale révèle les qualités du banal, du nouveau, de l’immédiat avec une présence si extrême que l’on tend à l’oublier. C’est une composition polyphonique de couleurs, de sons, d’images, de bruits, de goûts et d’odeurs. Des images démocratiques et universelles qui forment un voyage dans l’intime. Peintes d’après des photos de smartphones, leur cadrage mais aussi leur vitesse de réalisation, d’une journée, les font devenir des snapshots. A contrario d’une obsolescence programmée des images absorbées quotidiennement, les peintures Perpetual Moments figent dans l’espace et le temps ces moments disparaissant et sans cesse renouvelés.

Leticia Martinez PerezLa cosmicidad de mi sala de bañio, 2020

Casa de Velázquez, artiste boursière de la Diputaciôn Provincial de Zaragoza – Arts Plastiques

Cette œuvre est composée d’un ensemble d’autoportraits faits avec un téléphone mobile dans une salle de bain. Dans cet espace quotidien, l’artiste crée son propre micro-univers où elle joue avec l’histoire de l’art et le folklore espagnols. De ce croisement de déguisements, bugs et grimaces résulte un mini-lieu absurde et intime qui lui permet de s’amuser avec sa propre image et son héritage culturel.

Jeanne VicerialQuarantaine vestimentaire, 2020

Académie de France à Rome — Villa Médicis Design Textile/Mode

Jeanne Vicerial - Quarantaine vestimentaire, 2020 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Jeanne Vicerial – Quarantaine vestimentaire, 2020 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon. Une collaboration entre Jeanne Vicerial et Leslie Moquin. Idée originale : Jeanne Vicerial Photographe : Leslie Moquin Création vestimentaire : Jeanne Vicerial

Un jour = une composition vestimentaire pendant 40 jours
Quarantaine vestimentaire est née au lendemain du décret annoncé en Italie le 9 mars 2020. Face aux mesures sanitaires mises en place et à son incapacité de pouvoir rentrer en France, Jeanne Vicerial a décidé de consacrer tout son temps à la pratique. Cette œuvre a débuté dans son atelier : étant seule et devant respecter la distanciation sociale imposée, il lui était impossible de pouvoir travailler à partir d’autres corps. De ce fait, elle a commencé à être son propre cobaye. Afin de pouvoir partager et diffuser ce carnet de recherches, l’artiste a commencé par fixer ces instants avec l’utilisation du selfie, pratique solitaire d’une mise en scène de soi-même qui prend tout son sens sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que Vicerial a publié ces autoportraits journaliers et autres mises en scène via un journal digital de recherche sur son compte Instagram @cliniquevestimentaire.

Mimosa Echard

Villa Kujoyama Arts Plastiques

Mimosa Echard - POM, Without you, 2020 et Powder room, 2019 - Des Vies - ¡ Viva Villa ! 2020 - Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon
Mimosa Echard – POM, Without you, 2020 et Powder room, 2019 – Des Vies – ¡ Viva Villa ! 2020 – Les vies minuscules à la Collection Lambert, Avignon

La vidéo POM, Without you a été réalisée à partir d’images retrouvées du film POM, fiction fantastique dans laquelle Mimosa et ses amis d’enfance sont acteurs. La vidéo fonctionne comme un vidéoclip sur la musique de Raphaël Henard qui déconstruit digitalement le tube Without you de Mariah Carey.