lundi 29 novembre 2021

How to Disappear… Œuvres de la Collection Lambert


Jusqu’au 23 janvier 2022, la Collection Lambert présente « How to Disappear… », premier volet du programme d’expositions Playground, exposer les œuvres de la collection.Ce remarquable accrochage imaginé par Stéphane Ibars (Directeur artistique de la Collection Lambert) se développe dans les espaces au premier étage de l’Hôtel de Caumont. Il propose un regard renouvelé sur une sélection d’œuvres du fonds conservé à Avignon à partir de « la question de nos rapports à l’absence, à la disparition, à la mémoire des formes et des êtres à travers leur représentation ».

L’exposition emprunte son titre à un morceau du groupe britannique Radiohead, How to Disappear Completely, écrit pendant la tournée pour OK Computer en 1998 et enregistré sur l’album Kid A en 2000. Thom Yorke, leader de Radiohead, a plusieurs fois raconté les circonstances qui sont à l’origine de sa création. Pour le musicien (et/ou pour le commissaire ?), on pourrait aussi y voir une référence au livre How to Disappear Completely and Never Be Found, de Doug Richmond, publié en 1986 où l’auteur évoque des méthodes de disparition volontaire, pour effacer sa vie et en recommencer une autre…

À lire le texte d’intention (voir ci-dessous), rien n’est moins certain…

L’accrochage particulièrement élégant et sensible, empreint d’une poésie subtile, laisse à chacun les espaces pour faire les rapprochements qui lui sont propres, laisser remonter souvenirs et émotions et assembler les éléments d’une éventuelle narration…

Au-delà de nos rapports singuliers aux images qui s’échappent entre rêve et éveil, aux périodes floues entre adolescence et âge adulte, aux troubles des amours qui naissent et aux douleurs de celles qui s’évanouissent, aux souvenirs qui s’effilochent, aux disparitions et à la mort, « How to Disappear… » réussit parfaitement à conjuguer « autant de formes d’apparence fragile, comme suspendues dans l’espace et le temps, dont la force vitale s’impose dans la discrétion, permettant à tout ce qui les entoure d’exister aussi ».

Le parcours s’articule en cinq séquences :

Les quatre premières occupent avec évidence et cohérence l’enfilade des trois salles qui ouvrent sur la cour et l’antichambre sur jardin. Avec près de moitié des œuvres de la sélection, la cinquième se déploie dans la lumière tamisée et chaude de la grande galerie sur jardin en laissant plus de « place » au regardeur…

« How to Disappear… » rassemble des œuvres de Carl Andre, Shusaku Arakawa, Robert Barry, James Bishop, Christian Boltanski, Marcel Broodthaers, Robert Wilson et Lucinda Childs, Christo, Daniel Gustav Cramer, Daniel Dezeuze, Spencer Finch, Nan Goldin, Douglas Gordon, Loris Gréaud, Jeppe Hein, Douglas Huebler, On Kawara, Thierry Kuntzel, Bertand Lavier, Sol LeWitt, Robert Mangold, Christian Marclay, Brice Marden, Adam McEwen, Piet Moget, Jonathan Monk, Rei Naito, Rika Noguchi, Roman Opałka, Dennis Oppenheim, Robert Ryman, Fred Sandback, Andres Serrano, Pauline Tralongo et Cy Twombly.

« How to Disappear… » est accompagné par un catalogue bilingue d’une cinquantaine de pages publié par Actes Sud. Introduits par une belle préface d’Alain Lombard, les textes de Stéphane Ibars sont complétés par quelques vues de l’accrochage qui était en place en début d’année.

À la liste des œuvres exposées s’ajoute une playlist « pensée en écho à la visite de l’exposition et à la lecture des textes qui la racontent »… Outre le titre de Radiohead, on y trouve des morceaux de John Cage dont l’inévitable 4’33’’, mais aussi des pièces de Bian Eno, Ryuichi Sakamoto, Nick Cave ou Guiseppe Verdi.

Exposition et catalogue sont dédiés à la mémoire de Christian Boltansky.

Les visiteurs disposent d’un document d’accompagnement où l’on retrouve les textes du catalogue. La playlist est ici complétée par « la bibliothèque du commissaire », une sélection d’œuvres qui l’ont « nourri » lors de la création de « How to Disappear… ». On apprécie cette heureuse initiative…

Les « fripons » proposent de leur côté, un dépliant qui suggère de « faire disparaître un fripon (ou un autre) en cinq étapes », en suivant les traces d’un fantôme, avant de faire un atelier à la maison…

En salle, les cartels de certaines œuvres sont complétés par les QR codes qui donnent accès à des commentaires audio pour les adultes et pour les enfants.

Pendant les trois premiers mois de l’année 2021, cette remarquable exposition est restée sans visiteurs. De ce fait, le deuxième opus de Playground « 1988 » a été présenté cet été avant le premier et le troisième « L comme Lambert » qui sont accrochés ensemble cet automne…

Le vingtième anniversaire de la Collection Lambert a été l’occasion pour l’institution de repenser son engagement vis-à-vis du fonds conservé à Avignon et de proposer différentes approches pour le voir. L’Hôtel de Caumont, le bâtiment historique ouvert fin juin 2000, est devenu le lieu dédié à ces présentations et notamment pour Playground qui s’affirme « comme un programme d’expérimentation et de jeu appliqué aux différentes manières d’envisager l’exposition d’une collection » et où les références à certaines pratiques curatoriales des années 1980 sont revendiquées.

Il faut souligner la capacité de la Collection Lambert de faire vivre son fonds en renouvelant sans cesse les perspectives sur les œuvres conservées à Avignon. À côté des expositions temporaires, Playground, exposer les œuvres de la collection, La Collection Lambert mise à nu par ses artistes, même, les Focus et la publication des Cahiers sont des initiatives remarquables auxquelles il faut porter l’attention qu’elles méritent.

À lire, ci-dessous, la note d’intention de Stéphane Ibars et des regards sur « How to Disappear… » accompagnés des textes du commissaire…

En savoir plus :
Sur le site de la Collection Lambert
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How to Disappear… Regards sur l’exposition

Adam McEwen, Sans titre (Dead), 2002 et Thierry Kuntzel, Le Tombeau de Saussure (Double entrave), 1974 – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

​Si l’expressivité du geste disparaissait

Robert Barry, Something That Cannot..., 2012 - Si l'expressivité du geste disparaît - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon

Robert Barry, Something That Cannot…, 2012 – Si l’expressivité du geste disparaît – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Si une ligne tracée sur le mur selon des indications précises pouvait symboliser à elle seule le dessin et « l’infinité des possibilités du mouvement » (Vassily Kandinsky), alors même qu’elle disparaîtra une fois l’exposition terminée — effacée (Sol LeWitt).

Sol LeWitt et On Kawara - Si l'expressivité du geste disparaît - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon
Sol LeWitt et On Kawara – Si l’expressivité du geste disparaît – How to Disappear à la Collection Lambert – Avignon

Sol LeWitt, Cube Structure Based on Five Modules, 1974 et Wall Drawing #186: The Location of One Line, 1973- Si l’expressivité du geste disparaît – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Si la simplicité d’un châssis de bois posé à même le sol et recouvert d’un écran transparent suffisait à questionner ce qu’est la peinture et les rapports physiques et intellectuels que nous entretenons avec elle une fois qu’on l’a débarrassée de l’illusion du sujet peint sur la toile (Daniel Dezeuze).

Daniel Dezeuze, Fred Sandnack et James Bishp - Si l'expressivité du geste disparaît - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon

Daniel Dezeuze, Sans titre, 1971 – Fred Sandback, Untitled (Deux cordes de couleur jaune oxydé et terre de Sienne pure), 1972 et James Bishop, Sans titre, 1970 – Si l’expressivité du geste disparaît – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Si deux cordes discrètement tendues dans un angle initiaient instantanément une nouvelle relation entre nos corps, l’œuvre et l’espace qu’ils habitent (Fred Sandback).

S’il suffisait de nommer « une chose qui ne peut être décrite par les mots », comme si l’on évoquait « la matière dont sont faits les rêves » pour invoquer l’art (Robert Barry)…

Robert Barry, Something That Cannot..., 2012 - Si l'expressivité du geste disparaît - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon

Robert Barry, Something That Cannot…, 2012 – Si l’expressivité du geste disparaît – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Voici quelques-unes des propositions qui bouleversent discrètement nos rapports à l’art depuis les années 1960-1970.

​Memento mori

Andres Serrano, The Morgue, 1992 - Memento mori - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon

Andres Serrano, The Morgue (Motorcycle Victim) et The Morgue (Death Unknown), 1992 – Memento mori – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

L’inquiétante beauté des corps laissés-pour-compte, disparus sans bruit, à demi recouverts par un drap qui rappelle le linceul, persiste sereinement à nos côtés grâce à la magie des photographies d’Andres Serrano. Elles rappellent par la beauté et la brutalité de leur présence l’absence de la mort, l’absence de l’absence dans l’imagerie de nos sociétés occidentales, quand d’autres corps haineux disparaissent sous d’étranges masques, sous d’étranges noms – Klanswoman (Grand Khalif II)-, pour signifier davantage la peur et la violence. Sœur Jeanne Myriam et Sœur Rosalba imposent avec discrétion une sérénité rassurante. « Et pendant ce temps, l’inventeur de l’utopie américaine, Disneyland, le grand Walt, attend, cryogéné, son retour à la vie (1). »

1. Daniel Arasse, Les Transis, in Andres Serrano, The Morgue, éditions Yvon Lambert, Paris, 1993, p. 9.

Andres Serrano, The Klan, 1990 et The Church, 1991 - Memento mori - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon

Andres Serrano, The Klan (Klanswoman (Grand Khalif II)), 1990 et The Church (Soeur Jeanne Myriam, Paris), 1991 – Memento mori – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

​Celles et ceux, ce qui reste…

Celles et ceux qui restent - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon
Celles et ceux qui restent – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Dans son essai intitulé Nagori. La Nostalgie de la saison qui vient de nous quitter, Ryoko Sekiguchi nous raconte « ce qui “reste”, personne ou objet, ce qui subsiste dans le monde en lieu et place d’une personne morte », ce qui persiste. À travers ces visages évanescents, éclairés à la lueur des ampoules qui les encerclent, Monument Odessa de Christian Boltanski participe de cette quête absolue de la mémoire, de la nécessaire survivance de ceux que les hommes ont souhaité éliminer de l’histoire.

1. Ryoko Sekiguchi, Nagori. La Nostalgie de la saison qui vient de nous quitter, « Folio », Gallimard, 2020, p. 29 [première édition, POL, 2018].

Christian Boltanski, Monument Odessa, 1989 - Celles et ceux qui restent - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon

Christian Boltanski, Monument Odessa, 1989 – Celles et ceux qui restent – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Pour Une seconde d’éternité (Jonathan Monk), ils partagent encore notre espace, alors que, plus loin, la peinture persiste elle aussi dans toute son essence et sa spiritualité, sous la délicatesse des couches de blanc appliquées sans relâche par Robert Ryman. Il semble que la modestie de ce geste engagé dans la recherche de ce que pourrait être la peinture et ce qu’elle pourrait faire, nous permet d’exister à côté.

Jonathan Monk, Une seconde d’éternité, 2005 et Robert Ryman, Untitled 72, 1972 – Celles et ceux qui restent – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

Avec toute la poésie et l’humour qui lui sont propres, Jonathan Monk préserve tous les « o » d’une phrase dont le sens nous échappe désormais, là où Georges Perec faisait disparaître les « e » de la totalité de son essai La Disparition, rappelant, au-delà du livre, que nous vivons désormais sans « eux », ceux et celles envoyés dans les camps de la mort et dont Christian Boltanski tente inlassablement de faire perdurer la mémoire.

Jonathan Monk, Sentence Removed (O’s Remain), 2000
Jonathan Monk, Sentence Removed (O’s Remain), 2000. Donation Yvon Lambert à l’État français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon. © Jonathan Monk – How to Disappear… Œuvres de la Collection Lambert

Discrètement installée par Pauline Tralongo, Welcome Aliens ! se transforme en une échelle de Jacob réactivant la possibilité d’un passage entre le ciel et la terre pour ces âmes disparues.

Pauline Tralongo, Welcome Aliensl, 2019 - Celles et ceux qui restent - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon
Pauline Tralongo, Welcome Aliensl, 2019 – Celles et ceux qui restent – How to Disappear… à la Collection Lambert – Avignon

​Cette impression d’éphémère

Cette impression d'éphèmère - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon
Cette impression d’éphèmère – How to Disappear à la Collection Lambert – Avignon

Qu’il s’agisse de deux cercles rougeâtres en tension permanente entre apparition et disparition, d’un léger coussin d’organza pesant à peine le poids de l’âme humaine (Rei Naito), des dernières lueurs du jour qui persistent dans un ciel mouvementé (Nan Goldin), de la vue d’une toile blanche se détachant peu à peu du mur sur lequel elle a été accrochée (Robert Ryman), d’une gravure dont la pureté n’a d’égale que la spiritualité du célèbre Couronnement de la Vierge qu’elle jouxte presque imperceptiblement (Brice Marden), des mots qu’un poète écrit inlassablement à mesure que la pluie les efface (Marcel Broodthaers) ou d’une sculpture de cuivre étalée sur le sol que nous apercevons simplement quand nous la foulons des pieds (Carl Andre), la force vitale des œuvres que nous découvrons naît ici de l’impression d’éphémère qui plane sur leur présence.

​Présences fantomatiques

Préseneces fantomatiques - How to Disappear à la Collection Lambert - Avignon
Présences fantomatiques – How to Disappear à la Collection Lambert – Avignon

Le visage de Roman Opalka se répète sous nos yeux en même temps qu’il s’efface de photographie en photographie jusqu’à disparaître le 6 août 2011. L’image du visage de David Horvitz est celle que l’artiste imagine à travers les yeux de celui qui le verrait mort. Les êtres solitaires des marches sur le mont Fuji de Rika Noguchi semblent s’évanouir dans l’horizon brumeux, quand nous cherchons notre image dans l’impossible reflet du miroir de Bertrand Lavier.

Le rideau de disques vinyles transparents est devenu muet (Christian Marclay). Il flotte dans l’espace et devient ce voile que l’on contourne comme si l’on écartait les draps masquant les peintures dans d’autres temps, espérant « réveiller notre attention engourdie par l’habitude ». Restent la mer qui se répète (Daniel Gustav Cramer), la chorégraphie d’un dessin qui s’épuise et que le son du trait qui s’applique nous rappelle comme en écho (Dennis Oppenheim).

Restent les formes qui se déploient dans l’espace – infiniment discrètes -, la peinture qui revient sous des traits essentiels, comme au commencement quand on la croyait disparue (Robert Mangold). Reste le tissu sur le dessin d’une frontière que l’on représente en l’emballant symboliquement le temps de l’action d’un artiste au geste héroïque et éphémère (Christo).

1. Denys Riout, Portes closes et oeuvres invisibles, « Art et Artistes« , Gallimard, 2019, p. 95.

How to Disappear…
Œuvres de la Collection Lambert

L’invisible s’impose aux hommes avec une force aussi grande, sinon plus grande que celle qui est propre au visible.
Krzysztof Pomian

Dans son texte Plénitudes vides et espaces expérimentaux, écrit pour le catalogue de l’exposition « Son et lumière » (Centre Pompidou, 2004), Douglas Kahn raconte comment le début des années 1950 était « un moment propice pour que rien n’arrive ». De Robert Rauschenberg à Guy Debord, Samuel Beckett, Jean-Paul Sartre ou John Cage, certains des plus grands artistes et penseurs d’après-guerre ont questionné de manière aussi radicale que poétique et politique les notions de disparition, de néant ; le rien.

À travers l’effacement, la discrétion, l’invocation de l’absence, du silence ou de l’évanescence des choses, il s’agissait non seulement de rompre avec le bruit des horreurs de la guerre, la vulgarité et l’agressivité des images et des gestes issus du consumérisme grandissant mais aussi d’imaginer les nouveaux contours de la figure de l’artiste, de penser des formes et des espaces à travers lesquels se redéfinit l’expérience des œuvres, s’inventent nos rapports communs à l’espace et au temps.

Conçue autour d’artistes issus des révolutions esthétiques des années 1960, la Collection Lambert est traversée de part en part de ces gestes novateurs qui s’écartent d’une subjectivité et d’une expressivité jugées suspectes pour leur préférer l’essence de formes minimales et exigeantes, la poésie d’une apparition fugace dans des salles baignées de lumière, la spiritualité de l’empreinte discrète laissée sur la toile par un pinceau imbibé de blanc. Autant de formes d’apparence fragile, comme suspendues dans l’espace et le temps, dont la force vitale s’impose dans la discrétion, permettant à tout ce qui les entoure d’exister aussi.

Au-delà, surgit presque imperceptiblement la question de nos rapports à l’absence, à la disparition, à la mémoire des formes et des êtres à travers leur représentation. Ces présences fantomatiques racontent ce qui reste dans le monde après la disparition annoncée, éprouvée, l’état de quelques formes, quelques images, qui persistent ici et maintenant dans une tension toujours renouvelée à mesure que nos corps et nos esprits visitent les espaces qu’elles habitent.

In a little while
I’ll be gone
The moment’s already passed
Yeah it’s gone

And I’m not here
This isn’t happening
I’m not here
I’m not here…

Radiohead, How to Disappear Completely and Never Be Found

Andres Serrano, The Morgue (Death Unknown), 1992
Andres Serrano, The Morgue (Death Unknown), 1992. Collection privée, Paris / Dépôt à la Collection Lambert, Avignon
© Andres Serrano – How to Disappear… Œuvres de la Collection Lambert

Playground
Programme d’expositions des œuvres de la Collection Lambert

Dans le texte qu’il écrivait pour l’inauguration de la Collection Lambert en 2000, Alfred Pacquement évoquait une collection still alive – en référence aux célèbres télégrammes envoyés par On Kawara aux personnalités du monde l’art. Il racontait une collection toujours vivante, qui questionnent en permanence l’actualité contemporaine et se met à l’épreuve du temps en refusant la part de morbidité inhérente à toute muséification.

En écho à cette réflexion, Playground s’entend comme un programme d’expérimentation et de jeu appliqué aux différentes manières d’envisager l’exposition d’une collection. En référence à certaines pratiques radicales de l’exposition dans les années 1980, nous explorerons l’idée que de nouvelles relations sensibles et de nouveau regards peuvent naître de l’arbitraire de règles inhabituelles et parfois absurdes, et offrirons en partage une collection still alive !

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