« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille


Avec : Elvire Bonduelle · John Cornu · Alain Goetschy · Quentin Lefranc · Gilles Pourtier · Jean-Xavier Renaud · Linda Sanchez

Du 4 juillet au 1er septembre 2024, le fonds Carta présente « Jamais tu ne me regardes, là où je te vois ». Imaginée par Gilles Pourtier, cette exposition réunit sept artistes avec la volonté affirmée de « prendre le contre-pied des lieux communs relatifs au corps performatif » au moment où la ville accueille certaines des épreuves des Jeux olympiques…

Avec la rigueur et le souci du détail qu’on lui connaît, Gilles Pourtier s’est emparé avec discernement des espaces singuliers du studio de danse contemporaine de la rue Horace Bertin. Jouant notamment avec l’imposant miroir qui couvre tout un pan de mur, il a conçu un accrochage et une mise en espace avec l’ambition d’offrir une « vision décalée du corps à travers des œuvres ouvertes aux multiples fictions d’un monde où le sport est perçu comme l’ultime frontière d’un corps au travail ».

« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett
« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett. De gauche à droite : Gilles Pourtier, « Nous sommes tous des loups », dalle de verre et corde en chanvre – Quentin Lefranc, Poursuite, acier peint, 200 x 255 x 270 cm, 2020 – Elvire Bonduelle, Tuyaux, acier, 13 pièces uniques dont 7 présentées ici, 2018 – Jean-Xavier Renaud, 900 m3, huile sur toile, 250 x 200 cm, 2021 – Gilles Pourtier, GLLS, SBSTN et BRN, granite noir, unique, 2022 et Elvire Bonduelle, Sans titre (banc), métal peint et mousse recouverte de toile, édition de 3 + 1ea, 2016

Dans le dossier de presse, il précise ainsi ses intentions :

« Ces corps génériques sont en attente. Ils ne sont pas en mouvement, mais tendent vers le mouvement. Je voulais à travers le choix des pièces de mettre en avant un devenir, un devenir du regard déjà.
J’avais vraiment en tête de créer aussi une sorte de tension entre des sculptures assez conceptuelles et d’autres plus ludiques, plus décoratives. C’est donc un espace ou le “pop” côtoie des pratiques plus abstraites.
 »

À lire, ci-dessous, le texte de présentation de « Jamais tu ne me regardes, là où je te vois », extrait du dossier de presse.
Exposition au 55 de la rue Horace Bertin, à deux pas de la Plaine et du cours Eugène Pierre. Ouverture du mercredi au vendredi de 16 h à 18 h 30 et sur rendez-vous sauf pendant la semaine du 15 août.

« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett
« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett. De gauche à droite : Quentin Lefranc, Poursuite, acier peint, 200 x 255 x 270 cm, 2020 – Elvire Bonduelle, Tuyaux, acier, 13 pièces uniques dont 7 présentées ici, 2018 – Jean-Xavier Renaud, 900 m3, huile sur toile, 250 x 200 cm, 2021 – John Cornu, BANDEAU, wall painting (d’après le jeu colin-maillard) – Gilles Pourtier, GLLS, SBSTN et BRN, granite noir, unique, 2022 – Elvire Bonduelle, Sans titre (banc), métal peint et mousse recouverte de toile, édition de 3 + 1ea, 2016 et Gilles Pourtier, « Nous sommes tous des loups », dalle de verre et corde en chanvre.

On retrouvera avec intérêt les espaces du studio LittleDancer où Isabelle et Roland Carta avaient exposé il y a quelques années le travail de Cléo Lhéritier, Amandine Simonnet, Matthieu Bertéa ou encore Antoine Espinasseau avec les Mécènes du Sud.
Chronique à suivre.

En savoir plus :
Sur le site du Fonds Carta
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« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » – Présentation extraite du dossier de presse

Dessins, peintures, sculptures et installations, la sélection de Gilles Pourtier explore le territoire flou ou le corps oscille entre danse et sport, entre mouvement et repos, entre affirmation d’une identité et dilution dans un monde d’apparence. Si chez certains artistes comme John Cornu, Elvire Bonduelle et Jean-Xavier Renaud le corps est traversé par des questions identitaires, mais aussi une forme d’humour quant à sa place dans notre quotidien, d’autres propositions s’inscrivent dans une position plus politique en s’interrogeant sur l’écart entre les postures dans l’espace public et l’affirmation de soi dans la sphère de l’intime.

« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett
« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett. De gauche à droite : Gilles Pourtier, GLLS, SBSTN et BRN, granite noir, unique, 2022 – John Cornu, BANDEAU, wall painting (d’après le jeu colin-maillard) – Gilles Pourtier, « Nous sommes tous des loups », dalle de verre et corde en chanvre – John Cornu, SANS TITRE (Horizontales), bois, encre de Chine, peinture noire et cirage, 2017 – John Cornu, PURPLE RAIN, vin rouge et papier buvard, dimensions variables, 2016 et Alain Goetschy, 44°34’34.12’’, 44°28’30.11’’, 44°28’14.56’’, 44°28’04.89’’, 43°22’08.24’’
édition bronze ½ patine noire.

Chez Elvire Bonduelle les œuvres oscillent entre ornement et installation, transformant au passage un fauteuil de bois articulé en sculpture hommage à Bruce Nauman ou Donald Judd. Le corps y est ici absent, vague présence destinée à jouer directement avec l’œuvre pour mieux l’éprouver. John Cornu produit également des installations destinées à questionner nos sensations par une mise à distance non dénuée d’humour sur ce que notre regard ou notre corps perçoivent. Quentin Lefranc joue dans ses œuvres sur les contraintes, l’enfermement, la mise à distance d’une enveloppe charnelle contrainte par les architectures de notre quotidien. Centré sur la peinture et le dessin, la pratique de Jean-Xavier Renaud met en scène des postures improbables ou les corps semblent pris dans la tourmente d’un monde qui le plie à ses exigences de représentation. Linda Sanchez déploie une forme de poésie dans ses films et installations qui toutes évoquent le geste, l’épuisement de celui-ci, la mise au repos. Alain Goetschy se situe au sein d’un territoire où le politique s’entrecroise avec l’écologique. Loin d’être des moulages du réel, ses bronzes s’offrent comme des matières faussement brutes, mais travaillées de l intérieur par le passage momentané de l’être humain sur cette terre. Quant à Gilles Pourtier, il propose des sculptures en marbre qui condense dans leur forme abstraite les dimensions et le poids de personnages croisés lors de ses recherches.

« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett
« Jamais tu ne me regardes, là où je te vois » à Marseille ©Jean-Christophe Lett. John Cornu, SANS TITRE (Horizontales), bois, encre de Chine, peinture noire et cirage, 2017 et PURPLE RAIN, vin rouge et papier buvard, dimensions variables, 2016

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