À l’occasion de sa troisième édition, SOL ! La biennale du territoire investit le MO.CO. Montpellier Contemporain et le Musée Fabre avec une exposition consacrée à « L’École des beaux-arts de Montpellier », dont elle entend raconter « une histoire singulière ».
Depuis 2021, la biennale affirme sa volonté de mettre en avant « la vitalité de la création contemporaine en Occitanie ». Pour cette édition, les deux institutions partenaires annoncent l’ambition « d’explorer une histoire riche, longue et parfois méconnue », où se croisent « héritage académique, expérimentations radicales et ouverture vers l’international ».
Avec plus d’une centaine d’artistes annoncés, le projet pouvait donnerle vertige et faire craindre une incontrôlable hétérogénéité… On attendait donc avec une certaine curiosité de découvrir « L’École des beaux-arts de Montpellier : une histoire singulière », en espérant qu’à quelques semaines des élections municipales le propos ne dérive pas vers un récit trop hagiographique.

La découverte du volet présenté au MO.CO. constitue pourtant une très bonne surprise. Le parcours propose plusieurs séquences convaincantes, parfois inattendues,sur lesquelles on reviendra plus longuement.
L’exposition réunit des œuvres d’ancien·nes élèves, « des origines jusqu’à 2019 » et fait largement appel aux collections du Musée Fabre, du MRAC Occitanie à Sérignan, de Carré d’Art à Nîmes et du FRAC Occitanie Montpellier.










L’accrochage, à la fois chronologique et thématique, cherche à faire apparaître « des filiations, des pratiques et des proximités artistiques entre différentes générations ».
Pour un projet qui n’était pas simple ni évident, le commissariat de Caroline Chabrand et Pauline Faure fait preuve d’une réelle habileté, avec le concours de Julie Chateignon, attachée de conservation et deDeniz Yoruc, assistante d’exposition au MO.CO
Par contre, les « Rencontres contemporaines au fil des collections » proposées au Musée Fabre sont nettement plus problématiques. Malgré la qualité des œuvres exposées et l’engagement des artistes, certains rapprochements paraissent « maladroits » ou « cousus de fil blanc ». Quelques-uns suscitent de multiples interrogations. Il n’est pas certain que « les circulations croisées » annoncées suffisent ici à « faire résonner les œuvres entre elles » ni à « souligner la richesse d’un patrimoine vivant et partagé ». Retour éventuel sur ces interrogations après un nouveau passage dans les salles du musée.






Cette « histoire singulière » n’évite pas toujours un côté réunion de famille, ni à une forme d’autocélébration de L’École des beaux-arts de Montpellier. L’absence d’une publication scientifique réunissant archives, témoignages et matériel critique se fait sentir. Le hors-série de la Gazette de Montpellier ne peut en tenir lieu. Un projet éditorial plus ambitieux semble toutefois à l’étude…
Les deux premières éditions de SOL ! La biennale du territoire avaient su« refléter le territoire et la scène artistique locale » en se voulant « intergénérationnelle, inclusive » et « généreuse ». Après ce regard rétrospectif, on espère que la prochaine édition saura de nouveau mettre en lumière « la vitalité de la création contemporaine en Occitanie »…

Sous la direction de Numa Hambursin, directeur général du MO.CO et de Juliette Trey, directrice du Musée Fabre. Commissariat : Caroline Chabrand, Pauline Faure, curatrices, assistées de Julie Chateignon, attachée de conservation, Deniz Yoruc, assistante d’exposition au MO.CO. et Matthieu Fantoni, conservateur chargé des collections d’art ancien au Musée Fabre
Chronique et compte rendu de visite à suivre après ces premières impressions.
En savoir plus :
Sur le site du MO.CO. Montpellier Contemporain
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