Raphaël Zarka au MRAC à Sérignan

Le Musée régional d’art contemporain (MRAC) à Sérignan présente une exposition de Raphaël Zarka jusqu’au 16 février 2014.

Elle mérite sans aucun doute un déplacement à Sérignan.
Soulignons la présence discrète, très aimable et compétente des médiateurs en salle.
Une rencontre avec l’artiste est prévue pour le 13 février à 15 heures.

Autour de deux formes majeures dans le travail de Zarka, le rhombicuboctaèdre et la clé de châssis, le parcours se développe sur les deux niveaux du musée.

Les Prismatiques

Pour cet ensemble de sculptures, Zarka utilise comme module de base une clé de châssis que les peintres utilisent au dos de leurs toiles pour en ajuster la tension. En l’agrandissant et en la démultipliant, il emploie cette forme comme point de départ d’une série de sculptures et de dessins.
Chaque module est taillé dans des billes de chêne de taille identique, d’un seul trait de coupe, net et déterminé, qui se mêlant aux veines du bois.
Réalisés pour cette exposition, les vingt-deux « prismatiques » sont exposés dans le vaste espace du rez-de-chaussée. La disposition des sculptures, la fermeture vers l’extérieur et la mise en place de cimaises peintes d’un rose « giottesque » donnent au lieu une allure basilicale. L’ensemble impose un certain respect qui conduit assez naturellement à la contemplation et à la méditation.

Les formes du repos 

Le travail de Zarka autour du rhombicuboctaèdre a débuté par la découverte de deux objets à la forme géométrique,  abandonnés à quelques kilomètres du musée…
Ces éléments d’ouvrage en béton ( brise lame), au bord de la route vers Sète, sont à l’origine d’une recherche autour de ce « polyèdre avec huit faces triangulaires et dix-huit faces carrées », selon la définition qu’en donne Wikipédia. Il retrouve le rhombicuboctaèdre dans les dessins de Léonard de Vinci, dans de « La Divine Proportion » de Luca Pacioli ou dans l’architecture de la Bibliothèque nationale de Minsk en Biélorussie…
« Les formes du repos », série photographique de Zarka, témoignent de l’enquête menée par l’artiste autour d’un ensemble de formes sculpturales, hétérogènes, isolées dans la nature…  Raphaël Zarka les considère comme des formes exposées dans la réalité, des objets comme des utopies à demi réalisées…

La série photographique accompagne une installation originale (Sans titre, 2013) composée de quatre  rhombicuboctaèdres en verre soufflé, à demi remplis d’eau. Ils sont maintenus en suspension par des cordes reliées à des tétrapodes en béton posés au sol. On regrette ici les nombreux reflets sur les verres qui protègent les tirages photographiques.

Raphael Zarka, Sans titre, 2013
Raphael Zarka, Sans titre, 2013

Dans une petite salle, Zarka propose trois pièces qui illustrent sa quête :
– Son Catalogue Raisonné des Rhombicuboctaèdres est présenté sous la forme d’une affiche qui rassemble toutes les occurrences possibles du  rhombicuboctaèdre.
La déduction de Wenzel, 2013 est une planche d’où ont été extraites les formes déduites des polyèdres de Wenzel Jamnitzer, un orfèvre de la Renaissance.
La Bille de Sharp n°9, 2012, est un bloc de bois parallélépipédique sur lequel sont tracées les lignes définies par le mathématicien Abraham Sharp pour tailler un rhombicuboctaèdre.

De droite à gauche : Catalogue Raisonné des Rhombicuboctaèdres - La déduction de Wenzel, 2013 - La Bille de Sharp n°9, 2012
De droite à gauche : Catalogue Raisonné des Rhombicuboctaèdres – La déduction de Wenzel, 2013 – La Bille de Sharp n°9, 2012

Un dernier espace est consacrée à la projection de Rhombus sectus, 2009, une vidéo dans laquelle s’enchaînent des plans fixes  de la Bibliothèque nationale de Minsk.

Raphael Zarka, Rhombus sectus, 2009
Raphael Zarka, Rhombus sectus, 2009

Dans son travail, Raphaël Zarka affirme se nourrir plus de l’histoire des formes que de l’histoire de l’art…

Repères biographiques :
Né à Montpellier en 1977 – Vit et travaille à Paris.
Récompensé par la fondation Ricard en 2008.
Lauréat de la Villa Médicis en 2010.
Nomination au prix Marcel Duchamp 2013.

Expositions personnelles récentes:
2013
Raphaël Zarka, Le Corbusier’s Villa Savoye, Poissy, France
2012
Grammar and Compilation, Luciana Brito Galeria, Sao Paulo, Brésil
Corrélation,  Musée des Beaux-Arts d’Angers, France
Les prismatiques, Galerie Michel Rein, Paris, France
2011
Le tombeau d’Archimède, Le Grand Café, Centre d’art contemporain, Saint-Nazaire, France
Gibellina, CAN Neuchâtel, Suisse
Gibellina, Stroom Den Haag, La Haye, Pays-Bas
Principles of Roman Knowledge, Pastificio de Cerere, Rome, Italie
Topographie anecdotée du skateboard, Musée des Beaux Arts, Lons le Saunier, France
Gibellina Vecchia, Bischoff / Weiss Gallery, Londres, Royaume-Uni
Rhombus Sectus, Bischoff / Weiss Gallery, Londres, Royaume-Uni

En savoir plus :
Sur le site du MRAC
Raphaël Zarka sur le site de la Galerie Michel Rein
Très intéressante vidéo sur le site de creativTV.net « Rencontre avec Raphaël Zarka dans son atelier».


Kadiview with Raphael Zarka (Kadist Art Foundation)

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