mercredi 8 juillet 2020

Chema Madoz au Magasin électrique, Rencontres d'Arles 2014

S’il y a une exposition à ne pas manquer dans ces Rencontres 2014, c’est bien celle que propose Chema Madoz, au Magasin électrique, jusqu’au 21 septembre. Un vrai coup de cœur !

Photographe inédit aux Rencontres, l’espagnol n’était pas complètement inconnu à Arles. Deux s photographies avaient été choisies par Michèle Moutashar pour Nuage, sa dernière exposition au musée Réattu, l’an dernier. En compagnie de Pol Bury et d’Anselm Kiefer, Madoz nous proposait, selon « A pas contés », le petit guide distribué au visiteur, « les clés des innombrables portes de l’acenseur à nuages… ».

Chema Madoz - Rencontres Arles 2014 - Vue de l'exposition 01_1

De ces œuvres, nous avons conservé le souvenir d’images poétiques, teintées d’un humour savoureux. C’est ce qui nous a attirés vers ce Magasin électrique au fin fond des anciens Ateliers de la SNCF, pour un moment jubilatoire.

Borja Casani, commissaire de l’exposition, a sélectionné 70 tirages noir et blanc qui montrent l’aboutissement des concepts et des techniques sur lesquels Chema Madoz travaille depuis les années 80.
L’accrochage est sobre. Le rapprochement des œuvres selon des logiques thématiques ou formelles est évident et il n’appelle pas de commentaires particuliers.
L’alignement répété de formats identiques sur de longues cimaises et les tirages noir et blancs donnent à première vue une image sévère de l’exposition qui disparaît dès que l’on s’approche de la première photographie.

C’est à peine si l’on remarque l’absence de cartels, la surprise et le plaisir nous embarquent rapidement dans le monde de Chema Madoz, dans un jeu subtil où le double sens et le détail viennent troubler la logique des images.

Le photographe madrilène élabore ses images à partir d’un vocabulaire d’objets accumulés dans son atelier. Il les combine, les assemble ou les oppose pour produire des rencontres inattendues, dans lesquelles l’évidence et l’absurde se côtoient.  Les associations improbables qu’il nous propose sont autant de délicieux cadavres exquis visuels.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Dans le travail de Madoz, chaque photographie est un monde particulier qui combine imaginaire et humour dans un regard ironique et poétique sur les objets du quotidien. Poème visuel, chaque image est un réel moment de bonheur.

Si le surréalisme est souvent évoqué à propos de ses photographies, Chema Madoz ne se reconnaît pas dans ce mouvement, même s’il admet certains de ses échos dans son travail. Les surréalistes,explique-t-il, revendiquaient l’automatisme et l’aléatoire. À l’inverse, il affirme que ses images sont réfléchies et très construites.

Une exposition à ne pas manquer, avant la fin des Rencontres le 21 septembre !

Un regret, toutefois, les deux entretiens vidéo qui ne sont pas sous-titrés en français !

Chema Madoz Angle de reflexion_1L’exposition est coproduite par l’association du Méjan en collaboration avec PHotoEspaña 2014 et le ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports espagnol.
Les éditions Actes Sud publient Angle de réflexion, un très bel ouvrage avec  300 photographies de Chema Madoz,  et des textes de Duane Michals, Christian Caujolle, Estrella de Diego, Olivia Maria de Rubio et Alberto Anaut.

En savoir plus :
Sur le site des Rencontres
Sur le site de Chema Madoz
Sur le site d’Actes Sud
Biographie sur le site de la Galerie Esther Woerdehoff
Photographies de Chema Madoz  rassemblées sur le FlipBoard d’Eric Bergeret


Chema Madoz dans l’intimité de son atelier (en espagnol)  – hoyesarte.com

Chema Madoz, regar lo escondido (en espagnol)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Articles récents

Des Visages – Le temps de l’Autre – Carré d’Art à Nîmes

Jusqu’au 27 septembre 2020, Carré d’Art présente « Des Visages - Le temps de l’Autre ». Dans la curieuse période que l’on vit...

« It’s Urgent ! » au Parc des Ateliers, Luma Arles

Du 27 juin à fin septembre 2020, Luma Arles présente « It’s Urgent ! » au Parc des Ateliers, une proposition imaginée par...

Prix Occitanie Médicis 2020 : Noëlle Pujol lauréate et Boris Geoffroy « coup de cœur » de la 3ème édition

Après délibérations les 27 et 28 mai, le jury a désigné Noëlle Pujol comme lauréate du prix Occitanie Médicis 2020. Elle...

Manifesta 13 Marseille – Traits d’union.s en six chapitres

Le 10 juin dernier, l’équipe artistique de Manifesta 13 Marseille a annoncé les thématiques et la liste des 47 participants de Traits...

Machaou – Noureddine Benhamed, Dorra Mahjoubi et Sanaa Mejjadi à l’Espace Saint-Ravy – Montpellier

Jusqu’au 28 juin 2020, l’Espace Saint-Ravy accueille Noureddine Benhamed, Dorra Mahjoubi et Sanaa Mejjadi pour « Machaou » une exposition de groupe dont...

Pascale Hugonet – Épigraphies à la Galerie Bartoli – Marseille

Jusqu’au 27 juin 2020, la Galerie Bartoli accueille Pascale Hugonet avec « Épigraphies », une exposition personnelle qui rassemble une riche et captivante...

Réouverture de Carré d’Art et accrochage 2020 de la collection

Pour sa réouverture le 2 juin 2020, Carré d’Art annonce un aménagement de sa programmation estivale autour de l’accrochage 2020 de...

Regards sur l’accrochage des collections 2019/2020 au Mrac

La réouverture mi juin du MRAC offre l’occasion de revenir sur l’accrochage des collections en place depuis le 25 mai 2019...

Nina Roussière – Les traces du futur Galerie chantiersBoîteNoire – Montpellier

La galerie chantiersBoîteNoire a rouvert ses portes le 25 mai avec la prolongation de l’exposition de l’exposition de Nina Roussière, « Les...

Toma Dutter – Espaces chimériques à Iconoscope – Montpellier

Pour sa réouverture à partir du 20 mai et jusqu’au 18 juillet 2020, Iconoscope accueille Toma Dutter avec « Espaces chimériques », sa deuxième...
Partagez
Tweetez
Enregistrer
%d blogueurs aiment cette page :