mercredi 2 décembre 2020

Mathilde Séramour et Sophie Rouet , « Des yeux courent dans la nuit » à l’Espace St Ravy

L’Espace Saint-Ravy présente du 19 décembre au 4 janvier 2015, Des yeux courent dans la nuit, de Mathilde Séramour et Sophie Rouet, une exposition « entre photographie et peinture influencées par les arts de la rue ». Chronique éventuelle après un passage à l’Espace St Ravy.

Des yeux courent dans la nuit

Présentation de l’exposition (communiqué de presse : « La ville, c’est le sujet central des recherches artistiques de Mathilde Séramour et Sophie Rouet, deux jeunes montpelliéraines issues des arts appliqués et des Beaux-Arts. L’une est photographe, l’autre est peintre. Les peintures de Mathilde Séramour répondent à une esthétique du recouvrement que l’on retrouve à travers les dessins et les photographies de manifestations de Sophie Rouet ».

En savoir plus :
Sur la page de l’Espace Saint-Ravy sur le site de la Ville de Montpellier
Sur la page Facebook de l’Espace Saint-Ravy
Sur le site de Mathilde Séramour
Sur le site de Sophie Rouet

2 COMMENTAIRES

  1. Je suis passé hier soir au vernissage… un peu sous-dimensionné : en dépit d’une heure peu tardive, il ne restait que quelques gobelets sales et miettes de chips. 🙁
    Les deux artistes font visiblement leurs premiers pas (c’est un des buts de l’Espace Saint-Ravy), et présentent une production un peu hétéroclite.
    Je m’intéresse surtout à la photographie, je n’ai pas votre compétence pour parler de la peinture et vous laisse ce soin. Je me limite donc à commenter le travail de la photographe Sophie Rouet.
    Le point fort de son exposition est une série de grands tirages couleurs, des photos réalisées au cours de manifestations au Chili lors desquelles les manifestant ont lancé des contenants remplis de peinture. Les images montrent les éclaboussures multicolores laissées au sol sur le champ de bataille, et surtout sur les carrosseries des austères véhicules blindés de la police anti-émeute, ainsi transformés en oeuvres d’art abstraites. Ces photographies ont une grande puissance graphique et artistique. Au delà de leur aspect esthétique évident, on est saisi par l’affrontement entre la géométrie monochrome des instruments du pouvoir répressif et la liberté des formes colorées qui les recouvrent pour les contester.
    L’accrochage des oeuvres gâche hélas un peu le plaisir. Entre ces grands tirages couleurs sont dispersés des tirages noir et blanc en format réduit montrant les mêmes camions, dont les mêmes photos exactement que les grandes en couleurs. Ces doublons n’apportent rien, et le noir et blanc supprime évidemment une grande part de l’attrait de ce sujet éminemment coloré.
    Interrogée sur cette bizarrerie, la photographe répond que c’était « pour faire masse » et évoquer l’omniprésence des véhicules dans les manifestations. Dans ce cas, il aurait mieux valu les regrouper en damier sur un autre pan de mur plutôt que de les égrener ainsi en parasitant les grands formats.
    À l’opposé de ses impressionnants camions, la photographe propose une série de sténopés en noir-et blanc de carrefours urbains, des agrandissements exposés avec leur négatif-papier. On retrouve certes un certain charme généré par ce procédé ancien et par les poses longues qu’il nécessite, mais les vues banales ne se distinguent pas vraiment de l’ordinaire de ce genre d’expérimentation, où le point de vue à ras de terre est fréquemment adopté faute de trépied approprié aux boîtes en fer blanc.
    Dana l’autre salle, on retrouve quelques photos couleurs, alternées avec les peintures de sa « co-locataire ». Pour certaines la juxtaposition est pertinente, pour d’autres moins évidente. Là encore on est un peu gêné par des doublons qui semblent là pour remplir les murs plutôt que pour faire sens.
    Au bilan, malgré les quelques maladresses signalées, cette exposition mérite vraiment une visite pour ses grands formats.

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