Corinne Mariaud, I try so hard à la galerie Annie Gabrielli

Du 24 janvier au 21 mars 2015, la galerie Annie Gabrielli présente I try so hard de Corinne Mariaud. En 2013, La galerie avait déjà exposé le travail de cette photographe avec trois séries Climax, Je ne suis pas un homme (dénominateur commun des trois séries) et Trophée.

On reviendra éventuellement sur cette nouvelle proposition après un passage à la galerie. En attendant, on lira avec attention la présentation de l’exposition par la galerie ci-dessous.

Vernissage le vendredi 23 janvier.
Attention, la galerie sera fermée du 9 au 17 février.

En savoir plus :
Sur le site de la galerie Annie Gabrielli
Sur la page Facebook de galerie Annie Gabrielli
Sur le site de Corinne Mariaud
Corinne Mariaud sur Vimeo

Présentation de l’exposition(extrait du communiqué de presse) :

Pour sa nouvelle exposition, I try so hard,  Corinne Mariaud reprend la figure du mannequin pour porter cette fois son attention sur le sourire. Si ce dernier fait partie intégrante de l’image de la femme dans le monde de la mode, que devient-il sous le regard d’une photographe plasticienne ?

L’artiste propose ici deux voies à sa réflexion : une sur la durée et une sur la répétition, qui correspondent, respectivement, aux deux médiums qu’elle convoque, la vidéo et la photographie en série. Dans les vidéos, qui se déclenchent sous l’action du spectateur, les mannequins sont filmés en plan fixe et en continu pendant une à deux minutes, figés dans une expression de sourire. Avec ce temps qui s’étire, leur visage se crispe, manifestant l’inconfort et la difficulté de garder la pose. Le sourire n’est alors plus une image positive d’ouverture à l’autre, d’échange ou de complicité. Suspendu dans le temps, et parfois douloureux, il s’apparente à un rictus grimaçant et suscite le malaise ; la spontanéité et la fugacité qui lui sont propres cèdent en effet le pas à l’artifice et à la fixité. Avec cette mimique forcée et surjouée, le portrait lisse, esthétiquement et socialement, se tord, se parant soudain des aspérités de la dissemblance.
Le travail photographique se compose, quant à lui, de séries de trois clichés. La règle est simple : un mannequin, trois coiffures, trois types de maquillage et trois styles vestimentaires. Le dénominateur commun de ces ensembles est le sourire, strictement identique d’une image à l’autre. Jouant pleinement avec les pratiques de la mode, la photographe transforme les mannequins jusqu’à les rendre méconnaissables. Dans le même temps, elle fonde curieusement les identités sur la permanence de leur sourire. Ce dernier, naturel dans le premier cliché, trouve deux échos successifs similaires au prix d’une observation fine et d’une interprétation rigoureuse de soi-même. Sorte de clonage visuel, à mi-chemin de la manière et de l’affectation, cette répétition forcée vide le corps réel de sa substance. Le désincarne, le dévisage.

Si la femme, selon Baudelaire, « doit [donc] emprunter à tous les arts les moyens de s’élever au-dessus de la nature pour mieux subjuguer les coeurs et frapper les esprits »1, il n’en reste pas moi qu’à trop vouloir satisfaire les conventions ou les codes de la mode, un visage qui sourit peu inquiéter et déranger.  Corinne Mariaud, avec ses outils et son langage, fait la démonstration dans ce projet de la dualité et de l’ambivalence du sourire. Mettant au jour sa face cachée, elle arrive à en faire un sujet entre aménité et effroi, fascination et répulsion. Notre regard et notre esprit de spectateur sont alors troublés comme face à certaines peintures de Yue Minjun ou photographies d’Erwin Olaf.

1 Éloge du maquillage dans Le Peintre de la vie moderne, XI, 1885

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