Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art

Du 3 février au 18 juin 2017, Jean-Marc Prévost invite les collectionneurs marseillais Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art. « Du Verbe à la Communication » expose au musée d’art contemporain de Nîmes une quarantaine d’œuvres, « un condensé de ce qui constitue l’épine dorsale de leur collection ».

Depuis « Marseille ils collectionnent », en 1985, au musée Cantini, plusieurs expositions ont présenté tout ou partie de la collection Gensollen. L’an dernier, de nombreuses pièces étaient exposées dans les deux chapitres des « Possédés » que Sextant & plus et ART-O-RAMA avaient montré à Marseille, d’abord au Château Borely, puis à la Friche la Belle de Mai.

La quarantaine d’œuvres sélectionnées par les deux collectionneurs marseillais illustre avec pertinence le propos de cette exposition tel que le définit Marc Gensollen :

Une mise en espace sobre et très efficace permet de découvrir dans quatre salles au deuxième étage de Carré d’art un parcours particulièrement bien construit qui mêlent des œuvres historiques à celles d’artistes plus jeunes. Les cartels sont accompagnés de quelques lignes très claires qui offrent les clés de compréhension nécessaires.

« Du Verbe à la Communication » montre la cohérence d’une collection singulière construite avec réflexion, loin de toute préoccupation spéculative. L’exposition illustre la richesse des relations que Josée et Marc Gensollen ont bâties avec les artistes mais aussi leur engagement et leur générosité en direction du public.

« Du Verbe à la Communication » rassemble des œuvres historiques de Joseph Kosuth, Lawrence Weiner, Robert Barry, Ian Wilson, Alighiero Boetti, Stanley Brouwn, On Kawara ainsi que des pièces de Ignasi Aballi, Pierre Bismuth, Rainer Ganahl, Dora Garcia, Kendell Geers, Liam Gillick, Douglas Gordon, Antoni Muntadas ou Gabriel Orozco.

On y découvre également des créations de plus jeunes artistes comme Lawrence Abou Hamdan, Altération Vidéo, Nathalie Czech, et Mario Garcia Torres, mais aussi de Nicolás Lamas, George Mendez Blake, Claire Morel, Navid Nuur, en passant par Vanessa Ortiz, Fabrice Samyn, Kelly Schacht et Yann Sérandour.

Le parcours débute par une vidéo de Sofia Hultén et il se termine par une salle de projection où l’on peut apprécier dans de bonnes conditions des création de Absalon, Ivan Argote, Vajiko Chachkian, Jimmie Durham, Pierre Huyghe et Hans Op de Beeck.

La rencontre avec ces deux collectionneurs, au travers des pièces qu’ils ont sélectionnées, est un moment rare et précieux qu’il ne faut pas manquer.

La collection est visible sur rendez-vous à La Fabrique, un ancien bâtiment industriel situé au cœur de Marseille, espace d’exposition et lieu de résidence de Josée et Marc Gensollen.

Josée Gensollen est membre du comité artistique de Mécènes du Sud, comme Jean-Marc Prévost, directeur de Carré d’Art. Rappelons que Mécènes du Sud, fondé à Marseille en 2003, s’est très récemment implanté à Montpellier.

À lire, ci-dessous, un compte-rendu de visite, accompagné de commentaires des collectionneurs ainsi que le texte de présentation « Du Verbe à la Communication ».

À l’occasion de « Mime Works from the Gensollen Collection » à Istanbul, en 2013, Josée et Marc Gensollen avaient accordé cet entretien à collectorspace. Bien qu’il soit assez ancien, le propos des deux collectionneurs mérite toujours attention.

En savoir plus :
Sur le site de Carré d’Art
Sur la page Facebook de Carré d’Art
Une interview de Marc et Josée Gensollen du 6 février 2016 sur le site Ready Art

Du Verbe à la Communication
Compte rendu de visite et commentaires de Josée et Marc Gensollen

Le parcours débute à gauche du « Sunrise East » d’Ugo Rondinone, en haut de l’escalier monumental de Carré d’Art.
Sur une cimaise jaune, un texte en français et anglais résume les intentions du commissaire et des collectionneurs (voir ci-dessous).

Au fond de ce « vestibule », la première pièce, « From the long story, 1988 » de Sofia Hultén, est une belle illustration du titre, mais aussi de l’esprit de l’exposition… « Du Verbe à la Communication ».
Un texte en anglais défile sur un écran. Il est accompagné d’une voix chevrotante, celle de la grand-mère de Sofia Hultén. Elle raconte à sa petite fille, alors âgée de 3 ans, sa vision de l’univers depuis la formation de la terre…

Sofia Hultén, From the long story, 1988
Sofia Hultén, From the long story, 1988. Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes

Ce montage d’une trentaine de minutes, réalisé à partir d’une douzaine d’heures d’enregistrements, pourrait paraître à première vue assez aride. Si on y prête un peu d’attention (une traduction du texte en français est disponible), doucement l’œuvre fait effet… Au-delà des histoires racontées par la grand-mère de Sofia, la pièce agite nos propres souvenirs, ou ceux que nous aurions aimé avoir. Cette voix finit par nous questionner sur la trace, la mémoire, la transmission…

Un habile rapprochement de pièces historiques et d’œuvres récentes

La première salle confronte avec beaucoup de talent des œuvres historiques de la collection Gensollen ( Joseph Kosuth, Lawrence Weiner, Robert Barry, Ian Wilson, Alighiero Boetti, Stanley Brouwn, On Kawara) avec des pièces plus récentes ( Antoni Muntadas, Fabrice Samyn, Yann Sérandour…)

Parmi ces rapprochements, un des plus éclairants est l’accrochage l’un à côté de l’autre d’une annonciation du XIXe, dévernie et allégée d’une partie de sa couche picturale par Fabrice Samyn (« The medium is the message (1800-2008), 2008 ») et l’un des célèbres « Blow-up » de Joseph Kosuth. Ici, la définition du mot Abstract (« Statement Abstract, 1969 »).

Fabrice Samyn, The medium is the message (1800-2008), 2008, intervention par dévernissage d’une huile sur toile, 80,5 x 63 cm
Fabrice Samyn, The medium is the message (1800-2008), 2008, intervention par dévernissage d’une huile sur toile, 80,5 x 63 cm. Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes

Le « Et verbum caro factum / Et le Verbe s’est fait chair » de Saint-Jean revoit, bien entendu, au titre de l’exposition, mais surtout au « blow-up » de Kosuth qui « rend visible ce qui par définition ne l’est pas en utilisant la définition de « Abstract » puisée dans un dictionnaire ».

Joseph Kosuth, Statement Abstract, 1969, blow up, 115 x 115 cm
Joseph Kosuth, Statement Abstract, 1969, blow up, 115 x 115 cm. Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes

Sur le mur opposé, les trois lampes de chevet d’Antoni Muntadas (« Regarder, voir, percevoir, 2009 ») suggère un autre éclairage au visiteur… en l’interrogeant sur son comportement comme regardeur ! On apprécie l’humour qui a conduit le commissaire et les collectionneurs à choisir cette œuvre comme visuel de l’exposition…

Antoni Muntadas, Regarder, voir, percevoir, 2009 © ADAGP, Paris, 2017 - Collection de Josée et Marc Gensollen
Antoni Muntadas, Regarder, voir, percevoir, 2009 © ADAGP, Paris, 2017 – Collection de Josée et Marc Gensollen

Entre le « blow-up » de Joseph Kosuth et les trois mots de Muntadas, une phrase de Lawrence Weiner, autre initiateur de l’art conceptuel. Elle couvre toute la largeur de la cimaise. « A direct affront to a natural waterway » (1969) invite chaque visiteur à construire sa propre représentation de « cet obstacle sur un cours d’eau naturel »… Il répondra ainsi à une des trois possibilités prévues par Weiner pour cette œuvre : la sculpture mentale, la sculpture littérale et sculpture physique.

Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d'Art Nîmes - Vue de l'exposition
Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes – Vue de l’exposition

Au sol, un cercle de six pieds de diamètre, tracé à la craie… la dernière « sculpture » de Ian Wilson (« Chalk circle, 1968 »). Considérant que ce que l’on peut dire de ce cercle est plus important que le cercle lui-même, Wilson décide d’abandonner toute construction matérielle d’objets. Il se consacre alors à l’exploration des possibilités de la conversation… comme une forme artistique, entre rencontre et dématérialisation. En 1999, Josée et Marc Gensollen l’inviteront à Marseille pour débattre sur l’Absolu. Il n’en reste que le carton d’invitation dans la vitrine sur la gauche de la salle.

Ian Wilson, Chalk circle, 1968, cercle à la craie au sol, 183 cm de diamètre
Ian Wilson, Chalk circle, 1968, cercle à la craie au sol, 183 cm de diamètre. Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes

Lors de la présentation à la presse, Marc Gensollen a activé une pièce de Tino Sehgal, héritier de Ian Wilson. En aucune manière, cette œuvre ne peut être reproduite. Le collectionneur parle avec enthousiasme de cet artiste et de cette pièce dans l’enregistrement suivant.

En plus du carton d’invitation pour débattre avec Ian Wilson, on découvre dans une des deux vitrines des pièces de Danh Võ, Alighiero Boetti et Kelly Schacht. La seconde rassemble des œuvres de Stanley Brouwn, Dora Garcia, Joseph Beuys, Claire Morel, Navid Nuur, Mario Garcia Torres et On Kawara.

Yann Sérandour joue au corbeau en découpant des lettres dans la une du Journal du Dimanche, daté du 27 novembre 1960, qui relate le saut dans le vide de Yves Klein. Avec son « Vivement lundi », il renvoie ainsi la performance de Klein à l’histoire et suggère probablement de passer à autre chose.

Yann Sérandour, Vivement lundi, 2006, journal, découpage, collage encadré, 87,5 x 70 cm
Yann Sérandour, Vivement lundi, 2006, journal, découpage, collage encadré, 87,5 x 70 cm. Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes

Autour des mots… sous une plateforme de discussions. Ambiguïté, synonymies, message révélé ou trahi…

Attiré par le « Evil : Live, 2002 » de Kendell Geers, on se retrouve, sans s’en rendre compte, sous une des « Projected Location Platforms » de Liam Gillick.

Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d'Art Nîmes - Vue de l'exposition
Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes – Vue de l’exposition

Appartenant à une série de dispositifs que l’artiste nomme « plate-formes de discussion », cette pièce matérialise un espace de mise en relation des visiteurs, invités à dialoguer à propos des œuvres et de leur exposition… Et, ici, à s’interroger sur l’ambivalence des mots et l’équivoque des messages.

Kendell Geers, Live, 2002, peinture murale noire sur peinture blanche lettres apparaissant grâce à des réserves, 220 x 260 cm. © ADAGP, Paris, 2017
Kendell Geers, Live, 2002, peinture murale noire sur peinture blanche lettres apparaissant grâce à des réserves, 220 x 260 cm. © ADAGP, Paris, 2017

Double sens chez Kendell Geers et son « Evil : Live, 2002 » qui vient se refléter, avec à propos, dans miroir d’Ignasi Aballi. « Objects is mirror (closer), 2010 » affirme que ce que nous y voyons est plus proche de nous qu’on ne le perçoit…

Antoni Muntadas, Cuide la Pintura, 2007, photo sur dibond sur peinture monochrome verte, photo 80 x 42 cm
Antoni Muntadas, Cuide la Pintura, 2007, photo sur dibond sur peinture monochrome verte, photo 80 x 42 cm. Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes

Ambiguïté d’une formule avec « Cuide la Pintura, 2007 » d’Antoni Muntadas… Comment entendre ce « Attention à la peinture » ? Éviter de se tacher ? Conserver avec soin les tableaux présents dans les collections ? Prendre garde à la contamination « mentale » d’une peinture par trop décorative ?

Natalie Czech, A poem by repetition by Vsevolod Nekrasov #2, 2015, 2 tirages au pigment d’archive, 65,5 x 106 cm. © Natalie Czech
Natalie Czech, A poem by repetition by Vsevolod Nekrasov #2, 2015, 2 tirages au pigment d’archive, 65,5 x 106 cm. © Natalie Czech

Jeu sur les mots, ou plus exactement sur les lettres, chez l’allemande Natalie Czech. De sa série « A poem by repetition », Josée et Marc Gensollen présentent une composition construite à partir de deux photographies d’une publicité de Nike avec le joueur de football américain Barry Sanders. Le message publicitaire est occulté, ne laissant apparaître que quelques caractères. Elle fait ainsi émerger un poème du dissident russe Vsevolod Nekrasov qui vient neutraliser le langage marketing de la marque américaine…

Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d'Art Nîmes - Vue de l'exposition
Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes – Vue de l’exposition

Du sol au plafond, avec « From sex to nothing and vice-versa, 2002 », Pierre Bismuth enchaîne dans un mouvement de va-et-vient, ascendant et descendant, une succession de synonymes qui le conduisent de « Nothing » à « Sex » puis de « Sex » à « Nothing »… illustrant ainsi l’idée qu’en manipulant simplement la définition couramment donnée aux mots, on en change complètement la perception.

Enfin, en rapprochant les plans de l’architecte chilien Alfredo Montagne et ceux de son élève Javier Artadi, Daniela Ortiz montre combien le message social du maître a été dénaturé par son disciple.

Autour de la trace…

La troisième salle est construite autour de trois groupes d’œuvres qui semblent interroger les traces laissées par la communication…

Sur la droite, l’accrochage rapproche deux œuvres :
– un des tableaux noirs de Gabriel Orozco (« Blackboard Drawing # 3 modele 5915, 1998 ») avec ses motifs géométriques générés par un ordinateur et la suggestion pour le visiteur d’y ajouter son empreinte.
– les traces de doigts laissés sur l’écran d’un iPad avec un tirage numérique de Nicolás Lamas (« Daniel (from the series « blind gestures), 2014 »).

À gauche, les propositions de Lawrence Abu Hamdan et du collectif Alterazione Video interrogent sur les traces comme outil d’analyse et de surveillance de la conversation :
– Les trois panneaux de la série « Beneath the Surface, 2015 » de Lawrence Abu Hamdan sont des images en noir et blanc qui représentent les ondes sonores de détection de la voix. Elles sont utilisées dans les tests de stress et autres enregistrements par diverses agences d’espionnage… Ici, ceux de la police secrète israélienne avec les spectres des mots « stress », « mensonge » et « incertain ».
– Le motif central de la broderie d’Alterazione Video, « The sino-russian border does not exit (QR code), 17th party congress, 2009 » donne accès à un serveur pirate pour permettre le transfert d’information entre Chine et Russie. Cette pièce n’est pas sans rappeler celle produite par Alighiero Boetti et des femmes afghanes , présentée dans une vitrine de la première salle.

Les traces de l’histoire de l’art…

Avec humour, l’accrochage met en relation une pièce de Douglas Gordon, « It’s only just begun / Ça vient juste de commencer- statement No 4, 1993 », affirmation toujours contemporaine, mais aussi injonction à passer à la suite, avec deux œuvres qui s’intéressent aux traces laissées par l’histoire de l’art :
– Une indexation de celle-ci par Ignasi Aballi (« Index Art en théorie (1900-1990), 2007 »).
– Quatre photographies de Rainer Ganahl qui montrent une conférence de Rosalind Krauss où elle évoque l’histoire de l’art conceptuel en utilisant des œuvres de Nauman et Kossuth (« Seminars/Lectures ; Rosalind Krauss,Bruce Nauman ; Dia Art Foundation, New York 5/23/02, 2002 »)…

Vidéos…

Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d'Art Nîmes - Vue de l'exposition
Du Verbe à la Communication – La collection de Josée et Marc Gensollen à Carré d’Art Nîmes – Vue de l’exposition

Le parcours se termine par une salle de projection où l’on peut apprécier confortablement une série de courtes vidéos (moins de 10 minutes) de Absalon, Ivan Argote, Vajiko Chachkiani, Jimmie Durham, Pierre Huyghe et Hans Op de Beeck.
Toutes sont passionnantes, mais il ne faut pas manquer le magnifique « The Man Who Had a Beautiful House » de Jimmie Durham, l’émouvant « Banche Neige, Lucie » de Pierre Huyghe ou encore le dérangeant « Live track » de Vajiko Chachkiani…

Du Verbe à la Communication
La collection de Josée et Marc Gensollen.

Une présentation par Carré d’Art

Depuis 1967 de nombreux artistes ont réinscrit le verbe au cœur de leurs travaux. Promus par les artistes conceptuels de la première heure qui ont concédé une place importante au langage comme les peintres de la Renaissance ont pu le proposer dès le XVème siècle sur le thème de l’Annonciation, animés par la volonté de faire de l’Art une chose mentale. L’idée, la réflexion sur le langage, le questionnement sur l’art lui-même puis les systèmes de signes socialement codifiés et la communication ont été une source d’inspiration pour les artistes se réclamant de cette filiation. Ces artistes situent l’écriture et le langage à un niveau hiérarchique plus élevé que les arts visuels qui sont essentiellement centrés sur l’image, la figure et la représentation. La préoccupation formelle esthétique n’est pas leur fait, l’art flatteur pour la rétine n’est pas privilégié. Ce faisant, pour ces héritiers de Marcel Duchamp c’est l’idée véhiculée par l’œuvre qui est à prendre en considération.

Invités par Jean-Marc Prévost, les collectionneurs Marc et Josée Gensollen, tous deux psychiatres en exercice, révèlent grâce à une quarantaine d’œuvres un condensé de ce qui constitue l’épine dorsale de leur collection.
Loin des envolées spéculatives, ils tissent un regroupement de travaux artistiques dont ils s’attachent à renforcer la cohérence. Cet ensemble est indissociable de La Fabrique située à Marseille qui est tout à la fois un espace d’exposition et leur lieu de résidence où cette collection est présentée sur rendez-vous à un public d’amateurs.
S’il fallait trouver un lien entre leur profession et leurs choix artistiques, ce ne serait évidemment pas dans l’interprétation de projections symboliques inconscientes mais bien dans la prise en compte de la transmission de l’information chez l’homme depuis un émetteur vers un récepteur.
L’outil de lecture n’est donc pas la psychanalyse freudienne mais plutôt l’approche lacanienne qui considère l’organisation de l’inconscient comme un langage mais plus encore l’analyse systémique qui nous aide à la compréhension des modalités de la constitution et du passage de l’information au sein ou à partir de systèmes humains en interactions. Ainsi se projettent-ils dans un rôle de passeurs car la transmission qui leur tient tant à cœur est indissociable de la marche en avant de la Culture dont ils sont convaincus qu’elle est un des meilleurs moyens de contribuer à rendre le monde plus ouvert à des frontières poreuses, plus tolérant à l’égard de la différence et plus riche grâce à la connaissance.

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