Notes sur l’asphalte au Pavillon populaire à Montpellier

Jusqu’au 16 avril 2017, le Pavillon Populaire présente avec « Notes sur l’asphalte une Amérique mobile et précaire, 1950-1990 », la première exposition d’une saison consacrée à la photographie américaine à Montpellier.

L’exposition propose une vision du paysage américain débarrassée de prétentions artistiquesElle rassemble une importante sélection de photographies documentaires issues des travaux de six chercheurs, géographes, historiens, urbanistes, architectes, théoriciens du paysage : Donald Appleyard, Allan Jacobs, John Brinckerhoff Jackson, Chester Liebs, Richard Longstreth et David Lowentha.

Notes sur l'Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier - crédits photo Camille Fallet
Notes sur l’Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier – crédits photo Camille Fallet

« Notes sur l’asphalte » montre des paysages « ordinaires », fragiles, incertains et changeants. Pas de grands espaces, ni de centres d’affaires dans ces images… mais de multiples bords de route, strips, main streets, stations services, silos ou mobile homes… On y voit ce qui relève du vernaculaire, ce qui, comme le précise Jordi Ballesta, « part du domestique pour déborder provisoirement dans les espaces communs, voire publics ».

Ces photographies n’ont pas été conçues comme des œuvres d’arts, mais comme des documents de travail, des notes de terrain destinées à illustrer des publications ou à être projetées lors de cours à l’université.

« Notes sur l’asphalte » est un projet original, bâti sur un important travail de recherche conduit par les deux commissaires Jordi Ballesta et Camille Fallet.
Gilles Mora et la ville de Montpellier ont pris le risque de soutenir leur initiative en produisant cette exposition unique. Tous souhaitent que « Notes sur l’asphalte » puisse voyager et en particulier aux États-Unis, où à l’exception de J.B. Jackson, ces auteurs sont inconnus.
Autour de la figure fondatrice des études paysagères aux États-Unis que fut John Brinckerhoff Jackson, l’exposition réunit plus de 200 photographies documentaires de Donald Appleyard, Allan Jacobs, Chester Liebs, Richard Longstreth et David Lowentha.

Le parcours s’articule en trois séquences. Après une présentation des six auteurs et de leurs archives, l’exposition propose un voyage au sein de cette « Amérique mobile et précaire » avec l’évocation d’un road-trip imaginaire…
La dernière partie tente de montrer les convergences entre les pratiques de ces six chercheurs et celles d’artistes depuis Walker Evans, Robert Frank, Stephen Shore, en passant par Dan Graham ou Jeff Wall. (voir compte-rendu de visite ci-dessous).

Une scénographie simple et un accrochage souvent inventif construisent un propos clair et efficace. L’éclairage, toujours très maîtrisé au Pavillon Populaire, offre un excellent confort au visiteur et élimine, autant que faire se peut, les reflets gênants.

Des textes de salles, en français et en anglais, introduisent chaque partie de l’exposition. Ils donnent des repères essentiels à la compréhension du parcours. Ils sont regroupés, sous une forme légèrement abrégée, dans le livret d’aide à la visite, disponible gratuitement à l’accueil.

Comme pour toutes les expositions, un catalogue bilingue est édité par Hazan. Une centaine de photographies est reproduite en pleine page. Elles sont précédées par une intéressante conversation de Jordi Ballesta et Camille Fallet avec Sylvain Maestraggi.

Il faut remercier Gilles Mora et la Ville de Montpellier pour la production audacieuse de cette exposition consacrée à la photographie documentaire « débarrassée de ses prétentions artistiques, une réflexion autour de ce qu’est le paysage américain ».

Ceux qui gardent le souvenir des expositions « Stephen Shore », « Las Vegas Studio » de Robert Venturi et Denise Scott Brown ou encore « American Neon Signs by Day and Night » de Toon Michiels lors des Rencontres d’Arles 2015, trouveront dans cette exposition d’autres regards tout aussi captivants sur le paysage américain.

« Notes sur l’asphalte » nous offre l’occasion de regarder avec une attention particulière cette Amérique mobile et précaire entre 1950 et 1990, au moment où l’aventure Trump nous « interroge » quotidiennement.

À lire, ci-dessous, notre compte rendu de visite, les notes d’intention des commissaires et du directeur artistique du pavillon Populaire et des repères biographiques.

En savoir plus :
Sur le site de la Ville de Montpellier
Sur la page Facebook du Pavillon Populaire
À lire « Le paysage, entre le politique et le vernaculaire. Réflexions à partir de John Brinckerhoff Jackson », un article de Jean-Marc Besse sur le site hal.archives-ouvertes.fr.
À voir, ci dessous, « Autour de John Brinckerhoff Jackson (1909-1996)  », une conférence de Jordi Ballesta à la Cité de l’architecture et du patrimoine en octobre 2016 :

« Note sur l’asphalte », un compte rendu de visite

Dans le hall du Pavillon Populaire, les reproductions très agrandies de deux diapositives affirment le caractère documentaire de l’exposition. Sur les caches qui encadrent les prises de vue, on découvre les annotations portées par leurs auteurs : sujet, lieu, date, de la scène photographiée. Ces grands formats sur « dos bleus » organisent la scénographie et cadencent le parcours de visite en rappelant régulièrement que ces images sont avant tout des prises de notes visuelles, des « Notes sur l’asphalte ».

La visite commence sur la gauche avec l’agrandissement d’une diapo de John Brinckerhoff Jackson accompagné d’une liste de « choix thématiques établis par l’auteur », inventaire de ce que le visiteur va découvrir et typologie partielle du paysage vernaculaire tel que le définit J.B. Jackson.

Notes sur l'Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier - crédits photo Camille Fallet
Notes sur l’Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier – crédits photo Camille Fallet

Avant de pénétrer dans la première section de « Notes sur l’asphalte », un petit espace de projection permet de voir un documentaire « The Love of Everyday Places » sur J.B. Jackson, inventeur des « cultural landscape studies » et théoricien du vernaculaire.

Les archives de six chercheurs

Cette première partie de l’exposition se développe dans les quatre petites salles, à gauche du Pavillon Populaire. Elles sont consacrées aux archives des six chercheurs de « Notes sur l’asphalte ».

Pour chaque chercheur, de brefs repères biographiques introduisent un ensemble de documents qui illustrent la manière dont leurs archives étaient conservées et organisées. Ces images évoquent aussi l’important travail d’investigation des deux commissaires pour identifier et récupérer ces fonds dans des centres de recherche, au bureau ou au domicile des auteurs.

Une citation extraite d’une de leurs publications accompagne ces informations. Des vitrines présentent une sélection de leurs ouvrages, completés par quelques fac-similés.

La diapositive, support privilégié de cinq de ces chercheurs, autorisait une organisation thématique de ces archives dont les sujets de prédilection étaient souvent similaires.
On retrouve naturellement dans cette section plusieurs agrandissements de diapos, avec leurs montures annotées, soulignant à la fois l’importance du support, sa maniabilité pour l’enseignement, la documentation et les classifications évolutives…

Notes sur l'Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier - crédits photo Camille Fallet
Notes sur l’Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier – crédits photo Camille Fallet

Des grilles thématiques utilisant des photographies de plusieurs auteurs montrent la proximité de leurs sujets de recherche.

Notes sur l'Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier - crédits photo Camille Fallet
Notes sur l’Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier – crédits photo Camille Fallet

La dernière salle est consacrée à David Lowenthal, seul auteur à avoir utilisé la pellicule noir & blanc et à privilégier une archive chronologique. Un diaporama résume une partie de ces travaux.

Un voyage au sein d’une Amérique mobile et précaire

Dans la vaste nef centrale du Pavillon Populaire, l’exposition déroule un long « ruban » de photographies, évoquant ainsi un « Road Trip » imaginaire à travers les États-Unis.

À la sortie de la salle consacrée aux pellicules de D. Lowenthal, une cimaise, placée dans la longueur, permet d’augmenter l’espace d’exposition. Elle ménage aussi une introduction autour des nombreux périples, en moto et en voiture de John Brinckerhoff Jackson, entre 1956 à 1989.

Notes sur l'Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier - crédits photo Camille Fallet
Notes sur l’Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier – crédits photo Camille Fallet

Commence alors un long voyage « synthetique » à travers les archives des six chercheurs.
Sans contraintes chronologiques, l’accrochage enchaîne des séquences thématiques qui entremêlent les images des uns et des autres. Organisées en deux lignes discontinues qui parfois se superposent, les photographies se suivent, sans commentaires, sans que l’on puisse distinguer des séquences particulières. L’accrochage montre ainsi la volonté des commissaires d’affirmer une continuité dans cette reconstitution de l’idée du voyage.

Notes sur l'asphalte - Pavillon populaire à Montpellier - Un voyage au sein d’une Amérique mobile et précaire
Notes sur l’asphalte – Pavillon populaire à Montpellier – Un voyage au sein d’une Amérique mobile et précaire

Ce « Road Trip » commence par des paysages urbains, puis il montre peu à peu comment le paysage vernaculaire américain est organisé par la route. Dans une succession souple et sans rupture, les images nous conduisent le long des Strips et les Maket Streets, s’attardant parfois sur des enseignes, des panneaux publicitaires, du mobilier urbain ou des fresques murales.

Notes sur l'Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier - crédits photo Camille Fallet
Notes sur l’Asphalte au Pavillon Populaire, Montpellier – crédits photo Camille Fallet

On passe ainsi du commerce en bord de route aux espaces ruraux, croisant ici et là camionneurs, ventes aux enchères, rassemblements religieux, boîtes aux lettres, bicoques diverses, pick-up ou mobile homes… dans des territoires incertains qui peuvent se transformer dans le temps.

Pour les deux commissaires, une des questions essentielles de « Notes sur l’asphalte » était : comment montrer ces images sans les dénaturer, sans les travestir en œuvres d’art. Évitant le montage classique sous passe-partout, ils ont choisi de présenter les tirages avec un système d’encoches pour indiquer que ces documents sont manipulables et qu’ils relèvent de l’archive documentaire et non de la création artistique.
Ces tirages photographiques ne sont pas des vintages, mais des épreuves numériques, réalisées à partir de scan des diapositives. Pour obtenir un rendu assez proche de la diapo, le choix s’est porté sur un papier assez bas de gamme, très brillant.

Notes sur l'asphalte - Pavillon populaire à Montpellier - Un voyage au sein d’une Amérique mobile et précaire
Notes sur l’asphalte – Pavillon populaire à Montpellier – Un voyage au sein d’une Amérique mobile et précaire

L’accrochage et la scénographie de cette seconde partie de l’exposition sont particulièrement réussis. À première vue, on pouvait craindre le pire avec une telle densité d’images exposées, mais le dispositif fonctionne parfaitement. Il faut peu de temps pour être embarqué dans ce « voyage au sein d’une Amérique mobile et précaire ».
En respectant la richesse et la diversité des fonds, le choix des images et leur enchaînement captivent. On a la sensation d’être en mouvement, de regarder à travers la vitre d’une voiture… Jamais la lassitude ne gagne le visiteur dont l’intérêt est relancé régulièrement, avec tact.
Toutefois, on regrette une lecture de droite à gauche, pas très naturelle, mais imposée par la configuration de la salle.

Des pratiques photographiques partagées

Pour cette dernière partie de « Notes sur l’asphalte », l’intention des commissaires était de « rapprocher les notes photographiques de ces chercheurs non seulement d’œuvres de photographes, mais également de travaux d’artistes intégrant la photographie notamment sous forme de publications ».

Cette idée de souligner les convergences entre les pratiques photographiques des chercheurs et celles des artistes était particulièrement prometteuse. En effet, ces rapprochements sont peu ou pas étudiés. Malheureusement, dans les trois salles que l’exposition consacre à ce sujet, le propos nous a semblé trop sommaire, survolant la question, et ce malgré l’intérêt des documents exposés… Souhaitons que ce qui nous paraît être resté au niveau des intentions se traduise prochainement par un nouveau projet d’exposition…

Texte d’intention des commissaires d’exposition
Jordi Ballesta et Camille Fallet

Au regard de ses diapositives datant de mai 1976, John Brinckerhoff Jackson, géographe de l’Amérique ordinaire, théoricien célèbre de l’architecture vernaculaire américaine, venait d’avoir réalisé un de ses plus longs et sinueux voyages. Son périple l’avait mené environ dans la moitié des états de la fédération : Californie, Nouveau-Mexique, Tennessee, etc…, jusqu’à bifurquer vers la Virginie, l’Illinois, l’Indiana et l’Iowa.

Loin d’être une expérience photographique et routière unique, son sillage rejoignait ceux qu’il dessinait lui-même depuis plusieurs décennies. Il recoupait aussi ceux que Walker Evans, Robert Frank, Ed Ruscha, Stephen Shore avaient réalisés ou étaient en train d’effectuer. En cette année 1976, Jackson continuait par ailleurs d’ouvrir une voie que des chercheurs, photographes amateurs, avaient décidé ou décideront d’emprunter. Des années cinquante à la fin de la décennie quatre-vingts, David Lowenthal, Donald Appleyard, Richard Longstreth, parmi d’autres, ont ainsi usé d’un véhicule motorisé pour aller à la rencontre des paysages américains ordinaires et les photographier sur des diapositives couleur.

Pour chacun d’eux, la prise de vue servait davantage à embrasser qu’à cadrer. Comme chez Jackson, elle véhiculait une forme d’hospitalité, conduisant à loger des paysages communs et mineurs à l’intérieur de photographies destinées à être projetées. Enfin, avec leurs diapositives, ces chercheurs, photographes amateurs s’efforçaient non pas d’illustrer, mais de porter attention et questionner.

Avec l’exposition « Notes sur l’asphalte, une Amérique mobile et précaire, 1950-1990 », il s’agira de présenter des travaux qui, en Europe, n’ont jamais été exposés et, qui, outre-Atlantique, demeurent quasi inconnus. Cette exposition donnera à voir les manières de photographier de géographes, architectes, urbanistes, incontournables dans leur discipline et qui, notoirement, mettaient en oeuvre une relation immédiate avec les paysages qu’ils partaient observer, investir, fréquenter. Privilégiant la prise de note rapidement consignée à l’oeuvre patiemment achevée, ils photographièrent pour l’essentiel lors d’arrêts le plus souvent momentanés, sur ou au bord des routes empruntées. Chez eux, la prise de vue devait le moins possible détourner d’un monde quotidiennement traversé. Que cela soit en plein flux routier ou le long des bas-côtés, la photographie les amenait à converser avec les paysages qui les environnaient.

Fondé sur un savoir-faire non ou à peine enseigné, l’ensemble des travaux exposés donnera enfin à voir une Amérique vernaculaire : mobile, débordante, précaire, bricolée.

Camille Fallet est photographe. Diplômé du Royal College of Arts de Londres et des Beauxarts de Nantes, il expose fréquemment à Londres, Paris, Marseille… Il développe en parallèle une pratique artistique, des travaux de commande, intervient en tant que commissaire d’exposition et comme enseignant. Son travail photographique traite de la perception visuelle du territoire et de sa formalisation par le montage d’images. Il prépare actuellement un livre sur la métropole bordelaise pour la biennale d’architecture de Bordeaux, de même qu’une exposition monographique et l’édition d’un livre sur le grand Paris en collaboration avec le Point du Jour, Centre d’art à Cherbourg.

Jordi Ballesta est chercheur, membre du Centre Interdisciplinaire d’Études et de Recherches sur l’Expression Contemporaine (CIEREC). Il est également associé à l’UMR Géographies-cités. Ses recherches sont centrées, d’une part, sur les articulations entre photographie documentaire et savoirs géographiques, d’autre part, sur les paysages vernaculaires. Ses travaux les plus récents ont pour objets l’oeuvre théorique et les travaux photographiques de John Brinckerhoff Jackson, dont il a édité l’essai photo-géographique Habiter l’Ouest, à propos duquel il a co-dirigé le n°30 de la revue Les Carnets du paysage et notamment publié l’article « John Brinckerhoff Jackson au sein des paysages ordinaires ».

Texte d’intention de Gilles Mora

La route, ses paysages et son expérience visuelle sont devenus, à partir de la fin des années 1960, le vecteur autour duquel s’est construite la nouvelle photographie américaine, celle de Stephen Shore et de William Christenberry, entre autres.

L’exposition souhaite nuancer cette vision incomplète du paysage américain. Entre les années 1950 et 1990, le théoricien de l’architecture John Brinckerhoff Jackson, ainsi que des opérateurs photographiques moins connus (Donald Appleyard, Allan Jacobs, Chester Liebs, Richard Longstreth et David Lowenthal) ont occupé une place centrale dans le développement de la photographie paysagère américaine. Sillonnant les routes des États-Unis, ces chercheurs en ont immortalisé les paysages, travaillant dans un sens strictement documentaire – celui de la prise de notes photographiques – et non pas esthétique. Les images présentées ici et réunies pour la première fois dans leur esprit initial d’archives photographiques viennent éclairer sous un jour nouveau le formidable élan documentaire qui, dans les années 1960 et 1970, pousse la photographie du paysage américain vers de nouvelles voies exploratoires.

Gilles Mora
Directeur artistique du Pavillon Populaire

Biographies des six chercheurs

Donald Appleyard (1928-1982) fut théoricien de l’urbanisme et urbaniste anglo-américain. Il a cofondé le Laboratoire de Simulation Environnementale de l’Université de UC Berkeley, où il était professeur, et la revue Places, publication de référence dans le champ de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage. Il est co-auteur, avec Kevin Lynch et John R. Myer, d’un des ouvrages les plus emblématiques du champ des études visuelles et urbaines : The View from the Road (1963). Il est également l’auteur de Planning a Pluralistic City (1967) et Livable Streets (1981), parmi d’autres ouvrages. Du milieu des années 1960 au début des années 1980, il a constitué une archive de plus de 7000 diapositives, centrée notamment sur l’expérience automobile de la ville américaine.

John Brinckerhoff Jackson (1909-1996) fut diplômé d’Harvard en 1932, cow-boy à la fin des années 1930 et 1940, éditeur du magazine Landscape de 1951 à 1968, enseignant de 1967 à 1977 à Berkeley et Harvard… Il a été reconnu comme géographe culturel, interprète de l’environnement bâti américain, historien du paysage, inventeur des landscape studies, théoricien du vernaculaire, etc. Auteur de plusieurs recueils d’essais, il a notamment publié A Sense of Place, A Sense of Time, De la nécessité des ruines et autres sujets et A la découverte du paysage vernaculaire, deux de ses ouvrages traduits en français. Pour ces propres recherches, J. B. Jackson photographia lors de nombreux voyages à travers les États-Unis, produisant ainsi une archive composée de plusieurs milliers de diapositives.

Allan Jacobs (né en 1928) est professeur émérite d’urbanisme à l’université de Californie à Berkeley. De 1955 à 1975, il travailla comme urbaniste dans les villes de Pittsburgh, Calcutta et San Francisco, où il occupait le poste de directeur du développement et créa, en 1971 son Urban Design Plan. Il reçut une bourse Guggenheim (1981), une Berkeley Citation (2001), le Kevin Lynch Award (1999) et bénéficia d’une résidence à l’American Academy de Rome en 1986 et en 1996. Son dernier livre, The Good City (2011), fait suite à The Boulevard Book (2003), Great Streets (1995) et Looking at Cities (1985). C’est dans le cadre de son travail d’urbaniste que Jacobs fut attiré par la photographie, afin de figer les qualités architecturales des communautés dans lesquelles il travaillait. En 1975, une bourse lui fut attribuée par le National Endowment of the Arts américain qui lui permit de préparer et d’exposer un vaste reportage photo sur San Francisco, intitulé San Francisco: A City Planner’s View.

Chester Liebs (né en 1945) est historien et conservateur du patrimoine. Professeur émérite d’histoire de l’université du Vermont et professeur adjoint de conservation du patrimoine et régionalisme, il enseigna également à l’université des arts de Tokyo et à l’université de Tokyo en tant que professeur invité. Il est un des cofondateurs de la Society for Industrial Archeology et de la Society for Commercial Archeology, il est aussi l’auteur de Main Street to Miracle Mile: American Roadside Architecture (1985), un ouvrage reconnu internationalement qui se penche sur l’évolution du paysage commercial des bords de route. Son oeuvre la plus récente, Secrets of Japanese Cities the World Admires (2011, publié en japonais), étudie le rapport entre le nombre de cyclistes et l’échelle compacte des quartiers des villes japonaise. Les photographies de Lieb donnent à voir le paysage culturel aux États-Unis et à travers le monde, de 1969 à aujourd’hui.

Richard Longstreth (né en 1946) est historien de l’architecture et professeur à l’université George Washington dont il dirige le département de conservation du patrimoine. Il est l’auteur de nombreux livres et articles, dont The American Department Store Transformed 1920-1960 (2010) et Looking Beyond the Icons: Midcentury Architecture, Landscape and Urbanism (2015). Il a récemment publié Road Trip : Roadside America from Custard’s Last Stand to the Wigwam Restaurant (2015), un voyage photographique à travers l’architecture américaine vernaculaire et commerciale de la fin des années soixante et des années soixante-dix.

David Lowenthal (né en 1923) a enseigné le projet de paysage à Harvard ; il est professeur émérite de géographie et chargé de recherche honoraire de l’University College de Londres. Il a notamment écrit Geographies of the Mind (1975), The Past Is a Foreign Country (1985), The Heritage Crusade and the Spoils of History (1998), George Perkins Marsh, Prophet of Conservation (2000), Passage du temps sur le paysage : aperçu patrimonial (2008), et The Past Is a Foreign Country – Revisited (2015), ouvrage qui a été récompensé par la British Academy Medal en 2016. Ses photographies présentées dans « Notes sur l’asphalte » ont été effectuées dans le cadre d’une bourse Guggenheim, dont il a bénéficié de 1965 à 1966. Elles documentent des paysages vernaculaires susceptibles d’éclairer les goûts et préférences des Américains. Certaines d’entre elles illustrent l’article « The American Scene », publié dans Geographical Review (1968, vol. 58, n° 1), et le cahier de recherche Visual Blight in America (1973).

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