Andy Summers – Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire – Montpellier

Jusqu’au 14 avril 2019, le Pavillon Populaire accueille Andy Summers, guitariste et photographe pour « Une certaine étrangeté. Photographie 1979-2018 », une rétrospective qui pourrait aller chercher son titre de « l’inquiétante étrangeté » de ce cher Sigmund.

Toutefois, à la fin de son texte d’intention, Andy Summers qui assure le commissariat conjointement avec Gilles Mora, précise :

« “Une certaine étrangeté”, terme que l’on doit à Samuel Taylor Coleridge, m’a semblé décrire parfaitement et précisément cet élément qui fascine dans la musique ou dans l’art en général. Parfois, en photographie, on prend une photo intentionnellement “étrange”, et parfois, la photo “étrange” arrive toute seule dans l’objectif. Les choses deviennent intéressantes quand il y a un paradoxe ou une ambiguïté – quelque chose qui nous sort de notre zone de confort. Souvent, ces choses arrivent par hasard… ou peut-être n’est-ce pas un hasard ? On travaille dans l’incertitude et on prie pour un miracle .

Je me dois d’ajouter qu’être à la recherche de cette certaine étrangeté – où qu’on la trouve – est une grande aventure en soi. Elle est là, quelque part, alors continuons à chercher… »

Dans sa présentation à la presse, Gilles Mora souligne que si Andy Summers est surtout connu comme guitariste du groupe « Police », c’est avant tout le photographe qui est invité au Pavillon Populaire de Montpellier.

Dans « Osons l’insolite ! », texte que Andy Summers signe pour le catalogue de l’exposition (Éditions Hazan), il raconte les premiers pas de sa pratique photographique comme la réalisation d’un journal intime en images, la vie à l’intérieur du groupe « Police », de son point de vue. Il y évoque aussi son apprentissage, ses maîtres et les relations qu’il ressentait entre la musique et la photographie :

« Je n’avais jamais reçu de formation officielle en photographie, mais, au milieu de cet enfer dantesque, mon appareil me quittait rarement. J’étudiai plusieurs monographies d’Henri Cartier-Bresson, Brassaï, Nick Brandt, Alfred Stieglitz, Lee Friedlander, Diane Arbus, Robert Frank, Garry Winogrand, Walker Evans et Ralph Gibson. J’imitais, je copiais, je suivais aussi mes propres instincts.

Andy Summers I’ll be Watching You, Salt Lake City, UT, 1982 © Andy Summers
I’ll be Watching You, Salt Lake City, UT, 1982 © Andy Summers

Je commençais à comprendre qu’il en allait de la photographie comme de la musique : il fallait s’y mettre. En gros, il fallait que l’œil, ou le sens visuel, s’échauffe, comme on s’accorde avec son instrument. Mon autoéducation était simple : “Prends en photo tout ce que tu vois, ton œil apprendra. Il faut juste l’éveiller, continue et, au bout d’un moment, ça ressemblera à des photographies.” Comme le dit Garry Winogrand : “on photographie quelque chose pour voir à quoi ça ressemblera en tant que photographie” ; c’est une absurdité, mais cela tend curieusement vers la vérité.

New York October 2004 © Andy Summers
New York October 2004 © Andy Summers

Alors j’ai gardé mes yeux grands ouverts, cherchant les éléments habituels — l’équilibre, les angles, la qualité graphique, la profondeur de champ — mais aussi tout ce qui pouvait paraître inhabituel, comme… une note étrangère dans un accord de guitare. Comment Thelonious Monk aurait-il pris une photo ? me demandais-je. Comment prendre une photo déviante, saisir l’ambiguïté, l’asymétrie ? Quel est l’équivalent visuel d’une distorsion sonore en guitare ? Est-ce que l’image doit être nette ? Est-ce que c’est une photo d’une photo ? Ce sont des questions parallèles à la musique et, finalement, ce n’est pas seulement vers l’appareil photo qu’il faut se tourner, mais vers l’histoire des arts visuels, vers les maîtres comme Picasso et Matisse. »

Soho London April 2005 © Andy Summers
Soho London April 2005 © Andy Summers

Une certaine étrangeté

L’exposition s’articule en deux mouvements. Au rez-de-chaussée, Gilles Mora avec la complicité du photographe présente sous le titre « Une certaine étrangeté » ce qu’il considère comme « le cœur même de la photographie de Andy Summers, marqué par le surréalisme, le rapport au mystère urbain, le regard nostalgique sur un monde en voie de disparition ».

Gilles Mora  a souhaité : « faire un accrochage musical, conformément à l’esprit d’Andy qui fait une photographie très musicale. Il y a une bande son (composée pour l’exposition par le musicien-photographe), l’accrochage ne correspond à aucune chronologie, aucune narration, mais ce sont des blocs qui ensemble donnent la structure musicale du travail d’Andy Summers… »

On retrouve les éléments devenus classiques au Pavillon Populaire d’une scénographie signée par Véronique Senez-Traquandi. Les murs sont recouverts d’une teinte gris-vert sobre et discrète.

Andy Summers - Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire - Montpellier - Vue de l'exposition
Andy Summers – Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire – Montpellier – Vue de l’exposition

Le vaste espace central est coupé par une large cimaise entièrement couverte au recto comme au verso par un wallpaper. Ces deux agrandissements étranges ont été réalisés à partir de clichés pris dans l’île de Montserrat, dans la mer des Caraïbes (Montserret, juillet 1981 et décembre 1982).

Andy Summers - Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire - Montpellier - Vue de l'exposition
Andy Summers – Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire – Montpellier – Vue de l’exposition

George Martin, le producteur des Beatles, y possédait avant l’éruption de la Soufrière une maison et un studio à Plymouth. Au premier étage, un texte de Andy Summers décrit en quelques lignes l’étonnante ambiance qui régnait lors du séjour de Police au studio AIR.

Andy Summers - Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire - Montpellier - Vue de l'exposition
Andy Summers – Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire – Montpellier – Vue de l’exposition

Les ouvertures vers les galeries latérales sont prolongées, comme d’habitude par deux Wallpapers : à gauche, l’image d’un rideau légèrement gonflé par le vent (Shanghai, mai 2014), à droite, la maquette d’un trois mats échouée dans les rochers (Maine, États-Unis, août 1991).

Andy Summers - Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire - Montpellier - Vue de l'exposition
Andy Summers – Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire – Montpellier – Vue de l’exposition

On sent dans ce travail d’Andy Summers présenté ici, comme dans l’accrochage de Gilles Mora, la présence imperceptible de Ralph Gibson. On se souvient de « La trilogie, 1970-1974 », l’importante exposition de Ralph Gibson que le Pavillon Populaire avait présenté fin 2017 dans le cadre de son cycle dédié à la photographie américaine.
On sait l’amitié qui lie le photographe américain et le directeur artistique. Ralph Gibson est évidemment le lien entre Summers et Mora… Tous guitaristes, photographes et passionnés par le livre-photo.

Dans le texte déjà cité, Andy Summers ne cache pas que Ralph Gibson est rapidement devenu son « photographe contemporain préféré. J’adorais ses ouvrages publiés par Lustrum Press, leur approche rêveuse, leurs clichés réduits et la musicalité inhérente »…

Il raconte leur rencontre entre photographie, Stratocaster, musique de Brian Eno et quelques souvenirs du Chelsea Hotel ou encore de cours de guitare par Heitor Villa-Lobos.
Ralph Gibson aidera donc Andy Summers à mettre en page Throb, son premier livre photo en échange d’une Gibson L-5.

La rencontre entre les deux hommes fut déterminante :

« Mon processus de création changea complètement. Je commençai à prendre mon temps, à faire une photo à la fois, la plupart du temps à l’aide d’un objectif 50 millimètres. J’apprenais une nouvelle manière d’être avec cet appareil (un Leica), un changement de regard et, grâce aux pellicules en noir et blanc, je retrouvais le cinéma percutant que j’avais tant aimé à l’adolescence, les films de Truffaut, les photographies de Cartier-Bresson ; tout cela se réconciliait et s’assemblait dans l’objectif du Leica ».

En 2004, ils signeront ensemble Light Strings, un superbe album autour de la guitare.

L’accrochage reprend dans une large mesure la mise en page du catalogue. Ce n’est pas une surprise quand on connaît l’importance que Gilles Mora accorde au livre photographie, probablement plus essentiel à ces yeux que l’exposition elle-même.

Association ou oppositions reposent souvent sur des aspects formels et des effets de lumières. Selon son humeur et son histoire, ces rapprochements seront évocateurs et émouvants ou perçus comme simples jeux formels souvent très réussis quelquefois un peu moins…

Cette exposition troublera certainement celles et ceux qui apprécient les parcours très articulés, construits sur des narrations claires et précises, qui adoptent des organisations thématiques ou chronologiques affirmées et dont les cartels sont « éducatifs »… Peut-être seront-ils plus en phase avec « Let’s get weird ! » à l’étage ?

Les images rassemblées ici et leur accrochage parleront peut-être plus aux amateurs de la musique de Thelonius Monk qu’à celle de Police ?

Voir « Une certaine étrangeté » exige un peu de temps et une certaine dose de « lâcher prise »… Porté par la musique et la guitare d’Andy Summers, il faut déambuler tranquillement dans l’exposition et laisser son regard divaguer de blocs d’images en blocs d’images… À chacun d’y construire ses propres histoires.

Let’s get weird ! The Police Years 1977-1984

Dans les deux galeries au premier étage du Pavillon Populaire, on découvre les photos prises par Andy Summers pendant les années « Police ». Gilles Mora présente ce deuxième accrochage comme un « journal intime avec un point de vue très critique sur ce qu’il était et sur ce que le groupe Police était en train de faire de ces trois individus qui se voyaient broyés par cette machine du business de la pop music et qui était aussi pour eux une aventure merveilleuse »…

Sur un fond de couleur prune, les tirages de format réduit, disposés côte à côte, forment une longue ligne sur un côté de chaque galerie.

Andy Summers - Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire - Montpellier - Vue de l'exposition
Andy Summers – Une certaine étrangeté au Pavillon Populaire – Montpellier – Vue de l’exposition

En face, dans de brefs textes, Andy Summers raconte quelques moments qui ont marqué ses années « Police » à travers les États-Unis, le Mexique, l’Argentine, Montserrat ou Caracas…

Au centre de la première galerie, une petite salle de projection est aménagée. On peut voir « Can’t Stand Losing You: Surviving the Police », un documentaire inspiré par « One Train Later », l’autobiographie de Summers.

Au milieu de la deuxième galerie, trône dans une vitrine une Fender Telectaster de 2007, créée pour le guitariste.

Le catalogue aux Editions Hazan.

À lire, ci-dessous, les textes d’intention des deux commissaires Gilles Mora et Andy Summers ainsi que quelques repères biographiques.

En savoir plus :
Sur la page du Pavillon Populaire sur le site de la Ville de Montpellier
Suivre l’actualité du Pavillon Populaire sur Facebook
Sur le site d’Andy Summers

 

Pour le grand public, Andy Summers est le génial guitariste et compositeur du groupe mythique « The Police », un des plus connus au monde, actif entre 1977 et 1984. Summers a cependant construit, en parallèle à son activité musicale, une oeuvre photographique unique. Celle-ci constitue, selon ses dires, la contrepartie mentale et visuelle de sa musique, marquée par une recherche mélodique complexe, des harmonies aux couleurs plutôt mélancoliques, voire convulsives, mariant le jazz, la guitare classique, les influences reggae et sud-américaines.

Dès ses débuts en 1979, Summers a considéré sa pratique photographique comme la réalisation d’un journal intime en images. Il photographie d’abord la vie à l’intérieur du groupe « The Police », de son point de vue personnel. Son questionnement sur cette aventure artistique finit par le déstabiliser, le faire douter de lui-même et du monde factice venu engloutir son personnage et son rôle de « guitar heroe » au détriment de sa vie personnelle…

Autodidacte, Summers s’est forgé l’oeil aux contacts des livres des grands maîtres de sa nouvelle passion, véritable boulimie à la mesure de l’engouement inégalé, à cette époque, de l’Amérique pour la photographie, dans lequel baignent ses débuts.

Andy Summers n’a jamais caché ses influences, très marquées par la pratique documentaire d’Henri Cartier-Bresson à Walker Evans, ou par la « street photography » alors dominante dans les années 1970, celle de Garry Winogrand et de Lee Friedlander, de leur esthétique du « surgissement ». Les leçons qu’il tire de Robert Frank, dont l’œuvre le fascine comme toute sa génération, Summers les absorbe en privilégiant le point de vue personnel sur le monde, la dimension autobiographique. Il faut y ajouter son goût avéré pour les éclairages d’ambiance, les « Moody pictures », parfois traités chez lui à la limite du visible, et les flous qui en découlent. Quant aux simplifications techniques et au choix du noir et blanc dont Andy Summers s’accommode, ils sont ceux de la photographie européenne classique. À ces influences assumées, il convient d’ajouter le legs de Ralph Gibson. C’est par lui, dès leur rencontre au début des années 1980, que Summers aborde véritablement les questions formelles, la conception du travail en série, le rôle de l’abstraction, ou encore celui du livre photographique comme finalité. Andy Summers en a fait avec la photographie comme avec sa musique. L’une et l’autre se sont forgées dans la connaissance profonde des maîtres, puis dans leur dépassement créatif.

La nature des sujets photographiques qu’il privilégie, et qui, si l’on omet son travail autour du groupe « The Police », excluent toute référence à l’univers médiatique et bruyant du « show business », appartient principalement à cette frange du surréalisme urbain, si chère aux écrivains surréalistes français, André Breton ou Aragon, qui en ont exploré l’étrangeté fructueuse : activités des métropoles américaines ou japonaises, rues fascinantes des cités sud-américaines… L’ex-guitariste de Police utilise, dès qu’il s’engage en photographie en 1979 et jusqu’en 1984, les extraordinaires opportunités des tournées du groupe pour, aussitôt la scène quittée, s’engouffrer dans les nuits urbaines les plus humbles et populaires, donc les plus mystérieuses, jouissant ainsi d’une seconde vie, plus anonyme et tout aussi riche, sinon davantage, que celle de la rock star qu’il est devenu.

Dans les années qui suivront, et jusqu’à ce jour, Summers sera tributaire de cette double attirance, celle des éléments visuels et musicaux, et de leur résolution possible au sein de l’image photographique, dont il mesure pleinement les difficultés de réalisation, surtout dans les limites de l’image seule. Mais il évitera soigneusement, dans sa recherche des transpositions des effets musicaux vers le domaine visuel, toute lourdeur expérimentale. D’où les recours, plus subtils, à la série, au livre, à la performance musicale réalisée de plus en plus souvent en improvisant sur sa guitare devant la projection par séquences de ses photographies.

L’étrangeté photographique si caractéristique du style d’Andy Summers touche à cette « inquiétante étrangeté » dont parle Freud, sentiment d’inquiétude face à un domaine familier paraissant soudain masquer un secret générateur d’angoisse. Summers apparaît comme un guetteur nostalgique, désireux de soustraire les derniers éclats poétiques ou les étranges secrets d’un monde encore diversifié, enregistré avant sa liquidation finale engagée par la globalisation.

Gilles Mora
Commissaire de l’exposition
Directeur artistique du Pavillon Populaire

« Petit, je me souviens que mes parents avaient toujours avec eux deux valises abîmées remplies de photographies. On a déménagé quelques fois, mais les deux valises resurgissaient toujours. Les photographies – des instantanés comme disaient Papa et Maman – étaient un fouillis sans nom, un méli-mélo chaotique, un tumulte de photos qui illustraient les années que mes parents avaient vécues ensemble. Je les contemplais avec mes yeux d’écolier, fasciné par la grosse voiture noire, par mon père posant sur un voilier ou par ce groupe de personnes un peu flou faisant signe de la main sur une plage anglaise. Les photos étaient intrigantes et magiques. C’était un voyage dans le temps, le monde avant que je n’y naisse, et c’est cela qui leur conférait cette étrangeté et ce charme qui me poussait à y revenir sans cesse, à regarder encore une fois. Les photographies étaient toutes en noir et blanc, de petits carrés aux bords dentelés, et j’y revins de nombreuses fois jusqu’à ce que je les connaisse par coeur.

Avec le recul, il se peut que ces photos de famille monochromes et jaunissantes aient été à l’origine de mon obsession pour la photographie. Ce n’est qu’une conjecture, mais peut-être que le fait de prendre des photos en tant qu’adulte est une manière de retrouver son enfance, un écho visuel de cette époque ? Quoi qu’il en soit, le fait est qu’une fois qu’on s’implique dans un art, il faut trouver un moyen de se l’approprier. Et pour ce faire, il faut se laisser guider par l’authenticité – en un mot, par son vrai soi.

C’est la musique qui a formé ma sensibilité. À seize ans, je suis allé voir Thelonius Monk jouer à Londres. Sa musique – anguleuse, dissonante et asymétrique – était de la poésie. En un solo ou une composition au piano, il parvenait à résumer toute l’expérience américaine. En ajoutant des « fausses notes » et des rythmes idiosyncrasiques dans une suite d’accords, la musique nous allait droit au cœur, plus que n’importe quelle musique plus conventionnelle. Ce fut une belle leçon pour moi, et a posteriori, je considère ce moment comme le point de départ de mes goûts esthétiques personnels.

« Une certaine étrangeté », terme que l’on doit à Samuel Taylor Coleridge, m’a semblé décrire parfaitement et précisément cet élément qui fascine dans la musique ou dans l’art en général. Parfois, en photographie, on prend une photo intentionnellement « étrange », et parfois, la photo « étrange » arrive toute seule dans l’objectif. Les choses deviennent intéressantes quand il y a un paradoxe ou une ambiguïté – quelque chose qui nous sort de notre zone de confort. Souvent, ces choses arrivent par hasard… ou peut-être n’est-ce pas un hasard ? On travaille dans l’incertitude et on prie pour un miracle.

Je me dois d’ajouter qu’être à la recherche de cette certaine étrangeté – où qu’on la trouve – est une grande aventure en soi. Elle est là, quelque part, alors continuons à chercher… »

Andy Summers
Los Angeles, novembre 2018
Co-commissaire de l’exposition

Andy Summers a connu le succès au début des années 1980 en tant que guitariste du fameux groupe de rock aux millions de disques vendus, ‘The Police’. Ces rockeurs furent sans doute les plus connus de l’époque ; ils monopolisèrent la scène musicale et l’espace médiatique des années 1980 avec plusieurs disques en tête des ventes. La technique de jeu à la guitare d’Andy Summers, très novatrice, devint un nouveau paradigme pour les guitaristes et fut beaucoup imitée depuis.

Photographe depuis 1979, Andy Summers a publié quatre livres présentant ses photographies :
• Throb, publié chez William Morrow publishing en 1983,
• Light Strings en collaboration avec Ralph Gibson, publié en 2004 par Chronicle Books,
• I’ll be watching you chez Taschen en 2007,
• Desirer Walks the Street en 2009,
Et un cinquième album intitulé The Bones of Chuang Tzu qui paraîtra prochainement chez Steidl Press.

Paru en 2013, le film “Can’t Stand Losing You” est inspiré de son autobiographie à succès et présente ses oeuvres photographiques. Ses clichés, pris entre 1980 et 2017, font la part belle aux photos prises de nuit, couvrent une vaste aire géographique – de l’Altiplano de Bolivie aux allées du Golden Gai à Tokyo – et évoquent l’intimité, le surréalisme et des situations qu’on pourrait qualifier d’in medias res.

L’artiste confie que ses photographies sont sans doute influencées par son imprégnation musicale, et que d’une certaine manière, elles sont la contrepartie visuelle de la musique qui lui trotte sans arrêt dans la tête. Ainsi, si ses préférences musicales peuvent être qualifiées de mélancoliques, avec une ligne mélodique convulsive et des accords sombres parsemés de quelques notes errantes, on retrouve aussi une tonalité mineure obscure dans sa photographie de prédilection.

Le guitariste ajoute que la musique et la photographie sont des âmes soeurs en ce qu’elles sont des arts non-verbaux, dont certains termes seraient interchangeables. Il assimile son acte photographique à l’action de déchirer les pages d’un livre puis de les réarranger dans une nouvelle syntaxe visuelle. Andy Summers a à son actif, environ cinquante expositions photographiques dans le monde. Il se produit actuellement en solo dans un spectacle multimédia.

 

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour,

    Merci pour la qualité de vos articles en général mais petit détail : que la présence des trois logos des réseaux dits sociaux est pénible m’amenant parfois à renoncer à poursuivre la lecture de l’article. N’est-il pas possible au mieux de les retirer, au pire de ne plus les superposer avec le texte ?
    Merci.

    Olivier Boussant

    • Bonjour,
      Merci pour votre commentaire. Pouvez-vous préciser les circonstances dans lesquelles ces trois boutons de partage sur les réseaux sociaux perturbent votre lecture ?
      Je viens de tester sur deux téléphones mobiles (iOs et Android), deux tablettes (iPad de deux générations différentes) et deux ordinateurs portables (avec des résolutions différentes) et tout fonctionne correctement.
      Ces trois boutons s’affichent en haut et en bas de l’article pour tous les écrans.
      Pour ceux qui affichent plus de 1100 pixels de large, ils sont également présents dans la marge à gauche et suivent dynamiquement le défilement de l’article lors de sa lecture.
      Pouvez-vous me dire quel ordinateur/téléphone vous utilisez et préciser le système d’exploitation pour que je puisse éventuellement reproduire votre problème.
      Bonne journée.
      Cordialement.

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