¡ Viva Villa ! – La fin des forêts à la Collection Lambert, Avignon

Du 11 octobre au 10 novembre 2019, la Collection Lambert accueille la quatrième édition  du festival ¡ Viva Villa ! dans ses espaces d’expositions temporaires de l’Hôtel de Montfaucon en Avignon.

Avec La fin des forêts, Cécile Debray, commissaire de l’exposition propose un projet passionnant et signe un superbe accrochage dans un parcours qui enchaîne avec beaucoup de fluidité, de sensibilité et d’intelligence cinq séquences cohérentes mais qui conservent cependant certaines porosités : Présent anthropocène/Effondrement, Imaginaires écologiques/Herbiers, Rémanences/Vestiges, Mémoire d’éléphant, Anamorphoses.
Leur enchaînement semble suggérer une éventuelle narration et tout du moins esquisser une réflexion.

Les œuvres rassemblées pour cette « La fin des forêts » sont remarquables et captivantes. Leur mise en espace joue subtilement avec les différents modes d’expression. Les temps forts et les moments intimes se succèdent avec une évidence et une harmonie étonnantes.
À de rares exceptions, l’accrochage compose habilement avec une lumière parfois très compliquée dans certaines salles de l’Hôtel de Montfaucon.

Chaque section est explicitée par un texte court que complète une citation littéraire ou philosophique. Chaque œuvre est accompagnée par un cartel développé.

Pour la première fois, un catalogue accompagne cette édition de « ¡ Viva Villa ! ». Sous la direction de Cécile Debray, il rassemble des textes d’écrivains, de critiques et d’historiens d’art qui ont été résidents dans ces trois villas. La conception graphique est signée par Nina Pilon et Aurore Brunet.

C’est sans aucun doute une des propositions les plus intéressantes de cette rentrée dans la région.

On remercie chaleureusement, les artistes pensionnaires, résidents et lauréats, les directions de ces grandes maisons parfois intimidantes et mystérieuses et bien sur la commissaire d’offrir au public qui les financent un regard sur une partie de ce qui se produit dans ces institutions à Rome, à Madrid et à Kyoto…

Charlotte Fouchet Ishii directrice déléguée de la Villa Kujoyama, Michel Bertrand directeur de la Casa de Velàzquez et Stéphane Gaillard, directeur par intérim de la Villa Médicis

Charlotte Fouchet Ishii directrice déléguée de la Villa Kujoyama, Michel Bertrand directeur de la Casa de Velàzquez et Stéphane Gaillard, directeur par intérim de la Villa Médicis

À propos de ¡ Viva Villa !

Depuis son édition zéro en 2016, ¡ Viva Villa ! réunit chaque année des artistes résidents de trois grandes institutions françaises : l’Académie de France à Rome – Villa Médicis à Rome, la Villa Kujoyama à Kyoto et la Casa de Velázquez à Madrid.

Dans « une optique résolument transversale » où les disciplines se croisent, le festival ¡ Viva Villa ! s’articule autour d’un parcours d’exposition dont les orientations thématiques ont pour ambition d’offrir au public « un aperçu vivant de la jeune création contemporaine, à travers la pluralité des regards et des perspectives qui la caractérise ».

À propos de « La fin des forêts »

L’exposition 2019 « La fin des forêts » emprunte son titre à la prochaine création du chorégraphe Benjamin Bertrand, lauréat de la Villa Kujoyama.

On lira, ci-dessous, la note d’intention de Cécile Debray qui assure les commissariats de  ¡ Viva Villa ! depuis l’édition zéro. Après une citation extraite d’Un balcon en forêt (1958) de Julien Gracq, son texte commence par ces lignes :

« Cet hiver sont tombés les pins parasols centenaires et les arbres du Bosco de la Villa Médicis. Signe brutal et fédérateur, les cimes ancestrales de ces arbres disparus projettent leur ombre mélancolique, inspirante et tutélaire sur l’édition 2019 de ¡ Viva Villa ! La figure de l’arbre hante l’imaginaire et la pensée actuelle comme la rémanence d’un monde en passe de disparaître ».

Le parcours de « La fin des forêts » s’articule en cinq séquences dont les textes de salle sont reproduit ci-dessous :

« La fin des forêts » rassemble des œuvres de André Baldinger, Giovanni Bertelli, Sasha J. Blondeau, Marie Bonnin, Carlos de Castellarnau, Seydou Cissé, Marion Delarue, Marine Delouvrier, Rebecca Digne, Gaëlle Gabillet & Stéphane Villard – Studio GGSV, Hélène Giannecchini et Stéphanie Solinas, Lola Gonzàlez, Emmanuel Guillaud & Takao Kawaguchi, François Hébert, Hippolyte Hentgen, Fernando Jiménez, Sylvain Konyali, Stéphanie Lacombe, Yann Lacroix, Pauline Lafille, Mathilde Lavenne, Cedric Le Corf, Thomas Lévy-Lasne, Mathieu Lucas, Léonard Martin, Marta Mateus, Naomi Melville, Carla Nicolás, Andrés Padilla Domene, Martine Rey, Lili Reynaud-Dewar, Samy Rio, Sandrine Rozier, Arnaud Rykner, Riccardo Venturi, Clément Verger, avec une participation de Ange Leccia.

L’exposition est accompagnée par la projection en continue d’un programme, d’un peu plus de deux heures, de huit films réalisés par ou avec le concours des artistes des résidences.

Une riche programmation culturelle (musique, danse, théâtre, lectures, conférences, tables rondes…) complète cette édition de ¡ Viva Villa !
A noter le mardi 15 octobre la journée régionale des résidences d’artistes, co-organisée avec la Région Sud.

Cécile Debray - Commissaire de l'exposition La fin des Forêts - Imaginaires écologiques Herbiers - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Cécile Debray – Commissaire de l’exposition La fin des Forêts – Imaginaires écologiques Herbiers – Viva Villa 2019 – Collection Lambert

Comme pour les années précédentes, le commissariat est assuré par Cécile Debray, conservatrice générale du patrimoine et directrice du Musée de l’Orangerie depuis juin 2017. Elle a été en charge des collections modernes au Musée national d’Art moderne / Centre Pompidou de 2008 à 2017 et commissaire de nombreuses expositions internationales. Dans la région, on se souvient de « Francis Bacon / Bruce Nauman. Face à face » au Musée Fabre à Montpellier pendant l’été 2017.

La scénographie de « La fin des forêts » est confiée au Studio Matters (Joris Lipsch et Floriane Pic) dont on avait pu apprécier le travail en 2018 à la Villa Méditerranée à Marseille et à plusieurs occasions au Musée Fabre.

Pour cette édition 2019 de ¡ Viva Villa !, Cécile Debray est assistée d’Assia Quesnel.

À lire, ci-dessous, la note d’intention de la commissaire, une brève description du parcours de l’exposition.

En savoir plus :
Sur le site de ¡ Viva Villa !
Suivre l’actualité de ¡ Viva Villa ! sur Facebook, Twitter et Instagram
Brève présentation des artistes de l’édition 2019 sur le site de ¡ Viva Villa !

« […] l’horizon des bois se fonçait d’un cerne mauve […] la terre même jaunissait d’un mauvais teint, que le temps la travaillait d’une fièvre lente : on marchait sur elle comme sur un cadavre qui commence à sentir. »
Julien Gracq, Un balcon en forêt, 1958

Cet hiver sont tombés les pins parasols centenaires et les arbres du Bosco de la Villa Médicis. Signe brutal et fédérateur, les cimes ancestrales de ces arbres disparus projettent leur ombre mélancolique, inspirante et tutélaire sur l’édition 2019 de ¡ Viva Villa ! La figure de l’arbre hante l’imaginaire et la pensée actuelle comme la rémanence d’un monde en passe de disparaître.

Rappelons que le thème de la forêt nourrit une des premières pensées politiques écologiques, celle d’Henry D. Thoreau, l’auteur de Walden ou la vie dans les bois (1854), qui prônait une éthique en symbiose avec le végétal et l’animal : « Je vis en plein air pour le minéral, le végétal et l’animal qui est en moi. » Il perçoit très clairement les interrelations à l’intérieur d’un biotope, la complexité des processus d’interaction ; comment un écureuil ou un oiseau contribue, en transportant des graines, à planter des arbres…

Aujourd’hui le singulier philosophe italien, auteur de La vie des plantes : une métaphysique du mélange (2016), Emanuele Coccia, ne dit pas autre chose à propos de notre « anthropocène » : « Toute espèce vivante est potentiellement polluante […] Il n’y a pas des “écosystèmes” qui existeraient automatiquement à partir des lois éternelles et immuables : si les rapports entre les êtres étaient vraiment empruntés à ces équilibres immuables, on ne serait jamais passé de la soupe primordiale à l’anthropocène. »

Cette immersion dans un monde mouvant en pleine mutation, la présence fragile et menacée du monde végétal et animal, l’obsession écologique mais aussi l’appréhension contemplative du paysage, l’affirmation chaque jour plus évidente d’un présent anthropocène mais aussi la question de la mémoire, de la culture et du politique sont au cœur de la pensée et des œuvres des pensionnaires et lauréats des trois résidences étrangères, la Villa Médicis, la Casa de Velázquez et la Villa Kujoyama.

Ainsi, à partir des mots/notions « forêt », « herbiers », « anthropocène », « mémoire », « anamorphose », il nous a semblé possible de réunir ces jeunes artistes ainsi que les références dont ils se prévalent telles que, notamment, le roman de Julien Gracq, Un balcon en forêt, véritable portrait de la forêt des Ardennes, poétique géographique à laquelle on pourrait rattacher la déambulation de Jean- Christophe Bailly dans Le Dépaysement. Voyages en France (2011) ou celle d’Aurélien Bellanger dans Le Grand Paris (2017).

Nous avons emprunté le titre de l’exposition « La fin des forêts » à celui d’une pièce chorégraphique de Benjamin Bertrand, lauréat de la Villa Kujoyama – pièce qui sera créée cette année avec l’artiste sonore PYUR (Sophie Schnell).

Commissariat de l’exposition : Cécile Debray, assistée d’Assia Quesnel

Introduction…

Le parcours de « La fin des forêts » est précédé par une proposition de Stéphane Ibars dédiée au Land Art dans les deux dernières salles de « Un art de notre temps #2 », la présentation actuelle de l’exceptionnel fonds unique de la Collection Lambert. Cet accrochage introduit une importante série de photographies de l’action Asphalt Rundown de Robert Smithson à Rome, le 15 octobre 1969. Action sur laquelle travaille Riccardo Venturi, résident à la Villa Médicis.

L’action Asphalt Rundown de Robert Smithson a eu lieu dans les environs de Rome en 1969, avec le soutien du galeriste Fabio Sargentini. Une masse d’asphalte a été déversée depuis un camion, du haut d’une colline. Le choix du matériau, celui des routes et autoroutes, du flux continu de personnes et d’engins, permet à Smithson de réaliser un dripping monumental, «géologique». Le paysage choisi est entropique, constitué de zones industrielles abandonnées et désolées.

Cette action minimale – sorte de coulée/ sculpture intégrée dans le paysage, issue d’une étrange morphogenèse – se caractérise avant tout par son processus et non par sa forme finale comme chez Robert Morris ou Richard Serra. Les photos de l’action et le film Rundown furent ensuite exposés à la galerie L’Attico à Rome en octobre de la même année.

Ange LecciaLes pins de la Villa Médicis, 1981-2019

L’exposition s’ouvre sur une œuvre vidéo d’Ange Leccia qui a accepté de montrer et de remonter un de ses premiers films réalisés à la Villa Médicis alors qu’il y était résident, en 1982, où il filme les fameux pins centenaires, tombés cet hiver.

Ange Leccia - Les pins de la Villa Médicis, 1981-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Ange Leccia – Les pins de la Villa Médicis, 1981-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert

Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard Studio GGSV – Warpaint, 2019

Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard Studio GGSV - Warpaint, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard Studio GGSV – Warpaint, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert.
Installation in situ (moquette imprimée, bois, peinture, hydrographie) Avec la participation des artistes Abdelkader Benchamma et Mathieu Lemarié

Le hall de l’escalier est occupé par Warpaint (2019), une imposante installation des designers Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard. Sur une moquette imprimée avec la collaboration d’Abdelkader Benchamma et Mathieu Lemarié, on découvre des fragments des arbres du Bosco « bouffés par les vers, couchés au sol par les vents »… Ils sont étrangement peints, maquillés par le duo du Studio GGSV

De ce hall, trois directions sont offertes au visiteur : Descendre vers « Présent Anthropocène Effondrement », chemin qui suit la « logique » du parcours ; poursuivre au même rez-de-chaussée vers les « Imaginaires écologiques Herbiers » ou monter à l’étage pour découvrir les « Anamorphoses »…

Le compte rendu qui suit adopte la chronologie imaginée par la commissaire et qui structure également le catalogue. On y trouvera les textes de salles, les cartels développés et un ensemble de photographies…

Le moderne Prométhée et le moderne Icare, Franklin et les frères Wright, qui ont inventé le ballon dirigeable, sont les destructeurs fatidiques de la notion de distance, destruction qui menace de reconduire la planète au chaos. Aby Warburg (1923)

Si le concept d’anthropocène prêtait encore à débat dans les années 2000, le terme popularisé par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, tend aujourd’hui à faire consensus dans la communauté scientifique. Il désigne la nouvelle époque géologique dans laquelle la Terre serait entrée, conséquence directe des activités humaines sur la planète.
Depuis la révolution industrielle, l’influence de l’être humain est telle qu’elle aurait non seulement modifié à grande échelle son environnement, mais aussi bouleversé le fonctionnement même de la Terre (érosion, réchauffement climatique etc.) Ces profondes mutations soumettent les sociétés humaines à de grandes difficultés et remettent en cause notre rapport au vivant.

Cette section se développe au niveau -1 de l’Hôtel de Montfaucon. Les trois salles d’exposition ont été transformées en salle de protection pour les œuvres vidéo qui y sont présentées. On regrette l’absence d’un écran numérique qui indique au visiteur le temps restant et la durée de chaque film afin qu’il puisse organiser au mieux l’ordre dans lequel il regardera ses vidéos…

Dans le couloir, deux pièces sont un peu hors cadre si on se réfère au catalogue. DOS Perros, l’installation de Giovanni Bertelli est en effet rattachée à Rémanences/Vestiges et Suspectés d’hérésie (2019) la broderie de Naomi Melville et la composition musicale de Carlos de Castellarnau est-elle reliée à la section Mémoire d’éléphant du catalogue.

Giovanni Bertelli – DOS Perros, Prototype #1, 2019

Giovanni Bertelli - DOS Perros, Prototype #1, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Giovanni Bertelli – DOS Perros, Prototype #1, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition Installation multimédia, 2 min 59 – Photo En revenant de l’expo !

DOS Perros est une installation qui consiste en la sonorisation d’un extrait du court-métrage Un chien andalou de Luis Buhuel et Salvador Dali (1929). Loin du simple commentaire sonore, cette œuvre se décline comme une sorte de cabinet de curiosités, où les objets présents dans le film sont animés grâce à un système automatisé. En interrogeant à la fois le visuel et l’acoustique, cette « nature (non) morte » vient briser le « mur magique » derrière lequel la musique de film est traditionnellement enserrée, dans le but de renverser le rapport usuel entre son et image.

Naomi Melville et Carlos de Castellarnau – Suspectés d’hérésie, 2019

Suspectés d’hérésie, étrange broderie sonore de paysages anthropomorphes et de visages. Ces derniers ont été dessinés à partir de descriptions d’accusés d’hérésie, retrouvées dans les archives de l’Espagne inquisitoriale. Diffractés, réagencés, ils apparaissent en série, à la fois uniques et tous similaires, à la manière d’une foule.
Les descriptions et accusations d’hérésies, ambiguës, erronées et parfois même contradictoires forment la texture vocale de cette longue broderie, accompagnée de sons des crécelles, métaphore de ce brouillard diffamateur.

Mathieu Lucas et Sasha J. Blondeau – Ponentino, 2019

Mathieu Lucas et Sasha J. Blondeau - Ponentino, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Mathieu Lucas et Sasha J. Blondeau – Ponentino, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert
Vidéo HO, noir & blanc, stéréo, 8 min 39 Image de Thibault Coqueret Musique de Sasha J. Blondeau
Avec le soutien de l’Académie de France à Rome -Villa Médicis

Le film Ponentino est une invitation à suivre le vent, depuis la mer vers la montagne. Une invitation à penser la ville, la banlieue, la campagne et tous nos paysages comme des espaces interconnectés, reliés au sein de grandes dynamiques aériennes.

Lola Gonzàlez – Rappelle-toi de la couleur des fraises, 2017

Lola Gonzàlez - Rappelle-toi de la couleur des fraises, 2017 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Lola Gonzàlez – Rappelle-toi de la couleur des fraises, 2017 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert Vidéo HD, couleur, stéréo, 17 min. Courtesy galerie Marcelle Alix

Les énigmes irrésolues et ouvertes sont nombreuses chez Lola Gonzàlez. Une chose est certaine, la vue, le regard, l’aveuglement et la mémoire des images du monde, sont des sujets centraux dans le travail de l’artiste. Dans la plupart de ses films et avec une récurrence passionnante, elle met en scène « le groupe » dans un environnement naturel et sauvage, à l’abri et en secret des villes. Nous ne savons ni qui ils sont, ni ce qu’ils font véritablement ensemble, pourtant leurs activités semblent motivées par une vision commune, peut-être idéaliste, peut-être dystopique. Peut-être s’agit-il ici davantage d’une forme épique désaffectée et silencieuse. La fête est sans sourire, le repas sans un mot, l’empoisonnement est volontaire ou consenti comme une forme de contrôle sur son propre destin. (Claire Le Restif)

Mathilde Lavenne – Solar Echoes, 2019

Mathilde Lavenne - Solar Echoes, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Mathilde Lavenne – Solar Echoes, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo ! Vidéo full HD, couleur, stéréo Centrale solaire thermoélectrique Gemasolar, propriété de Torresol Energy, conçue par SENER. Avec le soutien de la Région Hauts-de-France

Solar Echoes est une installation vidéo en diptyque qui s’inscrit dans la démarche artistique de Mathilde Lavenne visant à explorer les espaces liminaux du cinéma, entre la science et l’art.
Nous vivons actuellement une réelle mutation technologique et idéologique. L’Europe a investi dans l’énergie solaire en reconsidérant la nécessité de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, faisant écho au monde soumis à un questionnement sur son rapport à l’énergie, à sa création, sa consommation. La matière est elle-même un réservoir d’énergie électrique et nucléaire. Mais il existe encore une autre forme d’énergie : celle que transporte la lumière et plus généralement le rayonnement électromagnétique soumis aux lois étranges de la mécanique quantique et de la relativité.

Mathilde Lavenne - Solar Echoes, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Mathilde Lavenne – Solar Echoes, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo ! Vidéo full HD, couleur, stéréo Centrale solaire thermoélectrique Gemasolar, propriété de Torresol Energy, conçue par SENER. Avec le soutien de la Région Hauts-de-France

François Hébert – La rumeur, 2019

François Hébert - La rumeur, 2019
François Hébert – La rumeur, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Installation vidéo HD, couleur, stéréo, 43 min. Réalisation François Hébert et Clément Bondu Production Tristan Bergé avec le soutien de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis et Le Fresnoy-Studio national des arts contemporains Musique originale Victor Praud Montage Pierre Deschamps Montage son : Maxence Dussere Mixage : Geoffrey Durcak et Victor Praud Étalonnage Juliette Barrot

Installation vidéo construite durant sa résidence à la Villa Médicis, La rumeur de François Hébert met en présence deux films réalisés en 2017 avec Clément Bondu. L’un, tourné à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy, se centre sur la parole politique des détenus et dessine les fractures qui, selon eux, agitent la société française. L’autre, sans personnage si ce n’est la ville elle-même (son métro, ses voitures, ses lumières et ses sons) explore l’humain et le non-humain dans une traversée nocturne du nord-est de Paris. Cette installation vidéo s’attache à faire entendre des symptômes, de l’espace de l’enfermement à son hors-champ urbain.

Seydou Cissé – Ladjoni (Purification), 2019

Seydou Cissé - Ladjoni (Purification), 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
Seydou Cissé – Ladjoni (Purification), 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – Photo En revenant de l’expo ! Installation vidéo (projection vidéo HD, couleur, sur un écran en paille de 240 x 135 cm, quadriphonie), 19 min

L’installation Ladjoni est dérivée de Taamaden (Voyageur), film en cours de création sur les immigrés ouest-africains à Valence (Espagne), dans lequel Seydou Cissé traite à la fois leur quotidien et leur rapport à la science occulte, via des rituels et des pratiques animistes avant, pendant et après leur voyage. Avant de migrer, certains partent voir le devin, le charlatan ou le marabout afin de leur prédire leur trajet et leur proposer des sacrifices et rituels de protection. Ladjoni signifie « se purifier spirituellement ». La pièce est inspirée du costume tissé de gris-gris des « Donso », chasseurs et tradithérapeutes de la société traditionnelle malienne.

[…] un parc, ou plutôt une forêt primitive, de cinq cents ou mille arpents, où l’on ne devrait jamais couper la moindre branche pour en faire du bois de chauffe, un bien éternellement commun, pour l’instruction et la récréation. Henry David Thoreau (1859)

Comment imaginer les rapports et les interactions entre les êtres vivants et leurs écosystèmes dans nos sociétés contemporaines ?
Animés par un dessein taxinomique, les encyclopédistes puis les scientifiques du XIX e siècle ont cru répondre à cette question en entreprenant une véritable classification et, par là même, une hiérarchisation du monde – des êtres humains aux insectes en passant par les monuments historiques. Dans leur quête de maîtrise du réel, ils ont notamment poursuivi la constitution de planches d’herbier que les botanistes du Cabinet du Roi avaient commencée dès le début du XVIII e siècle en France.
Recensement presque morbide d’espèces végétales en voie de disparition ou de prolifération au détriment d’autres, les herbiers servent toutefois aujourd’hui à la conservation et à la diffusion de la mémoire de la Terre.

Cette séquence se déploie dans les trois premières salles au rez-de-chaussée de l’Hôtel et dans la longue galerie qui descend doucement le long de la cour.

Les trois paysages de Thomas Lévy-Lasne appartiennent encore à la section précédente. Ils ont été composés à partir d’une idée de l’anthropocène… Dans le catalogue, ils sont accompagnés d’un superbe texte d’Aurélien Bellanger.

Thomas Lévy-Lasne – A Auschwitz, Au Biodôme et Devant l’arbre, 2019

Thomas Lévy-Lasne – A Auschwitz, Au Biodôme et Devant l’arbre, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Thomas Lévy-Lasne – A Auschwitz, Au Biodôme et Devant l’arbre, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Huiles sur toile, 150 x 200, 150 x 150 et 150 x 194 cm.

Thomas Lévy-Lasne décline trois peintures de paysages à partir d’une idée de l’anthropocène. Trois paysages muséifiés comme une parabole de notre rapport à l’histoire et à la nature : la bambouseraie d’Anduze, le Biodôme de Montréal et sa forêt tropicale artificielle et le site de l’ancien camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz, devenu attraction touristique ambiguë de l’ouest de la Pologne.

Yann Lacroix – Summer days have gone, Silent pool et A journey through a body, 2019

Ces toiles voisinent avec celle de Yann Lacroix où la figure humaine s’est effacée et se réduit à la seule présence de celui qui les regarde…

Observer un paysage (urbain, semi-urbain, et « naturel »), c’est être à la fois partie intégrante de celui-ci et à la fois extérieur, observateur (contemplatif). Le paysage est fait de strates géologiques, de transformations par l’homme, c’est le lieu de l’histoire, il porte en lui la mémoire des civilisations, des époques et des airs.

Yann Lacroix - A journey through a body, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Yann Lacroix – A journey through a body, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert

Dans la salle suivante, A journey through a body, 2019 évoque, semble-t-il, le film India Song de Duras. Par ailleurs, les jeux de transparence, de juxtaposition et de superposition dialoguent de façon évidente avec les magnifiques gravures de Marie Bonnin qui a travaillé à partir du récit Un balcon en forêt de Julien Gracq.

Marie Bonin – Un balcon en forêt, 2019

Marie Bonin - La fin des Forêts - Imaginaires écologiques Herbiers - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition. Photo En revenant de l'expo !
Marie Bonin – La fin des Forêts – Imaginaires écologiques Herbiers – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition. Photo En revenant de l’expo !

Cette série gravée et imprimée trouve son point de départ dans un récit de Julien Gracq, Un balcon en forêt, qui raconte la vie suspendue d’un jeune officier français mobilisé dans les Ardennes pendant la drôle de guerre. À travers ces images sont retranscrits la matière du livre, le laisser-aller et la presque dissolution du personnage dans le paysage qui, à force d’attendre, se laisse glisser dans l’abîme que lui offre la forêt.

L’accrochage réussit à faire rebondir subtilement le propos entre les œuvres de ces trois artistes. La suite de cette section est construite à partir d’une certaine de l’idée de l’herbier.

Clément Verger – Endeavour, 2016-2019

Clément Verger - Endeavour, 2016-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Clément Verger – Endeavour, 2016-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Série de photographies, chambre photographique grand format, impression fine art sur papier d’eucalyptus, cadres en eucalyptus et verre musé, dimensions variables

Questionnant l’apparente naturalité des paysages qui nous entourent, à l’époque de l’anthropocène, le projet Endeavour débuté au Portugal en 2016, évoque l’introduction de l’Eucalyptus en Europe, exemplaire du phénomène du transport et de l’implantation d’espèces dans le monde et des complexes ramifications de l’influence de l’homme sur son environnent.

Les photographies de Clément Verger, et son passionnant travail de recherche historique autour de l’introduction de l’Eucalyptus en Europe, font écho aux deux images de Mathieu Lucas de sa série Ailanthus altissima qui évoquent la transformation des paysages avec leur invasion par l’ailante.

Mathieu Lucas – Ailanthus altissima, 2018

L’ailante est présent partout. Au sein des parcs historiques, le long des voies ferrées et des autoroutes, dans les cours d’immeubles. Elle s’implante rapidement et demande peu. Considérée comme envahissante, sa présence bouleverse les paysages traditionnels et nos représentations pastorales d’un décor immobile. La série de photos Ailanthus altissima explore sa présence encore discrète au sein d’un bois de chênes verts vieillissant au cœur de Rome. Une invitation à penser aux cycles et aux mouvements du vivant pour inventer d’autres narrations plus inclusives.

Carla Nicolàs – Làbil I (y ensayos previos), Monotipo (I et II), 2018 – Le temps, 2019 et Le temps (libro), 2019

Carla Nicolàs - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Carla Nicolàs – Viva Villa 2019 – Collection Lambert

Carla Nicolàs présente une très émouvante installation autour de la peau de l’ail où elle mêle avec délicatesse photogravures, monotypes, sculpture et livre d’artiste… Sa réflexion sur l’idéalisation de la maternité est un des moments les plus touchants de l’exposition…

La peau de l’ail est l’axe discursif de la plupart des pièces qui composent cet ensemble : tantôt comme medium, tantôt comme support, tantôt comme inspiration formelle – la peau de l’ail pour son architecture unique, sa fonction protectrice et l’association traditionnelle de sa consommation à la fertilité. Elle est moulue et séparée par couleurs, dans plusieurs pièces sculpturales (Criar y Crear, Le Temps, 274/Autobiografia) portant une réflexion sur l’idéalisation de la maternité et sur son présupposé parfait et romantique, implicite dans notre culture.

La galerie regroupe des propositions de Sandrine Rozier autour de l’Indigo, les recherches de Martine Rey sur la technique de l’urushinagashi et de la laque. Ces deux propositions encadrent une imposante composition de Samy Rio. Il transpose ici les objets qui étaient accrochés au mur de son atelier à la Villa Kujoyama : outils de réflexion sur les usages du bambou dans le design et instruments d’échange avec les artisans vannier japonais…

La fin des Forêts - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
La fin des Forêts – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Sandrine Rozier – Indigo breath – Planches d’herbier et Coupelles de pigments, 2018

L’installation Indigo breath a été réalisée dans le cadre du projet « Couleurs vivantes », lors de la résidence de Sandrine Rozier de mai à octobre 2018 à la Villa Kujoyama. S’appuyant sur un réseau de maîtres-teinturiers existant, elle a exploré, du nord à l’extrême sud de l’archipel, le lien entre usage des plantes et sensorialité de la couleur, notamment les différentes teintures à l’indigo en cuves par fermentation. Cette œuvre rend hommage aux détenteurs de cette technique qui, en faisant appel au vivant, produit une richesse chromatique d’une subtilité rare.

Samy Rio – Monozukuri, 2019

Samy Rio mène depuis quatre ans un travail de recherche en design autour du bambou, qui se positionne au croisement de l’artisanat et de l’industrie, de la tradition et de l’innovation, et de l’usage et de la production d’un objet. Il s’agit de questionner l’état actuel de l’utilisation du bambou, et de se demander quelle est culturellement sa place au cœur des traditions auxquelles il appartient et comment il peut évoluer, vers de nouvelles typologies d’objets, de nouveaux usages, de nouvelles approches. L’axe principal de son projet est à ce jour d’utiliser le savoir-faire des artisans vannier japonais pour développer un matériau composite alvéolaire en papier et bambou ou placage de bois et bambou pouvant être utilisé dans l’ameublement et l’architecture d’intérieur.

Martine Rey – Territoires imaginaires, Paysages coïncidences, 2018 et Bols d’air, 2019

Martine Rey a envisagé sa résidence à la Villa Kujoyama comme un retour à la source du pays de la laque, une rencontre déterminante dans sa vie professionnelle et son travail. À Kyoto, elle réactualise son travail en axant ses recherches sur la technique de l’urushinagashi qu’elle façonne elle-même en interprétant la laque comme médium. À l’aide d’un liant qui permet de faire tenir la matière végétale à la surface de l’eau, elle manipule la laque qui devient des motifs flottants, offerts aux ombres et à la lumière.

Stéphanie Lacombe – L’épaule de la colline, 2018

Deux photographies de Stéphanie Lacombe de son projet L’épaule de la colline assurent la transition entre cette séquence et la suivante…

Au XVIIe siècle, Nicolas Poussin (l’étranger de Rome) estimait que pour réfléchir, pour faire œuvre, il fallait errer fuori le mura – errer à l’extérieur des murs. Depuis Rome, j’ai emprunté les bus, les trains, j’ai rejoint les quartiers de banlieues autrefois bidonvilles, j’ai dépassé les Borgate puis j’ai poussé plus loin encore dans la nature environnante, quitté les routes pour emprunter des sentiers, sans autre but que de cultiver le vide, d’être absorbée dans un paysage, de cesser d’être moi. (Stéphanie Lacombe)

Le temps ne fait pas que s’écouler : il travaille. Il se construit et il s’écroule, il s’effrite et il se métamorphose. Il glisse, il tombe et il renaît. Il s’enterre et il resurgit. Il se décompose, il se recompose : ailleurs ou autrement, en tensions ou en latences, en polarités ou en ambivalences, en temps musicaux ou en contretempsGeorges Didi-Huberman (2002)

En comparaison de celle des forêts, l’histoire humaine est relativement récente sur Terre. Les premiers humains (genre Homo) seraient apparus il y a 2,8 millions d’années en Afrique de l’Est tandis que les premières forêts se seraient formées il y a 390 millions d’années.
Pourtant, la vie humaine offre un profond héritage culturel, sédimenté, dont les manifestations multiples se maintiennent dans le temps en oscillant entre vestiges et rémanences. Au milieu de ces traces et survivances de mondes disparus, nombre d’artistes s’efforcent de questionner cet héritage. Qu’ils entretiennent son souvenir ou se résignent à ses persistances, tous cherchent à tracer leur propre voie, comme pour en stopper son anéantissement.

La fin des Forêts - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
La fin des Forêts – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Cette troisième séquence occupe la salle à l’éclairage zénithal qui termine le parcours au rez-de-chaussée. Une mise en scène spectaculaire et tumultueuse rassemble deux pièces de Cédric Le Corf et Trois des figures géantes du Picrochole – Le rêve de Paul de Léonard Martin, l’étonnante interprétation de la Bataille de San Romano peinte par Paolo Uccello…

Léonard Martin - Picrochole - Le rêve de Paul, 2018-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Léonard Martin – Picrochole – Le rêve de Paul, 2018-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Vidéo HD, couleur, stéréo, 17 min 25. Production Audi Talents et Académie de France à Rome -Villa Médicis

L’ensemble conduit le regard vers le film en triptyque tourné à Rome et à Florence avec les marionnettes démesurées du jeune pensionnaire de la Villa Médicis qui s’est récemment imposé dans le monde de l’art contemporain…
C’est sans aucun doute un des points d’orgue du parcours de visite.

Fernando Jiménez - Resiliente 9, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Fernando Jiménez – Resiliente 9, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Transfert acrylique, peinture acrylique et fil d’or sur toile, 180 x 180 cm

Curieusement, l’accrochage réussit habilement à laisser une place au très intéressant projet Resiliente de Fernando Jiménez.
Sur le palier, avant de rejoindre le premier étage pour la suite du parcours, il faut prendre le temps d’écouter quelques extraits d’Enfants perdus, du Wagon ou de L’Île du lac d’Arnaud Rykner
On ne peut que saluer  cette initiative du commissariat !

Arnaud Rykner - Lectures - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Arnaud Rykner – Lectures – Viva Villa 2019 – Collection Lambert

Cédric Le Corf – Justa et Justa III, 2019

Cédric Le Corf - Justa et Justa III, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Cédric Le Corf – Justa et Justa III, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert.

De par son intérêt pour l’art sacré, Cédric Le Corf a développé son projet de résidence autour du baroque espagnol, de son théâtralisme et de son culte de la mort, en s’instruisant des œuvres des figures majeures de la sculpture du XVIIe siècle -des polychromées en bois de Juan de Juni, d’Alonso Berruguete, de Gregorio Fernàndez et de Pedro de Mena.

Cédric Le Corf - Justa, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Cédric Le Corf – Justa, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Bois de chêne polychrome, 240 x 190 x 140 cm

L’investigation et l’étude constituent l’essentiel de sa recherche et de son travail en atelier, dans lequel il réalise des sculptures en bois taillé et peint, enrichi par des études modelées, gravées et nourries par la beauté tragique du pathos et du réalisme baroque.

Cédric Le Corf - Justa III, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Cédric Le Corf – Justa III, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Bois gravé polychrome, 250 x 368 cm

Fernando Jiménez – Resiliente 9, 2019

À travers la série Resilientes-Kintsugi, polyptyque de 25 pièces, Fernando Jiménez emprunte au procédé du kintsugi japonais ; les coutures en fil d’or viennent souligner les erreurs issues des défauts de transfert de l’image sur la toile.

Léonard Martin – Figures géantes, Picrochole – Le rêve de Paul et Suite Niobides, 2019

Léonard Martin - Figures géantes n° 1, 2 et 3, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Léonard Martin – Figures géantes n° 1, 2 et 3, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Polycarbonate, imprimé adhésif, acier, 350 cm (hauteur)

Avec Picrochole – Le rêve de Paul (référence au belliqueux monarque de Rabelais), Léonard Martin donne son interprétation de la Bataille de San Romano peinte au XVe siècle par Paolo Uccello. Passant de la littérature et de la peinture au cinéma, des arts savants aux arts populaires, Léonard Martin revisite l’œuvre du maître italien au travers d’une vidéo, tournée à Rome et à Florence, et de marionnettes géantes, réalisées lors de sa résidence à la Villa Médicis à Rome. Il en reformule les enjeux esthétiques en empruntant aux codes de la culture populaire du carnaval, de l’esthétique du jeu vidéo ou du jeu de rôle.

Parce qu’elle est affective et magique, la mémoire ne s’accommode que des détails qui la confortent ; elle se nourrit de souvenirs flous, télescopant, globaux ou flottants, particuliers ou symboliques, sensible à tous les transports, écrans, censures ou projections. Pierre Nora (1984)

Les éléphants sont des mammifères aux capacités cognitives extrêmement développées. Comparable à celle des dauphins, des grands singes et des humains, leur excellente mémoire est à la fois spatio-temporelle, sociale, olfactive, visuelle et auditive. Celle-ci leur permet d’assurer leur survie en se souvenant, notamment, des grands itinéraires qu’ils empruntent chaque année depuis des générations et du moment adéquat pour trouver de la nourriture et de l’eau. S’inspirer des animaux, en particulier des pachydermes qui combinent à la fois mémoire du corps, transmission et savoirs ancestraux, permet d’interroger les liens entre cognition et organicité.

La fin des Forêts - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !
La fin des Forêts – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Marta Mateus – Evocar a Lingua (Évoquer la Langue), 2019

Marta Mateus - Evocar a Lingua (Évoquer la Langue), 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Marta Mateus – Evocar a Lingua (Évoquer la Langue), 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Installation vidéo

Evocar a Lingua (Évoquer la Langue) est l’ébauche d’une attente. Deux femmes, dans le sud d’un pays perdu. Vêtements noirs, de deux âges différents, contre un mur de pierres. Elles murmurent, nous les entendons à peine. Chacune dans son soliloque. Deux soliloques peuvent-ils faire un dialogue ? Une prière ? Une confession ? Elles sont là. Elles sont. Il n’y a pas de champ/ contrechamp, seulement chacune dans sa solitude. Des sibylles ? Des sorcières ? Une mère et sa fille ? Des habitantes du même village ? Le mur, la campagne, le noir qu’elles revêtent, le chant des oiseaux, le silence dans le monde les lient l’une à l’autre.

André Baldinger – Croix, Cercle, Point, 2002  et de A- Z…, 2019

André Baldinger cherche à établir et à vérifier les principes de base pour la création d’un nouveau caractère japonais-latin, travail nourri par la recherche, l’étude des sources historiques et les échanges avec des spécialistes de la typographie japonaise. Il introduit un questionnement autour des notions d’esthétique du répertoire formel utilisé jusqu’à présent et son évolution depuis ces vingt dernières années, une réflexion sur l’héritage culturel, les possibilités des nouveaux outils de création de caractères et les changements d’habitude de lectures et des supports.

Naomi Melville – Relire – Relier, 2019

Naomi Melville - Relire - Relier, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Naomi Melville – Relire – Relier, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Bois de makore, bois de pin, miroir, 310 x 75 x 125 cm

Le travail de Naomi Melville porte sur l’Inquisition espagnole, plus précisément sur les notions de marranisme et de crypto-religion. Il s’articule autour des mots de transmission, d’hérédité, en se basant sur l’étude approfondie de pans d’histoires, de faits culturels ou religieux, en particulier sur la notion de métissage. À la manière d’un archéologue, il s’agit de faire émerger des fragments, puis d’en créer le liant, pour restituer une mémoire et l’ouvrir vers d’autres imaginaires.

Hélène Giannecchini et Stéphanie Solinas – Ce qui tu nommes fantôme porte le nom d’image, 2019
Installation texte et image, 290 830 cm

Hélène Giannecchini et Stéphanie Solinas - Ce qui tu nommes fantôme porte le nom d'image, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Hélène Giannecchini et Stéphanie Solinas – Ce qui tu nommes fantôme porte le nom d’image, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Installation texte et image, 290 830 cm

Andrés Padilla Domene – Radeaux, 2019
Installation multimédia (collection d’objets trouvés sur les côtes des îles Canaries, supports en laiton et récit en quadriphonie), 150 x 150 x 100 cm

Andrés Padilla Domene - Radeaux, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Andrés Padilla Domene – Radeaux, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Installation multimédia (collection d’objets trouvés sur les côtes des îles Canaries, supports en laiton et récit en quadriphonie), 150 x 150 x 100 cm

Radeaux est une œuvre documentaire qui commence avec l’identification d’objets transportés par les courants transatlantiques d’hier à aujourd’hui. Quels sont-ils ? D’où sont-ils partis et sur quelle rive ont-ils échoué ? Qui les récupéra ? Et pour quel usage ? Ces objets, qu’ils soient graines tropicales, sculpture en céramique, bout de bois ou gant en caoutchouc recèlent tous une histoire. Le récit s’active, tirant vers le mythe, l’anecdote ou le billet scientifique, et prend de l’ampleur à mesure que les objets sont trouvés, identifiés, localisés puis renvoyés sur un autre réseau, celui de nos communications actuelles.

Andrés Padilla Domene - Radeaux, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Andrés Padilla Domene – Radeaux, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Installation multimédia (collection d’objets trouvés sur les côtes des îles Canaries, supports en laiton et récit en quadriphonie), 150 x 150 x 100 cm

Marine Delouvrier – Pueblos de Piedra Negro, 2018-2019

Marine Delouvrier - Pueblos de Piedra Negro, 2018-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert

Marine Delouvrier – Pueblos de Piedra Negro, 2018-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Aquarelles sur papier japonais, huiles sur carton, huiles sur panneau, huile sur toile, fusain sur papier, dimensions variables

Marine Delouvrier s’est saisie d’un fragment de la Sierra Norte de Guadalajara, à 130 km au Nord-Est de Madrid, le Monte del Vado. Son but est d’observer comment il s’est transformé, de comprendre les strates de son histoire et de tenter de retrouver la connaissance du milieu naturel qu’avaient les constructeurs et habitants des villages de pierre noire. Les peintures qu’elle réalise sont issues d’allers-retours entre paysages intérieur et extérieur, passant de l’observation des cartes dans un espace clos et familier à celle de l’exploration du terrain, ponctuée par des sessions de dessins, de lentes immersions dans le paysage.

Rebecca Digne – Metodo dei Loci, 2019

Ce qu’on nomme Metodo dei Loci, désigne une chambre mentale créée pour mémoriser et organiser les informations : une méthode de la Grèce antique, pratiquée par de nombreux philosophes et orateurs du passé comme Marco Tullio Cicéron.
Ici, les avenues du jardin deviennent ainsi les pièces d’un palais idéal de la mémoire, théâtre d’une apparition étrange, tandis que dans le fond, Rome, la vie réelle se poursuit. La marche de l’éléphant – lent, cadencé, inexorable -rend la scène presque rassurante, malgré son caractère surprenant – amplifié aussi par la valeur symbolique de l’animal, icône proverbiale, depuis toujours, d’une excellente capacité de mémoire. Metodo dei Loci, avec son apparence onirique et intemporelle, offre une métaphore de la mémoire humaine, de ses déviations.

Au fond nous n’avons pas encore saisi et véritablement compris le fait que tout vivant est véritablement une métamorphose du même corps de Gaïa. Tout ce qui est sur cette planète n’est autre chose qu’une transformation d’une seule et même chair, qui est la même pour tous. Emanuele Coccia (2019)

Une anamorphose est un jeu optique qui découle des lois de la perspective et des recherches sur la perception. Elle consiste à déformer une image dans un tableau jusqu’à la dissimuler mais, selon un point de vue déterminé, celle-ci nous est dévoilée et parfaitement restituée. Élaborées à la Renaissance, ces techniques picturales participaient de l’expression d’un monde dominé (Merleau-Ponty), d’un idéal humaniste où « l’homme est à la mesure de toute chose » (Platon).
Si nous percevons désormais le monde dans son désordre apparent et sa diversité, des arrangements avec le réel n’en demeurent pas moins possibles. Les bouleversements qu’entraîne l’anthropocène obligeront certains organismes à muter génétiquement, tout comme des artistes s’emparent des principes de transformation et d’illusion visuelle pour nous ouvrir à de nouvelles conceptions du monde.

La fin des Forêts - Viva Villa 2019 - Collection Lambert - vue de l'exposition - Photo En revenant de l'expo !

La fin des Forêts – Viva Villa 2019 – Collection Lambert – vue de l’exposition – Photo En revenant de l’expo !

Hippolyte Hentgen – Sanjo Dori, 2018-2019

Hippolyte Hentgen - Sanjo Dori, 2018-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert

Hippolyte Hentgen – Sanjo Dori, 2018-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Série de collages sur papier, dimensions variables

À Kyoto, les deux artistes ont exploré le fantasme de l’image fantôme et le monstre bizarre dans le dessin japonais. De ce folklore espiègle, les grandes parades de tanuki, kappa, tengu et autres yôkai emblématiques de la culture nipponne témoigne de l’évolution des genres. Le binôme a souhaité se concentrer sur l’iconographie du fantôme japonais, laquelle retrace l’histoire foisonnante du fantastique depuis l’époque d’Edo jusqu’à sa diffusion imprimée.
Elles conçoivent la collecte de documents et le prélèvement comme geste artistique.
Les artistes constituent une archive se référant à ce monde hanté, des origines dans la peinture de la vallée de Kiso jusqu’aux dessins d’aujourd’hui.

Sylvain Konyali – Autoportrait sur une plaque de cuivre, Chapitre V : Madrid, 2018-2019

Sylvain Konyali - Autoportrait sur une plaque de cuivre, Chapitre V ; Madrid, 2018-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Sylvain Konyali – Autoportrait sur une plaque de cuivre, Chapitre V ; Madrid, 2018-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Estampes, états successifs d’une pointe-sèche sur papier Zerkall Intaglio 150 g, 200 x 500 cm

Toujours la même plaque de cuivre. Elle mesure la taille du carnet de type format passeport.
Je n’y dessine que mon portrait, et chaque fois que je vais à l’atelier, je l’imprime, le gratte et l’efface.

Sylvain Konyali - Autoportrait sur une plaque de cuivre, Chapitre V ; Madrid, 2018-2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Sylvain Konyali – Autoportrait sur une plaque de cuivre, Chapitre V ; Madrid, 2018-2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Estampes, états successifs d’une pointe-sèche sur papier Zerkall Intaglio 150 g, 200 x 500 cm

La succession de ces différentes étapes, de la gravure à son effacement, élabore le dessin. Chaque portrait dessiné, puis effacé, laisse sa trace sur les impressions, et s’estompe au fil des passages sous la presse. Le cuivre garde en mémoire tout ce qui a été incisé dedans, et les dessins se construisent avec tous les autres gravés auparavant. Aujourd’hui, c’est le 327′. (Sylvain Konyali)

Marion Delarue

Marion Delarue - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Marion Delarue – Viva Villa 2019 – Collection Lambert

Marion Delarue travaille autour de la notion d’objet portable. Penser un objet, non seulement pour ce qu’il est, mais aussi et surtout pour la relation dialoguée qu’il entretient avec le corps. Elle ne privilégie aucun matériau, et choisit pour chaque projet la matière qui lui paraît la plus appropriée et a recours à des techniques élaborées, s’efforçant sans cesse de rapprocher savoir-faire traditionnel et contemporanéité ; techniques artisanales et pensée critique.

Gaëlle Gabillet Stéphane Villard Studio GGSV – Ghost Bless You, 2019

Ghost Bless You est une série de cinq jarres en terre cuite réalisées dans les Pouilles en Italie. En écho à la tradition d’objets en terre-cuite placés sur les demeures apuliennes pour apporter fortune et protection (pomme de pin géante et chapeau de cheminée anthropomorphe), ces sculptures soufflent des esprits en textile, génie ou divinités, dans une séquence qui rappelle également les cérémonies religieuses et les statues sacrées portées sur les épaules des fidèles.

Entre matière et esprit, alliant terre, air et représentations de minéraux mutants, cet univers alchimique amène le spectateur à s’interroger sur la puissance attribuée aux objets symboliques. Préscience ou croyance ? Une question sans réponse, mais la certitude que dans un monde contemporain confus, l’homme renoue avec l’ésotérisme pour se prémunir contre les peurs et les dangers, quand le discours rationnel ou les solutions technologiques ne suffisent pas à calmer les esprits.

Lili Reynaud-Dewar – I Want All Of The Above To Be The Sun (Villa Medici, Spring 2019), 2019

Lili Reynaud-Dewar - I Want All Of The Above To Be The Sun (Villa Medici, Spring 2019), 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert

Lili Reynaud-Dewar – I Want All Of The Above To Be The Sun (Villa Medici, Spring 2019), 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Vidéo HD, couleur, 30 min 11

Le film I Want All Of The Above To Be The Sun fait partie d’une série initiée par l’artiste dans son atelier en 2011 et poursuivie jusqu’à ce jour dans les divers lieux et institutions où elle fut amenée à travailler et à exposer, du Centre Pompidou au New Museum de New York ou encore le Wiels de Bruxelles où elle a tourné des films similaires.
Au tout départ, ces films rendent hommage au répertoire de gestes de Joséphine Baker et Cosey Fanni Tutti, deux artistes ayant utilisé leur corps de façon exacerbée pour produire une critique des représentations. Par cette intrusion de son corps dans les espaces très construits et fixes du musée et du White Cube, Lili Reynaud-Dewar a d’abord cherché à rendre perceptibles les mécanismes d’exclusion pratiqués par le musée à l’encontre de certaines formes artistiques et certaines identités.
Progressivement, elle a fait apparaître dans cette série des éléments de son quotidien (téléphoner, fumer, s’étirer, bâiller) et de sa vie personnelle. Elle a en outre cherché à échapper à l’esthétisation du musée et à rendre visible les conditions matérielles qui rendent possible la production de l’art en dansant dans les bureaux, espaces techniques, avec les outils ou dans les jardins de la Villa Médicis, parmi les statues.

Emmanuel Guillaud et Takao Kawaguchi – I’lick the fog off your skin, version 2019 à la Collection Lambert en Avignon (la forêt des éphèbes), 2019

La Villa Kujoyama se situe sur des pentes montagneuses, à la lisière de la forêt, exactement là où se brouillent et interagissent le monde des hommes et celui des dieux. Là, les artistes se sont perdus dans des récits oubliés du Japon ancien. Le désir n’y est jamais l’expression d’un moi intérieur figé, mais une force extérieure, qui emporte, transforme, se propage, virevolte, fait disparaître les barrières entre les humains et les dieux, les vivants et les morts, les genres et les sexualités.

De ces recherches est né I’lick the fog off your skin, un projet tentaculaire, fait de multiples chorégraphies d’images et de mouvements de corps. Sous-titrée La forêt des éphèbes, la version présentée ici est le tout premier extrait de ce projet au long cours, amené à se déployer dans les années à venir.

Pauline Lafille – Écho de la peinture, 2019

Ce film sur le panneau de la Bataille de San Romano de Paolo Uccello conservé au musée du Louvre propose un autre regard sur l’oeuvre à travers l’alliance de la voix, du montage et des sons. Il ne s’agit pas de « bruiter » le tableau, ni de faire croire qu’il est véritablement sonore, mais d’expérimenter combien le silence de la peinture est riche de suggestions auditives qui aident à voir et à comprendre le récit de la bataille. Du calme de l’attente au déclenchement de la charge, le peintre construit visuellement une série de signaux sonores qui préparent le déchaînement bruyant de la troupe, symbole de sa future Renommée, de sa mémoire sonore.

Pauline Lafille - Écho de la peinture, 2019 - Viva Villa 2019 - Collection Lambert
Pauline Lafille – Écho de la peinture, 2019 – Viva Villa 2019 – Collection Lambert. Vidéo HD, couleur, stéréo, 11 min 10 Montage : Lidia Barro Son : Carlo Purpura Voix : Miguel Bonnefoy Image : RMN-Grand Palais (musée du Louvre). Avec le soutien de l’Académie de France à Rome -Villa Médicis

Cette vidéo s’inscrit dans une réflexion sur la mise en scène du son dans la peinture de la Renaissance, et plus généralement, sur l’imaginaire sonore de la guerre dans les arts et la culture de cette période.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.