vendredi 15 octobre 2021

Mona Young-eun Kim – Doublage à la galerie AL/MA


Jusqu’au 30 octobre 2021, Mona Young-eun Kim présente « Doublage » à la galerie AL/MA.

« Doublage » se compose d’un ensemble de sculptures (Le monde projeté) constitué à partir d’enseignes lumineuses récupérées par l’artiste dans l’espace public. Les textes et l’iconographie en ont été soigneusement effacés. Cette installation évolutive, commencée en 2017, a été exposée dans une première version par Mona Young-eun Kim en 2018 à l’École supérieure des Beaux-arts de Montpellier (MO.CO. ESBA).

Mona Young-eun Kim - Vue de l'exposition Doublage à la galerie ALMA - Montpellier- Photo Aloïs Aurelle
Mona Young-eun Kim – Vue de l’exposition Doublage à la galerie ALMA – Montpellier- Photo Aloïs Aurelle

L’installation se déploie dans les espaces de la galerie. Elle est accompagnée d’une expérience immersive en réalité augmentée imaginée par l’artiste et développée par Robert Hulland.

Mona Young-eun Kim et Robert Hulland dans l'exposition Doublage à la galerie ALMA - Montpellier
Mona Young-eun Kim et Robert Hulland dans l’exposition Doublage à la galerie ALMA – Montpellier

Cette application téléchargeable sur un smartphone ou une tablette permet à partir de la seule enseigne qui n’est pas muette (Eraser Blue) de choisir une langue parmi les sept qui sont disponibles.

Mona Young-eun Kim -  Doublage , 2021 - Vue de l'exposition Doublage à la galerie ALMA - Montpellier
Mona Young-eun Kim –  Doublage , 2021 – Vue de l’exposition Doublage à la galerie ALMA – Montpellier

Le visiteur peut alors se déplacer dans l’exposition et faire apparaître des textes au-devant de chaque panneau lumineux. Assez énigmatiques, ceux-ci ne maquent ni de poésie ni d’humour…

Mona Young-eun Kim -  Doublage , 2021 - Vue de l'exposition Doublage à la galerie ALMA - Montpellier
Mona Young-eun Kim –  Doublage , 2021 – Vue de l’exposition Doublage à la galerie ALMA – Montpellier

Comme le souligne le texte de présentation de l’exposition, « Doublage » « interroge la façon dont chacun comprend son environnement, selon qu’il maîtrise ou non la langue employée et qu’il peut ou non en interpréter les signes et signaux ».
Évoquant l’expérience personnelle de Mona Young-eun Kim, ce document précise un peu plus loin : « Inspirée par son propre apprentissage du français et des codes de la langue écrite sur les enseignes et les panneaux signalétiques des rues françaises, elle nous fait partager, à travers un dispositif en réalité virtuelle, la solitude de l’usager étranger des villes »…

Mona Young-eun Kim - Doublage, 2021 dans une rue de Montpellier - Exposition Doublage à la galerie ALMA
Mona Young-eun Kim – Doublage, 2021 dans une rue de Montpellier – Exposition Doublage à la galerie ALMA

L’application Doublage prolonge l’exposition au-delà des murs de la galerie. Au travers d’un certain nombre d’enseignes ou de devantures, un parcours dans le centre-ville de Montpellier révèle des panoramiques en 3D réalisés pendant le premier confinement.

Mona Young-eun Kim – Doublage, 2021 – Sur l’esplanade à Montpellier – Exposition Doublage à la galerie ALMA – Photo compte Instagram de Mona Young-eun Kim

Tous les textes en ont été méticuleusement éliminés. Ce volet du programme livre une vision assez angoissante de la ville désertée, même si certain·e·s commencent à raconter une fiction parfois « enchantée » de cet épisode…

À la galerie, une seconde application (Est-ce-que le futur ?, 2019) propose au travers d’un casque de réalité virtuelle une vidéo qui mêle paysage réel et reconstitution en 3D du quartier Maison-Blanche dans le 13e arrondissement à Paris. Ici aussi, tous les signes et textes des enseignes, panneau d’affichage ont été effacés…

Mona Young-eun Kim - Est ce que c'est le futur, 2019 - Exposition Doublage à la galerie ALMA - Montpellier
Mona Young-eun Kim – Est ce que c’est le futur, 2019 – Exposition Doublage à la galerie ALMA – Montpellier

La « ballade » conduit à la future gare du Grand Paris Express, devant laquelle cette vidéo devrait être installée. Cette œuvre a été une de celles retenues pour la programmation artistique et culturelle du Grand Paris Express en 2019. Si elle démontre les savoir-faire de l’artiste, elle n’enrichit qu’à la marge le propos offert par la combinaison de l’installation Le monde projeté et de l’application Doublage

Les problématiques soulevées par Mona Young-eun Kim avec « Doublage » sont majeures avec notamment « la question des repères et de l’interprétation des signes, ainsi que de la compréhension des informations visuelles et de leur possible évolution ». Dans une certaine mesure, elles rappellent certaines des interrogations posées par l’exposition « Après Babel, traduire » présentée au Mucem à l’hiver 2016/2017 et dont le commissariat était assuré par Barbara Cassin.

Si l’exposition contraste avec la programmation habituelle de la galerie, la découverte du travail de Mona Young-eun Kim mérite sans aucun doute attention.

Un catalogue (non lu) dans la série eXo, publié par les éditions Meridianes accompagne l’exposition.

À lire, ci-dessous, le texte de présentation de l’artiste et de l’exposition par la galerie AL/MA.

En savoir plus :
Sur le site de la galerie AL/MA
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Sur le site de Mona Young-eun Kim

Mona Young-eun Kim – « Doublage » : Une présentation par la galerie AL/MA

Née en Corée du Sud, Mona Young-eun Kim, est une artiste plasticienne vivant en France. Après avoir obtenu une double licence en philosophie et en cinéma à l’Université Dongguk à Séoul, puis le DNSEP à l’École supérieure des Beaux-arts de Montpellier, Mona Young-eun Kim développe un travail artistique s‘appuyant sur une épistémologie des rapports de la subjectivité avec la normalité sociale.

Elle présentera à la galerie AL/MA une installation par laquelle le spectateur sera invité à explorer les modalités d’interprétation des signes visuels dans l’espace urbain. Cette expérience virtuelle interroge la façon dont chacun comprend son environnement, selon qu’il maîtrise ou non la langue employée et qu’il peut ou non en interpréter les signes et signaux. Inspirée par son propre apprentissage du français et des codes de la langue écrite sur les enseignes et les panneaux signalétiques des rues françaises, elle nous fait partager, à travers un dispositif en réalité virtuelle, la solitude de l’usager étranger des villes. Mona Young-eun Kim propose ainsi un parcours adapté à Montpellier, reliant différents lieux de la ville. Á chacun de s’y perdre.

À cheval entre représentations conscientes et subconscientes, la pratique de Mona Young-eun Kim, par les surprises et les questions qu’elle suggère, est dystopique, satirique et surréaliste. Son travail s’inscrit dans l’actualité par le biais des objets et des langages ; elle s’empare de sujets autant politiques que poétiques, qu’il s’agisse des labyrinthes administratifs ou urbains ; la question des repères et de l’interprétation des signes, ainsi que de la compréhension des informations visuelles et de leur possible évolution dans un avenir proche demeure au centre de ses préoccupations. En utilisant des mediums participatifs, incluant le public, elle permet d’interroger les conditions de la « connectivité » sociale, lui offrant la liberté de réinterpréter ces signes et de se les approprier.

Intéressée par les interventions artistiques dans l’espace public, Mona Young-eun Kim a réalisé une œuvre dans le cadre du dispositif du 1% artistique (2017-2018) pour la réhabilitation des halles Laissac à Montpellier. Elle a aussi créé une vidéo géolocalisée et à 360° dans le cadre de la programmation artistique et culturelle du Grand Paris Express (2019), la vidéo sera installée devant la nouvelle gare Maison-Blanche dans le 13ème à Paris.

Elle a participé à la résidence innovante Saison 6 (2018-2019), initiée par le Mo.Co.(Montpellier), permettant aux jeunes artistes de travailler autour des biennales de Kochi (Inde), de Venise (Italie) et d’Istanbul (Turquie).

Mona Young-eun Kim est actuellement en résidence à la Cité internationale des Arts à Paris.

Cette exposition a été réalisée avec le soutien de la Ville de Montpellier, de la Région Occitanie, de la DRAC, et avec l’aide logistique du MO.CO.ESBA (Ecole Supérieure des Beaux-arts de Montpellier Contemporain).

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