Fashion folklore au Mucem

Costumes populaires et Haute couture


L’incontournable exposition « Fashion folklore » au Mucem à été prolongée jusqu’au 8 janvier 2024. C’est à voir, à revoir, à re-revoir !!!

Marie-Charlotte Calafat (conservatrice du patrimoine, responsable du département des collections et des ressources documentaires du Mucem) et Aurélie Samuel (conservatrice du patrimoine) proposent avec « Fashion folklore » de multiples et passionnants dialogues entre costume traditionnel et haute couture.

À l’origine du projet, la volonté du Mucem était d’imaginer une exposition d’ampleur pour faire connaître au public sa collection de textiles composée de milliers de costumes traditionnels d’Europe et de Méditerranée collectés depuis la fin du XIXe siècle. En effet, celle-ci n’avait pas été montrée depuis plus de 30 ans. La question pour les deux commissaires était de savoir comment la présenter.

Les deux commissaires ont choisi de réactiver les concepts très pertinents mis en œuvre pour « Folklore», une exposition coproduite avec le Centre Pompidou Metz en 2020 et qui avait malheureusement souffert des restrictions liées à la crise du Covid. Il s’agissait alors d’explorer les croisements entre arts populaires et arts moderne et contemporain. « Fashion folklore » prolonge cette démarche et cette réflexion autour de la création textile, en mettant en dialogue costumes populaires et haute couture, avec l’ambition de mettre en évidence la circulation de modèles et d’idées, entre ces deux mondes.

« Fashion folklore » rassemble près de 300 pièces issues des fonds du Mucem, de collections françaises et étrangères et de nombreuses archives des plus grands couturiers et maisons de haute couture.
Le parcours s’articule en trois sections qui elles-mêmes se déploient en plusieurs thématiques :

Appartenances et identités propose une approche géographique qui commence par analyser l’influence du costume des paysannes et femmes de cour russes sur la mode parisienne. Ensuite un regard passionnant est posé sur la manière dont le vêtement traditionnel et la création contemporaine avec les cas de l’Estonie, de la Finlande et de l’Ukraine. Couleurs et nations met en évidence la p affirment des identités lace du noir et du rouge dans le costume en Albanie et en Espagne. Enfin, au travers d’exemples particulièrement bien choisis, l’exposition montre comment les créateurs ont multiplié les emprunts de formes, de motifs ou de techniques aux costumes alsacien, breton et provençal.

Les costumes régionaux - Provence - Fashion folklore au Mucem
Appartenances et identitésFashion folklore au Mucem

La seconde section présente une approche anthropologique pour décrypter les codes et langages des vêtements. Les rites de passage sont analysés avec l’exemple des catherinettes et des mariages. Un très bel ensemble de pièces de Franck Sorbier récemment entré dans les collections du Mucem sont mises en relation avec des échantillons de broderies et dentelles pour évoquer l’héritage et le réemploi dans la création. Enfin, quelques modèles pertinents illustrent comment certains éléments du costume traditionnel sont utilisés pour inverser les codes et permuter les genres.

Rites de passage _ catherinettes et mariages - Fashion folklore au Mucem
Codes et langages – Rites de passage : catherinettes et mariages – codes et langages au Mucem

La troisième séquence interroge la transmission et l’inspiration, la patrimonialisation des savoir-faire avec les exemples des communautés nomades liées au pastoralisme et ceux de la broderie hongroise ou à la blouse roumaine.

Transmissions et inspirations - Fashion folklore au Mucem
Transmissions et inspirationsFashion folklore au Mucem

Très bien construit, le parcours enchaine les rapprochements entre les silhouettes de mode habillées de costumes traditionnels et de pièces de haute couture. Il offre ainsi une lecture fluide et très enrichissante de ce que les créateurs n’ont cessé d’emprunter au vêtement populaire, et plus largement au folklore. Ces dialogues sont présentés sur les arrière-plans graphiques très bien choisis où alternent documents ethnographiques, photographies ou vidéo de défilé, croquis et planches de collections. Occasionnellement, le propos est émaillé avec quelques accessoires et des échantillons de tissus, de broderies ou de dentelles…

Frise Appartenance et Identité - Fashion folklore au Mucem
Frise Appartenance et Identité – Fashion folklore au Mucem

Sur toute la longueur du plateau, une frise met en valeur quelques pièces emblématiques de l’exposition en les mettant en dialogue avec des fonds iconographiques et photographiques, dans des superpositions graphiques très réussies.

L’ensemble est servi par une scénographie sobre et imaginative de l’Agence NC Nathalie Crinière… À signaler la mise en lumière particulièrement efficace et discrète de ACL, Alexis Coussement et Élodie Salatko.

Catalogue coédité par le Mucem et Gallimard. Textes de Marie-Charlotte Calafat et Aurélie Samuel, commissaires de l’exposition et d’Emilie Hammen, Anne Monjaret, Nicole Pellegrin et Jean-Pierre Lethuillier.

Prêts du Palais Galliera, musée des Arts décoratifs de Paris, du musée de Quimper, du Musée Yves Saint Laurent – Paris, du Musée de la Mode de Marseille, Musée municipal de Bucarest.
Couturiers et maisons de haute couture présents : Cristobal Balenciaga, Balmain, Hussein Chalayan, Gabrielle Chanel, Maria Grazia Chiuri, Chloé, Dior, Mariano Fortuny, John Galliano, Jean-Paul Gaultier, Givenchy, Philippe Guilet, Hermès, Marit Ilison, Simon Porte Jacquemus, Pascal Jaouen, Kenzo Takada, Christian Lacroix, Karl Lagerfeld, Nadejda Lamanova, Jeanne Lanvin, Lilia Litkovska, Alexander McQueen, Martin Margiela, Val Piriou, Paul Poiret, Yves Saint Laurent, Paco Rabanne, Elsa Schiaparelli, Franck Sorbier, Riccardo Tisci, Giambattista Valli, Iris van Herpen, Dries Van Noten, Clare Waigth Keller, Victor Weisanto, Bernard Wilhelm.

Ci-dessous, quelques regards sur « Fashion folklore » accompagnés des textes de salle

En savoir plus :
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« Fashion folklore » – Regards sur l’exposition

Le dialogue entre costume traditionnel et haute couture, au cœur de cette exposition, semble être fondé sur de multiples contradictions : le costume traditionnel serait créé par un groupe, alors que la haute couture serait le fait d’individualités créatrices. Symbole de permanence, le costume traditionnel s’opposerait au secteur professionnel de la haute couture, adossé à des principes comme l’éphémère et le renouvellement.
Enfin, le costume traditionnel serait systématiquement associé à un territoire, alors que la haute couture serait un phénomène mondialisé. Pourtant, force est de constater que, depuis le tout début du XXe siècle, les créateurs de mode ne cessent de convoquer les formes et les imaginaires attachés au costume populaire, invitant à une histoire croisée et inédite entre les deux domaines.
Au cœur de cette exposition se trouvent les collections textiles du Mucem, pour l’essentiel constituées au XIXe et au XXe siècle. Mises en regard avec des pièces de haute couture, elles témoignent de la porosité des frontières entre création artistique et cultures populaires. Si ces costumes offrent leur profondeur historique aux œuvres des couturiers, la création permet, en réponse, de poser un nouveau regard sur eux.

Franck Sorbier - Robe Larantuka, collection haute couture « Rien que du bonheur » 2008 et Mannequin de couturière - France, XXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Franck Sorbier – Robe Larantuka, collection haute couture « Rien que du bonheur » 2008. Raphia, chanvre, macramé. Mucem, Marseille, Inv. 2022.9.1. et Mannequin de couturière – France, XXe siècle. Vannerie à montants parallèles en osier – Fashion folklore au Mucem

L’exposition s’ouvre sur une pièce de Franck Sorbier qui a été inspirée par les expéditions du musée d’Ethnographie du Trocadéro. Elle met en valeur des techniques de vannerie traditionnelle. Cette robe d’une grande technicité témoigne de la puissance créatrice du couturier, entre artiste et artisan. Franck Sorbier se nourrit particulièrement des savoir-faire traditionnels, de culture et de patrimoine et affectionne les costumes traditionnels dont il est connaisseur. Il a fait don de cette pièce au Mucem en 2022.

Appartenances et identités

Le costume traditionnel est lié à l’affirmation des identités régionales et nationales. D’abord étudié par les amateurs de folklore, il s’inscrit dans un goût pour le pittoresque et l’exotisme. Perçu comme intemporel, il est garant d’un savoir-faire du peuple qu’il incarne. Au cours du XXe siècle, les collectes ethnographiques sur le terrain ont permis de faire de précieuses acquisitions, étudiées comme des éléments constitutifs d’un mode de vie et d’une culture parfois révolus. À travers les références convoquées dans les créations des couturiers, l’exposition explore les voyages, réels ou imaginaires, proches ou lointains, dans lesquels ils se sont engagés.

Paysannes et femmes de cour russes

Caftan taillé dans deux serviettes de Vladimir, 1925 et Chemise de femme carélienne, dite rubaha, Vessiegonsk, région de Tver, Russie, XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Caftan taillé dans deux serviettes de Vladimir, 1925 et Chemise de femme carélienne, dite rubaha, Vessiegonsk, région de Tver, Russie, XIXe siècle – Fashion folklore au Mucem

Les Ballets russes de Diaghilev, présentés à Paris de 1906 à 1914, s’imposent comme une nouvelle référence de la modernité artistique. Dans ce contexte, la haute couture s’empare du costume traditionnel russe. Les couturiers créent une synthèse de deux modèles : le costume de la bourgeoise, en référence à un âge d’or de l’histoire russe, géographiquement situé au cœur de la Russie, et le costume rustique et rural, localisé aux frontières du territoire, évocation des origines d’une paysannerie fantasmée.

Yves Saint Laurent - Ensemble de soir, collection haute couture automne-hiver 1976, dite « Opéra - Ballets russes » et Costume de femme bourgeoise mariée, Nijni Novgorod, Russie, vers 1840 - Fashion folklore au Mucem
Yves Saint Laurent – Ensemble de soir, collection haute couture automne-hiver 1976, dite « Opéra – Ballets russes ». Prototype, ateliers Jean-Pierre et Esther. Boléro : velours de soie (maison Hurel), galons brodés de perles ; blouse : satin de soie façonné (maison Abraham) ; jupe : taffetas (maison Abraham) ; étole : crêpe de soie ; ceinture : satin de soie façonné. Musée Yves Saint Laurent Paris et Costume de femme bourgeoise mariée, Nijni Novgorod, Russie, vers 1840. Soie brochée, fils d’or et d’argent, perles et galons d’or. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Le baron Joseph de Baye, archéologue, écrivain et voyageur, rencontre en 1909 la princesse Tenichev, créatrice d’un centre d’art et d’artisanat à Talachkino, et d’un musée d’art populaire à Smolensk, dans l’ouest du pays, près de la frontière biélorusse. Elle montre sa collection en France et promeut l’idée que la beauté du style national réside dans l’art du peuple, dans un contexte général de valorisation des folklores.

Bande de tissu collectée par le baron de Baye. Russie (probablement Smolensk), 2e moitié du XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Bande de tissu collectée par le baron de Baye. Russie (probablement Smolensk), 2e moitié du XIXe siècle. Soie, fils flottants, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Paul Poiret confectionne cette robe à partir d’une nappe à motifs géométriques qu’il rapporte de Russie en 1911. De son périple, il ramène plusieurs échantillons de textiles, qu’il réutilise dans ses créations des années 1912-1913. Pendant son séjour, il loge chez la couturière Nadejda Lamanova, qui lui a « révélé toute la fantasmagorie de ce pré-Orient qu’est Moscou ».

Paul Poiret - Robe et ceinture, vers 1912 - Fashion folklore au Mucem
Paul Poiret – Robe et ceinture, vers 1912. Toile de lin, broderie à jours de fils de coton. Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris – Fashion folklore au Mucem

Jeanne Lanvin crée en 1923 le modèle Toutankhamon, qui évoque par sa coupe tubulaire et son décor géométrique les chemises traditionnelles russes aux manches brodées. Ses sources proviennent de ses archives personnelles, la couturière ayant collectionné toute sa vie des échantillons, des broderies et des vêtements traditionnels qui lui servaient de références et d’inspirations.

Jeanne LanvinRobe de jour Toutankhamon, Paris, été 1923. Crêpe, lamé or et broderie. Patrimoine Lanvin, Paris – Jeanne LanvinChapeaux, Paris, années 1920. Lamé bronze et Lamé or, perles fines, tubes de verre or. Patrimoine Lanvin, Paris – Jeanne LanvinAlbum de dessins, robe Toutankhamon, Paris, été 1923. Gouache sur papier – Fichu d’épaule, Moravie, actuelle République tchèque, début du XXe siècle. Coton, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille, (dépôt du musée Galliera, don des Dames de Prague et de l’Association chorale des instituteurs de Moravie) – Fashion folklore au Mucem

« Il n’est pas un couturier qui s’est documenté autant que Lanvin. […] Elle a interrogé tous les folklores pour tenter d’en faire traduire les trouvailles ornementales par ses ateliers de broderie. » Lucien François, Comment un nom devient une griffe, Gallimard, 1961.

Costume de femme bourgeoise mariée, Nijni Novgorod, Russie, vers 1840 - Fashion folklore au Mucem
Costume de femme bourgeoise mariée, Nijni Novgorod, Russie, vers 1840. Soie brochée, fils d’or et d’argent, perles et galons d’or. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. Femmes de Nijni Novgorod, 1870-1879. Photographie de J. X. Raoult. Musée du quai Branly – Jacques Chirac, ancienne photothèque du musée de l’Homme, Paris – Fashion folklore au Mucem
Yves Saint Laurent - Ensemble de soir, collection haute couture automne-hiver 1976, dite « Opéra - Ballets russes » - Fashion folklore au Mucem
Yves Saint Laurent – Ensemble de soir, collection haute couture automne-hiver 1976, dite « Opéra – Ballets russes ». Prototype, ateliers Jean-Pierre et Esther. Boléro : velours de soie (maison Hurel), galons brodés de perles ; blouse : satin de soie façonné (maison Abraham) ; jupe : taffetas (maison Abraham) ; étole : crêpe de soie ; ceinture : satin de soie façonné. Yves Saint Laurent – Planche de collection « Soir», collection haute couture printemps-été 1964. Musée Yves Saint Laurent Paris – Fashion folklore au Mucem
Yves Saint Laurent - Ensemble du soir, collection haute couture automne-hiver 1976, dite « Opéra - Ballets russes » et Manteau de femme riche, Saint-Pétersbourg, Russie, milieu du XIXe siècle
Yves Saint Laurent – Ensemble du soir, collection haute couture automne-hiver 1976, dite « Opéra – Ballets russes ». Prototype, atelier Jean-Pierre. Manteau : lamé or, haut matelassé (maison Abraham) et brodé de perles de verre facettées (maison Lesage), vison (maison Garande), passementerie (maison Leroux) ; jupe : velours de coton (maison Léonard). Musée Yves Saint Laurent Paris et Manteau de femme riche, Saint-Pétersbourg, Russie, milieu du XIXe siècle. Velours de soie brodé de filés métalliques dorés, fourrure de zibeline, doublé de satin de soie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Estonie, Finlande, Ukraine : affirmer des identités

Estonie, Finlande, Ukraine - affirmer des identités - Fashion folklore au Mucem
Estonie, Finlande, Ukraine – affirmer des identités – Fashion folklore au Mucem

L’impérialisme russe a conduit les pays voisins à affirmer la spécificité de leurs cultures. Les costumes traditionnels ont joué un rôle central dans la construction et la défense des identités nationales estonienne, finlandaise, ukrainienne. C’est dans ce contexte que ces textiles ont été collectés, étudiés et parfois offerts au musée. Les créateurs contemporains de ces pays frontaliers de la Russie continuent à s’approprier et à revisiter les costumes traditionnels, démarche rendue plus significative encore dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Estonie
Chemise de femme seto à manches longues, piki käustaga hamä. Helbi, Setomaa, Estonie, vers 1860 - Fashion folklore au Mucem
Chemise de femme seto à manches longues, piki käustaga hamä. Helbi, Setomaa, Estonie, vers 1860. Toile de coton, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. Inv. DMH1937.48.2, mission Boris Vildé et Léonide Zouroff. – Fashion folklore au Mucem

Cette chemise, encore portée à la fin du XIXe siècle par Efimia Legri, a été collectée en 1937 dans le Setomaa, en Estonie. Elle possède des manches d’une longueur d’un mètre cinquante qui, une fois enfilées, forment sur les avant-bras une grande quantité de plis. Pour travailler, celle qui la porte passe les bras dans les fentes et noue les bouts des manches soit sur la nuque, soit dans le dos.

Manteau, collection « Longing For Sleep », n° 58, Estonie, 2023 - Fashion folklore au Mucem
Manteau, collection « Longing For Sleep », n° 58, Estonie, 2023. Couverture d’enfant vintage, laine jacquard, perles cristal. © Courtoisie de Marit Ilison ; photo Maiken Staak – Fashion folklore au Mucem

Marit Ilison crée sa collection « Longing For Sleep » [désir de dormir] – en référence à la nouvelle d’Anton Tchekhov L’Envie de dormir, en utilisant des couvertures soviétiques en laine des années 1970-1980. Elle évoque, avec ces modèles fabriqués et brodés dans un atelier à Tallinn, ce désir de dormir pendant les périodes sombres de l’hiver, appelées kaamos, où les jours sont courts et la luminosité faible.

Finlande
Reconstitution d'un costume de femme carélienne du XIIe siècle - Fashion folklore au Mucem
Reconstitution d’un costume de femme carélienne du XIIe siècle. Fabriquée en Finlande à partir d’une fouille à Kaukola, nord-ouest du lac Ladoga, Carélie, actuelle Russie Lainage, galon tissé, broderie de his de bronze spiralés, argent. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. imc DMH1961.100.1, don de l’Union des femmes du Kalevala d’Hesinki – Fashion folklore au Mucem

Considérée par les Finlandais comme le berceau de leur culture, la Carélie a été en grande partie rattachée à l’URSS en 1944. En 1961, une association de femmes finlandaises fabrique et offre au musée la réplique d’un costume trouvé lors de fouilles archéologiques en Carélie. Elles se réapproprient ainsi les techniques artisanales anciennes, tout en affirmant le caractère finlandais de la région.

Ukraine
Ukraine - affirmer des identités - Fashion folklore au Mucem-1
Lilia Litkovska, manteau Litko K2021, Ukraine, 2021. Chutes de coton réutilisé et viscose tissé sur métier à tisser centenaire ; manches : laine. Litkovska, Paris et Chemise de femme ruthène dite vyshyvanka. Volhynie, Ukraine, 1re moitié du XXe siècle.. Toile de coton, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille.- Fashion folklore au Mucem

Cette chemise s’appelle une vyshyvanka. Richement brodée de motifs géométriques, elle provient de Volhynie, dans le nord-ouest de l’Ukraine actuelle. Célébrée par une journée internationale au mois de mai, la vyshyvanka est devenue un emblème de l’identité ukrainienne et de l’unité d’un peuple, symbole de l’insoumission et de l’espoir.

La créatrice prend le contrepied de la chemise traditionnelle, dont seules les manches sont habituellement brodées, en couvrant l’ensemble de la surface du manteau de motifs, à l’exception des manches laissées noires. Elle montre une vision à la fois moderne et émouvante de la tradition, marquée par le travail de la costumière Lidiya Bajkova dans le film Les Chevaux de feu – Ombres des ancêtres oubliés de Serhiy Parajanov (1965).

Ukraine - affirmer des identités - Fashion folklore au Mucem
François Kollar, photographie d’Elsa Schiaparelli et d’un modèle portant une veste de soie moirée avec ceinture à motifs folkloriques finlandais, Paris, vers 1940. Harper’s Bazaar, mars 1940

Couleurs et nations

Les couleurs ont un sens. En Albanie, le rouge et le noir du drapeau se déploient dans les textiles des différentes appartenances religieuses, comme pour rassembler autour du pays l’ensemble des communautés. En Espagne, depuis Charles Quint, le noir, associé à l’austérité et à une majesté grave, est devenu récurrent dans le costume. Au-delà du lien qu’il entretient avec le deuil, le noir permet de signaler la richesse de ceux qui le portent, car il s’agit d’une couleur particulièrement complexe et coûteuse à fixer en teinture.

Couleurs et nations - Fashion folklore au Mucem
Couleurs et nations – Fashion folklore au Mucem
Albanie

Les couleurs ont un sens : depuis 1912, malgré quelques modifications suite aux changements de régime politique, le drapeau de l’Albanie est constitué d’un aigle noir à deux têtes représentant la souveraineté, sur un fond rouge symbole de bravoure et de courage. Entre la fin du XIXe siècle et la première moitié du XXe, l’Albanie compte une part égale de chrétiens et de musulmans. Ce manteau de mariée musulmane, ainsi que celui d’une mariée catholique, est exposé. Tous deux sont caractéristiques de ces broderies noires sur fond rouge.

Couleurs et nations - Albanie - Fashion folklore au Mucem
Dries Van Noten – Ensemble pantalon, collection automne-hiver 2015-2016. Veste : viscose, laine ; pantalon : coton, laine. Dries Van Noten, Anvers – Manteau de femme catholique, dit xhybe. Albanie du Nord, XIXe siècle Drap de laine (importé de Vienne), cotonnade, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. Manteau de mariée musulmane dit dzubja. Albanie du Nord, fin du XIXe siècle – début du XXe siècle. Drap, galons et fils d’or, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem
Manteau de mariée musulmane dit dzubja. Albanie du Nord, fin du XIXe siècle - début du XXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Manteau de mariée musulmane dit dzubja. Albanie du Nord, fin du XIXe siècle – début du XXe siècle. Drap, galons et fils d’or, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem
Espagne
Couleurs et nations - Espagne - Fashion folklore au Mucem
Maria Grazia Chiuri pour Christian Dior – Pull et jupe, collection prêt-à-porter « Croisière 2023 ». Givenchy par Alexander McQueen – Haute couture, automne-hiver 1997, passage no 14. Robe : satin de soie, dentelle, effet de faux plastron brodé de perles de jais ; boléro : satin de soie, broderies de perles façon jais, passementerie et tresse en cheveux. Givenchy, Paris. Balenciaga – Ensemble du soir, robe et corsages, Paris, collection haute couture automne- hiver 1957. Organdi, dentelle de Calais, crêpe de Chine, satin et taffetas. Musée des Arts Décoratifs, collection de l’UFAC, Union française des Arts du costume, Paris. Hermès – Carré dentelle Toile Hermès. Dessin de Sophie de Seynes Paris, France, printemps-été 2007. Coton et polyamide. Conservatoire des créations Hermès, Pariss. Chemises de femme, Région de Salamanque, Espagne, Fin du XIXe siècle et début du XXe siècle. Toile de coton brodée. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille Couleurs et nations – Espagne – Fashion folklore au Mucem

Cristobal Balenciaga puise son inspiration dans ses racines espagnoles. Fuyant la guerre civile d’Espagne, il s’installe à Paris en 1937 et ressent très vite le besoin de renouer avec ses origines. Il s’attache à simplifier les vêtements traditionnels, les transformant pour créer une garde-robe élégante en utilisant des matériaux variés, traités en privilégiant le contraste.

Cristóbal Balenciaga - Robe de soirée Infante, 1939 et Mantille, région de Salamanque, Espagne, XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Cristóbal Balenciaga – Robe de soirée Infante, 1939. Photographie de George Hoyningen-Huene et Mantille, région de Salamanque, Espagne, XIXe siècle. Velours, dentelle. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille
Maria Grazia Chiuri pour Christian Dior - Pull et jupe, collection prêt-à-porter « Croisière 2023 » - Fashion folklore au Mucem
Maria Grazia Chiuri pour Christian Dior – Pull et jupe, collection prêt-à-porter « Croisière 2023 » – Fashion folklore au Mucem

La collection « Croisière 2023 », faisant appel à de multiples artisans espagnols, est inspirée par La Capitana, surnom donné à la danseuse Carmen Amaya. La créatrice Maria Grazia Chiuri est fascinée par les savoir-faire des costumes traditionnels espagnols, en particulier ceux de Séville, du cavalier andalou à la danseuse de flamenco. La collection rend également hommage à la robe Bal à Séville, créée en 1956 par Christian Dior.

Les costumes régionaux

En France, à partir du XVIIIe siècle, les costumes régionaux s’opposent à la mode de la cour en vogue dans la capitale. Les costumes d’Alsace, de Provence et de Bretagne ont leurs spécificités formelles et techniques, qui vont être mises au service d’une valorisation identitaire et touristique. Entre quête des origines et mythologie personnelle, les créateurs les mobilisent pour leur ancrage dans le temps long de la tradition, entre hommage et simplification ou exagération des formes, des techniques ou des motifs.

Alsace
Les costumes régionaux - Alsace - Fashion folklore au Mucem
Victor WeinsantoSans titre, Alsace, 2021. Crin. Weinsanto, Paris – L’Alsacienne, fin du XIXe siècle. Huile sur toile. Mucem, Marseille – Coiffe à nœud dite Schlupfkàpp. Ittenheim, Alsace, vers 1910. Velours de soie moirée. Mucem, Marseille – Les costumes régionaux – Alsace – Fashion folklore au Mucem

Le grand nœud noir est symbole de toute l’Alsace. Les différentes façons de placer le nœud ont engendré la variété des coiffes d’Alsace. La largeur du ruban, la façon de le nouer, la dimension de la coiffe ont varié selon les époques.

Bretagne
Les costumes régionaux - Bretagne - Fashion folklore au Mucem
Jean-Paul Gaultier – Robe asymétrique de velours noir, tatouée. Défilé « Paris-Brest », collection haute couture automne-hiver 2015-2016, passage n° 53. Velours noir tatoué, épaule de broderie orange et noir sur un laqué fougère noir et gant brodé de cristaux. Jean Paul Gaultier – Veste caban noire, défilé « Paris-Brest », collection haute couture automne-hiver 2015-2016, passage no 31. Veste caban en kabic noir, doublée en vison éjarré noir, broderies bigoudènes or et jais noir, leggings velours. Corsage bigouden, Pont-l’Abbé, Bretagne, vers 1900-1920. Laine et velours brodés de fils de coton. Mucem, Marseille – Les costumes régionaux – Bretagne – Fashion folklore au Mucem
Corsage bigouden, Pont-l’Abbé, Bretagne, vers 1900-1920 - Fashion folklore au Mucem
Corsage bigouden, Pont-l’Abbé, Bretagne, vers 1900-1920. Laine et velours brodés de fils de coton. – Les costumes régionaux – Bretagne – Fashion folklore au Mucem
Jean Paul Gaultier - Veste caban noire, défilé « Paris-Brest », collection haute couture automne-hiver 2015-2016, passage no 31 - Fashion folklore au Mucem
Jean Paul Gaultier – Veste caban noire, défilé « Paris-Brest », collection haute couture automne-hiver 2015-2016, passage no 31. Veste caban en kabic noir, doublée en vison éjarré noir, broderies bigoudènes or et jais noir, leggings velours – Fashion folklore au Mucem
Jean-Paul Gaultier - Robe asymétrique de velours noir, tatouée. Défilé « Paris-Brest », collection haute couture automne-hiver 2015-2016, passage n° 53 - Fashion folklore au Mucem
Jean-Paul Gaultier – Robe asymétrique de velours noir, tatouée. Défilé « Paris-Brest », collection haute couture automne-hiver 2015-2016, passage n° 53. Velours noir tatoué, épaule de broderie orange et noir sur un laqué fougère noir et gant brodé de cristaux. – Fashion folklore au Mucem
Pascal Jaouen, Bustier et jupe, collection « Regards vers l’Ouest » 2008 ; Corsage et jupe, Pont-l’Abbé, XIXe siècle et Plastron. Pont-l’Abbé, XXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Pascal Jaouen, Bustier et jupe, collection « Regards vers l’Ouest » 2008. Fil coton, fil de soie, fil métallique, paillettes métal, plume, perles de verre, velours, broderie. Musée départemental breton, Quimper ; Corsage et jupe, Pont-l’Abbé, XIXe siècle. Drap de laine, soie, coton. Mucem, Marseille ; Plastron. Pont-l’Abbé, XXe siècle. Laine et coton, broderie. Mucem, Marseille, – Fashion folklore au Mucem

Lors d’une exposition qui s’est tenue en 1993 au musée national des Arts et Traditions populaires (« Artisans de l’élégance »), il a été demandé à Christian Lacroix de choisir une pièce brodée dans les collections du musée. C’est ce plastron breton de la région de Pont-l’Abbé dans le Finistère qui a retenu son attention.

Val Piriou, corselet, jupe tablier, collection haute couture printemps-été 1992 - Fashion folklore au Mucem
Val Piriou, corselet, jupe tablier, collection haute couture printemps-été 1992. Gabardine stretch, passementerie, coton, application de galons anciens, croquet. Musée départemental breton, Quimper – Fashion folklore au Mucem
Provence

Fichu, Provence, 2e moitié du XIXe siècle. Toile de coton imprimé ; Christian LacroixEnsemble jupe et body. Collection haute couture printemps-été 1994. jupe : satin de soie imprimé cachemire ; body : tulle lycra, dentelle. Château Borély – Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode, Marseille ; Fichu, Provence, 2e moitié du XIXe siècle. Toile de coton imprimée. Mucem, Marseille ; Jean Patou par Christian Lacroix – Ensemble du soir Fleur de pois, Paris, collection haute couture printemps-été 1987. Toile de soie, broderie en perles de verre, paillettes et fils de soie, taffetas, broderie anglaise, tulle, satin. Musée des Arts décoratifs, Paris – Fashion folklore au Mucem

Capeline – Nice, Provence-Alpes-Côte d’Azur, XIXe siècle.

Paille, soie, velours. Mucem, Marseille. Inv. 1896.8.75.

Photo © Mucem / Marianne Kuhn

Simon Porte Jacquemus - Ensemble de jour, mai 2017 et Capeline - Nice, Provence-Alpes-Côte d’Azur, XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Simon Porte Jacquemus – Ensemble de jour, mai 2017. Chemise en popeline de coton et pantalon en drap de laine et Simon Porte Jacquemus – Modèle Arlésienne, Jacquemus, Paris. – Fashion folklore au Mucem

Simon Porte Jacquemus investit, au fil de ses collections de prêt-à-porter, les formes de sa Provence natale. Il imagine une collection inspirée du Sud de la France intitulée « Les Santons de Provence ». L’Arlésienne, le Boulanger, le Berger, la Lavandière… tous les codes de l’identité provençale y sont présents, et en particulier la capeline de paille.

La capeline est devenue le chapeau provençal en paille par excellence. À larges bordes, il permet aux paysannes de s’abriter du soleil pendant les heures de travail. Dans les années 1960, il devient un accessoire de mode, mis à l’honneur dans le célèbre film Les Demoiselles de Rochefort et une source d’inspiration pour de grands couturiers tels Yves Saint Laurent et Gabrielle Chanel.

Christian LacroixFriandise, passage no 47, blouse nouée, jupe longue, collection haute couture automne-hiver 1991-1992. Blouse : taffetas à manches bouillonnées et appliquées de dentelle ; jupe : crin, velours de soie, application de dentelles. Château Borély – Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode, Marseille , Buste d’arlésienne de Georges Delpérier ; Costume d’arlésienne, Arles, 2e moitié du XIXe siècle. Laine, coton, dentelle, soie. Mucem, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Codes et langages

Le vêtement est considéré comme un signe social et constitue un véritable langage compris par tous les individus d’un même groupe. Dans les sociétés traditionnelles, le vêtement féminin peut indiquer si celle qui le porte est une jeune fille, une fiancée, une mariée, une épouse, une mère, dotée ou non d’un mari.
Le vêtement a aussi une fonction érotique : conçu à la fois pour dissimuler et pour mettre en valeur, il attire le regard sur une partie du corps tout en le dérobant à la vue. Dans une démarche anthropologique, les costumes sont notamment étudiés pour leur rôle dans les rites de passage.
Arborés à l’occasion des fêtes, ils peuvent être protecteurs et vecteurs de messages symboliques.

Rites de passage : catherinettes et mariages

On appelle « catherinettes » les célibataires de vingt-cinq ans ou plus, fêtées en jaune et vert le jour de la Sainte-Catherine. Cette pratique perdure dans les maisons de couture qui célèbrent la patronne des modistes. Les costumes liés à un autre rite de passage, le mariage, rassemblent une variété de marqueurs sociaux et culturels, dont font partie les couleurs vives et la richesse des ornements. La robe de mariée est introduite dans la haute couture au début du XXe siècle, et c’est avec elle que se clôt le défilé.

Rites de passage - catherinettes et mariages - Fashion folklore au Mucem
Robert Doisneau, Christian Dior et ses catherinettes, Paris, 1950 ; Ornement de tête féminin, dit guazze. Brianza, Lombardie, Italie, XIXe siècle. Argent, métal. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. Maison Cacharel – Chapeau de catherinetteRites de passage – catherinettes et mariages – Fashion folklore au Mucem
Ornement de tête féminin, dit guazze. Brianza, Lombardie, Italie, XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Ornement de tête féminin, dit guazze. Brianza, Lombardie, Italie, XIXe siècle – Fashion folklore au Mucem

La guazze est une coiffure féminine populaire en usage entre le XVIIe et le XIXe siècle en Lombardie. Elle est composée d’épingles qui se positionnent en éventail tels des « rayons d’un halo » d’après l’écrivain Alessandro Manzoni, auteur des Fiancés, considéré comme l’un des écrits majeurs de la littérature italienne.

Catherinettes

Maison Schiaparelli – Chapeau et voile de catherinette, Paris, vers 1937. Soie, tulle, crêpe, velours – Maison Balmain – Bonnet de Sainte-Catherine, Paris, 1958. Tulle de soie, velours de soie, feutre, fil de fer – Jean Barthet – Casquette de catherinette – Hermès – Chapeau de catherinette – Atelier Chloé – Chapeau de catherinette- Fashion folklore au Mucem

À partir du début du xx siècle, le jour de la Sainte-Catherine, les célibataires âgées de 25 ans et plus pouvaient porter des chapeaux aux couleurs associées à la sainte patronne des modistes: le vert symbolise son savoir, alors que le jaune est lié à sa foi. Les maisons de couture célèbrent les catherinettes, comme en témoignent ces chapeaux des maisons Balmain et Schiaparelli.

Christian Dior par John Galliano - Francine, collection haute couture automne-hiver 2005 - Fashion folklore au Mucem
Christian Dior par John Galliano – Francine, collection haute couture automne-hiver 2005. Robe : tulle brodé ; mortier de catherinette : tulle et organza brodés. Collection Dior Héritage, Paris – Fashion folklore au Mucem
Mariages
Rites de passage _ catherinettes et mariages - Fashion folklore au Mucem
Rites de passage _ catherinettes et mariages – Fashion folklore au Mucem

Costume de mariée. Viana do Castelo, Portugal, 2e moitié du XXe siècle

Yves Saint Laurent - Robe de mariée, collection haute couture automne-hiver 1970 et Costume de mariée. Viana do Castelo, Portugal, 2e moitié du XXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Yves Saint Laurent – Robe de mariée, collection haute couture automne-hiver 1970 et Costume de mariée. Viana do Castelo, Portugal, 2e moitié du XXe siècle. Laine, velours, cotonnade. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Museum national d’histoire natursile, Marseille. Modèle cliente, atelier Georges ; Manteau et jupe : velours de soie (maison Bianchini), broderie d’incrustations de satin de soie (maison Abraham) ; turban de velours de soie drapé ; gants de cuir. Musée Yves Saint Laurent Paris – Aumônière dite algibeira. Viana do Castelo, Portugal, XIXe siècle. Drap, broderie. Mucem, collection d’ethnologie af Europe, dépôt du Muskan national d’histoire naturelle, Marseille, collection d’Aumale – Fashion folklore au Mucem

Ce costume féminin est célèbre au Portugal pour sa couleur rouge très vive et l’inscription Amor sur son aumônière. L’abondance et la richesse des ornements marquent le statut social de celle qui le porte. Elsa Schiaparelli a réalisé un gilet très semblable, reprenant les mêmes couleurs, motifs et forme, aujourd’hui conservé au Metropolitan Museum de New York.

La robe Pop de la collection automne-hiver 1970-1971 du même Yves Saint Laurent, très colorée, présente un message en double lecture : « Love me for ever » sur le devant, « or never » dans le dos, affichant un discours revendicatif sur le droit des femmes à disposer d’elles-mêmes, une année avant l’adoption de la loi autorisant le divorce en France (1972).

John Galliano pour la Maison Margiela, robe, collection « Artisanale », printemps-été 2015, passage no 24 et Globe de couronne de mariée, France, XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
John Galliano pour la Maison Margiela, robe, collection « Artisanale », printemps-été 2015, passage no 24. Laine peinte à la main avec doublure en ottoman de soie et broderies. Maison Margiela, Paris et Globe de couronne de mariée, France, XIXe siècle. Verre, bois, velours, cire, tissu. Mucem, Marseille – Fashion folklore au Mucem

La couronne de mariée est considérée comme un élément si précieux que la pratique de la mettre sous globe devient courante dans les milieux populaires en France à partir du milieu du XIXe siècle. Cette coutume est reprise par John Galliano pour la Maison Martin Margiela dans sa robe du printemps-été 2015, qui arbore sur la poitrine un motif inspiré de cet objet traditionnel.

Givenchy par Riccardo Tisci, robe courte, tee-shirt et cuissardes, collection prêt-à-porter printemps-été 2015, passage no 32. Robe : polyester, ruban, mousseline ; tee-shirt : coton ; cuissardes : cuir, clou en métal et Photographie de Giovanni Giannoni. Givenchy, Paris et Costume de mariée orthodoxe. Nuglasica, actuelle Bosnie-Herzégovine, vers 1880-1890. Chanvre, laine de chèvre teintée et brodée, coton. Mucem, collection d’ethnologie Turope, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Ce costume de jeune mariée paysanne est endossé pour la première fois le jour du mariage et ensuite les jours de fête, jusqu’à la naissance du premier enfant. Il est composé d’une chemise dite à la croix», qui distingue les chrétiennes orthodoxes, d’un fichu tosca de toile blanche à motifs en coton rouge, en forme de croix également, et d’une jaquette sans manches, appelée zubun, de bure bleue. Porté en 1890, il a été transmis de mère en fille jusqu’à son entrée au musée en 1955.

Hermès - Manteau réalisé pour Maria Félix, dessin de Leïla Menchari, Paris, 1972 - Fashion folklore au Mucem-1
Hermès – Manteau réalisé pour Maria Félix, dessin de Leïla Menchari, Paris, 1972. Cuir de veau, velours de soie. Conservatoire des créations Hermès, Paris et – Manteau de mariée musulmane, dit fermele ou xhybe, Albanie du Nord, fin du XVIIe siècle – début du XVIIIe siècle. Drap (importé de Vienne), galons et fils d’or, soutache, perles, cretonne. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille, don du vicomte Jules de Cuverville Fashion folklore au Mucem

Kenzo par Kenzo Takada - Robe de mariée, collection prêt-à-porter automne-hiver 1982 - Fashion folklore au Mucem
Kenzo par Kenzo Takada – Robe de mariée, collection prêt-à-porter automne-hiver 1982. Taffetas, rubans de jacquard, dentelle de fils métallique. – Fashion folklore au Mucem

Façonnée par le couturier japonais Kenzo Takada, cette robe est faite de multiples rubans brodés de fleurs, que le créateur collectionnait depuis près de vingt ans. Ils sont cousus à la main en patchwork. Comme un symbole, elle clôture le défilé automne-hiver 1982, consacré à la thématique des fleurs. Cette pièce unique n’a jamais été destinée à la vente et est conservée dans les collections de la maison Kenzo.

Héritage et réemploi

Les vêtements traditionnels étaient sans cesse réparés, rapiécés, raccommodés, transformés, et souvent transmis sur plusieurs générations. Le réemploi a tendance aujourd’hui à être reconsidéré par certains couturiers qui travaillent des fragments de vêtements ou des coupons de tissus pour créer de nouveaux modèles.

Franck Sorbier – Héritage et réemploi – Fashion folklore au Mucem

Cette pratique n’est pas sans rappeler celle des ethnologues, qui ont collecté pour les musées des centaines d’échantillons textiles, afin de documenter leur diversité technique et formelle.

Cette partie de l’exposition donne à voir des oeuvres de Franck Sorbier en lien avec des échantillons de broderies et dentelles du Mucem afin de montrer comment il s’empare de ses matériaux pour les détourner et les réemployer dans ses collections

La Robe La Grande Ivresse de Paul Fort témoigne du processus créatif de Franck Sorbier, en partie fondé sur la réutilisation, le recyclage et le détournement de matières. Elle est un travail de reprise d’échantillons rassemblés par le couturier, de provenances géographiques et d’époques diverses. Il les détourne, rendant ainsi hommage aux archives et à l’histoire du costume.

Renversement du genre

Renversement du genre - Fashion folklore au Mucem
Renversement du genre – Fashion folklore au Mucem

Le costume traditionnel a davantage perduré dans son usage chez les femmes que chez les hommes. Certaines pièces emblématiques du costume traditionnel masculin sont ici montrées en dialogue avec les créations de couturiers qui les détournent, les réinventent pour inverser les codes et permuter les genres : la coiffe du Tyrolien comme le fez deviennent des pièces destinées aux femmes, tandis que le catsouli des Macédoniennes dériverait, selon la légende, du casque des soldats d’Alexandre le Grand.

Paco Rabanne, combinaison, collection haute couture printemps-été 1997 - Fashion folklore au Mucem
Paco Rabanne, combinaison, collection haute couture printemps-été 1997. Carrés, triangles et lamelles de PVC blanc crème, assemblage par anneaux de métal. Patrimoine et archives Paco Rabanne, Paris – Fashion folklore au Mucem

Tout au long de sa carrière, Paco Rabanne a travaillé des matériaux nouveaux (papier, plastique, bois…) et développe des techniques Innovantes (pièces assemblées par des anneaux ou rivets, vêtements moulés, fourrures tricotées. La notoriété du couturier, surnomme le métallurgiste de la mode, est en partie due à ses silhouettes métalliques évoquant des armures de combat.

Costume de mariée de Roumlouki, Gidas, vallée de l’Aliakmon, Macédoine, Grèce, 1re moitié du XXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Costume de mariée de Roumlouki, Gidas, vallée de l’Aliakmon, Macédoine, Grèce, 1re moitié du XXe siècle. Cotonnade, velours de soie, laine, soie, dentelle, fils métalliques – Fashion folklore au Mucem

La coiffe catsouli rappelle un casque antique. Son origine remonterait, selon la tradition orale, à l’époque d’Alexandre le Grand. Pour punir les soldats de leur comportement lâche sur le champ de bataille et souligner le courage de leurs épouses à l’arrière, le conquérant aurait ordonné aux hommes d’enlever leurs casques et de les poser sur la tête des femmes.

Givenchy par Riccardo Tisci - Robe longue, chapeau et sandales, collection haute couture printemps-été 2011, passage no 1 - Photo © Gregoire Edouard Mucem
Givenchy par Riccardo Tisci – Robe longue, chapeau et sandales, collection haute couture printemps-été 2011, passage no 1. Robe : tulle stretch rebrodé, paillettes, tubes de verre, zip ; chapeau : fibre de verre laquée ; sandales : broderies de roues en métal cuivré. Givenchy Patrimoine, Paris – Photo © Gregoire Edouard/Mucem – Fashion folklore au Mucem

À partir des années 1950, la mode féminine s’est réappropriée le vestiaire masculin. L’idée n’était pas de faire ressembler une femme à un homme mais plutôt de lui donner la possibilité de revêtir des vêtements de pouvoir pour lui permettre d’assumer les mêmes responsabilités. L’image de la femme forte en armure guerrière participe de cette démarche. La robe de Givenchy légère et délicate contraste avec le casque à cornes hérité de l’Antiquité et qui donne une allure martiale à l’ensemble.

Chanel, défilé de la collection Métiers d’art «Paris-Salzbourg» 2014-2015 et Costume de Tyrolien, Inntal, Autriche, XIXe siècle - Fashion folklore au Mucem
Chanel, défilé de la collection Métiers d’art «Paris-Salzbourg» 2014-2015 et Costume de Tyrolien, Inntal, Autriche, XIXe siècle. Cuir, cuivre, laine – Fashion folklore au Mucem

Pour la collection Métiers d’art « Paris-Salzbourg » 2014-2015, Karl Largerfeld revisite les éléments du style tyrolien et le vestiaire traditionnel autrichien dans des lignes très contemporaines. Chaque année, dans une ville du monde, le défilé Métiers d’art de Chanel rend hommage aux savoir-faire.

Giambattista Valli - Collection haute couture printemps-été 2019, passage no 3 et Yves Saint Laurent - Ensemble habillé, collection haute couture automne-hiver 1981 - Fashion folklore au Mucem
Giambattista Valli – Collection haute couture printemps-été 2019, passage no 3. Taffetas. Giambattista Valli Paris et Yves Saint Laurent – Ensemble habillé, collection haute couture automne-hiver 1981. Prototype, atelier Jean-Pierre. Veste : drap de laine (maison Hurel) brodé (maison Montex) ; pantalon : grain de poudre (maison Dormeuil). Musée Yves Saint Laurent Paris et Fez musulman, dit peskir, Bosnie, XIXe siècle. Feutre, soie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Transmissions et inspirations

Transmissions et inspirations - Fashion folklore au Mucem
Transmissions et inspirations – Fashion folklore au Mucem

Les œuvres conservées par le musée constituent aussi un répertoire de motifs, de matériaux et de techniques. Démonstrations de créativité et de diversité culturelle, certains savoir-faire représentés dans les collections du Mucem sont classés sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco (la broderie des Matyó en Hongrie, la blouse traditionnelle brodée en Roumanie et en Moldavie) ; certains, menacés de disparition, sont même inscrits dans la catégorie de sauvegarde urgente (la xhubleta albanaise). Parallèlement à cette volonté de protection, depuis deux décennies, la question de l’appropriation culturelle se pose dans le domaine de la mode et du textile pour devenir un sujet de société, révélateur des positions et des rapports de force entre dominants et dominés, entre « haute » et « basse » culture.

Circulations et migrations : bergers et nomades

Circulations et migrations - bergers et nomades - Fashion folklore au Mucem
Robe de montagnarde dite xhubleta, manteau et plastron, Malësia e Madhë, Albanie du Nord, fin du XIXe siècle – début du XXe siècle. Feutre, dit shajak. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille et Jean Paul Gaultier – Ensemble, défilé « Jeux de plissés », collection haute couture printemps-été 2019, passage n°33. Body baleiné brodé de perles tubulaires debout ; jupe rayée plissée à basque. Archives Jean Paul Gaultier, ParisCirculations et migrations – bergers et nomades – Fashion folklore au Mucem

Les costumes des minorités peuvent être considérés comme des manifestes identitaires silencieux, signes de reconnaissance et de distinction. Là où les frontières sont particulièrement mouvantes au cours du XXe siècle, des communautés, en particulier celles liées au pastoralisme, circulent entre plusieurs pays, et leur appartenance nationale fait l’objet de débats. En marge des représentations liées à la construction des États-nations, leurs costumes ont aussi été collectés pas les ethnologues, qui ont mis en avant leurs singularités techniques, formelles et symboliques.

Manteau de berger aroumain, dit kapa flokata, montagnes de Pinde, Épire, Grèce, XIXe siècle. Skouti ou sayaki toisonné, laine de mouton, coton, laine. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. – Manteau de berger, dit klasnik, Tatarevo, région de Haskovo, Bulgarie, XXe siècle. Laine, galon. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille. Inv. DMH1968.23.453, don du comité d’amitié et de relations culturelles avec l’étranger – Franck Sorbier – Gilet de la Servante, collection « L’Esprit des lieux » hiver 2021-2022. Laine tressée, frange. Mucem, Marseille – Cape berbère, dite akhnif, territoire des Aït Oumalou, région de Telouet, Maroc, fin du XIXe siècle – début du XXe siècle. Laine tissée. Mucem, Marseille – Chloé par Clare Waight Keller, blouson, collection automne 2017. Empiècements contrastés en peau lainée, bord côtes en laine, fermeture en laiton. Patrimoine Chloé, ParisFashion folklore au Mucem

Cape de berger dite bunda. Hortobágy, Hongrie, vers 1970 - Fashion folklore au Mucem
Cape de berger dite bunda. Hortobágy, Hongrie, vers 1970. Peau de mouton racka. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Fashion folklore au Mucem

Cette pièce qui couvre le corps du berger hongrois provient de Hortobágy, l’immense plaine de Hongrie orientale consacrée en majeure partie à l’élevage au XXe siècle. Elle est appelée bunda (« fourrure » en français), et un dicton hongrois disait : « Sans bunda, un berger n’est pas berger. » Elle était portée avec le poil à l’intérieur pour se préserver du froid, ou bien à l’extérieur pour se protéger de la pluie.

Circulations et migrations - bergers et nomades - Fashion folklore au Mucem
Circulations et migrations – bergers et nomades – Fashion folklore au Mucem

Cape berbère, dite akhnif, territoire des Aït Oumalou, région de Telouet, Maroc, fin du XIXe siècle – début du XXe siècle. Laine tissée. Mucem, Marseille – Franck Sorbier – Cape de la Servante, collection haute couture « L’Esprit des lieux » hiver 2021-2022. Laine bouillie. Mucem, Marseille – Manteau de pluie, Portugal, XIXe siècle, Paille. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle – Val Piriou – Veste à cape, Bretagne, années 1980-1990. Veste à cape et pantalon de sequins imitant le bois, doublure et ganse en coton, matières plastiques, coton, élasthanne, broderie de sequin. Château Borély – Musée des Arts décoratifs, de la Faïence et de la Mode, Marseille – Costume de femme saracatsane, monts Rhodope, Bulgarie, début du XXe siècle. Bure, toile, laine, drap foulonné, fils dorés. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Dries Van Noten – Deux ensembles de jour, collection automne-hiver 2004-2005. Jupe : laine et coton ; chemise : soie ; mitaine : laine ; Manteau : alpaga et coton ; jupe : laine ; pull : laine ; bas : laine. Dries Van Noten, Anvers – Bernhard Willhelm – Ensemble pour homme, robe, caleçon long, paire de bas, collection prêt-à-porter printemps-été 2009, Allemagne. Tunique (modèle Wiesloch), caleçon de ville (modèle de Haarot), paire de bas (modèle Creutz silk) et de mocassins. Palais Galliera – musée de la Mode de la Ville de Paris, ParisFashion folklore au Mucem

Entre mondialisation et patrimonialisation

Entre mondialisation et patrimonialisation - Fashion folklore au Mucem
Manteau de femme, dit suba, Hitias, région de Timis (Transylvanie), Roumanie, milieu du XXe siècle. Lainage, feutre, broderie. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille Inv. DMH1958.71.5.9, don de l’Institut roumain – Manteau d’homme hongrois, dit szür, Oradea, région de Bihor, Roumanie, milieu du XXe siècle. Bure, feutre, broderie, applications. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille, don de l’Institut hongrois – Givenchy par Riccardo Tisci – Manteau court, collection prêt-à-porter automne-hiver 2008, passage no 43. Laine sèche, applications de rubans de velours, plissé plat, passementerie, guipure, cabochons en résine. Givenchy, Paris – Entre mondialisation et patrimonialisation – Fashion folklore au Mucem

Si la haute couture est un art qui permet de perpétuer des savoir-faire et des métiers d’exception, de nouveaux défis juridiques et économiques se présentent aujourd’hui. L’emprunt de motifs et de techniques sans référence à leur contexte d’origine constitue-t-il une spoliation ? Autrement dit, peuvent-ils et doivent-ils être protégés, labellisés, soumis à un droit d’auteur ? Ces questions se posent pour de nombreux éléments du patrimoine dont se sont emparés les créateurs, comme la broderie hongroise ou la blouse roumaine.

Entre mondialisation et patrimonialisation - Fashion folklore au Mucem
Entre mondialisation et patrimonialisation – Fashion folklore au Mucem

Échantillon de voile de mariée matyó ayant appartenu à Jacques et Andrée Doucet, Mezőkövesd, région de Borsod, Hongrie, XXe siècle. Broderie. Mucem, Marseille – Costume de fête de jeune femme, Mezőkövesd, région de Borsod, Hongrie, fin du XIXe siècle – Kenzo par Kenzo Takada – Veste brodée, collection automne-hiver 1987. Soie, jacquard de coton et rayonne. Kenzo Heritage – Chemise d’homme, Mezőkövesd, région de Borsod, Hongrie, début du XXe siècle. Broderies matyó Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille – Kenzo par Kenzo Takada – Robes, collection automne-hiver 1971. Laine bouillie, sergé, toile de coton. Kenzo Heritage – Hermès – Gilet à motifs de fleurs, années 1950. Laine brodée. Conservatoire des créations Hermès, Paris – Gilet pour femme, Sioagard, région de Tolna, Hongrie, XXe siècle. Toile de coton brodée de fils de coton. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille

Blouses, Roumanie, XIXe-XXe siècles. Coton, broderies. Mucem, collection d’ethnologie d’Europe, dépôt du Muséum national d’histoire naturelle, Marseille Fashion folklore au Mucem

Les blouses roumaines, toujours portées actuellement, sont l’un des rares exemples de longévité des pièces textiles traditionnelles. La blouse roumaine a une structure morphologique simple. Son ornementation est située sur les parties visibles (manches, épaules, tour du cou, poitrine) et au niveau des coutures d’assemblage des morceaux constituant la blouse.

Yves Saint Laurent – Croquis original d’une « blouse à la roumaine », collection automne-hiver 1999. Crayon graphite sur papier calque. Musée Yves Saint Laurent Paris, Paris – Yves Saint Laurent – Planche de collection, collection automne-hiver 1999. Crayon graphite sur papier, broderies et échantillons de textiles. Musée Yves Saint Laurent Paris, Paris – Yves Saint Laurent – Ensembles de la collection haute couture automne-hiver 1999. Prototype, ateliers Colette et Georgette. Blouse : étamine de laine blanche brodée (maison Garigue) ; jupe : crêpe de laine (maison Robert Burg). Musée Yves Saint Laurent Paris, Paris

Yves Saint Laurent participe à la redécouverte de la blouse roumaine en la transformant en pièce de haute couture dans sa collection de l’automne-hiver 1981.
L’ensemble exerce une influence considérable sur tous les couturiers jusqu’à aujourd’hui.
Yves Saint Laurent en livre plusieurs versions dans la collection automne-hiver 1999, avec une palette de couleurs différente.