Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai – Marseille


Jusqu’au 2 juin 2024, la Friche la Belle de Mai présente « Astèr Atèrla », une indispensable exposition collective imaginée par Julie Crenn, commissaire indépendante, sur une initiative de Béatrice Binoche, la directrice du Frac Réunion. « Astèr Atèrla » est une coproduction de la Fiche et du Centre de création contemporaine Olivier-Debré (CCCOD) de Tours où elle a été présentée au second semestre 2023.

Avec l’exposition « Des grains de poussière sur la mer » accueillie par Fræme, « Astèr Atèrla » s’inscrit dans le programme Un champ d’îles, que la Friche dédie aux artistes des territoires ultramarins.

On lira avec attention de texte de Julie Crenn, historienne de l’art et commissaire indépendante pour l’exposition au CCCOD de Tours que l’on reproduit ci-dessous. Elle y relate les origines du projet « Astèr Atèrla » (« ici et maintenant », en créole) ainsi que les limites et les enjeux qui l’ont orientée pour la conception de cette exposition remarquée par la critique et notamment par Emmanuelle Jardonnet dans Le Monde et par Léo Guy-Denarcy dans AOC.

Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai - Photo ©jcLett
Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai – Photo ©jcLett

De ce texte de la commissaire, la Friche a extrait cette note d’intention qui résume ainsi son propos :

« L’exposition Astèr Atèrla invite à une rencontre avec les œuvres d’artistes actifs et actives à La Réunion. Ici et maintenant, la trentaine d’artistes réuni·es fouillent des temporalités qui s’étirent du passé jusqu’au futur pour raconter une histoire commune, un vivant partagé. Des entrailles de l’île vers l’océan dans lequel elle s’inscrit, en passant par ses rues bétonnées, ses ravines et ses champs de canne à sucre, les artistes agissent au sein d’une géographie et d’une histoire nécessairement plurielles.

À travers un ensemble de problématiques liées et entremêlées, ce sont les corps visibles et invisibles, humains et non humains qui sont placés au cœur d’une réflexion collective. Les corps nous mènent ainsi vers le territoire de l’histoire, de la mémoire, de la transmission, du rituel, de l’insularité, de la créolité, de la langue, de la mythologie et du vivant. Dans une perspective résolument politique, l’exposition devient le lieu de conversations avec l’île de La Réunion envisagée dans ses réalités complexes, denses et multiples. »

Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai - Photo ©jcLett
Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai – Photo ©jcLett

À la Friche la Belle de Mai, « Astèr Atèrla » se déploie sur deux plateaux de la Tour.
Au quatrième étage, l’exposition hérite d’une partie des cimaises et des murs peints en noir laissés par la rétrospective consacrée à Robert Guédiguian. Deux des six fenêtres qui ouvrent sur les voies ferrées ont été démasquées. Au cinquième étage, l’accrochage exploite le dispositif scénographique mis en place par « Drift, Dérapage contrôlé », l’exposition des diplômé. e. s du DNSEP 2023 en art & design des Beaux-arts de Marseille.
Il faut, bien entendu, saluer l’attention de la Friche aux questions environnementales et le soin d’éviter la multiplication de réorganisations scénographiques à chaque nouvelle exposition. Toutefois, cette préoccupation conduit ici à proposer deux ambiances radicalement différentes qui ne font pas sens avec le projet de l’exposition et qui lui imposent des contraintes sans doute un peu préjudiciables.
Au quatrième, l’ouverture des fenêtres face aux murs et cimaises peints en noir donne l’impression que la hauteur sous plafond a été réduite et produit un certain sentiment d’« écrasement ». Par ailleurs, l’entrée de la lumière naturelle entraine pour certaines œuvres quelques contrejours et des reflets et effets de miroirs difficilement maitrisables. L’accrochage et le rapprochement de certaines œuvres ont sans doute été assujettis par l’emplacement des espaces de projection qui ont été conservés. Au cinquième plateau, la disposition des cimaises en place a probablement été moins contraignante, mais l’importance du volume de la travée côté fenêtre paraît avoir été occupée avec un peu de difficultés et donne le sentiment que l’accrochage flotte un peu…

S’ils paraissent moins fluides qu’au CCCOD de Tours, l’accrochage et la mise en espace proposent néanmoins une exposition extrêmement riche et passionnante.
En associant avec opportunité plusieurs générations d’artistes, « Astèr Atèrla » réussit parfaitement à emmener ses visiteur·euses « vers le territoire de l’histoire, de la mémoire, de la transmission, du rituel, de l’insularité, de la créolité, de la langue, de la mythologie et du vivant ».
Julie Crenn signe un commissariat inspiré et engagé. Elle nous offre une rencontre indispensable avec les œuvres d’artistes actifs et actives à La Réunion et nous propose de passionnantes conversations avec l’île « envisagée dans ses réalités complexes, denses et multiples ».

Les œuvres sont accompagnées de cartels développés qui offrent tous les repères nécessaires. La plupart de ces textes empruntent leur contenu au site de Julie Crenn qui est une vraie mine et que l’on conseille vivement de consulter avant, pendant et après la visite d’« Astèr Atèrla ».

« Astèr Atèrla » rassemble des œuvres de Mounir Allaoui, Alice Aucuit, Jack Beng-Thi, Lolita Bourdon, Catherine Boyer, Stéphanie Brossard, Jimmy Cadet, Sonia Charbonneau, Thierry Cheyrol, Cristof Dènmont, Emma Di Orio, Morgan Fache, Florans Féliks, Brandon Gercara, Hasawa, Esther Hoareau, Stéphanie Hoareau, Christian Jalma dit Pink Floyd, Jean-Claude Jolet, Kako et Stéphane Kenkle, Kid Kreol & Boogie, Jean-Marc Lacaze, Gabrielle Manglou, Masami, Anie Matois, Sanjeeyann Paléatchy, Tatiana Patchama, Tiéri Rivière, Chloé Robert, Abel Techer, Prudence Tetu, Wilhiam Zitte.

Un catalogue trilingue (français / anglais / créole), publié par les presses du réel, réunit des textes de Estelle Coppolani, Diana Madeleine, Eve-Marie Montfort, Julie Crenn et Warren Samuelsen.

Chronique à suivre.

À lire ci-dessous, le texte de Julie Crenn, pour l’exposition au cccod de Tours, celui de Béatrice Binoche, directrice du Frac Réunion et la présentation du projet Un champ d’îles par Alban Corbier-Labasse, directeur général de la Friche la Belle de Mai.

En savoir plus :
Sur le site de la Fiche la Belle de Mai
Suivre l’actualité de la Fiche la Belle de Mai sur Facebook et Instagram
Sur le site de Julie Crenn
Sur le site du Frac Réunion qui propose des liens vers des épisodes de l’Atelier A à la Réunion et des présentations sur YouTube des artistes réalisées par le Frac Réunion.

Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai - Photo ©jcLett
Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai – Photo ©jcLett

« Astèr Atèrla » – Texte d’intention de Julie Crenn pour le CCCOD Tours

Astèr Atèrla prolonge avec ampleur et ambition un travail de fourmi que nous menons avec Béatrice Binoche et l’équipe du Frac Réunion – sans qui ce lien n’aurait peut-être pas existé. Depuis 2015, j’ai écrit un ensemble de textes monographiques, pensé des expositions à La Réunion et à Maurice. En France, mon engagement se fait dans l’infusion et l’infiltration par la présentation d’oeuvres non seulement au sein d’expositions collectives (à Paris, à Bourges ou encore à Dole), mais aussi au sein de commissions d’achat de collections publiques, de programmations vidéo, de conférences et de textes. Un travail d’inclusion qui me tient au ventre puisque les scènes artistiques ultramarines peinent à se faire voir et à se faire entendre. Lorsque la scène artistique française est convoquée, il est extrêmement rare que les artistes ultramarin·e·s soient cité·es. La scène française se limite ainsi à l’Hexagone. Un oubli constant et une méconnaissance des pratiques d’outremer persistent.

Le travail de fourmi tend à relier les imaginaires, à contrer les effacements et à attiser les curiosités. Il invite aux rencontres. Astèr Atèrla ne prétend pas présenter la scène artistique réunionnaise dans son ensemble. Ce travail relève de l’impossible, j’ai bien conscience qu’elle est bien plus vaste et bien plus dense. L’exposition réunit les artistes avec qui je partage des affinités plastiques, politiques, sensorielles, botaniques et spirituelles. Le choix des oeuvres est aussi subjectif qu’affectif. Il est alimenté de rencontres importantes qui me transportent, me troublent et m’enthousiasment.

Maintenant et ici, trente-quatre artistes réunionais·es fouillent des temporalités qui s’étirent du passé le plus lointain jusqu’aux spéculations les plus futuristes pour composer, déployer et raconter une histoire située. Par leurs corps et leurs expériences respectives, ielles mettent en oeuvre des récits aussi personnels que collectifs. Des entrailles de l’île vers l’océan Indien duquel elle a surgi, en passant par les rues bétonnées, les ravines, les bassins, les pitons, les Hauts et les champs de canne, les artistes agissent au sein d’une géographie spécifique et d’une histoire nécessairement plurielle. Au travers d’une problématique maillée, ce sont les corps visibles et invisibles, humains et non humains qui sont placés au coeur d’une réflexion collective. Les corps qui manifestent et diffusent des réflexions nous menant vers des chemins inévitablement entremêlés : la mémoire et les moyens de la transmettre, les cultures plurielles, le syncrétisme, l’insularité, la créolité, la langue, les modes de vie, la réyonité, les mythologies, le vivant et bien d’autres thèmes encore. Dans une perspective résolument politique, l’exposition devient le lieu de conversation avec La Réunion qui est envisagée dans ses réalités complexes, denses et multiples. Une exposition fabriquée à partir de dialogues artistiques, d’un imaginaire commun qui puise ses forces au sein du vivant réunionnais et plus largement indianocéanique.

Les artistes sont à l’écoute des vibrations de l’île, de tout ce qu’elle dévoile et dissimule. En ce sens, le vivant tient une place centrale. Des sols au ciel grand ouvert, de l’horizon infini à l’océan, des forêts aux cirques, de la savane aux bassins, l’écosystème de l’île est foisonnant.

À partir du vivant réunionnais sont extraits d’autres rhizomes de réflexions : Hasawa transmet les mémoires enfouies ; Morgan Fache réalise le portrait collectif des habitant·e·s des hauts de l’île ; Mounir Allaoui filme la sensibilité des corps et de leurs milieux ; Florans Féliks déploie la puissance poétique de la ravine ; Esther Hoareau allie le cosmos, l’océan, les pitons et les grottes pour fabriquer des paysages mentaux ; Gabrielle Manglou fait apparaître les objets invisibles d’une histoire collective; Wilhiam Zitte s’est impliqué tout sa vie dans la représentation du peuple Marron, les Kaf·rines ; Jack Beng- Thi travaille à une convergence poétique et militante des peuples et des mythologies du Sud ; Jean-Claude Jolet nous alerte des dérives identitaires ; Kid Kreol & Boogie ravivent les cosmogonies des peuples silencieux, les zamérantes et les gramounes ; Pink Floyd démaille les langues pour conter l’histoire madéckasse et transmettre la langue des nénènn ; Jean-Marc Lacaze s’infiltre dans une tradition malbaraise discrète et flamboyante : le karmon ; Sanjeeyann Paléatchy met en oeuvre les veli, les gardien·ne·s de sites empreints de mythologies intimes et affectives ; avec une approche psychogénéalogique, Stéphanie Hoareau fouille son histoire familiale ; Masami tisse les lumières, les fréquences et les vibrations de l’île ; Kako et Stéphane Kenklé plantent des pié dbwa, des brèdes et des légumes pour discuter du manque d’autonomie alimentaire ; Alice Aucuit travaille la terre et les cendres pour en faire jaillir des graines ; Tatiana Patchama collecte et assemble patiemment des fragments du vivant pour en restituer la fragilité, la poésie et l’intensité ; Stéphanie Brossard installe une relation intime entre les corps humains et les galets ; Catherine Boyer entrelace sa chevelure de lianes, graines et fleurs qui l’entourent ; Thierry Cheyrol nous invite à entrer dans la peau du vivant ; Chloé Robert fantasme une présence animale féconde et exubérante ; Jimmy Cadet renouvelle le genre de la « nature vivante » à l’intérieur de laquelle il instille une critique sociétale ; Cristof Dènmont peint des cartes truffées de chemins invisibles, de signes et de secrets ; tandis que Lolita Bourdon peint des corps-motifs libres et colorés ; Sonia Charbonneau se confronte physiquement à la topographie de l’île par la marche et la course ; Tiéri Rivière lutte vainement contre les vents puissants d’un cyclone ; Prudence Tetu déplace la technique textile du tapis mendiant pour en faire un drapeau qui rassemble les militances féministes et décoloniales internationales ; Emma Di Orio peint et brode les corps humains et non humains qui incarnent une pensée écoféministe située ; Brandon Gercara performe et milite pour une pensée re-queer ; Abel Techer fait de l’autoportrait le lieu de la fluidité des genres ; Anie Matois visibilise les oppressions et discriminations par la représentation de corps fiers et libres.

Une multitude rhizomique qui provient de l’île : la source d’un imaginaire aussi réjouissant que réparateur. Le corps de l’île, les corps de celles et ceux qui l’habitent, les corps invisibles sont omniprésents. Les artistes fabriquent, représentent, documentent un parlement de corps en manque de visibilité. Des corps politiques et magiques qui portent des engagements (féministes, queer, décoloniaux, écologiques), qui éprouvent aussi bien les éléments naturels que les oppressions sociétales. Astèr Atèrla rassemble des corps connectés à un patrimoine matériel et immatériel. Les corps fiers et puissants y sont articulés aux corps discrets et absents qui traduisent, eux, une histoire et une pensée du marronnage. Qui véhiculent aussi une amnésie collective, un trauma mémoriel que les artistes renversent et transforment en une force créatrice.

Julie Crenn, commissaire de l’exposition

Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai - Photo ©jcLett
Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai – Photo ©jcLett

« Astèr Atèrla » : Béatrice Binoche, directrice du Frac Réunion

faire société

Depuis plusieurs années le Frac Réunion s’engage – et avec lui Mario Serviable, son président – à promouvoir la scène réunionnaise au régional, au national et à l’international.

Le réseau que l’Établissement public s’est constitué comme les partenaires auxquels il s’est associé, ont permis de construire des échanges, de renouveler les rencontres, d’amener les artistes à circuler davantage, à bénéficier de résidences, d’expositions, d’échanges critiques. Ce soutien, cet accompagnement, ces partenariats, ces éditions, ont naturellement offert une plus grande visibilité à notre scène, riche et généreuse.

Mais, si dans notre bassin géographique la réalité et la puissance de cette création sont tout à fait identifiées, il est évident que l’isolement « au-delà des mers » interdit le plus souvent au niveau national la mise en lumière de cet ensemble. Notre volonté n’est pas de « ghettoïser » les artistes de l’île, en les identifiant comme « Réunionnais, donc d’ailleurs, donc exotiques ». Il s’agit de faire découvrir, comprendre, appréhender, un ensemble d’œuvres de créatrices et de créateurs qui interrogent la société postcoloniale dans laquelle ils vivent, déploient des problématiques comme la migration et le déplacement, la créolisation, construisent une réflexion avec le vivant, sondent notre compréhension de l’Autre.
Toutes et tous, jeunes diplômé·es et artistes confirmé·es, sont parties prenantes de la société française et de ses composantes, des perspectives et des intelligences qui la composent.

C’est avec cette ambition et ce parti-pris que l’Établissement public est allé sur le territoire à la rencontre de ses tutelles et de ses partenaires. Et c’est ensemble – en résonnance avec les engagements politiques et les valeurs de nos élu·es, en miroir avec la volonté du ministère de la Culture et de celui des Outre-mer, en écho avec les attentes et les besoins des artistes – que nous avons envisagé ce programme d’ampleur qui redéfinit les valeurs d’équité et de visibilité.

Proposer aux artistes de notre île que leurs oeuvres soient confrontées aux regards des publics avertis de deux lieux majeurs de la scène nationale – le cccod à Tours et la Belle de Mai à Marseille – leur donner l’opportunité de rencontrer la presse spécialisée nationale, provoquer la rencontre avec de nombreux acteurs culturels, côtoyer d’autres réflexions, autant d’enjeux que ce projet doit et va relever.

Béatrice Binoche, directrice du Frac Réunion

Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai - Photo ©jcLett
Astèr Atèrla à la Friche la Belle de Mai – Photo ©jcLett

Texte d’Alban Corbier-Labasse, directeur général de la Friche la Belle de Maià propos du projet Un champ d’îles

En 2009, La Grande Halle de la Villette présentait dans l’exposition Kreyol Factory les œuvres de quelques 60 artistes contemporain·es qui questionnaient, du point de vue de l’imaginaire collectif et des identités, ce qui est commun et spécifique aux espaces de la créolité, avec une large place donnée aux artistes ultramarin·es.

Depuis, très peu d’événements d’envergure sont venus donner de la visibilité dans l’hexagone aux nouvelles générations d’artistes ultramarin·es. Si dans le domaine du spectacle vivant, des festivals importants comme les Zébrures d’automne à Limoges (sous la direction d’Hassane Kouyaté) ou le TOMA à la Chapelle du Verbe Incarné en Avignon (dirigé par Greg Germain) ou encore le Mois Kreyol en Ile-de-France (sous la direction de Chantal Loial) viennent ponctuer la saison culturelle en France, dans le domaine des arts visuels, aucun événement important n’existe pour renforcer la présence en France hexagonale de ces scènes en plein essor. Quelques figures, telles Julien Creuzet, Gaëlle Choisne ou Kenny Dunkan, ont certes émergé ces dernières années, mais pour la plupart, la traversée est difficile, les mobilités complexes et l’insertion dans le champ professionnel français freiné par de multiples obstacles (formation, réseaux, structuration des filières dans les territoires ultramarins, etc.). Aussi, bon nombre d’artistes ultramarin·es ont réussi à émerger en se rapprochant (et en s’y reconnaissant à bien des endroits) des grands rendez-vous de la création contemporaine du sud global, notamment du continent africain (Biennale de Dakar, Rencontres photographiques de Bamako, etc.) où la dimension afrodiasporique a, au fil des années, constitué une communauté professionnelle transnationale et solidaire.

Aujourd’hui, plusieurs initiatives travaillent à accompagner le rayonnement des scènes franco- phones et ultramarines ou plus largement des régions européennes ultrapériphériques, telles que le programme de résidence ONDES de la Cité Internationale des Arts ou le programme européen (DG Regio) Archipel.eu de l’Institut français. Parallèlement, sur les territoires, la filière se structure : FRAC, école d’art, Documents d’Artistes à la Réunion, centres d’art indépendants, galeries, etc. Une nouvelle génération d’artistes a ainsi émergé et grandi, en s’affranchissant souvent de la relation bilatérale avec l’hexagone, travaillant largement dans leur aire culturelle et géographique : les caraïbes (et par extension le continent américain) et l’océan Indien (et par extension le continent africain).

Avec le Pacte pour la visibilité des Outre-mer signé par le Ministère de la Culture et celui des Outre-mer, ce « Champ d’Îles », qui fait bien sûr référence au poème d’Edouard Glissant, pourrait s’inscrire durablement dans le calendrier de la saison culturelle de l’hexagone, avec une première édition portée par la Friche la Belle de Mai en partenariat avec le FRAC REUNION, Fraeme, le centre d’art contemporain Triangle-Astérides : deux expositions collectives, un programme de performances et de résidences ainsi que des rencontres professionnelles coordonnées par le réseau Documents d’artistes devraient poser les bases d’un rendez-vous récurrent, dont nous faisons le pari que la nécessité disparaitra avec le temps.

Articles récents

Partagez
Tweetez
Enregistrer